MerveilleuseChiang-Mai

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04 - PERIODE PRE-KHMERE (Le TCHEN-LA)

III° & VIII° siècles (suite)

 

 

                      PERIODE PRE-KHMERE (suite)

 

Les royaumes du Fou-Nan (225-539/545) et du Tchen-la (545-627)

      

                   Le Tchen-la ou Chenla  : (545/627)

                                  ou encore Zhenla

 

 

Tandis qu'au Sud du Cambodge le Fou-Nan décline en se déchirant entre factions rivales, dans le Nord le chef d'une principauté étend son autorité sur les chefferies voisines.

 

Il est issu d'une minorité ethnique qui s'est établie sur les deux rives du Mékong et que les chinois appelleront par la suite les Tchen-la ou Zhenla sans qu'on ait pu en trouver la raison.

 

Ce chef Tchen-la, Bhavavarman, est aidé dans son entreprise d'expansion et d'unification par son cousin, Citrasena.

 

Lorsqu'il se sent suffisamment ''fort'', Bhavavarman, qui fut très certainement à un moment donné vassal du Fou-Nan, s'attaque à son suzerain alors en crises politico-religieuses.

 

Ce dernier trop accaparé par ses problèmes intérieurs n'est pas en mesure de réagir comme il le devrait sur ses ''frontières''.

 

Alors Bhavavarman, toujours avec l'aide de son cousin Citrasena, agrandit son royaume au détriment de celui du Fou-Nan !....

 

 

Après sa mort ses successeurs termineront son œuvre et conquerront les quelques principautés restées vassales du dernier roi du Fou-Nan. Tant et si bien qu'au cours du VII°e siècle les deux populations n'en feront plus qu'une.

Le Tchen-la apparaît alors, en tant que ''puissance'', et comme le ''continuateur'' (*) du Fou-Nan.

 

 

 

 (*) ''Le royaume de Cambodge, appelé quelques fois ''empire Kmèr'' est géographiquement, et dans une certaine mesure historiquement, le successeur, le continuateur du Fou-Nan sur la péninsule indochinoise. '' (Georges Cœdès) auteur du livre, ''Les états hindouisés d'Indochine. '' p.128.

 

 

 

Clotaire 1er, (497-561) à la mort de Clovis, en 511, devient roi de la Neustrie, et en 558 le seul roi Franc. (558/561)

 

 

Quelques repères ''historiques'' fiables :

 

 

Vers 550, Bhavavarman 1er devient roi du Tchen-la par son mariage avec la princesse Kambujarâjalakshmî, dont le nom signifie ''la Fortune des rois des Kambujas''.

 

Il établit sa capitale Bhavapura, vraisemblablement au nord de la ville actuelle de Kompong Thom.

 

 

A sa mort, vers 598/600, son cousin Citrasena ou Chitranesa prend sa succession sous le nom de Mahendravarman (598-600/615).

 

 

Le Prasath Âk Yum (Début du VIIe siècle) serait l'un des tout premiers, voire le premier temple montagne. Il est dédié au dieu Gambhiresvara qui appartient au panthéon hindou

 

 

 

De 616/617, et peut-être jusqu'en 635 (?)  c'est Îçânavarman 1er, le fils de Citrasena qui règne sur le Tchen-la depuis sa capitale d'Içanapura. (*) C'est aussi lui qui termine la conquête du Fou-Nan.

 

 

 

(*) La ville d'Içânapura pourrait être le groupe de Sambor Prei Kuk au nord de Kompong Thom. Si c'était le cas, ce serait donc Îçânavarman 1er qui aurait fait construire ce temple. Mais ce ne sont que des hypothèses qui restent encore à prouver !...

 

Sous le règne d'Îçânavarman 1er le Sivaïsme domine toutes les sectes issues du Brahmanisme. Et c'est à cette époque qu'apparaît le ''Harihara'' un culte syncrétique liant Visnu et Siva et dont les images (*) ont la tête de l'un et de l'autre.

 

(*) La terminologie Bouddhique préfère le terme d'image à celui de « statue ». (Marie-Hélène Cardinaud-Steyaert)

 

 

 

Le successeur d'Îçânavarman 1er, serait Bhavavarman II (639). Aucun lien de parenté n'a pu être établi entre les deux rois.

 

Av. 657 et jusqu'en 681, Jayavarman 1er, sans doute fils du précèdent roi, règne sur un royaume plus grand que le Cambodge actuel.

 

Le Tchen-la apparaît alors en cette fin du VIIe siècle comme une grande puissance indochinoise.

 

 

 

En 681, lorsque meurt Jayavarman 1er, (av. 657-681), celui-ci ne laisse aucun héritier mâle.

 

Alors le Tchen-la après environ 200 ans d'unité, comme le Fou-Nan connaît à son tour des troubles et des turbulences qui vont le conduire à la sécession.

 

Il y aura au nord, le Tchen-la de terre, qui correspondra plus ou moins au Laos actuel ; et au sud le Tchen-la d'eau, qui recouvrira le Cambodge actuel et la Cochinchine.

 

 

De leur côté, le Sivaïsme et le Visnuisme vont se développer indépendamment l'un de l'autre.

 

 

En 713, la reine Jayadevî, vraisemblablement la fille de Jayavarman 1er, se plaint des désordres du temps.

 

 

En 714 Charles Martel devient maire du palais et vers 720 les Arabes se manifestent dans le sud de la Gaule.

 

 

En 716, un certain Pushkara (*) fonde la plus importante principauté ''libre'' du Tchen-la, Çambhupura. (**) Une principauté qui n'est vassale d'aucun suzerain ?!...

 

L'arrivée au pouvoir, ou la prise du pouvoir, de ce prince d'Aninditapura, va accélérer la scission du Tchen-la. Et à l'intérieur des scissionnistes de nombreux autres princes et/ou chefs, vont s'empresser de reprendre leur indépendance.

 

 

Divisé en deux états, qui sont eux-mêmes morcelés en principautés, (toutes plus préoccupées par leurs prérogatives personnelles que par les intérêts communautaires) les Tchen-la et leurs chefferies sont devenus comme des fruits mûrs prêts à être cueillis par la première puissance venue.

 

Cette puissance surgira des mers du Sud, et très certainement de Java. Mais rien ne peut vraiment le confirmer.  Les orientalistes ne font que supposer que le Tchen-la d'eau est devenu vassal du roi de Java d'alors.

 

 

 

(*)  Pushkara s'écrit aussi Pushkarâksha et Puskaraiksa

(**) Çambhupura se situerait sur le groupe de Sambor près du Mékong, en amont de la ville de Kratié. Ce groupe compterait pas loin de 200 temples !... (Prasats, Torou, Neak Poan etc…)

 

 

 

 

Les petites histoires dans la grande Histoire !...

 

… et combien les recherches historiques sont passionnantes !..

 

En voici un exemple.

 

Les histoires de familles sont souvent bien compliquées. Et quand il faut aller ''fouiller'' dans des vestiges vieux de 2.000 ans elles le sont encore plus.

 

Ainsi par exemple les orientalistes cherchent à savoir qu'elles sont les véritables origines du fondateur du Tchen-La, Bhavavarman 1er, et quels sont ses liens de parenté avec les derniers rois du Fou-Nan ?...

 

 

1ère hypothèse : (Entres autres !...)

 

D'après M. Philippe Aziz, (*) vers 514, à la mort du roi du Fou-Nan Kaundinya-Jayavarman, l'un de ses bâtards aurait pris le pouvoir en assassinant l'héritier légitime.

 

Comme c'est à cette date que Rudravarman monte sur le trône, tout semble indiquer qu'il soit le bâtard en question.

                                                                                                         

Puis, poursuit cet auteur, un parent de la malheureuse victime morte assassinée, Bhavavarman, (Le futur premier roi du Tchen-La) serait allé se réfugier dans une chefferie du Tchen-la. 

 

Une petite principauté d'où il était peut-être originaire, et où il aurait épousé la princesse héritière. (la princesse Kambujarâjalakshmî)

 

C'est grâce à ce mariage qu'il serait devenu le roi de la chefferie !....

 

 

 

2ème hypothèse : (Entre autres !...)

 

Selon M. Georges Cœdès (**), et aussi M. Louis Finot, (***) signale M. Georges Cœdès qui ne cherche pas la paternité de cette hypothèse, ce Bhavavarman (Le futur premier roi du Tchen-La) pourrait être un descendant du roi du Fou-Nan Rudravarman, (514/ vers 539-550 ?!...) et non pas celui de l'héritier assassiné !...

 

Pour appuyer cette hypothèse ces orientalistes précisent que tous les rois du Cambodge qui se succédèrent sur le trône du pays reconnaissaient en Rudravarman un ''chef de branche'', dans laquelle Bhavavarman avait sa place.

 

Ce fut aussi sur le nom de Rudravarman qu'ils revendiquèrent tous leur origine Founanaise.

 

Ce qui signifierait alors que Rudravarman ne serait pas un ''usurpateur'' mais un héritier légitime !...

 

 

Pour en savoir un peu plus il faut attendre que de nouvelles pierres se décident à parler. Mais en existent-ils encore de bavardes ?....

 

 

Quoiqu'il en soit, avec l'aide de son cousin Citrasena, qui lui succédera, et le ''jeu'' des alliances entre chefferies, Bhavavarman 1er crée une véritable puissance en mesure d'affronter le Fou-Nan … alors en état de décomposition.

 

C'est à la suite de cette 'main mise'' sur le Fou-Nan par le Tchen-la que va naître le Cambodge et ''éclore'' la civilisation Khmère.

 

''Le vaincu civilise le vainqueur et se perpétue à travers lui'' (**)

 

                                                                                                             

(*) ''Les états hindouisés d'Indochine. '' p.128.

(**) ''Angkor et les civilisations birmane et Thaïe'' p.46-47.

(***) '' Sur quelques traditions indochinoises '' p. 209/210

 



28/09/2010
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