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A - CORRADO FEROCI (1892-1962) (คอร์ราโด เฟโรชี) 1


CORRADO FEROCI (1892-1962)

(คอร์ราโด เฟโรชี)

 

 

 

Avertissement : Je n'ai pas trouvé de livre sur la vie de Corrado Feroci alors j'ai été obligé de prendre en compte ce que j'ai pu glaner sur le net. Cependant j'ai vérifié autant que possible toutes les informations qui me sont tombées sous les yeux. Alors grâce aux temps du subjonctif et du conditionnel je devrais être très proche de la réalité.

 

 

 

 

                                PREMIÈRE PARTIE

 

 

 

       LA PÉRIODE ITALIENNE de CORRADO FEROCI 

                                                &

              LES ARTISTES ITALIENS A BANGKOK

 

 

   

 

 

Corrado Feroci, un homme à l'allure déterminée et au regard d'aigle. Il a l'air d'être énergique et plein de courage.

(La photo de gauche a été prise dans le hall d'exposition des sculptures de l'université de Bangkok.)

 

 

 

Avant propos :

 

On ne peut pas s'intéresser aux beaux arts, et plus particulièrement à la peinture et à la sculpture Thaïlandaises d'aujourd'hui, sans évoquer à un moment ou à un autre le nom de ''Corrado Feroci'' (คอร์ราโด เฟโรซี). Un nom que bien peu de gens connaissent mais un nom qui a été porté par un homme dont tous les visiteurs de Bangkok ont au moins vue une des réalisations.

 

En effet, qui serait allé à Bangkok sans avoir vu le monument de la démocratie (อนุสาวรีย์ประชาธิปไตย) ou … celui de la victoire, (อนุสาวรีย์ชัยสมรภูมิ) ou encore … la statue de Rama VI près du parc de Lumphini, (แขวงลุมพินี) … pour ne citer que ces trois là ?...

 

 

Chiang-Maï possède aussi une œuvre de ''Corrado Feroci''. Elle se trouve au pied du Doï Suteph, (ดอยสุเทพ) à quelques cent cinquante mètres du Zoo. Mais bien peu de gens le savent !...

 

C'est l'image de Phra Kru Ba Sri Vichaï, (พระครูบาศรีวิชัย) un bonze remarquable qui fera l'objet d'une chronique dans la rubrique touristique.

 

 

Outre ces monuments, commandés pour fêter certains anniversaires ou pour exalter la fibre nationaliste de tout un chacun, il œuvra aussi à l'édification d'un système d'enseignement ''national'' destiné à l'éducation des jeunes gens se préparant à des carrières artistiques.

 

Pour ce faire après avoir dirigé l'école des beaux arts il va la transformer en une université, l'université Silpakorn (มหาวิทยาลัยศิลปากร) dont il deviendra le directeur tout en étant le premier doyen de la faculté de peinture et de sculpture.

 

Alors en conséquence tous les artistes thaïlandais d'aujourd'hui, y compris ceux du Lanna qui sont Thaïlandais, ont été pétris, directement ou indirectement, avec le levain de ses enseignements. Car pratiquement tous sont passés par cette université, dont ''Corrado Feroci'' a été plus qu'un père fondateur puisque les étudiants d'aujourd'hui continuent encore à le vénérer comme s'il était un dieu ; ce qui en Asie du Sud-est n'a rien d'étonnant.

 

 

 

 

 

A gauche : la statue de Corrado Feroci alias Silpa Bhirasri (ศิลป์พีระศรี) qui se trouve dans la cour de l'université des beaux arts de Bangkok, l'université Silpakorn. (ศิลปากร). Elle a été sculptée par l'un de ses élèves préférés qui semblerait être Sanan Silakorn (สนั่น ศิลากร).

A droite : Un 15 Septembre, jour dédié à Silpa Bhirasri (ศิลป์พีระศรี) né Corrado Feroci, dans la cour de l'université de Bangkok. Des élèves viennent rendre hommage au grand homme comme à une déité. Ces hommages se font d'ailleurs tout au long de l'année.

 

 

 

 

La vie de Corrado Feroci :

 

La période italienne : 1892-1922

 

Corrado Feroci serait né le 15 septembre 1892 à Florence en Italie. Mais selon certains il n'y aurait aucune inscription le concernant dans les archives de la ville, pas le moindre certificat ?!...

 

Pour d'autres, son père Arturo Feroci, quand il n'était pas en prison pour ses idées anarchistes, aurait exercé en compagnie de sa femme, Santina Papini, la profession de commerçant en vins dans le quartier de ''San Giovanni''.

 

Un quartier où s'élève la prestigieuse cathédrale Santa Maria del Fiore (Sainte Marie de la fleur). Une œuvre gigantesque puisqu'elle est de par sa taille la quatrième église d'Europe et que sa coupole maçonnée, que réalisa Filippo Brunelleschi, (1377-1446) est la plus grande que les hommes n'aient jamais construite … 41 mètres 50 de diamètre !....

 

Nombre d'artistes ont œuvré dans les murs de cette cathédrale et laissé des chefs-d'œuvre. Parmi eux il y eut … Lorenzo Ghiberti (1378-1455) et surtout … Michel-Ange (1475-1564) !...

 

D'après les dires de Corrado Feroci ce serait ces deux maîtres qui seraient à l'origine de sa vocation. Enfant et jeune adolescent il avait plaisir à contempler leurs œuvres car elles lui procuraient alors des émotions à nulles autres pareilles et sans cesse renouvelées.

 

 

Alors dès qu'il fut en âge de gagner quelques argents, au lieu de mettre ses pas dans ceux de son père, il alla assister les plus grands sculpteurs florentins de l'époque.

 

Ce fut à l'âge de 16 ans, en 1908, qu'il entra à l'académie royale des arts de Florence.

 

Sept ans plus tard, à 23 ans, en 1914, il en serait sorti avec un diplôme de peintre et de sculpteur et, le titre de professeur des beaux-arts avec la mention très bien, précisent les blogueurs thaïlandais … sans preuve à l'appui !....

 

Mais quand on aime … on ne compte pas !.... Et même si c'était faux … quelle importance ?....

 

 

Jusqu'en 1923 les faits les plus marquant de sa vie furent d'abord familiaux, un premier mariage avec Paola Angelini, puis un second avec Fanny Viviani et la naissance de son premier enfant, une fille …Isabella.

 

 

Professionnellement à partir des années 1912 il collabora en tant que sculpteur avec un certain Picchiani, qui démarrait alors une fabrique de médailles d'art. Cette maison a aujourd'hui pignon sur rue et ses productions, ''Picchiani et Barlacchi'', sont appréciées des amateurs du monde entier et … très recherchées des collectionneurs.

 

La ''Scuola d'Arte di Santa Croce'' à Florence fut aussi l'un des hauts lieux où il exerça ses talents.

 

En collaboration avec ces deux établissements, et surement d'autres, de 1912 à 1922 il sculpta surtout des médaillons pour des sépultures, et des bustes pour des musées ou des instituts comme l'instituto Nazionale della Assicurazioni de Rome pour lequel, en 1913, il réalisa un bronze dédicacé à Carlo Tocci … un illustre inconnu.

 

 

       

 

 

Quelques unes des œuvres de Corrado Feroci de cette époque :

 

Au cimetière de Trespiano de Florence : un médaillon pour … ''Nella'' (1914) et … ''Oreste Tofanari'' (1914)

Au musée Foresi ou pinacothèque de Portoferraio de l'île d'Elbe : Le buste de ''Mario Foresi'' (1914) – ''Costanza Foresi'' (1922) – ''Adolescenza'' (1922).

 

Tous ces illustres inconnus, mais néanmoins respectables personnes, tout du moins je le suppose, sont de ''famous persons''' sur le dépliant du musée thaïlandais ''Silpa Bhirasri''.

 

Hélas si Corrado Feroci n'avait dû sculpter que pour d'augustes personnalités il n'aurait pas souvent mangé à sa faim. Mais, à bien y réfléchir, écrire qu'il sculptait pour de fameuses et glorieuses personnes … ne mange pas de pain !...

 

 

 

Sa première ''grosse'' commande fut le monument ''Ai Caduti'' en 1922. Un mémorial pour célébrer les héros Elbois de la 1ère guerre mondiale. Il occupe encore aujourd'hui le beau milieu de la place d'arme (piazza d'Armi) devenue depuis … la piazza della Républica de Portoferraio, la principale ville de l'île d'Elbe. Une île rendue célèbre par la courte captivité de Napoléon 1er.

 

D'après certains auteurs Corrado Feroci aurait aussi été primé lors de différents concours de conception de monuments organisés par le gouvernement italien. Ce qui lui aurait valu, d'après la littérature Thaïlandaise que j'ai eue sous les yeux, une certaine notoriété à l'époque, en Italie. (?...)

 

 

Mais là encore je prends avec réserve ces informations d'autant que la notoriété est une chose, et le bien vivre de son art en est une autre.

 

Autrement dit, il y a de forte chance pour que les revenus de sa profession artistique n'aient pas permis à sa famille de rouler sur l'or. Alors quand il prit connaissance de la requête de la cour Siamoise, qui cherchait un sculpteur, il proposa d'emblée sa candidature qui alla s'ajouter à celles de … deux cent autres postulants !....

 

Les demandeurs d'emplois ne manquaient pas non plus à cette époque !...

 

 

   

 

www.artefascista.it/portoferraio_elba_fascismo__italia__architettura.htm (*)

//www.napoleonprisonnier.com/lieux/elbe_commemoration.html

 

 

                      Le mémorial de Portoferraio de l'île d'Elbe.

 

D'après certains le visage du héros ressemblerait à l'une des personnalités retenues prisonnière en l'île entre mai 1814 et février 1815, soit durant près de 300 jours.  D'après-vous, de qui s'agirait-il ?... son nom commencerait par un ''N'', comme … Napoléon !.... Avez-vous trouvé ?... Je n'en doute pas !

 

(*) Il y a sur ce site, où j'ai pris la photo du milieu, un article intéressant expliquant la différence entre l'art fasciste italien et nazi. Une différence qui fait … toute la différence entre l'esprit allemand et Italien.

 

 

 

              LES ARTISTES ITALIENS A BANGKOK

 

 

Pourquoi la cour Siamoise a-elle fait appel à des artistes italiens ?...

 

 

Pour certains si la cour siamoise a fait appel à des artistes Italiens c'était pour éviter de faire venir des artistes des puissances colonisatrices. 

 

Personnellement je pense que c'est faux.

 

Le roi Chulalongkorn (จุฬาลงกรณ์) (1853-1868-1910) ou Rama V s'adressait toujours à ceux qui lui semblaient être les meilleurs dans un domaine donné.

 

C'était un homme ouvert qui faisait ses choix dans l'intérêt du Siam et non en fonction de considérations qui pouvaient être défavorables à son pays.

 

Il savait mettre son orgueil dans sa poche et son mouchoir par-dessus, seuls les résultats comptaient.

 

Ce qui ne devait pas être simple … étant donné la situation politique !...

 

 

Ainsi, c'est en Angleterre et non en Italie, qu'il enverra durant 9 ans de 1894 à 1902 son fils, le futur Rama VI, poursuivre ses études ; et en France à l'école de guerre que son autre fils, le futur Rama VII viendra se former. Il y aurait côtoyé d'ailleurs le général de Gaulle ?!...

 

Ces deux pays ainsi que l'Allemagne et le Danemark formeront de nombreux cadres militaires Siamois, et la France plus particulièrement des étudiants en droit.

 

Dans les domaines qui précèdent l'Italie brille par son absence non ?... heureusement grâce à l'art elle va éclipser tous ces pays, à chacun sa spécificité !...

 

 

Dans le domaine de l'art en général et de l'architecture en particulier, la préférence de Rama V pour les artistes italiens remonteraient à 1897.

 

Cette année là, à l'occasion de son premier voyage en Europe et sur l'invitation de la reine Margherita de Savoie-Gênes (1851-1926) (*), il est allé à Turin, en compagnie de son fils Vajiravudh, le futur Rama VI, alors étudiant à Londres.

 

 

(*) Le roi de Thaïlande, Chulalongkorn ou Rama V entretenait une correspondance avec Margherita de Savoie, une protectrice des arts et des lettres et … un tantinet réactionnaire d'après ce que j'ai pu lire. Mais ses idées d'un autre temps et son amour pour les arts durent faire bon ménage à en croire les dires de Chulalongkorn concernant les artistes … piémontais et par voie de conséquence … italiens, car !…

 

Turin, ville riche et prospère, fut un temps durant la capitale d'une Italie en cours d'unification. Rome n'en deviendra la métropole politique qu'en 1871 

 

Le petit plus :

Ce fut en l'honneur de cette reine Piémontaise qu'un cuisinier italien créa en 1889 la ''Pizza Margherita''. Une pizza dont la particularité était d'offrir au consommateur la vision des trois couleurs du drapeau Italien sur le dessus de sa pizza, le vert, le blanc et le rouge.

 

Marguerite de Savoie fut la 2ème reine de l'Italie unifiée. Elle se maria avec un cousin Humberto Ier (1844-1878-1900) et de leur union naquit le troisième roi d'Italie des temps modernes, Victor-Emmanuel III (1869-1900-1946-1947).

 

 

 

   

 

 

A gauche : la reine Margherita de Savoie (1851-1926) de la branche des Savoie-Gênes. Elle fut la mère du roi Victor-Emmanuel III d'Italie (1869-1900-1946-1947) qui abdiqua en 1946 au profit de son fils.

 

Au centre : Le roi Chulalongkorn (1853-1868-1910) (จุฬาลงกรณ์) ou Rama V (รามา ๕) ou encore (รัชกาลที่ ๕)

 

A droite : Le jeune Prince Vajiravudh (1881-1910-1925) (าวชิราวุธ) le futur Rama VI (รามาVI). Une huile sur toile de Carlo Rigoli (1883-1962) (คาร์โล ริโกลี) Un peintre italien venu œuvrer à Bangkok.

 

 

 

Tous les deux, le père comme le fils, furent émerveillés par l'architecture de la capitale piémontaise au point, pour Rama V, d'y repasser en 1907, lors de son deuxième voyage en Europe.

 

 

 

Ce fut à l'occasion de ces voyages que Rama V (*) fit venir au Siam, des architectes, des peintres et des ingénieurs italiens, originaires pour la plupart du Piémont.

 

Car Rama V était venu en Europe pour y faire … ''son marché'' … c'est-à-dire pour y prendre le … ''meilleur'' afin de mettre le Siam sur le même pied que les pays occidentaux, et de faire de Bangkok une ville d'exception.

 

 

De fait, ces artistes italiens dont certains porteront plusieurs casquettes, comme celle de peintre et d'architecte, seront les auteurs des plus beaux fleurons picturaux et architecturaux de la ville de Bangkok.

 

Aujourd'hui encore la plupart des voies routières aériennes qui parcourent Bangkok sont l'œuvre des Italiens.

 

 

 

                 (*) Rama V et/ou Rama VI firent venir, entre autres :

 

Les architectes :

Ercole Manfredi (1883-1973) (แอร์โคเล มันเฟรดี). Il est arrivé en 1909, s'est fait appeler Ekarit et n'est jamais plus rentré en Italie. Ses œuvres sont ; entre autres, le grand palais ''Ananda Samakhom'' (พระอนันตสมาคม) et le Borom Phiman (พระบรมพิมาน) une résidence royale, d'été.   

Annibale Rigotti (1870-1968) (อันนิเบเล ริโฏตติ ou ร์โคเล). : Sa venue au Siam date de 1907. Il n'y resta guère plus de trois ans, mais suffisamment de temps pour collaborer avec Mario Tamagno et avoir la copaternité de quelques chefs-d'œuvre.   

Mario Tamagno (1877-1941) (มาริโอ ตามันโญ). Arrivée au Siam en 1907 il n'en partira que 25 ans plus tard !...

De son association avec Annibale Rigotti naîtront un certain nombre de chefs-d'œuvre, dont entre autres, le palais Norashing (ของบ้านนรสิงห์) et la villa de pitsanulok (1925) (ของบ้านพิษณุโลก).

La vieille gare de Bangkok, Hua Lamphong  (1910) (หัวลำโพง) compterait parmi ses réalisations personnelles.

 

Les peintres :

Galileo Chini (1873-1956) (กาลิเลโอ คินี). Durant trois ans de 1910/11 à 1913/14 il va décorer la salle du trône du palais royal ''Ananda Samakhom'' (พระอนันตสมาคม) et être l'auteur de nombreux portraits de la famille royale.

Cesare Ferro (1880-1934) (เซซาเร แฟโร). Durant trois ans de 1906 à 1909 il décora les halls du palais royal (พระอนันตสมาคม).

Il revint une année durant en 1923 pour peindre l'intérieur du palais Norashing (บ้านนรสิงห์)

Carlo Rigoli (1883-1962) (คาร์โล ริโกลี)

 

Les sculpteurs :

Vittorio Novi (1866-1955) (วิตโตริโอ โนวี).

 

Mais on pourrait citer aussi : Carlo Allegri (1862-1938) (คาร์โล อัลเลกรี) – Giorgio Berlingieri (1922-1981) (จอร์โจ เบร์ลินเจรี) – Gerolamo Emilio Gerini (1860-1913) (เจอโรลาโม เอมีลีโอ เจรีนี) - Alberto Nazzari (1883-1919) (อัลแบร์โต นัซซารี) et cetera et cetera !...

 

J'espère que tous ceux que je n'ai pas cités ne m'en tiendront pas rigueur d'autant … qu'il serait étonnant qu'ils le sachent !...

 

 

 

   

//haiku.bloggang.com/อนันตสมาคม

 

 

A gauche : la communauté des artistes italiens, dont la plupart portaient trente six casquettes comme celle d'architecte, de peintre, de ferronnier d'art, et cetera et cetera !...

 

Au centre et à droite : L'un des fleurons des joyaux architecturaux de Bangkok : Le palais royal Ananda Samakhom (อนันตสมาคม) commandé par Rama V en 1908 et où s'illustrèrent Ercole Manfredi,  Annibale Rigotti, Mario Tamagno etc … etc … et Corrado Feroci qui sous la dictature de Plaek Phibun (พิบล) aurait été chargé avec certains de ses élèves de l'aménagement de nouveaux bâtiments.

 

 

 

Après le décès de son père en 1910, Rama VI encore plus passionné d'art et de lettres que Rama V, il se piquait d'écrire sous différents pseudonymes et aimait à jouer la comédie, continuera à rechercher le concours des maîtres italiens.

 

Ce sera donc lui, Vajiravudh ou Rama VI, qui fera adresser au gouvernement Italien la fameuse requête concernant un emploi de sculpteur à pouvoir à la cour du Siam.

 

Il était alors proposé un contrat de trois ans pour un salaire mensuel de … 800 bahts.

 

La vie a bien augmenté depuis !...  800 baths c'est aujourd'hui le prix d'un bon repas-buffet à Chiang-Maï  qui a Bangkok doit couter plus de 2.000 bahts ?!...

 

 

L'heureux élu, comme je l'ai déjà signalé au début, a été choisi parmi deux cents candidats !...

 

Celui qui fut chargé de choisir l'homme au profil idéal fut le prince Naris ou Narisara Nuvattiwongse, (1863-1947) (พระยา นริศรา นุวัดติวงศ์) oncle de Vajiravudh (Rama VI) et frère de feu Rama V.

 

 

Le prince Naris avait alors 60 ans, c'était donc un homme d'expérience et d'autant plus, qu'avant d'être chargé du département des beaux arts du ministère de la maison royale il avait eu de nombreuses responsabilités au sein des travaux publics.

 

Le prince Naris, qui s'appelait auparavant le Prince Chitcharoen, (พระองค์เจ้า จิตรเจริญ) était aussi peintre, sculpteur, architecte, musicien et compositeur. C'est pourquoi il est considéré en Thaïlande comme le père de l'artisanat et des artisans.

 

Il fut, entre autres, le concepteur et le superviseur du temple de marbre ou Wat Benchamabophit Dusitvanaram (วัด เบญจมบพิตร ดุสิต วนาราม ราชวรวิหาร) (Le temple du 5ème roi de la dynastie des Chakri) que réalisa l'architecte italien Ercole Manfredi en marbre de Carrare.

 

Il fut aussi régent lors d'un voyage du roi Prajadhipok (ประชาธิปกฯ) ou Rama VII, (vraisemblablement celui de 1931 aux Etats-Unis), et à l'occasion  du 100ème anniversaire de sa naissance, en 1963, l'UNESCO s'est associée à cette célébration ; ce type de participation a pour objet de mettre sous les feux des projecteurs une ''personnalité éminente'' ayant œuvré pour les arts et de la culture.

 

 

Les détails qui précèdent ont été donnés pour dire que Corrado Feroci n'a donc pas été choisi par le premier venu et au hasard, mais selon des critères bien précis. Lesquels ?... le prince Naris n'est plus là pour en parler.

 

 

     

 

 

A gauche : Le buste du prince Naris réalisé par Corrado Feroci, et à la grande satisfaction du sujet.

 

A centre : Un timbre à l'effigie du prince Naris avec en fond le temple de marbre. Ce timbre a été émis le 28 avril 1991 et apparaît au catalogue ''Siamstamp'' sous le numéro 428. Son objet était de commémorer le souvenir du prince.

 

A droite : Tout à côté, le ''modèle'' ou ''plâtre'' du prince Naris. Il se trouve dans le hall de l'université Silpakorn de Bangkok.

 

Et ci-dessous, de part et d'autre le prince Naris et trois de ses œuvres trouvées sur le site :

 www.oknation.net/blog/phaen/2007/05/27/entry-1

 

     

 

 

 

 

Il y avait donc au sein de la capitale siamoise une petite communauté d'artistes italiens. Et lorsque Corrado Feroci débarque à Bangkok avec sa petite famille, en Février 1923, il n'est pas sans y rencontrer de compatriotes.

 

Il y avait même déjà un sculpteur, Victtorio Novi, dont Rama VI appréciait tout particulièrement les œuvres.

 

Un concurrent ou un confrère ?...

 

 

Corrado Feroci va donc devoir trouver sa place parmi les siens, montrer sa différence et affirmer sa personnalité au fil des ans.

 

 

Or dès ses premiers pas le nouvel employé du département des beaux arts du ministère de la maison royale, suscite de la réprobation.

 

Tout d'abord il demande (exige ?...) un studio avec une grande fenêtre et ensuite il va sculpter, d'après photos, un buste du roi, alors Rama VI, qui aura l'art de déplaire à son  … ''sujet'' ou plutôt … à sa majesté !....

 

 

Fort heureusement les bonnes fées, ou les esprits ?... car nous sommes au Siam, veillent sur l'artiste. Et celui qui va le prendre sous aile n'est autre que … le prince Naris.

 

Car contrairement à son neveu le roi Rama VI, le prince Naris fut enchanté par le buste que Corrado Feroci fit de lui courant 1923.

 

Dès lors le prince en question devînt en quelque sorte … son protecteur. Et puis très vite Rama VI n'aura plus son mot à dire sur l'œuvre de Corrado Feroci car le 26 novembre 1925 il passera de vie à trépas !....

 

 

Bref !... au fil des ans Corrado Feroci va affirmer sa personnalité et devenir aux yeux de son entourage une véritable idole.

 

C'est ce que je vous propose de découvrir dans la deuxième partie, concernant la vie de cet homme.

 

 

 

 

Postscriptum :

 

Il y a un événement que j'aurai du inclure dans cette première partie. Car d'après un dépliant Thaïlandais officiel, sur Corrado Feroci, fort bien documenté, il est écrit que ce dernier aurait remporté en 1923 un concours de médaille et de design. 

 

Or sur la médaille en question j'ai découvert qu'il s'agissait de l'effigie d'un jeune garçon d'environ 8/9 ans dont le nom est Ananda Mahidol, c'est-à-dire … le futur Rama VIII.

 

Ce garçon étant né le 20 septembre 1925, il ne pouvait pas avoir 8 ou 9 ans en 1923.

 

Par contre en 1933 il avait … huit ans !... Alors peut-être ai-je eu affaire à une coquille ou peut-être s'agit-il d'une autre personne, ou peut-être encore est-il question de deux événements qui ont été rapprochés et que je n'ai rien compris à ce qui était écrit.

 

Comme tout est possible … si quelqu'un à la réponse à cette interrogation … elle est la bienvenue.

 

En tout cas Corrado Feroci a eu un prix pour cette médaille dont il est le sculpteur. Et … tout à fait entre nous … il n'était pas volé car la médaille est fort belle … non ?....

 

 

   

 

 

A gauche : Ananda Mahidol, (อานันท มหิดล) le futur Rama VIII, vers l'âge de huit ans.

Au centre : La face de la dite médaille.

A droite : Le jeune Ananda Mahidol.

 

 

 

 

La suite se trouve dans la chronique de la seconde partie de : CORRADO FEROCI (1892-1962) (คอร์ราโด เฟโรชี) qui est classée elle aussi dans la catégorie ''Peintres du Lanna (Les)''.



14/07/2011
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