MerveilleuseChiang-Mai

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AIRAVATA ou AIRAVANA L'ELEPHANT D'INDRA (2)

AIRAVAT ou AIRAVANA L'ELEPHANT D'INDRA

 

                        เอราวัณช้างพระอินทร์

 

                                                      Deuxième et dernière partie

 

 

Pour prendre connaissance de la première partie vous rendre dans la catégorie : Lexique.

 

 

   

 

 

                             L'Airāvata ou Erawan (เอราวัณ) de Chiang-Maï

Chiang-Maï s'enorgueillit d'un Erawan. Si vous désirez le voir il se trouve à ''Prasert  land'' (ประเสริฐแลนด์), au Nord-ouest de Chiang-Maï intra-muros.

Le plus simple pour lui rendre visite c'est d'aller rue Nimmahaemin (นิมมานเหมินท์) et à partir de cette rue, de prendre la soï 6. Après deux ou trois cent mètres vous tomberez face à lui.

C'est un éléphant un peu plus grand qu'un gros éléphant. Il est monté, tout du moins je le suppose, par un tout petit Indra.

 

 

 

Comme il a été expliqué dans la première partie, l'arbre généalogique d'Airāvata (Vishnu, Brahma, Kāsyapa, Bhadramatā et Irāvati) semble être celui de la plupart des textes même si parfois certains liens de parenté diffèrent, voire prêtent à confusion.

 

Cependant il existe une autre version (*) qui raconte qu'Airāvata serait né tandis que le créateur, ou prajāpati Brahma, récitait sept hymnes sacrés en tenant dans ses mains les deux moitiés de la coquille de l'œuf ayant servi à la gestation de Garuda (ครุฑ) ; le vāhana de Vishnu, (**) devenu l'emblème de la monarchie thaïlandaise et par voie de conséquence l'emblème de la Thaïlande … entre autre pays, car il y en a d'autres.

 

Airāvata serait alors sorti de la demie coquille de droite suivi de sept éléphants, ses frères ( ?...) ; puis de la demie coquille de gauche, huit éléphantes, ses sœurs ( ?...) seraient apparues. Les noms des ancêtres de tous les éléphants seraient les suivants, côté mâles, Pundarraka, Vāmana, Kumuda, Ańjana, Puspadanta, Sārvabhuma, Supratika et, du côté femelle, Kapilā, Pingalā, Anupamā, Tāmrakarni, Subhradabti, Anganā, et Anjanāvati ou Amarakosa.

 

Ce sont tous des gardiens de l'univers. De ce fait les mâles sont appelés des Ashtadiggajas (***) et les membres de la gent féminine des Ashtadikkarinis (****) qui tantôt, selon les textes, sont les sœurs ou les épouses des ashtadiggajas. C'est au choix !...

 

 

(*) Cette version, une légende parmi d'autre, est tirée d'un ancien traité d'éléphantologie ou science sur les éléphants, (gajasiksā en sanscrit), rédigé en sanscrit par Nilakantha de Rajamangalam sous le titre de ''Matanga-Lila'', à une époque qui reste encore à déterminer, mais, semble-t-il assez lointaine.

Une traduction a été faite de ce texte original en sanscrit par Franklin Edgerton (1885-1963) le correspondant américain d'alors de l'EFEO, sous le titre ''The Elephant – Lore of the Hindus''.

Cette traduction a été rééditée en 1985 mais l'ouvrage est à ce jour épuisé.

 

(**) Les Thaïlandais appellent Vishnu, ''Naraï'' (นารายณ์) un nom dérivé de l'un des autres noms de Vishnu : Narayana.

 

(***) Ashtadiggaja-s est un terme sanscrit formé de trois mots : Ashta qui signifie huit, dig ou dik qui veut dire point cardinal ou direction et gaja qui est le nom commun attribué à l'éléphant. Le féminin de gaja donne … Karini.

Le terme Ashtadiggaja-s désigne donc les huit éléphants qui ont la charge d'être en garde des huit principales directions de l'univers.

 

(****) Le terme Ashtadikkarini-s désigne lui les huit éléphantes, et en Thaïlande ''Karini'' (กริณี ou กรินี) signifie éléphante, ''Karine'' (กริน) éléphant et ''Karine''' (กรินทร์) grand éléphant, éléphant guerrier ou encore … roi des éléphants. Alors il suffit de rajouter le mot ''thip'' (ทิพ ou ทิพพ ou ทิพย์) qui lui signifie ciel ou divin pour obtenir ''Karinthip'' (กรินทร์ทิพย์) ce qui signifie … éléphant divin ou … éléphant céleste, ce qu'est Airāvata ou Erawan.     

 

 

   

 

 

Les éléphants célestes, ou ''Karinthip-s'' (กรินทร์ทิพย์) symboles de vie et d'eau, voire plus !...

                          … sont partout dans les cieux et sur les toits des temples.

 

Photo 1 : L'éperon faîtier ou chofa (ช่อฟ้า) du viharn du Wat Sri Song Muang (Wat des deux villages) (วัดศรีสองเมือง) à Chiang-Maï hors les murs (Sud-est)

Photo 2 : Les toitures du Wat Kao Klagn (วัดเกาะกลาง) de Chiang-Maï hors les murs (Sud)

Photo 3 : L'éperon faîtier ou chofa (ช่อฟ้า) du Ho Traï (หอไตร) (Bibliothèque) du Wat San Khu (วัดสันคือ) à Chiang-Maï hors les murs (Sud-est).

 

 

 

Airāvata et le symbolisme de l'eau :

 

Suite à ce qui précède, je ne peux qu'ouvrir une parenthèse pour signaler qu'Airāvata est très lié au symbolisme de l'eau. Certes de par sa mère, Irāvati, mais aussi de par ses … exploits, dont le plus remarquable fut celui de ressourcer les nuages après le meurtre de Vrita, le démon de la sécheresse.

 

Ce Vrita apparaît déjà comme une puissance maléfique, et non un démon, dans le Rig-Vêda, le seul livre de la période védique. (1500 à 900 av JC. qui ne fut écrit que lors de notre XIIe siècle.) C'est lui, Vrita qui, avec l'aide d'un certain Ahi, s'empare des nuages et favorise de ce fait la sécheresse, au grand désespoir des hommes.

 

Heureusement une autre puissance, et non un dieu, Indra, au moyen d'une arme redoutable (l'éclair qui prendra le nom de ''vajra''-''วัชระ'') pourfend ce Vrita et après cet acte aspire l'eau des terres, d'où l'un de ses autres noms … Papi (Le buveur) pour remplir les nuages qui iront féconder la terre, assainirent les marais, et redonner vie aux rivières !...

 

En raison des bienfaits qui découlent de la neutralisation de Vrita, Indra va devenir un Dieu qui après avoir été loué et chanté au moyen d'hymnes, va être prié, toujours au moyen d'hymnes, et à l'origine de la religion védique avec Agni et Soma.

 

Ces trois dieux formeront la première trinité, c'est la trinité védique.

 

Au fil des siècles, avec l'avènement des brahmanes et la mise en place du brahmaïsme cet épisode de la lutte entre Vrita et Indra sera repris et enrichi. C'est ainsi que va entrer en scène Airāvata. Ce sera lui avec sa trompe, et non plus Indra, qui puisera l'eau des profondeurs de la terre pour aller remplir les nuages.

 

Ce sera encore lui qui donnera à Indra l'eau lustrale nécessaire pour sacrer Krishna.

 

Conformément à cette image et tradition indienne, ce sont deux nagā-râja, des rois nagā, ''Nanda et Upananda se montrant à mi-corps dans le ciel ''  … qui … ''baigne le corps de Pou-sa'' … c'est-à-dire de Bouddha à sa naissance. (*)

 

Le Nagā ''Nanda'' porte aussi le nom d'Airāvata comme je l'ai signalé en première partie ; ce qui parfois peut prêter à confusion. Dans le cas présent l'homonymie semble plutôt servir la bonne cause et être la bienvenue ?!... d'autant que dans certains textes bouddhiques les deux eaux, chaude et froide, du bain de bouddha et de sa mère sont déversées par deux éléphants célestes ?!...

 

Dans certains textes sacrés les éléphants sont comparés aux nuages, alors dans les œuvres d'art pictural ils évoluent tout naturellement dans les cieux, et au Lanna ils sont présents sous différents aspects, comme par exemple, sur les toits des temples.

 

Airāvata est aussi comparé à l'arc en ciel, c'est-à-dire au pont qui relie la terre au ciel ou, le ciel à la terre. Lors des grandes crémations, c'est dans l'ossature d'un éléphant céleste, ''nok Hassadilignka'' (นกหัสดีลิงค์) que le corps du défunt va se consumer ; et symboliquement c'est cet éléphant qui emporte vers un autre monde le décédé.   

 

Cette eau descendant du ciel est riche de symboles ; celui du sacre dont j'ai déjà parlé mais aussi de la pureté et de l'immortalité. Elle est comme un rituel d'union et d'association (Abhiseka - อบิเชค) entre le ciel et la terre et, celui ou ceux qui fait ou qui font le lien entre le ciel et la terre c'est … Airāvata, ou ce sont les éléphants célestes, ses fils spirituels.

 

Ce n'est donc pas un hasard si certains épis de faîtage ou chofas (ช่อฟ้า) qui s'élèvent des toitures des temples à la manière des éperons à la proue des navires d'antan, représentent des éléphants célestes.

 

Ces éléphants célestes sont comme attelés au temple, et symboliquement, comme dans le cas d'une grande crémation, ils emportent vers Bouddha les prières des fidèles.

 

 

(*) Page 20 du Gya-Tcher-Rol-Pa, (Le Lalita Vistara Tibétain traduit par Philippe-Edouard Foucaux.) édité en 1841 par la Librairie Benjamin Duprat.

 

 

     

 

 

Photo 1 : La construction du ''Meru Prasat-soph'' (เมรุปราสาทศพ) (*) et du ''Phaya nok hassadilignka'' (พญานกหัสดีลิงค์) (**) qui ont servi à la crémation de Phra Bouddha Pojjana Varaporn (พระพุทธพจนวราภรณ์).

 

Photo 2 : Une image (statue grandeur nature qui donne vraiment l'impression que le sujet est en vie) de Phra Buddha Pojjana Varaporn (พระพุทธพจนวราภรณ์) qui fut supérieur du Wat Chédi Luang de Chiang-Maï.

Il quitta notre monde le lundi 14 juillet 2008 et fut incinéré deux ans plus tard, le 18 janvier 2010 après 13 jours de cérémonies, du 5 au 17 janvier 2010.

(La photo de cette ''image'' a été prise en 2012 à l'occasion d'une cérémonie en son souvenir).

 

Photo 3 : Le ''Meru Prasat Soph Phaya Nok Hassadilingka'' terminé. Il fut érigé au Wat Chédi Luang de Chiang-Mai en Janvier 2010 et la proie des flammes au milieu d'un feu d'artifices le 18 Janvier 2010 dans la soirée. 

 

Photo 4 : Un chofa à tête d'éléphant du Wat Kao Klang (วัดเกาะกลาง) de Chiang-Maï hors les murs. (Sud).

 

(*) Le prasat-soph, littéralement ''palais – dépouille'' est donc une structure qui évoque un palais destiné à recevoir la dépouille de la personne décédée.

 

(**) Le Nok Hassadilingka, dont la définition du mot est : ''oiseau imaginaire à trompe d'éléphant'', est donc un oiseau mythique dont l'éléphant entre dans la composition. A noter que le terme ''hassadiling'' se compose de deux mots dont l'un ''hassadi'' (หัสดี) sert à désigner l'éléphant et l'autre ''Lign'' (ลิง) le singe ?!... Ce nom se réfère donc, là encore, au vāhana du dieu Indra c'est-à-dire à … Airāvata ou Erawan.

 

Lors de l'institution du rite de crémation au Lanna, c'était un attelage d'éléphants qui tirait l'Oiseau Hassadilignka hors de la ville pour la crémation. Les remparts de la ville devaient être alors percés pour livrer passage au cortège.

Il peut arriver que l'éléphant soit remplacé par un cheval blanc … le cheval d'Indra, ''Udjisarva'' ou, comme écrit dans le Lalita Vistara, ''Alāhaka''.

 

Pour être complet, le mot ''Meru'' devant ''prasat-soph'' met en évidence le fait que ce ''monument funéraire'' est une symbolisation du mont Méru, le centre de l'univers. De ce fait seul les personnes de haut rang, comme les rois, les princes et les Bonzes ''vénérables'', étaient incinérées au-dessus d'un Hassadilignka.

 

Les familles aisées, pour montrer leur fortune, conduisent leur défunt à l'incinération à l'intérieur d'un ''Maïsoph'' (ไม้ศพ) ou ''prasat thi Pa héo'' (ปราสาททีป่าเห่า) plus ou moins richement décoré mais … sans l'oiseau mythique. Quand aux gens peu fortunés ils doivent se contenter d'un simple cercueil, ou ''Hipsoph'' (หีบศพ) à choisir dans une gamme de prix à leur portée.

 

                                             

                                 Un ''Maïsoph'' (ไม้ศพ) ou ''prasat thi Pa héo'' (ปราสาททีป่าเห่า)

                                      (Remarquez quand même la présence d'un éléphant !...)

Photo venant du site : //board.postjung.com/587286.html

et revue sur le site : //lannaworld.com/cgi/lannaboard/reply_topic.php?id=59834

… que je vous invite à regarder car il s'y trouve de nombreux types ''d'accompagnements matériels'' des défunts, particuliers au Lanna.

 

Remarque : Ces éléphants célestes ou ''Karinthip-s'' (กรินทร์ทิพย์) sont comme attelés au temple qui les supporte. Ils sont à l'image du ''Nok Hasadilignka'' l'hamsa-éléphant d'Indra qui emporte un défunt vers l'autre monde mais … pour ce dernier, sans qu'il soit question de retour … et pour cause !....

 

Or ces éléphants célestes ou Karinthips reviennent à leur point de départ après avoir conduit jusqu'aux pieds de Bouddha les prières de ses fidèles ou adorateurs. Ils sont comme des pigeons voyageurs qui emportent vers les paradis célestes des messages de toutes sortes et qui en se reposant sur leur lieu de départ déversent sur les hommes les bienfaits du bouddha. Les hymnes ont fait place aux prières et la pluie d'eau est devenue une pluie … spirituelle qui purifie les cœurs et les esprits. La symbolique est très belle non ?...

 

En conclusion concernant les chofas :

 

Cet épi faîtier que les Thaïlandais appellent ''chofa'' (ซอฟา) n'est donc pas une symbolisation à tout crin de … Garuda !...

C'est d'abord et avant tout, tout du moins au Lanna la symbolisation des éléphants célestes et/ou de l'Hamsa (ห่าน) (*) c'est-à-dire de ces ''animaux ou oiseaux mythiques'' qui font le lien entre le ciel et la terre, comme l'arc en ciel dont il est question dans certains textes sacrés.

 

Cette parenthèse n'a pas pour objet de porter tort à Garuda que certaines personnes venant surtout d'occident, identifient systématiquement à tous les chofas mais, de remettre les pendules à l'heure en redonnant à chacun (Garuda, éléphants célestes (Karinthips), Hamsa et aussi Naga, voire d'autres) la juste place qui lui revient au sein du … ''panthéon'' des chofas.

 

(*) L'Hamsa est le vāhana de Brahma ou Phra Phrom en Thaïlande. C'est tantôt un cygne, (หงส์) tantôt une oie sauvage ou un jars (ห่าน). Des oiseaux au long cou contrairement à Garuda, dont le cou est court, ce qui me conduit à penser que les chofas et Garuda font … deux et non UN !... Mais je n'ai pas la science infuse ?!...

Par contre, il est fréquent de voir au-dessus des entrées principales une représentation de … Garuda !...

 

 

     

 

 

Photo 1 : L'attelage de Nagas du viharn du Wat Chang Kong (วัดช่างซ้อง) (Le Wat des fabricants de Gongs) de Chiang-Maï hors les murs. (Est) (Le Naga-chofa du premier toit a déserté son poste ?!...) (Ce Wat est tout près du marché de nuit.)

 

Photo 2 : L'Airāvata situé juste au-dessus de la porte principale du Wat Chang Kong (วัดช่างซ้อง) (Le Wat des fabricants de Gongs) de Chiang-Maï hors les murs. (Est)

 

Photo 3 : Le Garuda situé juste au-dessus de la porte principale de l'Ubosot du Wat de Bo Sang  (วัดบ่อสร้าง) (Le Village des ombrelles) à l'est de Chiang-Maï et à environ 5 kilomètres.

 

Photo 4 : L'attelage d'éléphants célestes du viharn du Wat Chet Yod (วัดเจ็ดยอด) (Le Wat aux sept monts ou 7 Méru-s) à Chiang-Mai hors les murs (Nord-ouest) prêt à l'envol vers les cieux.

 

 

       


 

Photo 1 : Un chofa représentant un naga, attaché au toit du Wat Ku Sua (วัดกู่เสือ) (Le Wat de l'appel du Tigre.) à Chiang-Maï hors les murs. (Sud-est)

 

Photo 2 : Un chofa représentant un naga, attaché au toit du Wat Kao Klagn (วัดเกาะกลาง) de Chiang-Maï hors les murs. (Sud)

 

Photo 3 : Un chofa représentant un éléphant céleste (Karinthip), attaché au toit du Wat San Sri (วัดสันศรี) (Le Wat de la glorieuse année du Singe.) de Chiang-Maï hors les murs. (Nord-est)

 

Photo 4 : Un chofa représentant … un hamsa ou un Garuda ?..., attaché au toit du Wat Lok Moli (วัดโลกโมฬี) à Chiang-Maï hors les murs. (Nord)

 

Photo 5 : Un chofa représentant … un hamsa ou un Garuda ?..., attaché au toit du Wat Chaï Sathan (วัดไชยสถาน) à Chiang-Maï hors les murs. (Sud)

 

Nota bene : Le mot ''chofa'' (ช่อฟ้า) se compose de deux mots, cho (ช่อ) qui signifie gerbe ou bouquet mais aussi hisser, et le mot ''fa'' (ฟ้า) qui est le terme pour désigner le ciel. Alors la définition d'un chofa (ช่อฟ้า) pourrait être la gerbe ou le bouquet hissé vers le ciel. En quelque sorte une belle offrande tournée vers le ciel et destinée à Bouddha ?!...

 

 

En conclusion l'éléphant et le nagā ont une symbolique pratiquement identique. En tout cas, ils ont la même origine, et ont parti lié avec l'eau.

 

Symboliquement un temple est la représentation du mont Méru. L'espace terrestre autour du temple c'est l'océan autour du Meru. Les nagas aux portes des temples sont donc bien à leur place, et les éléphants célestes sur les toits des temples font le lien entre le ciel et le terre.   

 

L'ancêtre des éléphants aurait possédé 7 trompes à l'instar du nagā qui à 7 têtes ; ou encore les trompes de Gajalaksmi (*) sont comparées au Nagā Makara (**) et au Kirtimukha (Le visage de la gloire ou de la renommée – voire le Wat Chiang-Man dans visite touristique). Mais nous allons y revenir.

 

 

Irāvat qui signifierait ''de la même nature que les nuages'' ou encore ''plein d'eau de pluie'' est aussi un vocable désignant Airāvata.

 

Enfin, pour ne pas s'étendre sur le sujet car il y aurait encore beaucoup à écrire, son nom orthographié ''Airawaddi'', sous la plume d'auteurs Français du XIXe siècle, n'est pas sans faire penser à ''Irrawaddy''. Le grand fleuve qui traverse du nord au sud la Birmanie, et dont le nom viendrait de sa mère … Irāvati.

 

L'Irrawaddy, aujourd'hui l'Ayeyarwady, a construit la Birmanie ; et les Birmans lui sont quotidiennement redevables pour l'abondance de la nourriture dont il est à l'origine en rendant fertile les terres qu'il arrose.

 

     

 

 

(*) Gajalaksmi et Laksmi ne font qu'une à la condition que cette dernière soit accompagnée d'au moins deux, voire quatre éléphants, sinon elle incarne Laksmi.

La littérature védique ne parle pas de Laksmi. Les vedas avec l'Atharva Veda (IIIe siècle av. JC) font allusion à une déesse mère et c'est aussi vers cette époque qu'à Sanchi et Bharhut des petits villages du Madhya-Pradesh un état du centre de l'Inde, où ont été érigés des stupas, des déesses de la fertilité sortent de la pierre. Certaines d'entre elles sont parfois accompagnées d'éléphants mais sans le moindre partenaire masculin.  

Avec le temps la sexualité va s'imposer dans la littérature puranique. Alors Laksmi devient l'épouse de Vishnu et fait une entrée officielle dans le ''monde'' en sortant de la mer de lait en même temps que … Airāvata. (C'est une des versions, il y en a d'autres.)

 

Dans certains textes Gajalaksmi aurait eu 7 trompes. Mais aujourd'hui c'est la présence d'éléphants auprès de Laksmi à visage humain, déesse de la prospérité, de la beauté et parèdre de Vishnu, qui fait que Laksmi s'incarne en … Gajalaksmi ?!...

 

En voici quelques représentations au travers les âges !...

 

Photo 1 : Gajalaksmi une aquarelle avec argent sur papier de 38,8 x 28 cm. Gallery Nationale de Camberra – Australie.

 

Photo 2 : Le bain de Gajalaksmi. Un bas-relief d'un stupa de Bharhut datant entre 100 et 80 av. JC. (Musé de Calcutta – Inde.)

Nota bene : Ce bas-relief est aussi interprété par certains spécialistes comme étant le bain de Maya la mère du prince Siddhartha le futur Bouddha ?!...

 

Photo 3 : Gajalaksmi une œuvre picturale dans la tradition artistique de Tanjore (Thanjavur) dans l'Inde du sud.

 

Photo 4 : Un poster moderne de Gajalaksmi.

 

Nota bene : Ces quatre reproductions de la déesse Gajalaksmi ont en commun de représenter la déesse au cœur d'un lotus et de mettre en scène deux ou quatre éléphants dits blancs ; deux d'entre eux versent l'eau de son bain tandis que les deux autres remplissent les vases sacrés.

A noter que les éléphants n'utilisent pas leur trompe mais … des vases sacrés.

 

 

     

 

 

Photo 1 : La déesse Gangā la déesse du Gange sur son vāhana un … macara ou makara.

 

Photo 2 & 3 : Un macara mécanique servant à porter au sommet d'un chédi l'eau d'un rite d'aspersion. Il s'agit ici du Wat Lok Moli (วัดโลกโมฬี) à Chiang-Maï hors les murs. (Nord) 

 

Photo 4 : Le dieu Varuna dieu des … eaux sur son vāhana un … macara ou makara. (**)

 

(**) Le ''makara'' ou ''macara'' est un animal mythique qui d'après le sanscrit se réfère à un dragon des mers ou à un monstre d'eau tout à la fois mi-crocodile, mi-éléphant.

Avec le temps cet être hybride s'est enrichit des atours d'un certain nombre d'animaux. C'est ainsi qu'il se retrouve aujourd'hui avec la mâchoire inférieure d'un crocodile ; la supérieure étant la trompe d'un éléphant.

Sa tête varie selon les artistes, elle peut-être celle d'un oiseau ou d'un quadrupède tel que l'éléphant ou le crocodile. Dans la plupart des cas elle s'orne d'une crinière de cheval, voire d'oreilles et de défenses de sanglier et de cornes de cerf. Mais dans tous les cas l'œil (et les yeux), est celui d'un singe au regard aigu.

Son corps est celui d'un poisson, qui peut avoir deux pattes avant de lion se terminant par des serres d'aigle.

Enfin, une magnifique queue de paon ouverte vient clore l'apparence de ce fabuleux monstre.

 

Le makara est le vāhana ou véhicule céleste de Varuna dieu des … eaux et des ''choses'' souterraines et cachées, ainsi que le vāhana de Gangā la déesse du Gange, l'un des grands fleuves de l'Inde. Nous ne sortons pas de l'eau.

 

Dans l'astrologie indienne le makara correspond au 10ème signe du zodiaque, celui du capricorne ou de la chèvre des mers.

 

 

   

 

 

Quelques représentations de ''makara-s'' ou ''macara-s'' à Chiang-Maï :

 

Photo 1 : Un hanghong (หางหงส์) (*) de l'extrémité de l'une des ''baïraka-s'' (ใบระกา) de la toiture du Wat Chet Lin (Wat aux 7 goulottes d'or ou cascades d'or) (วัดเจ็ดลิน) de Chiang-Maï intra-muros.

Ce hanghong(*) représente un animal mythique le … makara.

 

Photo 2 : Une peinture murale de l'intérieur du viharn du Wat Sri Song Muang (Wat des deux villages) (วัดศรีสองเมือง) à Chiang-Maï hors les murs (Sud-est) représentant un makara.

 

Photo 3 : Un hanghong (*) en métal repoussé, de l'ubosot du Wat Sri Su Phan à Chiang-Maï hors les murs (Sud – tout près de la porte Chiang-Maï) représentant un … makara.

 

(*) Un hanghong, littéralement queue de cygne, désigne l'extrémité de la bande de décoration ou Baïraka (ใบระกา) qui couvre un arbalétrier de fin ou de début d'une toiture.

L'arbalétrier ou arbalestier est la pièce de charpente qui donne à un toit son inclinaison et qui sert à supporter les différentes pièces de la couverture.

 

 

 

Parmi les nombreux écrits indiens, quelques strophes ou chapitres se rapportent à Airāvata. J'ai relevé les suivants :

 

Airāvata est nommé chef ou roi de tous les éléphants par Brahma.

Dans une autre version, c'est Prthu ou Prithu appelé encore Vainya qui nomme Airāvata chef ou roi de tous les éléphants. (*)

 

 

(*) Chapitre 1 – strophe 16 du ''Vishnu Purana'' 3.1.16 : Description de l'ordre universel. Et Chapitre 66 du ''Ādi Parva'' (livre 1) du Mahābhārata.''

 

Nota bene : Le nombre d'avatars, ou descentes de Vishnu sur terre varie selon les textes. Le Bhāgavata Purāna en compte 22. Le 9ème d'entre eux concerne le roi Prithu qui n'est autre qu'une incarnation (avatar) de Vishnu. C'est-à-dire une descente sur terre du dieu pour aider l'humanité.

Lors de cet avatar Prithu (Vishnu) est le 1er roi des adirajas. En tant que tel il va organiser la vie du genre humain et obliger la terre, Prithivi (Domaine de Prithu) alors symbolisée par une vache nourricière, de donner au genre humain, contre son gré, le meilleur d'elle-même pour les nourrir. Il s'en suit que Prithu est l'instaurateur de l'agriculture et que c'est en tant qu'ordonnateur, créateur de villages et de cités, qu'il ''sacre'' Airāvata roi des éléphants.

 

A noter que dans certains textes hindous, Bouddha ne serait qu'un avatar de Vishnu ?!... l'un des derniers ou avant-derniers ?... je ne sais plus !...

 

 

 

Airāvata perd ses précieuses défenses. (*)

 

Cet épisode met en scène le démon Sūrapadma qui entend dévaster le royaume d'Indra, le devaloka ou royaume du ciel, un royaume céleste où il fait bon vivre et que peuplent les Devas. (**)

 

 

La lutte entre l'asura Sūrapadma et le dieu Indra est impitoyable, au point que durant les combats le fils d'Indra, Jayanta, sera blessé par une flèche, et les défenses d'Airāvata accourant à son secours, voleront en éclats. Mais le pire sera la défaite d'Indra. Car le démon sort vainqueur des affrontements.

 

Cependant tout est bien qui finit bien. Car au bout d'un certain temps … très long … quelques siècles … Airāvata va retrouver ses défenses et Indra règnera à nouveau sur son devaloka grâce à l'intervention de Shiva répondant aux prières de ces derniers.

 

Cette légende, sans en avoir l'air, légitime un peu plus le nouvel ordre religieux, celui qu'ont créé et que continuent d'asseoir les brahmanes au détriment du védisme. Indra devient alors le faire valoir de la trimūrti à qui il doit, entre autres bienfaits … son paradis !...

 

 

(*) On dit qu'Airāvata était doté de 2 paires de défenses et même qu'il en aurait eu 7 ?...

En fait, le nombre des défenses d'Airāvata varient selon les textes. Parfois il en a 4 (Mhb.1.18.1387 & 3.42.2284) et parfois 6.

Dans le ''Lalita Avistara'' traduit par R. Lenz en 1836 il en a carrément … 8 !...

 

Il est aussi, assez souvent, représenté avec … 33 têtes, 11 fois 3 ?!...

 

(Chapitre intitulé ''Asurakānda'' du ''Skanda Purana''.)

Le Maha purâna contient, en principe, 18 purana-s (Livres) majeurs, mais il peut y en avoir jusqu'à 36.

Le Skanda Purana, le 16ème de la série, en principe, est le plus important de tous les Purana-s avec ses 81.000 strophes qui se répartissent en 7 parties. Mais l'œuvre varie selon de nombreux critères qui font que le nombre de volumes en fait autant.

Ce qui signifie que selon les lieux et les versions les légendes diffèrent peu ou prou, que les héros portent d'autres noms, et qu'Airāvata est parfois oublié dans certaines d'entre elles ; ce qui n'est pas sympa pour lui.

 

La tradition fait du sage Veda Vyasa (वेद व्यास) ou Deva Nagari l'auteur de ces purana-s. Il est plus qu'évident que de nombreux auteurs ont du mettre la main à la pâte.

 

Dans cette même série on retrouve l'Asura Sūrapadma allié avec les démons Tharakasura et Singanugasura. L'assura périt du vel (Lance) de Skanda qui n'est autre que le fils de Shiva et le détenteur de 36 noms !...

 

(**) Le devaloka se compose de deux mots : deva qui signifie dieu et loka qui sert à désigner une aire céleste. Un devaloka est donc une aire céleste peuplée de dieux. Il existe aussi l'Indraloka, c'est alors le royaume céleste d'Indra … le paradis d'Indra appelé aussi Svarga ou Swarga … les orthographes et les noms, là encore, ne manquent pas !... il suffit de savoir s'y retrouver … pour ne pas se perdre.

 

 

   

 

 

Photo 1 : Le roi Prithu (avatar de Vishnu) poursuivant la terre (la vache Blanche ''Prithivi'') pour instaurer un ordre nouveau.

Une aquarelle or & argent sur papier de 17,8 x 28,5 cm attribuée à Manaku (1700-1760). Cette illustration est extraite d'un ''Bhagavata Purana'' et fut peinte entre 1720 et 1730.   

 

Photo 2 : Le barattage vu par les ''copistes et artistes'' bouddhiques du XVIIIe siècle. Œuvre extraite d'un ''samut Khoï '' ou livre en papier Khoï paru dans une édition royale n° 10 Thonburi 1770. Ce livre, épuisé, peut se consulter à l'EFEO de Chiang-Maï.

 

Photo 3 : Une peinture murale de l'intérieur du viharn du Wat Sri Song Muang (Wat des deux villages) (วัดศรีสองเมือง) à Chiang-Maï hors les murs (Sud-est) représentant Airāvata ou Erawan avec … 36 têtes.

 

 

Airāvata change de couleur pour devenir … tout BLANC : (*)

 

Le ''tout'' rose Airāvata devient tout blanc et aurait été à l'origine du grand barattage ou ''barattement'' comme c'est souvent écrit dans les traductions traitant de ce sujet.  

 

Cet épisode met en vedette un certain Durvāsas, (**) un vieil irascible et quelque peu susceptible qui maudit son entourage à tour de bras pour un oui ou pour un non et que les textes présentent néanmoins comme … un ''sage''. C'était un brahmane.

 

Au début du récit, ce vieux grincheux vient de recevoir des guirlandes de fleurs qui lui ont été offertes par une nymphe céleste, et ses pas lui font rencontrer Indra qui se promène à dos d'Airāvata.

 

En signe de salutations Durvāsas offre ses fleurs au dieu Indra qui très vite, pendant la conversation, se trouve incommodé par des abeilles venant les butiner, car elles dégagent d'importantes et agréables odeurs.

 

Machinalement Indra dépose les guirlandes sur la tête d'Airāvata qui à son tour n'apprécie guère les allées et venues des abeilles. Alors au moyen de sa trompe le brave animal jette au sol les colliers de fleurs ; ce qui va déplaire au plus haut point à Durvāsas.

 

Le dit sage se dit insulté, humilié et n'accepte aucune excuse. Pire il maudit Indra et ses pairs et leur promet les pires calamités, ce qui se produira.

 

Le monde va se couvrir de grisaille et dépérir à vue d'œil. Alors les dieux devenus vieux, infirmes et décrépits seront obligés de fuir et Airāvata, habité par un sentiment de culpabilité ira se réfugier dans la mer de lait pour tenter de se concilier les bonnes grâces de Vishnu en lui adressant des prières.

 

Seule, avait conclu le sage, l'absorption du nectar divin, l'Amritam ou Amrta, genre d'élixir d'éternité, produit par le barattage de la mer de lait rendra aux dieux leurs forces et leur beauté et au monde sa prospérité.

 

Le barattage était alors devenu une nécessité mais, il ne pouvait se faire qu'avec l'aide des assuras (démons) qui ne disaient pas non à la condition d'avoir leur part du nectar d'éternité ?!...

Ce que les dieux avaient toujours refusé ?!....

 

Selon les légendes, Vishnu descend sur terre et prend la forme de la tortue ''Kourma'' ou ''Kurma''. C'est alors le récit du 2ème avatar qu'il serait trop long de raconter et de développer, si ce n'est pour écrire qu'à la fin du barattage, Airāvata sortira tout blanc de la mer de lait et que les démons n'auront pas leur part de nectar divin.

 

A qui se fier si les dieux n'ont pas de parole ?!...

   

 

(*)Dans le chapitre 152 de l'Agni Purana

 

(**) Durvāsas était un brahmane. Alors ce récit montre qu'on doit respect au Brahmane, mais aussi aux nouveaux dieux car …

Durvāsas serait ''une partie'' de Sankara qui n'est autre qu'une incarnation de Shiva (et non, cette fois, de Vishnu). Autrement écrit, et selon ma logique occidentale, Shiva met les anciens dieux, les dieux védiques, sciemment en difficulté afin de leur venir en aide et leur montrer, mine de rien, qui est le maître absolu ; et comme on dit chez nous … ''A bon entendeur … Salut'' !....

 

Compte tenu de ce qui précède, force est de constater que les hommes ont des comportements qui n'ont rien à envier à ceux des dieux !...

 

 

     

 

 

Photo 1 : Le Chédi du Wat Chédi Luang Viharn, (วัดเจดีย์หลวงวรวิหาร) considéré comme le mont Méru du Lanna c'est-à-dire le centre du Lanna, était porté à l'origine par 28 éléphants. Il ne reste plus aujourd'hui que 6 d'entre eux, dont 5 du côté sud. Le 5ème, très mal en point, est caché par la rambarde de l'escalier.

 

Photo 2 : L'un des quatre éléphants, celui du Sud-est, du Chédi du Wat Chompou (วัดชมพู) de Chiang-Maï hors les murs (Est). (Le temple est tout près de la place Tha Phae)

Ce chédi est une réplique du chédi du Doï Suthep ou Phrathat Doï Suthep (พระธาตุดอยสุเทพ). Alors pour cette raison chacun des éléphants à une double signification. Celle de porter le chédi mais aussi une relique de Bouddha qui se trouve à dos d'éléphant. (*)    

 

Photo 3 : L'éléphant céleste ou ''Karinthip'' (กรินทร์ทิพย์) gardien d'un puits situé près d'un ancien débarcadère appelé débarcadère des éléphants se trouvant à 200 mètres du Wat Chompu, anciennement Wat Maï Phimpha (วัดใหม่พิมพามิ).

 

Photo 4 : Le chédi du Wat Chiang Man, le plus ancien temple de Chiang-Maï intra-muros, est porté par 15 éléphants. Un escalier sur sa face Est, fait qu'elle ne compte que 2 éléphants, alors que les autres côtés possèdent chacun 3 éléphants.

 

(*) Ce serait vers 1384 que le roi Po Chao Kü Na (1323-1366-1387) (a) (พ่อเจ้ากือนา), 7ème successeur de Mengraï, aurait partagé en deux une relique se trouvant au Wat Suan Dok.

 

Une moitié resta à Suan Dok, et l'autre fut mise sur le dos d'un éléphant, dit blanc, qui fut dirigé vers le mont qui aujourd'hui porte le nom de Suthep. Sur la pente de ce ''doï'', là où s'arrêta l'éléphant, fut construit le chédi du Doï Suthep à l'intérieur duquel fut déposée la sainte relique.

 

(a) Les dates ne sont pas à prendre avec certitude, mais comme repère ayant flexibilité !...  

 

 

Outre tout ce qui précède Airāvata a aussi pour mission de porter la terre, de conserve avec ses frères et sœurs ( ?).

 

Pour ne pas entrer dans le détail de la cosmologie indienne et bouddhique, ce qui nous entrainerait beaucoup trop loin, je donnerai seulement leur emplacement par rapport aux points cardinaux. Alors il y a :

 

A l'Est : Airāvata et Abhramu qui serait aussi la compagne ou parêdre (*) d'Airāvata.

Au Sud-est : Pundarrka & Kapilā

Au Sud : Vāmana & Pingalā

Au Sud-ouest : Kumuda & Anupamā

A l'Ouest : Anjana & Tāmrakarni

Au Nord-ouest :Puspadanta & Subhradanti

Au Nord : Sārvabhuma & Anganā

Au Nord-Est : Supratika & Anjanāvati ou Amarakosa

 

En raison de cette charge qui leur incombe, au double sens du terme, il est alors tout à fait logique de trouver des sculptures d'éléphants au bas des piliers qui soutiennent nombre d'édifices religieux, y compris les stupas ou chédis comme au Wat Chedi Luang, le plus important de Chiang-Maï et … du Lanna.

 

 

(*) Parèdre signifie assis à coté de … et pas obligatoirement épouse.

 

 

     

 

 

Le Chédi du Wat Phan Waen (วัดพันแหวน) (Le Wat aux mille bagues)

 

Ce Chédi ne manque pas d'intérêt compte tenu de notre sujet, ainsi …

 

Photo 1 : Le Chédi en plan général. Son sommet particulier attire l'œil.

 

Photo 2 : Aux quatre coins du chédi il y a Airāvata avec ses 3 têtes.

 

Photo 3 : A la suite de chacune de ces représentations, sur l'angle des quatre premiers paliers Airāvata a été à nouveau sculpté avec ses 3 têtes.

 

Photo 4 : La particularité de ce chédi c'est d'y trouver tout au faîte, ou presque, une représentation de Phra Phrom (Brahma). Mais ne nous y trompons pas, au-dessus de Phra Phrom il y a … Bouddha … aussi petites soient ses images (représentations), le symbole de la suprématie de Bouddha est clairement signifiée aux fidèles !...

 

 

 

Enfin, et ce sera le dernier chapitre, l'éléphant blanc (Airāvata) tient dans le bouddhisme une place prépondérante, et beaucoup plus importante que celle d'Indra dont il n'était à l'origine que le vāhana.

 

Le père de la mère du Bouddha porte le nom de … Anja.

Le demi-frère du Bouddha s'appelle ………… Nanda

La demi-sœur du Bouddha …………..Sundari Nanda

 

Ces noms se rapportent directement ou indirectement à Airāvata et à l'eau comme nous l'avons vu au début de cette chronique.

 

C'est un éléphant blanc qui annonce à la mère du Bouddha, Maya, à l'occasion d'un rêve, sa parthénogenèse. ( ?)

C'est sous la forme d'un éléphant blanc que le Bouddha va s'immiscer dans le sein de sa mère et y prendre place durant 10 mois. (*)

Ce sont deux éléphants célestes qui vont verser le 1er bain du Bouddha.

Bouddha va dompter un éléphant drogué, mais considéré comme le roi des éléphants, et dompté aussi … le roi des singes. Cet épisode a été choisi pour illustrer l'image du Bouddha du mercredi après-midi. (Voir les Bouddhas de la semaine dans la rubrique ''astrologie'' pour en savoir plus.)

 

Je pourrais poursuivre cette liste, mais ces exemples suffisent à faire comprendre que l'éléphant est un des symboles, ou l'une des représentations par excellence de Bouddha. Par exemple, un éléphant placé près d'un stupa symbolise systématiquement la présence de Bouddha.

 

 

(*) En France pour avoir un an il faut accomplir l'année. En Asie il suffit de la commencer. Autrement écrit, pour nous, la personne n'a pas un an mais, mais elle est dans sa première année.

Du fait de cette particularité un asiatique, selon les cas, à un mois d'avance, ou une année, par rapport à un occidental conçu ou né le même jour !... A chaque peuple sa logique !...

 

 

   

 

 

Photo 1 : Le rêve de Maya : Un bas relief photographié au Wat Umong (วัดอุโมงค์) de Chiang-Maï hors les murs. (Nord-ouest)

 

Photo 2 : Le rêve de Maya (bis) : Une peinture murale (pas très belle mais caractéristique d'une époque et d'un style) du Wat Mo Kam Tuang (วัดหม้อคำตวง) de Chiang-Maï intra-muros.

 

Photo 3 : Les deux éléphants blancs se trouvant au pied du Chédi du Wat Duang dee (วัดดวงดี) de Chiang-Maï intra-muros. Le Wat où les propriétaires de véhicules neufs vont les mettre sous la protection de Bouddha.    

 

 

Enfin, un dernier mot sur deux éléphants dits blancs, descendants d'Airāvata si je me réfère aux légendes, particulièrement attachés à Chiang-Maï, puisqu'ils en assurent la protection depuis plus de deux siècles. Il s'agit de Phaya Prab Muangmara Muangyak (พญาปราบเมืองมารเมืองยักษ์) et de Phaya Prab Jakkrawan (พญาปราบจักรวาล).

 

Ils se tiennent debout, bon pied bon œil, depuis 1800 sous l'abri qui leur a été installé près de la gare routière de Chang Puak, rue Chotana (ถนน โชตนา) au départ de la porte Chang Puak en direction de Mérim.

 

   

 

 

Photo 1 : Phaya Prab Jakkrawan (พญาปราบจักรวาล) un protecteur de 2 mètres 48.

 

Photo 2 : L'abri des deux protecteurs tel qu'il apparaît rue Chotana.

 

Photo 3 : Phaya Prab Muangmara Muangyak (พญาปราบเมืองมารเมืองยักษ์) un protecteur de 2 mètres 40.

 

 

 

Pour conclure dans la bonne humeur :

 

Le Panthéon Indien est un vrai casse-tête pour un occidental, j'en sais quelque chose ; mais d'une clarté évidente pour un Indien. Aussi tant pour vous détendre que pour vous faire toucher du bout du doigt leur mode de penser, je vous propose de clore cette chronique avec l'histoire qui suit.

 

 

C'est un Indien, qui habite New-York et qui pour passer un mois en Inde demande à son banquier un prêt de 5.000 dollars.

 

Etant donné la modicité de la somme et la durée de l'emprunt son banquier accepte mais lui demande une garantie.

 

Comme l'Indien possède une voiture de sport dernier cri et qu'il est venu avec, il la propose en garantie. Le banquier accepte, et il en prend les clefs.

 

Un mois plus tard l'indien vient rendre les 5.000 dollars augmenter des intérêts et … récupère sa voiture.

 

Il allait pour quitter la banque quand, sur le ton de la curiosité son banquier lui demande pourquoi avoir laissé une telle garantie pour une aussi petite somme ?...

 

Et l'Indien de lui répondre : ''Vous connaissez à New Yok un garage qui m'aurait gardé ma voiture un mois durant pour le montant de votre intérêt ?....

 

   


Wat Pon Soï (วัด ปอนสร้อย)                Wat Sri Don Chaï (วัดศริดอนไชย)              Wat Pon Soï (วัด ปอนสร้อย)

 

 

 

 



21/01/2013
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