MerveilleuseChiang-Mai

MerveilleuseChiang-Mai

B - CHALERMCHAI KOSITPIPAT

CHALERMCHAI KOSITPIPAT

 

 

     

 

CHALERMCHAI KOSITPIPAT -  เฉลิมชัย โฆษิตพิพัฒน์

 

 

Né le 15 Février 2498 (1955) à Baan Rong Khun un petit village près de Chiang-Raï au Lanna.

 

 

 

Quelques mots à son sujet :

 

Son père, Chew Hua, est un commerçant d'origine chinoise et sa mère une ''femme au foyer'' originaire de Phayao, une ville du Lanna. Chalermchai est le troisième enfant de la famille.

 

 

 

Il aurait été, selon ses dires, un sale gosse, turbulent et violent, qui ne rêvait que d'être admiré et … le bouddhisme l'aurait amené à la sagesse en lui faisant comprendre que la vie sur terre n'est … qu'illusion et que l'envie mène à tout sauf au nirvana.

 

Alors il va abandonner ses rêves de grandeur et ses manières de mauvais garçon ; et grâce à ses prédispositions pour le dessin suivre une voix artistique orientée vers la peinture.

 

Pour cela il va entrer à l'université des beaux arts de Silpakorn de Bangkok.

 

En 1977/1978, il en sort avec un ''baccalauréat'' des beaux arts et commence alors sa vie d'artiste peintre.

 

Il sera titulaire de quelques médailles, remportera quelques prix et exposera en divers endroits de par le monde, dont l'Allemagne et les Etats-Unis.

 

Mais malgré ces récompenses et ces expositions son parcours est loin de le nourrir tous les jours ; et d'autant moins qu'en 1988 il participera bénévolement à la réalisation des peintures murales du Wat Buddhapadipa de Londres (วัดพุทธปทีปกรุงลอนดอน) (Wat Buddhapatipa de la cité de Londres) (*) avec un ami et confrère, Panya Vijnthanasarn (ปัญญา  วิจินธนสาร) !...

 

 

 

(*) Ce temple thaï, à l'époque le seul et unique en Europe – peut-être l'est-il toujours - a été construit dans l'intention d'être un centre bouddhique thaï européen. Il se trouve à Wimbledon et se visite.

 

 

 

   

 

 

Londres – Le Wat Buddhapatipa (วัดพุทธปทีปกรุงลอนดอน)

 

A Gauche : Le premier sermon de Bouddha dans le parc aux gazelles appelé aussi parc des daims.

Au centre Chalermchai Kositpipat à Londres posant devant l'une des fresques, vraisemblablement de son confrère et ami Panya Vijnthanasarn (ปัญญา  วิจินธนสาร).

A droite : Neuf jours après la naissance du futur Bouddha sa mère, Maya ou Mayadevi ''monte'' au ciel. C'est son ascension vu par l'artiste.

 


 

En œuvrant gratuitement Chalermchai Kositpipat voulait  honorer Bouddha, son roi et son pays. C'est d'ailleurs le credo de tous les sujets Thaïs.

 

Cette tâche Londonienne durera quatre ans et lui vaudra au final les foudres de tous ses compatriotes, dont les représentants du gouvernement, du monde religieux, des sphères artistiques et … des ''bêlants'' qui sont toujours là dans des cas similaires, pour enfoncer le clou un peu plus profondément.

 

 

Tous reprochèrent alors à Chalermchai Kositpipat de s'être écarté de la tradition académique.  Car pour tous il était sacrilège de marier le style thaï d'hier, hérité d'Ayutthaya, à une vision contemporaine du monde.

 

Hélas pour les détracteurs, et tant mieux pour l'artiste, les ''peintures murales tant décriées'' ou les ''premières peintures différenciant le règne de Rama IX à ceux de ses prédécesseurs'' (Car c'est ce qu'on dit maintenant) étaient fixées sur les murs du temple.

 

 

Alors grâce à elles en 1995, lorsque le roi RAMA IX chercha un peintre pour illustrer un conte bouddhique, qu'il avait réécrit, et traduit en anglais (*) il demanda la collaboration de … l'auteur des fresques murales du temple de Londres !...

 

 

(*) Le conte bouddhique ou jātaka que le roi a traduit s'intitule ''l'histoire de Mahajanaka''.

 

Il raconte l'itinéraire d'un homme qui pratique les enseignements de Bouddha sans attendre la moindre récompense en retour

Grâce à ce désintéressement mais aussi à sa détermination et sa persévérance il fait face à tous les obstacles rencontrés sur sa route. Un chemin qui finit par le conduire sur le trône de la ville de Mithila où les habitants connaîtront la prospérité et la richesse, grâce à lui.

 

Ce conte bouddhique ou jātaka a été traduit en Français par Madame Jeanne Schut.

 

 

 

 

 

A gauche : Une image du jātaka illustrant le départ du prince Mahajanaka (พระมหาชนก) (Phra Maha Tcha-na-ka) par-delà les mers.

Au centre : Un portrait du roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej (ภูมิพลอดุลยเดช) dit RAMA IX (พระรามเก้า)

A droite : Une image du jātaka mettant en scène le sauvetage du prince Mahajanaka (พระมหาชนก) (Phra Maha Tcha-na-ka) par la déesse ''Mani Mékhala'' (นางมณีเมขลา) (Nang Mani Mé-kha-la).

 

 

 

De ce fait la côte de Chalermchai Kositpipat monta et elle monta d'autant plus que le roi lui acheta quelques œuvres et devint l'un de ses … clients.

 

Quand on sait qu'en Thaïlande il suffit que le roi (*) tousse pour que tous ses sujets s'enrhument ; qu'il considère une œuvre avec intérêt pour que d'un bout à l'autre du pays tout le monde trouve le peintre ''génial'', y compris ceux qui la veille professaient le contraire, un bel avenir doré devait s'offrir à  Chalermchai Kositpipat !...

 

 

(*) Heureusement les Thaïlandais ont un roi qui a du jugement et un goût avéré pour les arts.

 

 

 

 

 

A gauche : un acrylique sur toile de 1993 intitulé ''Le père et son deuxième enfant dans les sphères divines'' (สองพ่อลูก ณ แดนทิพย์)

Au centre : Un acrylique sur toile de 1997 intitulé ''Le saint Bouddha'' (พระพุทธคุณ)

A droite : un acrylique sur toile de 1992 intitulé ''L'enchantement des sphères divines'' (ปิติสุขในทิพยสถาน)

 

 

 

J'ai lu qu'en 1998 l'une de ses œuvres s'était vendue à l'hôtel des ventes Christie de Singapour 17.500 $ soit plus de 500.000 bahts, de quoi faire rêver les peintres du marché du dimanche de Chiang-Maï dont les œuvres se vendent entre 3.000 et 10.000 bahts dans les meilleurs des cas !...

 

 

 

Fidele à ses concepts bouddhiques, Chalermchai Kositpipat au lieu de mener grand train met son argent dans la construction d'un temple. Le temple blanc ou le Wat Rong Khun (วัดร่องขุ่น) un temple qui se situe à quelques seize kilomètres au sud de Chiang-Raï, dans son village natal. (*)

 

 

 

(*) Ce temple se visite, et ces derniers peuvent participer à sa construction et à son entretien en achetant une toile du peintre. Un bâtiment spécialement conçu à cet effet a été construit et aménagé en galerie.

 

 

 

Chalermchai Kositpipat dirait à qui veut l'entendre : ''Ni la gloire ni le confort ne me détourneront de ma ligne de conduite. Je peins pour servir le bouddhisme et il en sera ainsi jusqu'à mon dernier souffle. ''

 

 

  

 

 

Le temple blanc ou le Wat Rong Khun (วัดร่องขุ่น)

 

 

 

Sa peinture :

 

Tout a été dit dans les lignes qui précèdent, et les œuvres accompagnant cette chronique se suffisent à elles-mêmes. Si vous voulez en contempler plus, rendez vous sur le site qui suit : http://www.rongkhun.com/

 

Précisons cependant que la peinture de Chalermchai Kositpipat consiste à reprend des thèmes de l'art traditionnel thaï auquel il apporte sa propre vision du monde d'aujourd'hui au moyen de couleurs et de techniques modernes.

 

Depuis quelques années cependant, il se consacre à des sujets plus profanes et d'actualité comme le réchauffement de la planète, tout en laissant libre cours au sein de ses œuvres à une dimension spirituelle.

 

 

   

 

 

A gauche : un acrylique sur toile de 2008 intitulé ''Vision du réchauffement de la terre'' (ภาวะโลกร้อน 1)

Au centre : un acrylique sur toile de 2009 intitulé ''La fuite au-delà des idées démoniaques de la mondialisation'' (หลุดพ้นจากกิเลสมารยุคโลกาภิวัฒน์)

A droite : un acrylique sur toile de 2009 intitulé ''La puissance du phallus au sein de l'univers'' (พลังแห่งลึงค์เหนือจักรวาล)

 

 

 

Chalermchai Kositpipat serait, avec Chakrabhand Posayakrit (จักรพันธ์ โปษยกฤต) et Thawan Dachanee (ถวัลย์ ดัชนี) lui aussi originaire de Chiang-Raï, l'un des trois grands ''papes'' ou pionniers de l'art contemporain thaï.

 

 

Pour mieux situer la peinture de Chalermchai Kositpipat :

 

A l'avènement des Chakri en 1782 coïncide les débuts de l'art de Bangkok dit aussi l'école Ratanakosin dont les 178 fresques murales du Wat Phra Kaew (วัดพระแก้ว) ou Bouddha d'Emeraude de Bangkok concernant le Ramakian, (*) peintes entre 1782 et 1809, sont des modèles du genre.

 

 

(*) Le Ramakian est une reprise de ''la geste de Rāmā'' l'un des épisodes du ''Rāmāyana'' indien.

C'est en quelque sorte le ''Rāmāyana siamois'' qui conte les exploits de Phra Rama (พระราม) pour sauver la loi divine, le dharma, c'est-à-dire l'ordre cosmique social et religieux.

 

 

 

 

 

Un exemple d'œuvre de l'école Ratanakosin, la 82ème fresque du Ramakian du Wat Phra Kaew (วัดพระแก้ว) :

Elle illustre le premier combat entre Phra Rama (พระราม) et Tosakan (ทศกัณฐ์) le Rāvana indien.

A Gauche, montés sur leur char Phra Rama (พระราม) et son frère Phra Laksmana (พระลักษมณ์) et  à droite, gesticulant sur le sien Tosakan (ทศกัณฐ์).

 

 

 

Ces fresques et toutes les œuvres de cette époque sont beaucoup plus un développement et une conjugaison sur différents modes de l'héritage artistique d'Ayutthaya. Il n'y a pas vraiment d'innovation. Les artistes se sont contentés ''d'améliorer'' ce legs d'Ayutthaya et vers le milieu du XIXe siècle de se laisser quelque peu influencer par l'art occidental mais sans vraiment bousculer leur … ''routine'' de copistes de grand talent.

 

 

Or maintenant, grâce à ces trois artistes et à ceux qui par la suite les ont suivis, il y a l'art contemporain thaï ; une école qui se démarque du classicisme thaï et qui répond au rêve de Rama IX, à savoir … avoir un style attaché à son règne et qui rompt avec celui de ses ancêtres tout en étant spécifiquement thaï.

 

 

   

 

 

A gauche : un acrylique sur toile de 1998 intitulé ''La victoire de Bouddha sur le démon Mara'' (ชนะมาร)

Au centre : un détail d'une fresque du Wat Buddhapatipa de Londres (วัดพุทธปทีปกรุงลอนดอน)  se rapportant à l'illumination de Bouddha. (1988/1992)

A droite : un acrylique sur toile de 2006 intitulé ''Bouddha prêchant le dharma dans le monde céleste'' (พระพุทธเจ้าเทศนาธรรม ณ แดนทิพย์)

 

 

 

Petite remarque : Ces sont deux peintres originaires du Lanna, une province annexée en 1892 par le Siam (*) et dont l'héritage culturel diffère de celui d'Ayutthaya, qui ont innové dans une discipline qu'ils avaient certes étudiée à Bangkok, mais à laquelle ils étaient censés être plus étrangers que les Siamois eux-mêmes.

 

 

 

(*) La Thaïlande est formée d'un royaume leader, le Siam avec Bangkok pour capitale. Ce dernier a ''réuni'' à sa couronne le royaume du Lanna, l'Isaan et quelques sultanats situés au sud de la Thaïlande sans oublier quelques arpents Cambodgiens.

 



Pour être le plus exhaustif possible sur l'œuvre de Chalermchai Kositpipat je vous invite à contempler trois œuvres qui ont précédé son investissement dans la réalisation des peintures murales du Wat de Londres. Car si un artiste poursuit sans cesse sa quête il y a toujours dans son parcours des moments clefs. Dans son cas, peut-être y a-t-il eu avant Londres et … après ?!... jugez-en plutôt.

 


Avant Londres :

 

   

 

 

A gauche : Une tempera sur papier réalisée en 1975 titrée : ''L'attente des moines''.

C'est une version moderne des peintures murales qu'on trouve dans les temples et qui traite d'un sujet quotidien, celui de l'attente des religieux afin d'accomplir ses dévotions.

 

Au centre : Une tempera sur toile datant de 1979 intitulée ''La moniale'' (*). Avec cette création le peintre a voulu illustrer le conflit entre la noirceur et le délabrement du monde moderne, et la pureté de la religion qui ressource et reconstruit chaque être.

 

(*) Du temps de Bouddha les femmes et les hommes étaient traités sur le même pied d'égalité. Ils portaient tous le ''Kāsāya'' ou ''Kesa''. Avec le temps cela n'a pas duré !... les communautés de femmes ont fini par disparaître et lorsqu'elles ont refait surface l'habit blanc leur fut alors attribué.

 

A droite : Une tempera sur masonite peinte en 1975 connue sous le titre de ''L'acquisition de mérites''.

C'est une scène courante au Lanna mais encore plus courante en Birmanie. Des commerçants attendent devant leur échoppe l'arrivée des bonzes pour leur remettre leur aumône. En faisant ce don à la communauté religieuse les fidèles bouddhistes obtiennent des mérites qui sont censés alléger leur karma à leur prochaine renaissance.  

 

 

 

Après Londres :

 

    

 

 

A gauche : un acrylique sur toile de 1998 intitulé ''Le démon Rahu avalant la lune'' (พระราหูอมจันทร์)

Au centre : Chalermchai Kositpipat œuvrant à l'édification de son chef d'œuvre … le Wat Rong Khun (วัดร่องขุ่น) ou temple blanc.

A droite : un acrylique sur toile de 2008 intitulé ''La déité du succès'' (เทพแห่งความสำเร็จ) (Ganesha)

 

 

 

 

 



12/05/2011
5 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 195 autres membres