MerveilleuseChiang-Mai

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BOÎTES A LETTRES (LES)

 

LES BOÎTES A LETTRES

 

 

 

 

Les Français sont des individualistes, qui vivent cachés et enfermés à double tour dans leurs demeures. Ils n'aiment pas y être dérangés et se méfient des inconnus qui viennent frapper à leur porte.

 

Alors qu'au Lanna, les "Khon Chiang-Maï" engagent volontiers la conversation avec le premier venu. Ils ont besoin de communiquer, ce qui les conduit à vivre en groupe et plutôt en dehors de chez eux, qu'au dedans.

 

D'un côté comme de l'autre, le climat a sa part de responsabilité dans ce type de comportement.

 

 

Ainsi chez nous, c'est surtout durant la période hivernale qu'on s'enferme et qu'on se coupe du monde extérieur. Mais durant l'été ce type de comportement perdure.

 

Cependant pour pallier le manque de relations dû aux rigueurs de l'hiver, ou aux départs de l'été, il fut un temps, sans téléphone et sans SMS, où les Français s'écrivaient volontiers.

 

D'ailleurs la période du premier de l'an, et celle des grandes vacances, devaient être alors, et peut-être encore maintenant, celles où les Français correspondaient le plus.

 

 

 

Alors pour recevoir le courrier des uns et des autres, chacun avait, et encore maintenant, recours à une boîte à lettres.

 

C'est en général un petit contenant posé contre une porte d'entrée, qui est souvent fermée à double tour pour se couper du monde extérieur et écarter les importuns ; individualisme oblige !...


Cette boîte à lettres possède une fente qui permet à toute personne se trouvant du côté de la rue de glisser un pli à l'intérieur sans avoir besoin de pénétrer chez le destinataire.

 

Et comme sur la face opposée à cette fente il y a une petite porte, elle aussi fermée à clef, le destinataire, lui, n'a pas à sortir dans la rue pour récupérer son courrier.

 

Autrement dit, la configuration d'une boîte à lettres française donne en clin d'œil un portrait psychologique de ses utilisateurs.

 

Et ce qui s'applique à la boîte à lettres française, va comme un gant à la boîte à lettres du Lanna !... 

 

 

Pour commencer, au Lanna, les boîtes à lettres sont beaucoup plus rares qu'en France. Et pour la raison toute simple c'est qu'il faut savoir lire et écrire pour correspondre.

 

Or les anciens,  qui pourtant conduisent … et de grosses voitures, n'ont pas connu les bancs de l'école.

 

Certains en sont restés aux couleurs et aux dessins pour se repérer. Les grandes surfaces qui le savent ont aménagé leur parking en prenant en compte cette particularité.

 

Il y a des couleurs et des pictogrammes qui permettent aux clients de repérer du premier coup d'œil l'emplacement de leur véhicule.

 

Mais les jeunes, qui eux aussi conduisent … et avec une inconscience dépassant l'imaginaire, n'écrivent pas plus.

 

Car ils préfèrent le téléphone qui est plus direct et surtout … plus m'as-tu-vu et moins fatiguant que la page d'écriture !....

 

Alors au Lanna il n'y a pas, comme chez nous, le réflexe de relever quotidiennement son courrier ?!....


Ainsi dans mon immeuble il n'y a pas de boîtes à lettres particulières mais une boîte, de 30 centimètres sur 15  et de 15 centimètres de hauteur, qui pourrait être une boîte à n'importe quoi, accrochée dans l'entrée.

 

Mais comme elle regorge d'enveloppes, et se disloque un peu sous leur poids, c'est donc bien une boîte à lettres !...

 

Je suis certainement le seul à y jeter un coup d'œil tous les jours et très certainement le seul à y voir les mêmes lettres depuis plus de deux ou trois mois … voire même plus !...

 

Toutes ces enveloppes portent un logo. Ce sont donc des lettres administratives et non pas des échanges épistolaires entre individus !...

 

Sur beaucoup d'entre elles il y a des sigles de sociétés, téléphoniques, bancaires et de leasing !... Alors je pense que leur contenu ne doit pas être des plus agréables pour les destinataires ; et que cela ne doit pas les encourager à relever régulièrement leur courrier !....

 

 

Néanmoins, des boîtes à lettres fleurissent, et se fanent pour certaines d'entre elles tant elles sont dans un triste état, un peu partout dans les rues de Chiang-Maï.

 

Mais à quoi bon avoir une boîte à lettres lorsque les portails sont grands ouverts et qu'il suffit de déposer le courrier sur le seuil des portes des habitations, elles aussi grandes ouvertes !...

 

D'ailleurs, certaines boîtes à lettres sont installées carrément tout au fond des cours. Et si le portail d'entrée de ces cours devait être fermé, il n'y aurait plus la possibilité d'y déposer le moindre courrier !...

 

Cependant, lorsqu'une demeure se distingue par quelques signes extérieurs de richesse, son portail est alors fermé, non pas à double tour mais au moyen d'un cadenas ; mais la boîte à lettres qui équipe cette porte extérieure est fabriquée sur le même modèle que la boîte à lettres des gens les plus simples. Car les boîtes sont standards !...


En effet, à Chiang-Maï, toutes les boîtes à lettres sont conçues sur le même principe, et presque toutes sur le même modèle, à quelques rares exceptions près.

 

Il n'y a pas de ligne de démarcation imaginaire entre la face et le dos. Ce ne sont pas, comme en France, des boîtes qu'on "remplit" de l'extérieur c'est-à-dire depuis la rue, et qu'on "vide" depuis l'intérieur c'est-à-dire depuis l'habitat ; en catimini ou en tout cas en dehors de la vue d'autrui, comme pour préserver sa vie intime.

 

 

Ces deux opérations, la délivrance du courrier par le facteur et sa récupération par le destinataire, ne sont pas dissociées.

 

Elles se pratiquent carrément depuis la rue, c'est-à-dire en étant sur le trottoir, au vu et au su de tous, sans craindre le "qu'en dira-t-on".

 

 

La boîte à lettres thaïlandaise est elle aussi opérationnelle sur deux faces, mais deux faces qui sont perpendiculaires et non opposées, c'est-à-dire la face proprement dite, et son côté gauche.

 

La face, en plus de la fente, est équipée d'une fenêtre, ce qui permet à l'utilisateur de voir du premier coup d'œil si la boîte contient du courrier, ce qui lui évite la fatigue de gestes inutiles.

 

Le côté gauche possède une petite porte, le plus souvent béante, à cause de la mauvaise qualité du matériel mais aussi du laisser-aller des gens, qui permet d'attraper du bout des doigts une éventuelle missive.

 

Comme cette porte de côté est infiniment plus petite que la fente je me demande parfois si les boîtes ne rétrécissent pas les lettres pour les sortir sans difficultés ?!...

 

En tout cas, pas une des boîtes que j'ai pu voir n'est en mesure de recevoir des enveloppes de grand format, ni même un journal !...


Alors, très souvent, au-dessus des petites boites rectangulaires sont installés des boîtes cylindriques pour recevoir les éditions de presse.

 

Et parfois les deux boîtes sont jumelées.

 

 

Dans les grands magasins ou ailleurs, je n'ai encore jamais vu de grandes boîtes à lettres. Personne n'a dû avoir l'idée d'en fabriquer ?!...

 

 

En résumé, le courrier n'est vraiment pas ce qui tracasse les "Khon Chiang-Maï".

 

Mais tout à fait entre nous, je me demande ce qui peut bien les tracasser !...

 

 



15/11/2009
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