MerveilleuseChiang-Mai

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CASSIA FISTULA LINN. 1753



CASSIA FISTULA LINN. 1753 :

 

 

Attention : Certains noms communs de plantes peuvent porter à confusion, et d’autant plus que les plantes concernées peuvent avoir de nombreux points communs entre elles et coexister sur une même aire.

Ainsi le ‘’Cassia fistula‘’ peut être confondu avec le ‘’Senna siamea‘’ que certains appellent ‘’Cassia Siamea‘’ voire ‘’Cassia florida‘’, et j’en passe, alors que cet arbre appartient au genre Senna et non Cassia. (Le ‘’Senna siamea‘’ porte le nom de Khilek (ขี้เหล็ก) en Thaïlande et ses feuilles entre dans la composition d’une célèbre soupe la ‘’Kaeng khilek‘’ (แกงขี้เหล็ก).

Par ailleurs un même nom vernaculaire peut désigner deux plantes totalement différentes. Ainsi, par exemple en Thaïlande, le Chaiyapruek (ชัยพฤกษ์) désigne tout à la fois le Cassia fistula Lin et le cassia javanica L. (Cassia nodosa Buch. Ham ex Roxb.) ?!....     

 

 

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Quelques ‘’cassia fistula‘’ de Chiang-Mai s’élevant sur les berges de la douve du côté de la porte Chang-Phuak. 

 

Quelques noms vernaculaires du CASSIA FISTULA LIN. :

Kas - séné (Guadeloupe) - Le cassier – faux sené – faux caroubier – douche d’or – averse dorée – pluie d’or - casse – canefier – cytise indien – (France) – Cassienroehrlein – Indischer – Purgierkassie, Fistelkassie, Goldregen – röhrenkassie - roehrenkassie – wurstroehrenbaum (Allemagne) – golden shower – indian laburnum – pudding pine – purging cassia (Angleterre) – Mai lum –Ngu – Ngu sahwe – Mgusat - pwabet (Birmanie) – Guo mai long lang – huai hua ch’ing - la chang shu (Chine) – Canafistula – cassia purgante – casia fistula – laburno de la india – lluvia dorada – lluvia de oro (Espagne)

Inde : (Bengali) sondal - (Hindi) amaltas – (Malayalam) kanikonna – (Punjab) girdanali – suivent plus de 200 noms … rien que ça ?!... – Cassia (Italie) - reachapreuk – rajavriksha (Khmer) – Ntoo quav nees (arbre crottin de cheval) (Hmong) Long Leng (Sayabouri) Khoun (Laos) – bereksa – dulang – rajah kayu – tengguli (Malaisie) - cacho de ouros (Portugal) – Ahalla – Kavani (Sri Lanka) - rachapruek (ราชพฤกษ์) – Chaiyapruek (ชัยพฤกษ์) (Centre) - dok khuen (ดอกแคน) - khun (คูน) - Lom-Lègn (ลมแล้ง) (Nord) – Ku-phe-ya (กุเพยะ) (Karen-Kanchanaburi) – Pue-yu (ปือยู) - Pu-yo (ปูโย) - Poe-so (เปอโซ) - Mae-la-yu (แมะหล่าหยู่) (Karen - Mae Hong Son)  (Thailande). cây leu cạp (Cochinchine) bò cạp nước - bò cạp vàng - cây Osaka Vàng - hoa của - muồng hoàng yến - muồng hoàng hậu - (Vietnam)

Aragvadha – araguvadhamu – arogyashimbi - ārevata – byadivata - chaturangula – caturangulāh - deerghaphala – hemapushpa - kritamāla - nirpadruma - rajataru – rajateru - rājavrukska – shampāka - suvarnākah - svarnābhushana – yadhighata (Sanscrit) (entre 78 noms ?!...)

 

Nota bene : La traduction de Aragvadha signifierait ‘’qui élimine les maladies‘’ et  yadhighata, ‘’qui éloigne les maladies‘’, et celle de rajataru, rajateru, nirpadruma … ‘’arbre royal‘’. (Important pour la suite)

 

 

Le CASSIA FISTULA LIN et …

                          … quelques unes de ses premières appellations :

 

Le fruit du cassia fistula, la ‘’casse‘’, était connue en France bien avant le Xè siècle. Il existe à la bibliothèque de Rouen un manuscrit provenant de l’abbaye de Jumièges datant de 900 où le nom de la ‘’casse‘’ figure dans ce manuscrit, qui n’est autre qu’une nomenclature de pharmacopée.

 

Les tout premiers noms du CASSIA FISTULA LIN .

 

Siliqua Aegyptiaca – nom donné par Alessandro Benedetti en 1493

Siliqua seu cassia cathartica - Jacques Dalechamps (1513/1558)

Cassia nigra - Rembert Dodoens (1518/1585)

Cassia fistula – Théodore Dorstenius (1540)

Arbor cassiam solutivam ferens – Jacob de Bondt (1592-1631)

Quauhayohuatli (*) (C.fistula) – Francisco Hernandez de Cordoba (1615)

Conna (Konna) de Henrick van Rheede (1637-1691)

Cassia fistula vulgaris Jacob Breyn (1637-1697)

Cassia fistula lauri splendentibus - Léonard Plukenet (1643-1705)

Cassia syrinx vel syringodes – William Curtis (1746-1799)

Casse (cassia fistula) – Nicolas François Regnault (1746-1810) (1774)

Conea moraum malab. – Robert Brown (1773-1858).

 

(*) Le Quauhayohuatli est le nom local d’un arbre du Mexique que Francisco Hernandez de Cordoba (1512/ 15- 1578/87 ?...) aurait prit à tort pour un cassia fistula. Ses travaux furent édités après sa mort, c’est-à-dire en 1615.

 

 

Il ressort de cette liste que la ‘’casse‘’ était connue depuis longtemps en France et que l’Egypte en était le grand pays exportateur. Par la suite ce fut l’Inde qui domina l’exportation de la ‘’casse‘’ d’où la nécessité, pour les pays colonisateurs dont la France, au milieu du XVIe de développer la culture du cassia fistula du côté des Amériques.

 

Lors de sa classification Linné nomma l’un de ses genres ‘’Casse‘’ ou ‘’cassia‘’. Les critères pour entrer dans cette catégorie devaient correspondre à une description d’un type de fleur bien précis. Mais le français Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) se rendit compte, en peaufinant cette classification, que si toutes les fleurs correspondaient à un type bien précis, par contre, les fruits que produisaient ces fleurs étaient loin de tous correspondre aux mêmes critères. En effet, certains d’entre eux étaient ligneux et indéhiscent alors que d’autres étaient secs et membraneux. De ce fait il créa le genre ‘’séna‘’, un mot qui vient de l’arabe ‘’sanā‘’ signifiant guérir, pour les espèces aux fruits secs et membraneux.

 

Par la suite, deux autres botanistes allèrent jusqu’à ‘’rebaptiser‘’ le genre ‘’cassia‘’ en genre ‘’Cathartocarpus‘’ pour l’un et ‘’Bactyrilobium‘’ pour l’autre. Ce qui compliqua quelque peu … une classification déjà bien compliquée !....

 

Bref, à l’arrivée des courses, seuls les genres ‘’cassia‘’ et ‘’séna‘’ furent adoptés par les botanistes.

 

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Photo 1 : Une gravure du Conna (Konna) de Henrick van Rheede (1637-1691) paru dans son ‘’Hortus Indicus Malabaricus‘’ Vol.1 t.22 paru en 1678.

Photo 2 : Une gravure du Cassia fistula Alexandria de Jean Commelin (1629-1692) extrait de son ‘’Horti medici Amstelodamensis rariorum tam Orientalis‘’, vol.1 t. 110 paru en 1697.

Photo 3 : Une gravure du Cassia fistularis d’Elizabeth Blackwell (1707-1758) extrait de son ‘’Herbarium blackwellianum‘’ Vol.4 t.381 paru en 1760.

Photo 4 : Une gravure du casse ou Cassia fistula de Nicolas François Regnault (1746-1810) ; Nicolas François Regnault n’était pas un botaniste à proprement parler, mais un peintre, un illustrateur et un graveur œuvrant de conserve avec son épouse. Ils eurent l’idée de mettre leurs talents au service de la botanique en réalisant des gravures de plantes qu’ils commentèrent. Leur coup d’essai fut un coup de maître. Leurs gravures parues en 2 volumes en 1774, sont visibles sur le site Gallica de la Bnf. 

 

Le CASSIA FISTULA LIN et quelques uns de ses synonymes : 

 

Basionyme : (*) Cassia fistula L. 1753

 

Cathartocarpus fistula (L) Pers. 1805

Bactyrilobium fistula (L) Willd. 1809 Cassia rhombifolia Roxb., 1814

Cassia fistuloïdes Collad. 1816

Cassia escelsa Humb. Bonpl. & Kunth

Cassia excelsa Kunth 1821 (Nom illégal)

Cassia excelsa Kunth Humb. & al. 1824 (Nom illegal)

Cassia bonplandiana D.C. 1825

Cassia fistuloïdes (Collad.) G.Don 1830

Cathartocarpus fistuloides (Collad.) G. Don, 1830

Cassia rhombifolia Roxb. 1832

Cassia rhombifolius (Roxb.) G.Don 1832

Cathartocarpus rhombifolius G. Don, 1832

Cathartocarpus excelsus G.Don. 1832 (Nom illégal)

Cathartocarpus fistule (Pers.) 1873

 

(*) Le Basionyme correspond au premier nom botanique reconnu donné à une plante ; ce nom sert de référent aux suivants, il est comme la tête d’une dynastie botanique. 

 

Signification du nom binominal :

 

Le genre Cassia :

 

Le mot Cassia, selon certains lexicographes, dériverait d’un nom hébreux (voire de l’araméen ‘’kezia‘’ ?) ‘’Qetsiy’ah‘’ ou ‘’ketsiât‘’ (קציה) lequel servait à désigner un arbre. Le grec Pedanius Dioscorides (vers 25 av. JC/ vers 90), un médecin, pharmacologue et botaniste, aurait reprit ce nom à son compte pour nommer un arbre : kásia (κάσια). S’agissait-il du même arbre et de notre cassia fistula ?... Je n’ai rien trouvé pouvant confirmer cette interrogation mais, ce ne serait pas impossible car Dioscorides était originaire de Cilicie, une région en bordure de la méditerranée orientale et, à deux pas ou deux encablures, de la Judée et … de l’Egypte d’où serait originaire, avec l’Inde … le Cassia fistula ?!....

Enfin, pour faire que le mot grec kásia (κάσια) se transforme en ‘’Cassia‘’ il suffit de passer par le latin, ce qu’a fait Linné, comme à son habitude … CQFD.

 

Dans un premier temps, comme développé plus haut, le Genre ‘’cassia‘’ désigna des … ‘’cassia‘’ qui n’étaient pas de vrais ‘’cassia‘’. C’est le français Tournefort qui fit la différence entre les arbres du genre ‘’Cassia‘’ et ceux du genre ‘’Senna‘’. C’est pourquoi le ‘’Senna fistula (L.) Barneby‘’ ne peut pas être un synonyme de Cassia fistula Lin 1753.

 

 

L’espèce fistula :

 

En botanique le mot fistula est très employé dans la composition des noms binominaux pour qualifier l’espèce, c’est-à-dire la deuxième partie du nom. Une espèce dont la particularité est de se caractériser par des structures creuses ou tubulaires.

 

A l’origine, ce mot latin servait à désigner un tuyau, un tube, un roseau creux ou encore un pipeau, voire une pipe de berger et les tuyaux d’une flûte de pan. Le côté musical n’était pas exclu.

 

Le fruit du cassia fistula ressemble à un tuyau, et l’arbre où il est suspendu en supporte de différentes longueurs ; alors lorsque le fruit se dessèche ses graines deviennent libres à l’intérieur de leur alvéole. Comme le fruit est indéhiscent, c’est-à-dire qui ne s’ouvre pas, ces graines sont comme retenues prisonnières dans l’air. De ce fait, lorsque qu’un vent se manifeste les graines toquent leur enveloppe et émettent un son, alors le cassia fistula devient comme un instrument de musique géant naturel ?!...

Le côté musical a-t-il été pris en compte, en plus des structures tubulaires, pour nommer l’espèce, seul Linné pourrait le dire  ?!....

 

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Photo 1 : Cette gravure de Cassia fistula L. de Griffith Hughes (1707-1758) extraite de son ‘’The naturel history of Barbados‘’ paru en 1750, ne peut pas être du genre cassia car la gousse contenant les graines est de conformation différente de celle des Cassia. C’est une gousse déhiscente, c’est-à-dire à ouverture spontanée, et non indéhiscente, ne s’ouvrant pas.

Photo 2 : Une autre gravure d’un cassia dit Cassia Arayatensis de Antonio Llanos (1806-1881) qui en fait deviendra : Senna Siamea Lam. et Senna Siamea (Lam) H.S. Irwin & Barneby.

Photo 3 : Une gravure du fruit des cassia de Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) extraite de son ‘’Institutiones rei herbariae‘’ Vol 3 t392 paru en 1700.

Photo 4 : une gravure du casse, (le fruit des cassias), peinte par le grand peintre botaniste Pierre Jean François Turpin (1775-1840), paru dans le tome II de ‘’Flore médicale‘’ en 1929.

 

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Photos 1 & 2 : La fleur et la gousse du Senna Siamea Lam

Photos 3 & 4 : La fleur et la gousse du Cassia fistula Lin.

 

 

Les botanistes concernés par le cassia fistula Lin.   :

 

Linn est la norme abréviative de Carl Von Linné (1707-1778). Ce pasteur et médecin suédois était un passionné de botanique, persuadé que la création était une œuvre entièrement aboutie ; autrement écrit que les espèces se reproduisaient sans évoluer.

 

Sa passion va la conduire à entreprendre une classification des êtres naturels dont les plantes.

 

Sa classification, basée sur le nombre d’étamines, ne lui survivra pas. Mais sa nomenclature binominale est toujours en vigueur. Elle consiste à donner deux noms à tout nouvel individu.

 

Le premier nom est un nom générique, commun à plusieurs espèces, dans le cas présent il s’agit de ‘’cassia‘’ c’est le nom de la famille ; et le second nom ; est un nom spécifique, qui différencie de ses pairs ou cousins, l’individu concerné, dans le cas présent il s’agit de ‘’fistula‘’.

 

Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) à qui l’on doit la différenciation entre les genres ‘’Cassia‘’ et ‘’Senna‘’ est né à Aix en Provence. Il a suivi ses études chez les jésuites. Son intérêt pour les plantes et la constitution d’un herbier exceptionnel attira l’attention sur lui.

Guy-Crescent Fagon (1638-1718) qui deviendra le 1er médecin de Louis XIV le prendra sous son aile après l’avoir fait nommé à la chaire de botanique au jardin des plantes de Paris où ses cours firent sa célébrité.

Sa brillante carrière prendra fin en 1708, après 8 mois d’agonie et de souffrances, suite à un accident de charrette venue l’écraser.

 

Philip Miller (1691-1771). Ce botaniste d’origine écossaise fut le chef jardinier du jardin botanique de Chelsea de Londres et un auteur botaniste très apprécié. Dès 1724 il enchaîna publication sur publication.

Son ‘’dictionnaire des jardiniers‘’ en 8 volumes fut réédité mainte et mainte fois et traduit en français en 1785. Linné disait de cet ouvrage ‘’ce n’est pas un dictionnaire pour jardinier mais pour botaniste‘’.

Dans un premier temps, Miller préféra utiliser la classification du français Joseph Pitton de Tournefort et de l’anglais John Ray (1627-1705). Il n’adoptera la classification de Linné qu’à la quatrième édition de son dictionnaire en 1752. Et ce sera en 1754 qu’il créera le genre ‘’Senna‘’ que Tournefort sortira de … l’anonymat en le mettant sur un pied d’égalité avec … le genre cassia.

 

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Photo 1 : Carl von Linné (1707-1778).

Photo 2 : Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708)

Photo 3 : Philip Miller (1691-1771).

 

 

La classification du cassia fistula Lin :

 

Le cassia fistula Lin est une plante dicotylédone, c’est-à-dire dont la graine qui se développe à l’intérieur d’un fruit, donne naissance à deux feuilles primordiales.

 

Cet arbre, dans l’ancienne classification – celle de Linné - appartient à la famille des fabacées (Fabaceae) (*) appelée aussi légumineuses (Leguminoseae) ou encore papilionacées (Papilionaceae) (**).

Cette grande famille, qui compte plus de dix-neuf-mille espèces et sept cent genres se divise en trois sous-familles : 1/ caesalpinioideae – 2/ mimosoïdeae – 3/ faboïdeae ou papilionoïdeae.

C’est l’aspect de la fleur de l’individu qui détermine son appartenance à l’une de ces trois sous-familles.

 

La première de ces sous-familles, celle des caesalpinioideae, rassemble deux mille espèces dont celle du ‘’cassia fistula. Le genre cassia réunit une trentaine d’espèces.

 

 

Il existe de nouveaux types de classifications comme par exemple la classification dite APG, (Angiosperm Phylogeny Group system) devenu APG II en 2003 et APG III en 2009. On n’arrête pas le progrès qui n’en finit pas de progresser !...

Alors laissons les botanistes à la pointe se mettre d’accord sur leur(s) classification(s) et pour ne pas écrire de bêtises tenons-nous-en à la classification de Linné, qui loin d’être à la pointe nous permet de nous y retrouver ce qui n’est pas le cas avec l’APG en perpétuel modifications.

 

Le cassia fistula Lin serait endémique du Sri Lanka, de l’Inde, du sud du Pakistan, et de la Birmanie. Avec le temps il aurait gagné le Sud-est Asiatique, les Philippines et la Malaisie.

 

Avec l’arrivée des colonisateurs, au début du XVIe siècle, le cassia fistula Lin a colonisé nombre d’aires tropicales Africaines et Américaines, dont les caraïbes.

 

(*) Le nom de ‘’fabacée‘’ ou ‘’fabaceae‘’ vient du latin ‘’faba‘’ qui signifie ‘’fève‘’, et concerne les plantes dont le fruit se présente sous forme de gousses contenant des graines.

(**) Le nom de ‘’papilionacées‘’ ou ‘’papilionaceae‘’ a été donné aux plantes dont la fleur fait penser à un papillon.

(***) La classification d’Arthur John Cronquist (1919-1992) date de 1981. Elle prend en compte les critères morphologiques, anatomiques et chimiques des individus. Puis le progrès aidant … une classification plus pointue s’est mise en place. 

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Description du cassia fistula Lin :

 

Le tronc du cassia fistula Lin :

Beaucoup de botanistes s’accordent pour dire que le cassia fistula a le port de notre noyer. Il peut atteindre une dizaine de mètres de hauteur et jusqu’à 50 à 60 centimètres de diamètre.

Son bois rouge-gris est recouvert d’une écorce lisse et cendrée.

 

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Les feuilles du cassia fistula Lin :

Les feuilles du cassia fistula sont caduques et se présentent sous la forme de pennes dont la dimension varie entre 15 et 60 centimètres de long.

Ces pennes s’étalent dans l’espace et se composent de trois à neuf paires de folioles opposées ; les pennes poussent de façon alterne sur une tige verte d’environ 5 millimètres de diamètre. Quatre centimètres environ, séparent les pennes les uns des autres. De ce fait, la tige qui les porte loin d’être rectiligne à un tracé en zigzague.

Une espèce de renflement apparaît à la base de chaque penne, et chaque penne se termine par une paire de folioles, et non une foliole unique.

 

Les folioles (petites feuilles) d’un beau vert sur le dessus et d’un vert plus pâle sous le dessous, sont de forme ovale, très nervurées, obtuses à leur base, et se terminent par une pointe ‘’émoussée‘’. Un court pédoncule d’environ cinq ou six millimètres les rattache à leur tige. La nervure centrale est saillante sous le dessous de la feuille.

Les dimensions d’une foliole varient entre cinq à treize centimètres pour la longueur et de quatre à huit centimètres pour la largeur. Ces folioles naissent par paire, et sont opposées, un intervalle de quatre à cinq centimètres sépare les paires de folioles les unes des autres.

 

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 La fleur du cassia fistula Lin :

Les fleurs du cassia fistula apparaissent lorsque les branches sont nues, c’est-à-dire juste avant la pousse des nouvelles feuilles. Ces fleurs sont de couleur jaune, forment de longues grappes simples pendantes, allant de trente à soixante centimètres de long. La tige qui les porte, d’environ 2 millimètres de diamètre et d’une longueur pouvant dépasser les soixante centimètres, prend naissance directement sur une branche. Les premières fleurs à fleurir sont celles qui sont les plus proches de la branche ; toutes les fleurs sont hermaphrodites et irrégulières.

 

La fleur proprement dite est rattachée à une tige centrale par un pédoncule d’environ cinq centimètres. Ce pédoncule aboutit à un calice de cinq sépales inégaux, ovales et glabres ; chacun de ces sépales mesure sept millimètres sur quatre, environ. Ils sont de couleur vert-clair tirant sur le jaune.

 

La corolle de la fleur se compose de cinq pétales jaunes inégaux obtus avec une nervure centrale ; ces pétales sont alternes avec les sépales et mesurent vingt cinq millimètres de long sur quinze de large, environ.

Chaque fleur comporte une dizaine d’étamines dont les anthères sont bilobées (deux lobes), libres, fertiles et  hypogynes, c’est-à-dire qui s’insèrent sous l’ovaire. Les trois étamines inférieures sont plus longues que les sept autres

L’ovaire, est donc supère, libre et uniloculaire.

 

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Le fruit du cassia fistula Lin.

Laçasse, la casse ou encore le casse en bâton, est le nom en français du fruit du canéfier ou cassia fistula.

Ce fruit, dit siliquiforme, se présente sous la forme de gousses indéhiscentes, c’est-à-dire qui ne s’ouvrent pas naturellement, elles sont cylindriques et ligneuses. Ces espèces de cylindres mesurent entre 20 et 60 centimètres de long et entre un et deux centimètres de diamètre. Ils sont de couleur brun/rougeâtre, retenus par un court pédoncule légèrement recourbé.

 

Le péricarpe (paroi extérieure du fruit) est mince et se casse facilement, ce qui résout sa caractéristique d’indéhiscence, car il faut que les graines puissent s’échapper. Cette enveloppe protège un grand nombre de graines qui sont comme entassées les unes sur les autres tels des cachets dans un tube mais, séparées les unes des autres par une petite cloison de faible épaisseur.

 

Les graines, quelque peu quadrangulaire, à l’intérieur de leur chambre, sont de couleur rouge, aplaties et assez ‘’dures‘’ ; elles sont enveloppées par une pulpe épaisse de couleur brun/noirâtre, de saveur sucrée et légèrement aigrelette.

 

Lorsque le fruit prend de l’âge, la pulpe se dessèche et alors les graines sont en mesure de prendre leur liberté.

 

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Le petit plus !...

 

Un arbre d’exception :

 

Henrick van Rheede (1637-1691) nomma son spécimen de Cassia fistula du nom que lui donnaient alors les indigènes de la côte de Malabar, c’est-à-dire : Conna (Konna) un mot de langue malayalam.

 

La côte de Malabar, côte du sud-ouest de l’Inde, se confond avec le rivage de deux états indiens, le Karnataka et le Kerala, dont le cassia fistula est pour ce dernier, l’emblème floral et sa fleur l’un des éléments indispensables du grand festival Vishnouites du 1er de l’an … appelé … Vishukani, c’est-à-dire ce qui est vu en premier par Vishnu. (*)

 

L’abondance de ces fleurs, fleurs de prospérité, serait comme autant de pièces d’or assurant la prospérité du Kerala pour l’année qui vient. Ce serait Vishnu, le dieu du temps (Kaalapurusha) qui provoquerait ce phénomène et qui ferait que chacun puisse aspirer à la prospérité dans une profusion de couleur jaune.

 

Ce nouvel an, ou 1er du mois de medan (Meda raasi), (**) se situe vers la mi-avril, comme le nouvel an Thaï ; à la différence qu’au Kerala ce jour est encore mobile car toujours déterminé par l’entrée du soleil en bélier, alors qu’en Thaïlande il est devenu fixe. (***)

 

(*) Lors de la fête de Vishukani la tradition veut que la veille au soir la maîtresse de maison agence une préparation d’objets et de fruits auspicieux. Puis au petit matin chacun doit se lever en gardant les yeux fermés pour ne les ouvrir que devant la préparation de la veille au soir. Ce rite porterait bonheur pour l’année à venir.

(**) Vishnu en sanscrit signifie égal. Le jour de Vishnu tombe à l’équinoxe de printemps et ce jour là, le jour et la nuit sont de durée … égale. 

(***) Il y a dans le nord-est, en Isan, près de Kong-Khaen à Siang-Khaen le festival de Dok Khun qui coïncide avec Songkran. Ces journées se fêteraient dans une débauche d’eau et de fleurs de Cassia fistula.

 

 

Comme au Kerala, le cassia fistula est aussi en Thaïlande l’emblème floral national, son nom siamois est ‘’ratchapreuk‘’ (ราช-พฤกษ์) ce qui signifie littéralement : royal-arbre ou arbre royal. C’est d’ailleurs ce que signifient les mots sanscrits ‘’rajataru‘’, ‘’rajateru‘’, et ‘’nirpadruma‘’, pour ne citer qu’eux, qui servent à désigner … le cassia fistula !...

Le deuxième nom que lui donnent les thaïlandais est … ‘’Chaiyaphruek‘’ (ชัยพฤกษ์) ce qui veut dire … victoire-arbre ou l’arbre de la victoire.

 

 

Traditionnellement dans les royaumes d’obédience theravada le Bouddhisme est intimement lié avec la dynastie régnante. Cela, parce que le bouddhisme theravada vient du Sri Lanka et qu’au Sri Lanka le 1er roi Bouddhiste (Devanampiya Tissa) fut converti vers le IIIe siècle av JC par le fils (Mahinda) d’un empereur bouddhiste, (Ashoka).

 

 

La culture Siamoise doit beaucoup à l’Inde, au Sri Lanka, mais aussi et surtout … au Cambodge qui lui-même doit sa culture à l’Inde.

En 1431 les Siamois saccagèrent la ville d’Angkor et déportèrent à Ayutthaya les brahmanes célébrant les rites de l’abhiseka (intronisation) qu’ils adoptèrent.

 

De ce fait les souverains Siamois devinrent des ‘’dieu-roi‘’ (devarāja) ou des ‘’souverain universel‘’ (cakravartin) puis des Bouddharāja, c’est-à-dire, dans chacun des cas, l’incarnation d’une divinité qui fait que le roi était et est encore, le garant du bon équilibre du royaume.

 

Au Cambodge, en sortant du bain qui venait de le consacrer, un bakou (célébrant) tendait au nouveau roi une branche de ‘’reachapruk‘’ ‘’symbole du pouvoir suprême et du bonheur éternel‘’.

 

La branche de reachapreuk était une branche de … cassia fistula, et le mot reachapreuk (*) se traduit lui aussi par arbre royal !...

 

Ce rite a été repris par les rois Siamois, au point que le bâton de marche de Rama Ier (1782-1809) le fondateur de la dynastie actuelle, était en bois de cassia fistula … recouvert d’or. L’année de son intronisation, ce même roi fit ériger le pilier de la ville (**) de Bangkok, qui lui aussi est, vraisemblablement, en bois de cassia fistula (***).

 

(*) Le mot khmer ‘’reacha-preuk‘’ ressemble tellement au mot thaï ‘’ratcha-preuk‘’ qu’il ne fait aucun doute que les siamois ont fait leur ce mot khmer ; d’autant qu’en Thaïlande c’est le mot ‘’Ton-Maï‘’ (ต้นไม้) ou ‘’Ton‘’ qui signifie ‘’arbre‘’, et qu’on emploie couramment.

(**) Très résumé : Le pilier d’une ville ou lak muang est comme la concrétisation d’un pacte d’alliance entre Indra, et les hommes d’une cité donnée, ou royaume. Indra protège les hommes et ces derniers, en contre partie, s’engagent à lui rendre hommage et à respecter des règles de vie devant leur permettre de vivre en harmonie. 

(***) J’ai lu sous la plume d’Hervé Beaumont, en page 62 de son livre Thaïlande, que le pilier de la ville de Bangkok était … ‘’en bois de ‘’Chayaphruk‘’ (cassia nodosa)‘’. Ce qui m’a étonné. Alors j’ai fait des recherches, loin d’être évidentes mais il ressort que le cassia nodosa est un cassia javanica Lin. … qui n’a rien de sacré. Et, pour un thaï du centre, donc de Bangkok, le chayapruk désigne tout aussi bien le cassia javanica que le cassia fistula. Or ces deux cassias sont loin d’avoir les mêmes caractéristiques, tant au niveau de la couleur des fleurs qu’au niveau du symbolisme.

Pour de nombreuses raisons je penche pour que ce pilier soit en cassia fistula, mais peut-être que ma logique n’est pas la bonne ?!.... 

 

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Outre la fleur du cassia fistula, devenue officiellement fleur nationale le 2 octobre 2004, Garuda est aussi l’un des emblèmes de la Thaïlande, et ces deux emblèmes ont en commun … Vishnu.

 

Garuda ou Phra Khrut Pha (พระครุฑพ่าห์) est en effet le vāhana de Vishnu, mais bien au-delà c’est aussi le verbe de Vishnu, celui qui dispense l’enseignement du ‘’Bhagavat‘’ (Vishnou), un mot qui sera repris par les bouddhistes pour désigner … Bouddha.

 

Lors de l’intronisation de Phutthayotfa Chulalok, le 6 avril 1782, qui fut le fondateur de la dynastie actuelle, Narāyana ou Naraï (นารายณ์) voire Hari, l’une des formes de Vishnu, fut prié d’incorporer le nouveau monarque.

 

De ce fait Phra Yot, qui deviendra Rama Ier, et ses successeurs sont comme des dieux (devarāja) c’est-à-dire la réincarnation, voire l’avatar de Narāyana/Vishnu au royaume de Siam puis de Thaïlande.

 

Comme par hasard ou de part une volonté divine ?.... le roi actuel, Rama IX, est né un lundi dont la couleur est le … jaune, couleur du roi donc mais aussi du bouddhisme (La dynastie régnante et le Bouddhisme ne feraient-ils pas qu’un ?...), et … d’après les sujets les plus fervents … les étamines de la fleur du cassia fistula auraient la forme du chiffre neuf ?!...

 

Personnellement je dois manquer d’imagination, car j’ai beau regarder ces étamines mais … leur forme tarabiscotée ne me fait pas penser au chiffre neuf, y compris en caractère thaï. Il est vrai que je n’ai aucun parti pris ?!...

 

Cependant, selon l’ancienne littérature Indienne, l’enroulement des étamines ne serait rien d’autre que la représentation de la Kundalini, c’est-à-dire la demeure de l’énergie positive se trouvant en chacun de nous ?!....

 

Quoiqu’il en soit du dessin des étamines, un grand projet concernant la plantation de cassia fistula a vu le jour en Thaïlande. Ainsi, en 1987, à l’occasion du soixantième anniversaire du roi Rama IX, 99.999 (Un chiffre sacré) cassia fistula auraient été plantés sur l’ensemble du royaume ; et en 2007, cette fois pour les 80 ans de sa majesté, ce seraient 9.000.000 de cassia fistula qui auraient été mis en terre ?!...

 

Je n’ai rien trouvé concernant la réalisation de ces projets, sauf à Chiang-Mai. Car c’est à Chiang-Mai que s’est tenue l’exposition internationale d’horticulture en 2006/2007 (1er/11/2006 au 31/01/2007). L’aire d’exposition de 80 hectares, (80 comme l’âge du roi) porte aujourd’hui, et depuis le 23 janvier 2010 par la grâce de sa majesté, le nom de ‘’Parc royal Rajapruek‘’ (The royal park Rajapruek) ou (อุทยานหลวงราชพฤกษ์).

 

A Chiang-Mai, sur les berges de la douve nord, la douve royale (*) les cassia fistula se suivent à la queue leu leu. Hasard ?... ou volonté humaine délibérée ?!... (Regardez bien et cherchez bien, vous n’en verrez pas autant dans un autre endroit de la ville.)

 

 

Pour en revenir à Garuda, il a entre autre noms : le verbe-ailé ou le roi du savoir (Vināyaka). En Inde il est souvent représenté avec un livre. En Thaïlande c’est lui qui est aussi le verbe de Vishnu, du roi. Il est celui qui dispense l’enseignement du Bhagavat (le roi) et qui répand les nouvelles à tout un chacun. N’est-ce pas lui qui domine la poste centrale de Bangkok ?.... Là encore c’est tout un symbole.

   

Le cachet de Garuda, ou l’image de Garuda, recouvre nombre de document officiels en Thaïlande !... Il est bien le garant de la parole officielle. Garuda est aussi le protecteur des médecins. C’est que nous nous allons voir maintenant avec les propriétés médicinales du cassia fistula.

 

(*) A Chiang-Maï, la porte Chang Phuak est la porte royale, celle réservée au souverain ‘’Dej Muang‘’ (เดชเมือง). C’était la porte par où entrait le nouveau roi pour prendre possession de sa ville après l’avoir contournée extérieurement par l’ouest.

Elle est située au Nord, la direction la plus auspicieuse qui soit pour les sujets du Yonok (Lanna) ; le Nord est aussi le dikpala du dieu Kubera, le dieu des richesses souterraines (or, argent, pierres précieuses …). Elle est gouvernée par la lune maîtresse du temps et de la vie de chacun.

 

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Les propriétés médicinales du cassia fistula :

 

Le cassia fistula appartient à la médecine Ayurvédique, Ayur (vie) véda (connaissance), c’est-à-dire … science de la vie. Cette médecine aurait vu le jour il y a quelques milliers d’années au … Kerala !...

 

Dès le quatrième siècle avant Jésus Christ les grecs émettaient des avis différents sur le fruit du cassia fistula. Ainsi dans la ‘’Géographie de Strabon‘’ livre V …

Le grec Strabon (v64 avJC et v22 ap JC) écrit que Théophraste (v -371/-288 av JC) en rapportant les dires des historiens d’Alexandre écrivait : ‘’ … il existe un autre arbre dont le fruit est long, tortueux, et doux au goût. Il cause des tranchées (Douleurs dans les entrailles) et la dysenterie : aussi Alexandre (356/323 av JC) en défendit l’usage à ses armées.‘’

 

Un certain Falconer ( ?...) présume que le fruit de cet arbre est la casse. Mais la casse, porte en note l’équipe de traducteurs dirigée par François Jean Gabriel Laporte du Theil (1742-1815), loin de produire les mauvais effets qu’Aristobule (380/290 av JC) lui attribue est l’un des plus doux laxatifs dont on se sert en médecine ?!....

 

Ces textes datent d’avant Jésus Christ, sauf bien sûr, les commentaires de Falconer et la note des traducteurs dont l’ouvrage est paru en 1819.

  

Plus proche de nous, au XIIIe siècle, Jean Zacharias (v1275-v.1330), connu sous le nom de Jean Actuarius, un médecin Byzantin, fut l’un des premiers à décrire le cassia fistula, et à faire usage de la manne, de la casse et du séné comme purgatifs.

 

La casse a donc d’abord été un excellent purgatif. Mais au-delà  de cette propriété il y en a beaucoup d’autres et ce ne sont pas certains noms sanscrits qui me démentiront.

 

Ainsi le nom de … Aragvadha signifierait le tueur de maladies ou qui élimine les maladies et celui de … Yadhighata voudrait dire qui éloigne les maladies.

 

En bref et en médecine ayurvédique, concernant cet éloignement des maladies, toutes les parties de l’arbre ont des propriétés quasiment similaires, à savoir : diurétiques, expectorantes (bronches et poumons), fébrifuges, hématuriques (Sang dans les urines), permettant la guérison des maladies de peau (lèpres) et des yeux, purgatives, antirhumatismales et toniques.

 

L’éloignement des maladies peut aussi se concrétiser autrement que par le biais de la médecine ayurvédique. Ainsi, au sud du Laos, dans une région voisine du Cambodge, il existe une cérémonie annuelle dont l’objet est de rendre compte du bon comportement des hommes auprès des divinités célestes. Il s’agit du ‘’khừn cieng khừn ñi à Basăk-Čămpasăk‘’. Pour protéger le lieu de culte des éventuelles contaminations néfastes, des feuilles de K’un (Khoun) (cassia fistula) et de ño (morinda citrifolia) sont fixées aux montants des portes.

 

A Chiang-Mai, c’est avec les feuilles du margousier ou lilas des Indes, Sado (ต้น สะเดา) en langage du pays, qu’il convient de tapisser l’habitat où naît un enfant, et les habitats proches de la maison d’un malade, pour, dans les deux cas, éloigner la maladie. Le nom botanique du margousier est ‘’melia azardrach‘’ un nom qui vient de la contraction du mot persan ‘’azad dhirakt‘’, et qui signifie littéralement ‘’arbre noble‘’.

 

Le margousier est l’un des quatre arbres avec le jacquier, le mimusops elengi et le … cassia fistula, qu’il convient de planter au Sud-ouest d’une maison au Lanna. Car le Sud-ouest est une direction de mauvais augure liée à … l’ingestion. Ce n’est donc pas sans raison si la tradition donne, pour le Sud-ouest, la préférence aux arbres qui préservent la santé.

 

Il y aurait beaucoup à dire sur le Sud-ouest et la nourriture, des dires en rapport avec Vishnu, la couleur jaune et le cassia fistula. Si vous désirez en savoir plus reportez-vous à la chronique intitulée : ‘’L’emplacement des arbres autour d’une maison kalê – Sud-ouest‘’. Car je suis limité en espace.

 

 

En résumé, et selon les différents éléments constituants le cassia fistula,  la pulpe de la casse serait un excellent laxatif, et soulagerait des fièvres et de l’arthrite ; en tant que laxatif elle est efficace même auprès des enfants. Les décoctions de feuilles seraient un excellent purgatif, mais attention ne faites pas comme les soldats d’Alexandre. Car à fortes doses elles peuvent provoquer des vomissements, des nausées, des douleurs et des crampes abdominales (des tranchées). Quant aux fleurs dites béchiques, elles constitueraient un bon remède contre la toux.  

 

Ce qui précède fait du cassia fistula un antibactérien, un antipyrétique (fièvre) et un anti-inflammatoire.

 

Plus précisément, les graines du cassia fistula, qui sont toxiques,  soulagent les troubles cardiaques. Les racines et l’écorce du cassia fistula contiennent une huile qui purifierait le sang et interviendrait au sujet de certaines maladies de peau.

 

Bref, le cassia fistula soulage des troubles sanguins, gastro-intestinaux, des sensations de brulure à l’estomac, et des herpès.

 

 

Par ailleurs, l’écorce du cassia fistula contient un tannin qui permet d’obtenir de la teinture rouge.

 

Enfin pour terminer, l’huile des graines entrerait dans la composition de nombreux Saint Chrême, de beaucoup de communautés religieuses.

 

 

 

 

                                                                                 Jean de la Mainate – Avril 2015

 



15/05/2015
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