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FRUIT A PAIN (Le) (2ème partie - Son histoire)


Fruit à pain (Le)

Au Lanna : Sa-ké – สาเก

 

          DEUXIEME PARTIE                                         

 

 

                                        

 

L'arbre à pain ou l'artocarpus Altilis, est un arbre sempervirent, c'est-à-dire qui reste toujours vert. Il peut atteindre quinze à vingt mètres de hauteur.

 

Son bois est mou, jaunâtre et léger. Son tronc, qui peut dépasser un mètre de diamètre, servait surtout à la fabrication de pirogues et de planches de construction pour l'édification des cases des indigènes.

 

Le liber de son écorce fournissait, et donne encore, un fil servant à la confection de toiles assez fines, les tapas.

 

C'est un arbre qui produit un suc laiteux qui en épaississant devient une glu excellente.

 

Il donne ses premiers fruits après cinq ans, et fructifie durant plus d'une cinquantaine d'années.  

 

                               

 

Les feuilles de l'arbre à pain ou de l'artocarpus Altilis sont très grandes. Elles peuvent mesurer de 12 à 60 centimètres de long et de 10 à 50 centimètres de large. Ce sont des feuilles alternes et découpées en sept ou onze lobes lancéolés.

 

En bout de rameaux, cinq ou six d'entre elles forment comme un bouquet ou spathe d'où sortent les deux inflorescences de fleurs ; une de fleurs mâles et une de fleurs femelles.

 

 

Les fleurs de l'arbre à pain ou de l'artocarpus Altilis sont donc monoïques et toute petites. Les deux types d'inflorescences prennent naissance séparément, mais sur un même réceptacle.

 

La fleur mâle dont le calice se compose de 2,3 ou 4 sépales ne possède qu'une seule étamine. Son inflorescence se présente sous la forme d'un chaton mesurant entre dix ou 30 centimètres.

 

                                               

 

La fleur femelle se constitue d'un calice tubuleux à l'intérieur duquel il y a un ovaire libre qui donnera naissance à un carpelle du fruit, le fruit étant un syncarpe. (*)  Son inflorescence peut tout aussi bien être ronde ou oblongue.

 

(*) Une ou une syncarpe est un fruit composé d'une multitude d'autres petits fruits.

 

                                             

 

Le fruit est souvent de la taille d'un melon, mais peut atteindre 20 à 30 centimètres quand il est oblong.

 

C'est un fruit farineux qui se mange rarement cru, mais vert et pratiquement toujours cuit, grillé à la pierre, cuit  à l'étouffé ou au four, découpé et bouilli, ou encore râpé et cuit en pudding.

 

Il serait d'une saveur douce et agréable comme le pain ; certains écrivent qu'il aurait même un léger goût de fond d'artichaut cuit.

 

 

Lorsque le fruit à pain est mûr, il aurait un goût de pêche. Mais alors il serait, paraît-il, malsain de le consommer.

 

Le fruit peut se conserver deux ans durant sans altération, ou encore plus longtemps au moyen de techniques de fermentation.

Le Chaton peut être lui aussi mangé, confit ou en confiture. Autrefois on le faisait sécher pour s'en servir comme amadou.

 

 

A Chiang-Maï le fruit à pain n'est pas un familier des marchés. C'est même un grand absent.

 

Quant à l'arbre à pain il ne court pas les rues. Mais en regardant bien autour de soi on peut en découvrir quelques uns, tant intra-muros qu'extra-muros.

 

Pour ceux qui désirent en voir de visu, il en existe deux beaux spécimens, extra-muros, pas très loin de l'angle sri Phum (แจงศรีภูนิ) du côté est.

 

L'un se trouve pas très loin de l'hôtel Président, en face du 55/1 du soï 3 de la rue Ratch-wong. (ถนน ราชวงศ์) Un soï qui relie la rue Witcha-yanon (ถนน วิชยานนท์) à la rue Ratch-wong. (ถนน ราชวงศ์)

 

Le second est juste en face du n° 133 du soï 2 de la double voie à grande circulation Ratana-kosine. (ถนน รัตนโกสินทร์) Un soï situé entre la grande voie Assadathon (ถนน อัสดาธร) et le Wat Pa-Pheng. (วัด ปาแพ่ง)

 

A noter que ces arbres n'ont rien d'exceptionnel, mais ils peuvent intéresser certaines personnes qui préfèrent la botanique aux monastères ou qui ont une indigestion de Wats.

 

 

                                          

 


L'arbre à pain et la mutinerie du Bounty.

 

 

Le 26 octobre 1788, la Bounty, une frégate de 250 tonneaux partie d'Angleterre, vient faire escale à Tahiti. William Bligh, son tout jeune commandant, et non capitaine, qui a alors 33 ans, a sous ses ordres quarante cinq hommes.

 

Ce nouvel arrivant a pour mission de préparer des plants d'arbre à pain et de les transporter en Jamaïque.

 

Après six mois de travail à terre, une vie douce et agréable pour l'équipage, c'est-à-dire sans la dure discipline de bord, mille quinze plants sont fins prêts et embarqués avec précaution. Et c'est le 4 avril 1789 que la Bounty lève l'ancre pour la Jamaïque.

 

Ce jour là, elle n'a plus que quarante quatre hommes à bord. Le docteur de l'expédition, (*) un alcoolique invétéré est mort à terre de son vice et a entrainé dans son sillage son unique patient, qui lui fut victime des soins du docteur !...

 

(*) Ce fut le premier européen inhumé à Tahiti. Alors la cérémonie fut grandiose ... avec les moyens du bord !...

 

                                               


Le voyage se présentait plutôt bien. Mais après vingt quatre jours de navigation, le 28 avril, pour des raisons concernant sans doute la discipline, car la vie à bord n'avait plus rien à voir avec le farniente de Tahiti, près de la moitié de l'équipage, soit dix-huit hommes, se mutine.

 

Le second, Christian Fletcher, est à leur tête et prend en main les destinés du navire.

 

Pour commencer, il décide de mettre une chaloupe à la mer pour se débarrasser de William Bligh et tous ses fidèles, c'est-à-dire vingt-six hommes. Mais comme la chaloupe mesure sept mètres sur deux, tout ce beau monde ne peut pas y trouver place.

 

Alors sept des fidèles de William Bligh resteront à bord de la Bounty. Mais les dix-huit autres avec Bligh seront envoyés à la mer.

 

Comme il leur sera donné de quoi manger pendant une semaine. Autant dire qu'ils étaient tous condamnés à une mort lente et atroce.

 

 

Or, après quarante et un jours de navigation et avoir parcouru plus de 8.300 kilomètres, tous les naufragés y compris William Bligh retrouveront la terre ferme, celle de l'île de Timor.

 

Hélas, au cours de leur périple, l'un d'entre eux sera lapidé par des indigènes, et à leur arrivée à Timor, six décèderont, d'épuisement.

 

 

Durant ces quarante jours, La Bounty va retourner à Tahiti. Et là, seize hommes, sept fidèles et neuf mutins, décident d'y rester et d'abandonner la Bounty.

 

Les autres mutins, soit neuf personnes, préfèrent embarquer une douzaine de femmes et leurs enfants et prendre le large.

 

 

Lorsque Londres apprend la mutinerie, une chasse à l'homme de grande envergure est lancée. Les chasseurs de têtes de sa Majesté George III débarquent à Tahiti ; et sans écouter les explications des uns et des autres, arrêtent les 16 hommes qu'ils y trouvent et les conduisent à Londres à bord du Pandore.

 

En cours de route, ce navire fait naufrage. Six prisonniers y trouvent la mort, quatre en se noyant et deux en s'entretuant.

 

Sur les dix rescapés jugés, trois seront pendus, trois graciés et quatre acquittés. Seul un mutin sera gracié.

 

 

Les neuf autres mutins ne seront jamais retrouvés. Et pour cause, lors de leur fuite ils échoueront sur les rochers de l'île de Pitcairn. (*) Une île perdue en plein Pacifique où ils décidèrent, un peu contraints et forcés de s'établir.

 

                                             

 

(*) L'archipel de Pitcairn se situe au sud-est de la Polynésie Française. Il se compose de cinq îles dont une seule était peuplée par seulement une poignée d'habitants.

 

 

Comme la confiance ne régnait pas vraiment entre les mutins, la Bounty sera brûlée pour éviter d'éventuelles fuites et dénonciations. Sur les neuf hommes, dans les cinq années qui suivirent quatre passèrent de vie à trépas à cause du climat et de leur penchant pour l'alcool. Le docteur avait des émules.

 

Dès leur arrivée sur l'île, les mutins vont se conduire en maître et seigneur ; ce qui va pousser les autochtones à la révolte. Et au cours de l'année 1794 quatre des cinq mutins-survivants vont être tué par les indigènes.

 

Alors les femmes des victimes, celles amenées de Tahiti, pour venger la mort de leurs conjoints tueront à leur tour, et sans laisser de vivant, tous les maris des autres femmes de l'île.

 

Le seul homme survivant John Adam, alias Alexander Smith, va alors se retrouver à la tête d'une famille composée d'une dizaine de femmes et d'une vingtaine d'enfants.

 

Cet homme mourra à l'âge de 65 ans en 1829. Et aujourd'hui, la plupart des habitants de l'île de Pitcairn, une soixantaine d'habitants, sont donc des descendants des révoltés du Bounty.

 

 

Pour en revenir à l'arbre à pain, une autre cargaison de plants d'arbre à pain, toujours sous les ordres de William Bligh, fut envoyée en Jamaïque. Elle y arriva le 27 janvier 1792.

 

Hélas, l'arbre à pain ne s'acclimatera pas. Par contre, il trouvera chaussure à son pied aux Antilles. Mais là, les esclaves noirs refusèrent de manger son fruit car ils en détestaient le goût !....

 

Une pièce de Shakespeare aurait pu servir d'épitaphe à toute cette histoire … ''Beaucoup de bruit pour rien. ''.



 

Pour ceux qui désirent en savoir plus sur la Bounty et ses mutins je leur conseille d'aller faire un tour sur le site de Marc Meyskens. Ils y trouveront mille et un détails.

 

//www.rcdourquievrainhautpays.be/conf-bb-le-retour-050417.htm


22/06/2010
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