MerveilleuseChiang-Mai

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GUSTAVIA L. Ou GUSTAVIA AUGUSTA L. ou BUA-SAWAN (บัวสวรรค์)


                                              GUSTAVIA L. 

                                                       Ou

                 GUSTAVIA AUGUSTA L. ou BUA-SAWAN (บัวสวรรค์)

 

                                  Un arbre aux fleurs divines !...

 

                  

 

 

Photo 1 : La fleur du Couroupita Guianensis Aublet. Une tête de Naga … paraît-il !...

Cet arbre est pratiquement dans tous les temples du Lanna.

Photo 2 : La fleur d'un gustavia. Un lotus céleste … paraît-il ?!...

Cet arbre, dans les temples, n'est pas aussi présent que le précédent mais il est, par exemple au Wat Haripuntchaï de Lamphun, derrière le Chédi, porte Ouest.

 

 

 

La fleur des arbres appartenant au genre ''Augusta'' est aussi remarquable que la fleur du couroupita guianensis Aublet, que les bouddhistes appellent ''sala Lanka'' (สาละลังกา) c'est-à-dire l'arbre venant du Sri Lanka.

 

Il est possible qu'avant de se répandre dans l'Asie du Sud-est le couroupita se soit d'abord développé au Sri Lanka. Mais en fait, le couroupita et le gustavia sont tous les deux originaires du nord de l'Amérique du sud et centrale, et non de l'Asie du Sud-est.

 

La beauté et le symbolisme de leur fleur n'a pas été sans attirer l'attention des bouddhistes. De ce fait, à Chiang-Maï tout au moins, les ''Gustavia'' et ''Couroupita'' ne se rencontrent, QUE dans la cour des temples. En tout cas, je n'en ai pas vu ailleurs sauf au marché aux plantes de Kamthieng de Chiang-Maï.

 

La fleur du gustavia ne s'appelle-t-elle pas en anglais : ''Heaven Lotus'' c'est-à-dire ''Lotus du ciel''  ou ''Lotus céleste'' ?!...

 

En thaïlandais le nom de cet arbre, Boua-sawan (บัวสวรรค์) signifie : le lotus (บัว) du ciel ou du paradis (สวรรค์). Le mot sawan (สวรรค์) a aussi le sens de : ''paradisiaque'' et de : ''maison du père'' … tout un programme de sous-entendus lié au Bouddhisme en général et à Bouddha en particulier ?!...

 

 

 

Ce passage culturo-spirituel étant écrit, venons-en aux aspects plus ''matériels'' ou physiques de cet arbre.

 

Avant propos : C'est à partir d'une description que Linné a créé le nom bi-nominal de : Gustavia augusta. Ensuite, et à partir de ce ''basionyme'', les botanistes, au fur et à mesure de leurs découvertes concernant ce genre, ont déterminé et nommé un certain nombre d'espèces.

 

Malgré toutes mes recherches je n'ai pu constater, via internet, qu'une grande confusion entre les différentes espèces, y compris au sein des tout premiers écrits des botanistes-explorateurs.

 

De ce fait, pour ne pas introduire le lecteur en erreur, cette chronique ne concernera pas une espèce en particulier, mais le genre en général. Je laisse les espèces aux spécialistes.    

 

     

 

 

Photo 1 : Une planche de la ''Gustavia superba var. salviniae'' extraite du 5è volume t.22 de l'édition ''Biologica Centrali-Americana, Botany. (1879-1888) de William Botting Hemsley (1843-1924).

Photo 2 : Une planche de la ''gustavia superba (Kunth) O. Berg'' extraite du volume 45, page 121, t.37 des ''Annals of the Missouri Botanical''. (1958)

Photo 3 : Une planche de la ''gustavia insignis Hook'' originaire de Colombie ou de Guyane, extraite du 23è volume (1845-1888) de la revue horticole de Louis van Houtte intitulée ''Flore des serres et des jardins d'Europe ''.

 

 

 

Cet arbre, ou ces variétés d'arbres ne manquent pas de noms, mais surtout vernaculaires. J'ai relevé : apolo uokomollo kotele – arepawana – aripawana waton – atoetoe ito – botrohoedoe – caripa – choco - dijoelano – haudan – hegron  taproepa – janiparandiba – membrillo – lanaballi – otdok - paco – pacora – sachamango – stinkhout - tuba - tupu – wakuka adawa – watramami bobbi – wokomolo kotele.

 

Les ''François'' en arrivant sur les terres qui deviendront la Guyane l'ont appelé : bois caca - bois pian – bois puant – bois puant des galibis – pirigare à gros fruit.

Les ''Anglois'' : heaven lotus – Majestic heaven lotus

Et les ''Siamois'' : Kastawia (กัสตาเวีย) une reprise phonétique à la thaïlandaise de ''gustavia'', boua-farang c'est-à-dire ''lotus étranger'' (บัวฝรั่ง) et ''Boua-sawan'' (บัวสวรรค์) que nous avons déjà cité. (Dans les trois cas aucune espèce n'est spécifiée.)

 

Puis avec l'arrivée des européens, surtout au XVIIIè siècle, chacun de leur royaume se constitue un état des lieux des terres du nouveaux monde, en l'occurrence celui d'Amérique du sud. De ce fait le … futur … gustavia augusta compte parmi les ressources exploitables et reçoit nombre de noms, comme :

 

- Grias aubletiana Miers (1874)

- Grias hexapetala Hook ex Urb (1895)

- Grias mexiana R. Knuth

- Grias tétrapetala (Aubl.) Nied (1892)

- Gustavia angusta J.F. Gmel

- Gustavia antillana Miers (1874)

- Gustavia insignis Linden ex Hook (1858)

- Gustavia insignis Willd. ex O. Berg, (1858)

- Gustavia laciniosa Miers (1874)

- Gustavia marcgraviana Miers (1874)

- Gustavia meizcarpa Gaertn (1791)

- Gustavia membrillo Appun (1858)

- Gustavia mexiana R. Knuth (1936)

- Gustavia poeppigiana var. rigida O. Berg (1858)


- Gustavia superba Berg (1854)

- Gustavia superba var. salviniae

- Gustavia tétrapetala (Aubl.) D.C. (1828)

- Gustavia tetrapetala (Aubl.) Stokes, 1812

- Gustavia theophrasta Linden. (1873)

- Janiparindiba

- Japarandi superba

- Japarandiba augusta (L) Kuntze

- Japarandiba d'Adanson

- Japarandiba des Brasiliens de Marcgrave

- Japarabdiba gracillima Nied

- Japarandiba marcgraaviana (Miers) Nied

- Platycarya simplicifolia var.ternata G.R. Long (1990)

- Teichmeyeria Scopoli (1777)

 

… pour ne citer que ceux-là, selon l'ordre alphabétique et non chronologique, et datés pour la plupart du XIXe siècle.

 

Tous ces noms, ou presque car il en manque, ne sont pas synonymes de Gustavia augusta. Il faudra faire de l'ordre !...

 

     

 

 

Photo 1 : Une planche du botaniste illustrateur Walter Hood Fitch (1817-1892) de la ''gustavia hexapetala (Aublet) Sm (ex Gustavia pterocarpa Poit.) extraite du ''Curtis's Botanical Magazine – volume 87 (ser.3, vol. 17) t. 5239 édité en 1861

Photo 2 : Une planche de la ''gustavia angusta L.'' extraite du 14è (1) volume de ''Flora Brasiliensis'' (1858) une suite de monographies mise en œuvre par l'Allemand Carl Martius (1794-1868), poursuivie par A.W. Eichier (1839-1887) puis terminée par Ignaz Urban (1848-1931).

Photo 3 : Une planche du botaniste illustrateur Walter Hood Fitch (1817-1892) de la ''gustavia gracillima Miers'' extraite du ''Curtis's Botanical Magazine'' – volume 101 (ser.3, vol. 31) t. 6151 édité en 1875.

 

 

 

Signification du nom binominal : Gustavia Augusta Lin.

 

L'origine du nom du genre : Gustavia

 

Les deux premières publications de la description de cet arbre datent de 1775. Il s'agit de celles :

 

1/ du Français Jean-Baptiste Christian Fusée-Aublet (1720-1778) qui le découvrit en Guyane. Il lui donna le nom de ''Pirigara''. Les botanistes d'alors en firent le genre … ''Pirigara … Aublet''.

Le mot ''pirigara'' est un abrégé de ''pirigara-mépé'' qui était le nom que donnaient à cet arbre les Galibis ou Kali'nas une ethnie amérindienne de culture Caraïbes.

 

2/ du Suédois Carl von Linné (1707-1778) qui dédia cet arbre à son roi, Gustave III (1746-1771-1792). Ce dernier venait d'accéder au trône et se voyait ainsi remercier de sa bienveillance à l'égard du grand botaniste.

Par la suite et encore par reconnaissance, Linné le jeune, (1741-1783) (1) faisant fi des usages reprit dans son édition le nom donné par son père, c'est-à-dire … ''Gustavia''.

 

Le genre ''gustavia'' est donc une latinisation du prénom Gustave.

 

 

Pour la petite histoire :

A la même époque d'autres botanistes décrivirent cet arbre, et lui donnèrent un nom de genre :

 

- Japarandiba (2) Adanson (1763)

   - Japarandiba des Brasiliens Marcgrave

 

- Spallanzonïa ou Spaltamonia Neker (3)

- Teichmeyeria Scopoli (1777) (Introduction à l'histoire naturelle)

 

Ce sont donc des synonymes mais … non reconnus ou acceptés …

 

Selon les usages, le nom de ''Pirigara'', postérieur de quelques mois à celui de ''Gustavia'', aurait du ''l'emporter'' en tant que nom de genre.

 

Mais quand un roi couvre de bienfaits un botaniste, et que le Suisse Augustin-Pyramus De Candolle (1778-1841) reprend le nom de Linné dans son ''Prodrome'' (4) sous prétexte que la description d'Aublet manquait de précisions la gent des botanistes n'avait plus qu'à s'incliner … encore que … certains ont quand même cherché à marquer la botanique de leur empreinte !... (Voire les noms de synonymes).

 

 

(1) En 1778, Carl von Linné le jeune (1741-1783) au décès de son père, sur l'ordre du roi Gustave III, reprit les fonctions de ce dernier à la tête de l'université d'Uppsala sans satisfaire aux formalités d'usage. Ce qui n'a pas été du goût d'un certain nombre de ses pairs … peut-être plus qualifiés ?!....

(2) Le ''japarandiba'' est vraisemblablement une contraction du nom indigène, ''janiparandiba'' mais rien ne permet de le confirmer, sauf la logique ?!... Les auteurs des dictionnaires et encyclopédies du XVIIIe siècle, dont Cuvier, écrivent laconiquement à propos de ce nom : ''espèce de pommier du Brésil … du moins pour la forme extérieur de son fruit.'',  puis suit le nom de arbor pomifera Brasiliensis qui n'est pas vraiment un … synonyme.

(3) L'orthographe de ce genre varie selon les dictionnaires que j'ai consultés (Il y a encore d'autres orthographes)  et aucun d'eux ne précise de quel ''Neker'' il s'agit ; car les Neker constituent une lignée de botanistes.

(4) Le ''prodrome'', en fait le ''Prodromus systematis naturalis regni vegetalis'' est à la fois un ouvrage et un herbier visant à identifier et classer tout le monde végétal connu à l'époque. L'œuvre étant considérable, près de 60.000 espèces ?!... elle fut commencée par Augustin-Pyramus de Candolle en 1818 et poursuivit par sa descendance. Il se trouve aujourd'hui à Genève.

 

 

     

 

 

              Les toutes premières gravures éditées de la ''gustavia augusta''.

 

Photo 1 : Une gravure du ''Pirigara tétrapétala'' extraite de ''Histoire des plantes de la Guiane Françoise'' Vol 3 t.192 de Jean-Baptiste Christian Fusée-Aublet (1720-1778) paru en 1775. (Gustavia de Guyane)

Photo 2 : Une gravure du ''Pirigara tétrapétala'' extraite de ''Histoire des plantes de la Guiane Françoise'' Vol 3 t.193 de Jean-Baptiste Christian Fusée-Aublet (1720-1778) paru en 1775. (Gustavia de Guyane)

Photo 3 : Une gravure de la ''Gustavia augusta'' extraite de ''Plantae Surinamenses''

De carl von linné (1707-1778) paru le 23 juin 1775. (Gustavia du Surinam)

 

 

 

L'origine du nom de l'espèce : Augusta

 

Sur les premières gravures du genre ''Gustavia'' figurent tout à la fois les termes de ''angusta'' et ''augusta''.

Ces deux mots sont d'origine latine mais de signification différente. Le premier à le sens d'étroitesse et le second celui de gloire et de triomphe.

 

Il y a aujourd'hui une quarantaine d'espèces de ''Gustavia''. Mais il est évident qu'au début il y a eu confusion entre les espèces. De ce fait, au fur et à mesure de la classification, le mot angusta se transforma en angustifolia pour désigner une espèce particulière au limbe étroit et recouvert d'un léger duvet. Cette espèce que les indigènes appelaient Membrillo de Monte ou Membrillo de Montaña concerne un petit arbuste, aujourd'hui en voie de disparition.

 

L'espèce ''augusta'' est un arbre qui peut atteindre les dix mètres de haut. Ce n'est plus un arbuste. C'est un arbre qui s'élance vers de plus hauts sommets. Mais, sans se voiler la face, c'est aussi, et surtout, un mot qui rehausse la gloire du roi … Gustave III. D'un coup de plume Linné fils en fait un empereur. Augusta ne fait-il pas penser à ''Auguste'' le premier empereur romain, fils adoptif de Jules césar dont les russes feront de ''César'' … Tsar ?!....

 

Linné le jeune était en avance sur son temps. Car avant même l'invention de l'ascenseur il savait le renvoyer à bon escient ?!...

 

L. est l'abréviation d'auteur que les botanistes ont attribué à Carl von Linné (1707-1778) un médecin suédois passionné de botanique. Sa passion va le conduire à entreprendre une classification des êtres naturels dont les plantes.

 Sa classification basée sur le nombre d'étamones ne lui survivra pas. Mais sa nomenclature binominale est toujours en vigueur. Elle consiste à donner deux noms à tout nouvel individu.

Le premier nom est un nom générique, commun à plusieurs espèces (gustavia) c'est le nom de la famille ou du genre, et le second un nom spécifique qui différencie de ses pairs ou cousins l'individu concerné (augusta).

 

Aubl. est l'abréviation d'auteur du pharmacien, explorateur et botaniste français Jean-Baptiste-Christian Fusée-Aublet (1720-1778).

Ce dernier après 9 ans passés à l'île Maurice (*) restera 2 ans en Guyane comme apothicaire botaniste du roi (Louis XV).

De Guyane il rapportera un herbier considérable ainsi que de nombreuses descriptions du monde végétal et animal.

Après avoir fait relire ses notes à Bernard de Jussieu (1699-1777) il fera paraître début 1775 un ouvrage en quatre volume, illustré de quatre cent gravures qui fera date : ''histoire des plantes de la Guiane françoise rangées suivant la méthode sexuelle''.

 

 

(*) Fusée-Aublet prendra pour épouse une femme malgache dont il aura un fils, et affranchira ses esclaves avant de quitter l'île Maurice.

 

 

       

 

 

Photo 1 : Carolus Linnaeus ou Carl von Linné (1707-1778) une huile sur toile du portraitiste suédois Per Krafft aîné (1724-1793).  

Photo 2 : Carl von linné le jeune dit Carolus Linnaeus le jeune (1741-1783) une huile sur toile du peintre suédois Jonas Forslund (1754-1809)

Photo 3 : Jean-Baptiste-Christian Fusée-Aublet (1720-1778). Un portrait en taille douce extrait d'une gravure de son œuvre : ''histoire des plantes de la Guiane françoise rangées suivant la méthode sexuelle''.

 

 

 

La classification des ''gustavia'' :

 

Les gustavia appartiennent à la famille des lecythidacées :

Mais dans un premier temps le genre Gustavia fut rattaché à la famille des ''Myrtacées'' (Myrtacaeae) dont l'une des particularités est d'avoir des nodules glandulaires ou poches sécrétrices, ce que non pas les gustavia.

 

De ce fait une famille correspondant mieux à leurs caractéristiques a été créée en 1825 par le français Achille Richard (1794-1852). Lequel a donné à cette famille le nom de lecythidacées (lecythidaceae) en raison de la forme des fruits de ces arbres, qui d'après ce botaniste ressemblent à un vase grec portant le nom de ''lécythe'' ; Le lécythe avait alors principalement deux fonctions, celle de stocker de l'huile parfumée destinée aux soins corporels, et celle d'être une urne funéraire.

 

La famille des lecythidacées compte quelques 325 espèces qui se répartissent en 10 ou 24 genres selon les botanistes, car certains la divisent en sous-familles. Le genre gustavia se compose, comme je l'ai déjà écrit, d'une quarantaine d'espèces.

 

La famille des lecythidacées dont les individus sont principalement originaire de la zone tropicale d'Amérique du sud, mais aussi de Madagascar et d'Afrique tropicale, se constitue de plantes dicotylédones, c'est-à-dire dont la graine donnera naissance à deux feuilles primordiales.

 

Parmi les traits communs qui caractérisent les individus de La famille des lecythidacées, il y a leur écorce qui se desquame en longues lanières, et leurs feuilles qui forment des bouquets en extrémité de leurs rameaux et de leurs branches. Ces dernières sont alternes et munis, ou non, de petits stipules.

 

         

 

 

Photo 1 & 2 : Deux ''lécythes'' le premier est exposé au musée du Louvre à Paris et le second au New-York métropolitain muséum des Etats-Unis.

Photo 3 : Carte donnant l'aire d'origine des gustavia, c'est-à-dire le nord de l'Amérique du sud.

Les toutes premières éditions de descriptions du gustavia ou du pirigara datent toutes deux de 1775. Le 23 juin 1775 très exactement, Linné publie son ''Plantae Surinamenses'', et la même année Fusée-Aublet publie, avec quelques mois d'avance sur Linné, son ''histoire des plantes de la Guiane françoise ….''. Or, jusqu'à preuve du contraire, le Surinam comme la Guyane, qui d'ailleurs sont contigus, se trouvent au Nord-est de l'Amérique du Sud. De ce fait les gustavia ne sont pas originaires de Madagascar ou de l'Inde. Ils y ont été … importés. Rendons à César ce qui appartient à césar.

Photo 4 & 5 : Deux fruits de gustavia, le premier d'un gustavia superba (Kunth) O. Berg (1854). Pour le second, dont je ne saurai donner l'espèce, l'arbre porteur se trouve au Wat Hariphunchaï (วัดหริภุญชัย) de Lamphun (ลำพูน).

Ces fruits ressemblent-t-il aux lecythes de la photo 1 & 2 ?...

 

 

 

Description du gustavia (en général) :

 

 

Petit rappel : Au Lanna et en Thaïlande les gustavia portent tous le même nom. Il est donc difficile de savoir, quand on se trouve face à un ''boua Sawan'' dont la plupart des autochtones ignorent jusqu'à ce nom, de quelle espèce il s'agit.

De ce fait lorsque l'espèce m'est connue je la donne, dans le cas contraire il s'agira du ''gustavia'' en général. Les espèces ont de nombreux points communs.

 

 

 

Le tronc du gustavia :

 

L'arbre pourrait atteindre 15 mètres de haut, voire 22 d'après les premiers explorateurs botanistes, et présenter un tronc de 30 centimètres de diamètre. à Chiang-mai je n'ai vu que des arbustes qui seraient âgés de 4 ou 5 ans et mesurant, environ, cinq ou six mètres.

 

Le tronc est en général grêle, glabre et couleur noirâtre. Son écorce se desquame en longues lanières.

 

     

 

Le bois de ces arbres était alors, au XVIIIe siècle, excellent pour la réalisation de certains travaux exécutés par les charrons et charpentiers. C'est aussi un bois, lorsqu'il est humide, qui dégage une odeur nauséabonde d'où son nom ''bois de merde'' ou ''bois puant'' … ''bois pian''.

 

     

 

 

Photo 1 : Un jeune ''gustavia gracimilla Miers''.

Photo 2 & 3 : Deux jeunes arbres d'environ 4 ou 5 ans du genre gustavia poussant au Wat Hariphunchaï (วัดหริภุญชัย) de Lamphun (ลำพูน).

 

 

 

La feuille du gustavia :

 

La feuille du gustavia est spatulée, alterne, entière, pennée et de forme oblongue. La base de la feuille s'étire sur quelques centimètres ; et le renflement de son extrémité se termine par un apex pointu et légèrement recourbé, variant entre deux ou trois centimètres.

 

     

 

Les plus longues mesurent jusqu'à 43 centimètres de long et 10 centimètres dans leur plus grande largeur. Certains botanistes disent : 50 centimètres, ce qui vraisemblable. Les dimensions les plus courantes sont de 30 centimètres sur 7 ou 8. Le limbe, glabre, d'un vert foncé sur le dessus et plus clair sous le dessous, présente de légers renflements ou ondulations entre les nervures.

 

Cette nervation pennée est saillante sur les deux faces et se constitue de 14 à 22 paires de nervures secondaires.

 

Les bords des feuilles, d'abord lisses à leur base, se dentellent au fur et à mesure qu'ils atteignent le sommet de la feuille.

 

Les feuilles naissent directement en extrémité, ou quelques centimètres plus bas, de petits rameaux, c'est-à-dire sans pédoncule ou brièvement pétiolée. Elles forment avec leur support comme des petits plumeaux de 3 à 5 ou 6 feuilles, voire plus.

 

J'ai remarqué quelques feuilles de couleur rouge mais … je n'ai pas pu en savoir plus. Et, comme déjà spécifié dans la rubrique ''famille des lecythidacées'', la tige et la feuille sont dépourvues de poches sécrétrices corticales, et de ce fait de tubes criblés c'est-à-dire de files de cellules permettant la circulation de secrétions.

 

 

Les feuilles des gustavia seraient l'aliment préféré des iguanes.

 

     

 

La fleur du gustavia :

 

La fleur est en général solitaire, mais il arrive qu'elle forme de petites cymes pauciflores de trois ou quatre individus, voire plus. Elle est aussi cauliflore c'est-à-dire qu'elle prend naissance directement sur le tronc ou les branches de l'arbre. De ce fait elle est souvent dissimulée par le feuillage. Pour la voir, il faut la chercher. Mais comme elle est grande elle se remarque vite.

 

La fleur éclose a un diamètre d'environ 10 centimètres, voire 15 selon les espèces.

 

     

 

Leur calice se constitue de quatre lobes largement arrondis ou quelque peu triangulaire qui sont pratiquement inexistants. Selon les espèces la fleur est dite tétramère (quatre pétales), hexamère (six pétales), ou octamère (huit pétales) et plus ; Les pétales sont ovales, presqu'égaux et de couleur blanche, rose ou rouge, là encore selon les espèces.

 

Dans tous les cas les étamines, fort nombreuses, insérées avec les pétales sur le calice et de couleur jaune, sont constituées d'un filet arqué dont l'extrémité se termine au-dessus du centre de la fleur. De ce fait, l'ensemble des filets forme une espèce de couronne au centre de la corole. Le filet, de couleur blanche à sa base vire au rose à son extrémité ou se rattachent les anthères ou poches à pollen de couleur jaune. Ces anthères sont linéaires et s'ouvrent au moyen d'une courte fente apicale.

 

L'ovaire est infère, c'est-à-dire sous les pétales. De ce fait il développera un fruit complexe formé de plusieurs enveloppes. Cet ovaire de quatre ou six loges contient de nombreux ovules anatropes. Son style est court.

 

La fleur a une courte durée de vie, guère plus d'une journée environ !... mais elle est vraiment très belle. C'est sa beauté qui m'a conduit à en savoir plus à son sujet.

 

La fleur est si belle que nous trouvons parmi les espèces des noms comme ''superba'' et ''gracillima'' qui se passent d'explications.

 

     

 

Le fruit du gustavia :

 

Le fruit ressemble à une espèce de petite gourde ou bourse dont la base cylindrique à un diamètre variant entre trois centimètres et trois centimètres cinq, à mi-hauteur du fruit le diamètre est d'environ quatre centimètres pour une hauteur identique.

 

C'est un fruit fibreux et indéhiscent c'est-à-dire qui a maturité ne s'ouvre pas pour libérer les graines qu'il contient. Lorsque le fruit se forme il est souvent couronné des restes de la fleur comme les étamines et les pétales.

 

     

 

A l'intérieur du fruit, que j'ai ouvert au couteau, j'ai découvert une dizaine de petits sacs blanchâtres de la grosseur et de l'apparence d'un pois chiche d'où sortait un long funicule replié et fixé à un axe central.

 

A l'intérieur de ces ''pois chiches'' dont la membrane extérieur est épaisse, un millimètre et demi,  et coriace se loge une graine de couleur noire et de forme ovoïde, six millimètres sur trois, d'où émerge un tout petit germe.

 

D'après les botanistes du XVIIIe siècle, les indigènes consomme la pulpe du fruit grillée ou bouillie mélangée avec du riz. Pour ma part je n'ai pas trouvé de pulpe mais peut-être ai-je cueilli le fruit trop vert ?!...

 

Selon les mêmes auteurs les feuilles du gustavia en décoction soigneraient des intoxications provoquées par des flèches empoisonnées.

 

Ils écrivaient aussi que le fruit du gustavia faisait le régal des agoutis. Les agoutis sont des petits rongeurs et aussi ceux qui dispersent les graines des … gustavia.

 

     

 

 

 

                                                                Août 2014 – Jean de la Mainate.

 

 

 

 

 

 

 




14/08/2014
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