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HMONG-S - 3/5 (Les) – LEURS ORIGINES ET LEURS ITINERAIRES.


HMONG - 3/5  (Les) –

LEURS ORIGINES ET LEURS ITINERAIRES.

 

 

LA REALITE D'AUJOURD'HUI

 

 

Résumé cartographié de la Chronique précédente.

 

 

 

 

Les différentes zones d'implantation des Hmongs, en Chine d'aujourd'hui, au cours des siècles.

 

 

Résumé de la Chronique précédente.

 

 

Carte n° 1 : Bien avant 3.000 ans av. JC des tribus Miaos peuplaient la Chine du nord, plus particulièrement les vallées du ''Huang Hé'' (Fleuve jaune) et de la ''Huaibe''.

 

Des tribus Huaxia-s, considérées comme les ancêtres des Hans d'aujourd'hui, vinrent se mêler à ces premières tribus.

 

Au cours des ans la cohabitation devint de plus en plus difficile. Alors après moult affrontements, une alliance entre tribus Huaxia-s et la mort de ''Chi You'', le chef des Miaos, ces derniers durent laisser leur place aux Huaxia-s à la tête desquels se trouvait alors un certain ''Huangdi''.

 

L'immigration des Miaos les conduisit au sud du fleuve jaune ou ''Huang Hé'' où ils créèrent le royaume de San-Miao. C'était donc vers 3.000 ou 2.500 av. JC.

 

 

 

Carte n° 2 : Quatre ou cinq siècles plus tard, vers 2.000 ou 2.500 ans av. JC. les Miaos furent contraints une nouvelle fois à immigrer.

 

Cette fois c'était un certain Yu, dont le fils fondera la 1ère dynastie chinoise, celle des Xia ou Hsia qui était à la tête des Huaxia-s. Un ''grand homme'', pour les Chinois, beaucoup plus expéditif que son ancêtre ''Huangdi''. Car il semblerait avoir donné le ton aux répressions à venir ...  ''plus on supprime d'ennemis dans le présent, et moins il y en aura à combattre dans l'avenir.''. Ce qui est malheureusement vrai.

 

Le peuple Miao fut donc saigné à blanc, au point qu'au lieu de se reconstituer en royaume quelque part dans le sud de la Chine, ses survivants vont se disperser et être ainsi à l'origine de cinq ''branches'' qui vont se développer indépendamment les unes des autres dans tout le sud de la Chine, c'est-à-dire le Yunnan, le Sichuan, le Hunan et surtout le Guizhou .

 

 

Carte n° 3 : Au cours des siècles tous les empereurs, ou presque, des différentes dynasties chinoises se comporteront comme leur aîné Yu.

Ils mettront tout en œuvre pour ''siniser'' de gré ou de force tous les individus peuplant les terres qu'ils ont conquises au fur et à mesure de leur expansion !...

 

Alors des émeutes et des rébellions vont éclater en Chine, sans discontinuer, et jusqu'aux environs des années 1950. Car les Miaos, ainsi que d'autres ethnies, considérant que les terres sur lesquelles ils vivaient leur appartenaient, entendaient les conserver et y vivre à leur manière et non à celle des Hans.

 

Mais malgré cette farouche volonté d'indépendance, nombre de Miaos quitteront leurs terres et immigreront vers le nord Vietnam.

 

Aujourd'hui en Chine, le régime communiste étant passé par là, l'exploitation de ''l'ethnicité'' auprès des touristes fait entrer de l'argent dans les caisses alors !...

Mais ?!... qu'en est-il exactement ?... je n'en sais trop rien, sauf que si l'argent n'a pas d'odeur il doit être aussi sans idéologie ?!...

 

Nota bene : la région en jaune représente la superficie sur laquelle se sont dispersés les Hmongs. Elle n'a rien à voir avec leur nombre. Leur population était en fait beaucoup plus faible que ce qu'elle était précédemment sur l'aire en jaune de la carte n° 2.

 

 

 

En prenant connaissance des faits et des chiffres de la chronique précédente, très résumé dans l'encadré ci-dessus, il n'y a pas besoin d'une grande analyse pour comprendre les raisons qui ont poussé les Hmong-s, mais aussi les Lu-s, les Mien-s, les Lahu-s, les Akha-s et les Haw-s (Les Chinois musulmans du Yunnan) à se réfugier en Indochine, plus exactement dans les montagnes du nord Vietnam, et par la suite, mais pour d'autres raisons, vers le Laos et le Lanna …aujourd'hui province du nord de la Thaïlande.

 

En plus des persécutions menées par les Chinois pour obliger les Miaos et les autres tribus à se siniser, vinrent se rajouter les causes d'endémies que toutes les haines humaines attisent en de pareilles circonstances, et dont les conséquences engendrent famines et épidémies, pour ne citer que ces maux-là.

 

 

La pénétration des Hmongs en Indochine se fit, pour une très grande part, par le nord Vietnam et par les mêmes voies que celles empruntées par les envahisseurs de jadis, les Mongols de Kubilaï Khan en 1253. C'est-à-dire les vallées où coulent le fleuve rouge et ses deux principaux affluents, celui de la rive droite le fleuve noire ou ''Song Da'' et celui de la rive gauche la rivière Claire ou ''Song Lo''.

 

Pourquoi ces voies ?... parce qu'il n'y en a pas d'autres. (*) Le nord de l'Indochine est protégé naturellement de la Chine par des montagnes dont certains monts dépassent les 3.000 mètres. Il y a entre autres, le Fan Si Pan 3.140 mètres et le Pu Si Long 3.076 mètres pour ne citer que ceux-là qui sont tous les deux en territoire vietnamien.

 

 

(*) En fait il était aussi possible de pénétrer au Vietnam par le nord-est via la ville de Lang Son, comme le firent d'ailleurs les Mongols de Kubilaï Khan, mais cela oblige, à partir du Yunnan, à un très grand détour en passant par la Chine du sud. Or le chemin le plus court d'un point à un autre c'est … la ligne droite, donc le cours des fleuves … si tant est qu'ils descendent vers la mer en ligne droite ?!....

 

 

 

 

Au milieu du XXe siècle des observations de missionnaires concernant les Hmongs, et celles d'autres occidentaux ayant affaires en ces régions, corroborent ce qui précède et ont permis de constater que les Hmongs du Tonkin étaient originaires du Yunnan, que ceux du Laos, étaient originaires du Tonkin, et que ceux établis au Lanna étaient originaires … du Laos, à l'exception de ceux, fort peu nombreux, venant de Birmanie.

 

 

 

(*) Selon certains témoignages, les premiers Hmongs seraient arrivés au Laos vers 1810-1820 ; au Lanna vers 1880 et à Tak, une ville du sud-ouest du Lanna et de Chiang-Maï, en 1929.

 

 

 

 

Hélas sur les terres d'accueil cette migration n'a pas été sans douleur.

 

Ainsi les émigrants Hmongs et autres ethnies confondues ne feront pas dans la dentelle pour s'approprier des terres dont ils auront besoin ; dans un premier temps pour leur survie et dans un second pour assurer leur existence.

 

Certains d'entre eux n'hésiteront pas à rejoindre les ''Pavillons noirs'' (*) et à tuer des innocents pour leur voler leurs terres et leurs bétails.

 

Ils vont faire subir à d'autres ce qu'ils avaient subi eux-mêmes. Nul n'est irréprochable, même quand il a lui-même connu les pires exactions !....

 

Ainsi sont les hommes et à mon avis ils ne sont pas près de changer. Jugez-en plutôt !...

 

 

(*) Les ''Pavillons noirs'' mais aussi ''jaunes'' ''blancs'' ou ''rouges'' n'étaient alors rien d'autres que des bandits de grands chemins, venus de Chine pour la plupart, sans pitié et sans loi, qui tuaient et volaient en bandes organisées et provoquaient la panique autour d'eux à des kilomètres à la ronde.

 

Ils donneront bien du fil à retordre à l'armée française mais finiront par se rallier pour les uns et par se faire oublier pour les autres. La colonisation n'a pas eu que des mauvais côtés !...

 

 

 

 

LES HMONGS DU VIETNAM

 

 

En 1850 les Hmongs pénétrèrent dans le haut bassin de la rivière claire (*) et massacrèrent carrément toute la population qui s'y trouvait.

 

Il n'y avait pas encore de ''présence'' française à cette époque. Ces derniers ne commencèrent à ''s'intéresser'' à l'Indochine qu'à partir de 1860, et à naviguer officiellement sur le fleuve rouge ou ''Song Ho'' qu'à partir de 1874, suite au deuxième traité de Saigon.

 

Lorsque les navires français s'aventureront sur le fleuve rouge ils auront alors à affronter les ''pavillons noirs'' de Liu Yongfu, un Hakka originaire du Guangxi, une province du sud de la Chine. Mais nous reviendrons sur les ''pavillons noirs''.

 

 

 

(*) La rivière Claire ou Tsin-ho ou encore ''Song-Lô'' est un affluent de la rive gauche du fleuve rouge. Comme lui, elle naît en Chine dans la province du Yunnan.

Elle se jette dans le fleuve rouge en territoire Vietnamien.

 

 

 

 

 

 

L'entrée des Immigrants au nord Vietnam, a vraisemblablement du se faire aussi aux alentours de la ville de Lao Cai. C'est la que le fleuve rouge venant du Yunnan pénètre au Vietnam.

 

A ces époques il n'y avait pas de route et les communications se faisaient par voies fluviales, voire au moyen de ''piste(s ?) caravanière(s ?)''. Un détail important dont nous reparlerons.

 

Quelques Miaos (Hmongs verts) sont allés directement du Yunnan en Birmanie. Compte tenu de la position géographique de leurs villages, ils ont du suivre la ''vallée'' du Mékong, mais en prenant de grands risques. Mourir pour mourir, certaines personnes sont prêtes à tout, les boat-peoples de triste mémoire sont un exemple parmi beaucoup d'autres. Néanmoins très peu de Hmongs n'ont commis cette … folie. C'est la raison pour laquelle ils sont peu nombreux en Birmanie du nord, mais ils sont tout de même présents.

 

Les montagnes semblent avoir interdit tout accès direct entre le Yunnan et le Laos ou le Lanna. 

 

 

 

 

 

Le Mékong vu depuis Chiang Saen, l'ancienne capitale du Yonok qui donnera naissance au Lanna.

La rive, tout au loin c'est l'ancien royaume de Dali, aujourd'hui le Yunnan, une province Chinoise.

Le Mékong mesure environ 4.500 kilomètres, car sa longueur varie selon les atlas ?!... Il sert de frontière au Laos sur 200 kilomètres environ avec la Birmanie, et 800 kilomètres environ avec la Thaïlande.

 

 

 

GENERALITES SUR LE LAOS :

 

Le Laos est un pays de montagnes et le seul pays de l'Indochine à ne pas avoir de débouché maritime.

 

D'une superficie de 236.000 km2, une quarantaine de départements français environ, sa population compte aujourd'hui, en 2011, aux alentours de 6.000.000 d'âmes ce qui représente 9 habitants environ au km2. (Thaïlande : 56 au Km2, France : 84 au Km2)(*)

 

 

(*) Ces chiffres datent de 1960 pour rester au plus près des années 1920 où le Laos était encore beaucoup moins peuplé à cause des épidémies, des famines et des tueries perpétrées par divers acteurs.

  

 

 

Autant dire que le Laos est très peu peuplé et qu'à l'époque de l'arrivée des Hmongs il y avait de la ''place'' à prendre ou à ''se faire'' !....

 

Pachay, sur qui nous reviendrons, n'était pas aussi fou que les Français voulaient bien le faire croire.

 

 

Le Laos serait encore moins peuplé s'il n'y avait pas les minorités ethniques. Des minorités qui représentent plus de 40% de sa population, c'est-à-dire plus de 2.500.000 habitants sur les 6.000.000 ?!...

 

 

Autre idée reçue, ''on'' dit que le Laos est un pays bouddhiste, c'est vrai mais le Bouddhisme n'est pratiqué que par 60-65% de la population, ce qui est loin des 90% de la Birmanie ou des 95% du Cambodge et de la Thaïlande ; et 60% de ces bouddhistes sont issus des plaines ce sont des Lao Loum, ou des ''Lao d'en bas''.

 

Autrement écrit, les minorités ethniques, les Lao Theung (Laotiens des plateaux) et Lao Soung (Laotiens des montagnes) ont conservé leurs us et coutumes animistes ; et il est difficile d'être exhaustif et précis à leur sujet, car elles vivent très souvent en retrait, comme leurs noms l'indiquent, sur les plateaux ou dans les montagnes.

 

 

Le gouvernement Laotien, qui est actuellement d'obédience communiste, prétend qu'il y aurait une soixantaine d'ethnies sur son territoire, alors que dans la réalité, d'après des sources plus sérieuses venant de l'ONU et de l'ambassade de France au Laos, il y en aurait aux environs de 130 dont une cinquantaine compterait moins de 5.000 individus ?!....

 

Alors ?... alors la situation du Laos ne peut que nous amener à mieux comprendre toutes les difficultés qui ont surgi au cours des siècles derniers et perdurent actuellement avec - Hélas -  la ''chasse aux Hmongs'' qui s'étaient rangés du côté de la France d'abord, et ensuite des Etats-Unis, perpétrée par les tenants du pouvoir Laotien.

 

 

En résumé, l'assimilation n'est pas vu par tous de la même manière, surtout lorsque les plateaux de la balance se valent et que tous comptes faits, les Lao-s sont aussi des immigrés, à la différence que ce sont des immigrés des premières heures !...

 

Ces siècles d'avance leur donnent-ils des prérogatives sur les arrivants de la dernière heure ?!...

 

C'est à vous d'en débattre et non à moi de conclure sur la question.

 

 

 

 

 

A Gauche : La carte du Laos du nord avec en lettres blanches le nom des provinces et le pourcentage de la population hmong-Yao habitant les dites provinces.

 

Exemple : 4,5% de la population du Laos vit dans le Xieng Khouang. Parmi ces 4,5% d'individus, 36% sont d'origine hmong-Yao.

 

A droite : La carte du Laos du nord recouverte d'un ''treillis noirâtre'' indiquant les zones où les Hmongs ont trouvé asile.   

 

 

Si vous êtes observateurs ou bons lecteurs, les dernières migrations, celles des Hmongs, se font longitudinalement, c'est-à-dire d'est en ouest et non comme celles des t'aïs, ou des ancêtres des Hmongs en Chine, verticalement, c'est-à-dire du nord au sud. Cette différence de mode migratoire est du au fait, en grande partie, que le type de terre recherchée par les uns, (montagnes à brûlis) les Hmongs, était différent de celui recherché par les autres, (plaines à rizières) les t'aïs.

 

 

 

 

LES HMONGS DU LAOS  vers 1810/1820 (1860 ?...)

 

 

Si le Laos fut une terre d'asile pour les Hmongs il fut loin d'être un havre de paix et de tranquillité. Car les Hmongs eurent toutes les peines du monde pour se faire accepter.

 

Dès leur arrivée ils eurent maille à partir avec les Khamus, (1) qui ne voulaient pas que ''leurs forêts'' partent en fumée au bénéfice de l'agriculture sur brûlis.

 

En 1871-1872 des Chinois musulmans, les Haw-s (2) persécutés eux-aussi par les Chinois, tout comme les Hmongs, perpétrèrent des agressions si violentes dans la province de Xieng Khouang qu'elles restent encore aujourd'hui dans la mémoire des hommes.

 

En 1888 ils seront carrément en guerre avec le Laos et son suzerain d'alors, le Siam.

 

Ce sera à cette époque que les Français entreront en scène et hériteront d'une ''bombe à retardement'' concernant les Hmongs.

 

Car soit pour se concilier la hiérarchie autochtone en place ou pour avoir négligé de prendre en compte la situation des ''tribus'', l'arrivée du colonisateur, au lieu d'alléger le sort des Hmongs va au contraire, l'alourdir.

 

Alors en 1896, toujours dans la province de Xieng Khouang, à Ban Khang Phanieng et à Muang Kham, trois ans après la signature du protectorat français, (3) des Hmongs dévalisèrent un releveur d'impôts après avoir tendu une embuscade à ses gardes.

 

Victimes de la double imposition ils entendaient ainsi récupérer ce qu'on leur avait ''volé'' en y rajoutant vraisemblablement les intérêts ?!.... et à un taux au-delà de l'usure !...

 

 

Cet acte de mécontentement sera suivi d'autres, mais moins spectaculaires. En une vingtaine d'années ils vont prendre de l'ampleur et déboucher sur un soulèvement général.

 

Celui-ci s'étendra sur plus de 40.000 kilomètres carrés, soit environ six à sept départements français, une Jacquerie à l'Indochinoise menée par les Hmongs !....

 

Ces événements dramatiques, débutèrent en 1917 pour se terminer dans un bain de sang … cinq ans plus tard … en 1922.

 

 

A l'époque cette révolte fut baptisée ''la guerre du fou''. J'ai aussi lu ''la guerre des fous'' ce qui n'a plus tout à fait le même sens.

 

En fait il aurait mieux valu appeler ce douloureux épisode ''la guerre des désespérés'' ou plus simplement ''la guerre de Pachay''. Un homme qui était loin d'être fou, même si les événements relevèrent à leurs débuts et jusqu'à leur fin de la mystique Hmong (4) concernant la croyance populaire de la venue d'un roi mythique, ou d'un messie, grâce auquel le peuple hmong allait avoir enfin des terres bien à lui.  

 

 

 

(1) Les Khamu-s sont une ethnie parmi d'autres qui avait alors trouvé refuge au bas des montagnes. De ce fait ils prétendaient être propriétaires des forêts couvrant les monts dont ils occupaient la base.

Pourtant à cette époque, rares étaient les gens qui osaient s'aventurer dans ces bois (*) … sauf les Hmongs qui les essartaient pour se loger et cultiver le pavot.

Le roi de Xieng Khouang accepta les nouveaux colons pourvu qu'ils lui versassent l'impôt.

 

(*) Les gens ne pénétraient pas dans ces forêts pour des raisons de superstitions. Ils étaient alors (et encore maintenant pour certains) persuadés qu'elles étaient peuplées de génies et d'esprits pour la plupart malfaisants ou ''malévolants''.

 

(2) Les Haw-s sont appelés ainsi par les Thaïs. Les Birmans, quant à eux les désignent sous le nom de ''Panthay'' et il semblerait, que parfois leur orthographe soit ''Hô'' ?... (J'apporte cette dernière précision sous toute réserve. Mais je pense qu'elle est exacte.)

 

(3) En fait, en 1893 les Siamois reconnaissent l'indépendance du Laos placé sous protectorat français, et de ce fait acceptent, sans trop perdre la face, leur perte de suzeraineté sur ce royaume.

 

(4) ''La guerre des désespérés'', comme je préfère l'appeler, ne fut rien d'autre qu'une révolte due au mépris aux vexations et à toutes les méchancetés, pour ne pas écrire les ''saloperies'' qu'un plus fort inflige par sadisme ou cupidité à un plus faible.

 

Dans le cas présent la double imposition aurait été la goutte d'eau qui aurait fait déborder le vase et entrainé l'exploité à se révolter contre l'exploiteur, les t'aïs en l'occurrence.

 



 

 

Photos provenant du site : http://belleindochine.free.fr/Laos1900.htm

 

 

PREMIERES PHOTOS DES PREMIERS FRANÇAIS AU LAOS

 

A gauche : La chaloupe à vapeur ''Argus''. Elle participa, entre autres opérations, à ''l'expédition du Mékong'' (1866-1868) qui avait pour but d'ouvrir une route commerciale vers le Yunnan, via le Mékong. A cause de son trop grand tirant d'eau l'Argus s'arrêta aux environs de la ville de Khon et les Français durent revoir leur copie.

A droite : Un roi du Mékong vient d'être pêché. Ce roi d'un genre un peu particulier est un poisson dont le poids varie entre 35 à 200 kilos. Ce poisson de mer remonte le Mékong sur plus de 2.000 kilomètres pour venir frayer.

Le titre de ''roi du Mékong'' regroupe plusieurs espèces comme les Pla-Leum, Pla-Sa-Hô, Pla-Kheung et quelques autres encore.

 

 

 

LA GUERRE DU FOU …

…d'après les Français d'alors … ou

 

                     LA GUERRE DE PACHAY

                     … selon les Hmongs d'hier et d'aujourd'hui !...

 

 

Le personnage qui tient le haut du pavé dans cette guerre des désespérés s'appelait ''Pachay''. ( ???? -1922) Un orphelin qui fut recueilli et élevé par son oncle et qui devait avoir un certain charisme.

 

Pachay était un Hmong parmi tant d'autres, mais plus avisé que d'autres car il aurait voulu enseigner aux siens ''la fraternité, la propreté et la pureté'' au moyen d'un code, ou d'un guide, pour les ''élever socialement''. Hélas, il ne savait ni lire et ni écrire.

 

 

D'après les récits Hmongs ce serait ''Faj Tim'', le roi céleste du panthéon Hmong qui se serait manifesté auprès de Pachay par le biais de trois petits chiots affamés, et qui l'aurait fait transporter auprès de lui sur un cheval céleste, à tête blanche et au corps noir.

 

Ces chiots doués de la parole et la rencontre avec les plus hautes sommités du panthéon hmong sont à verser dans la partie messianique du récit. Alors pour ne pas commettre d'impair et froissé par ignorance un lecteur Hmong, je ne m'attarderai pas sur cette croyance.

 

Pour la partie plus terre à terre, mais qui ne peut se dissocier du  divin, Pachay donc, investit d'une mission divine, rassembla autour de lui, à Muang Vay, quatre Hmongs sachant lire et écrire pour rédiger ce ''manuel du mieux vivre''. (*)

 

 

(*) Les quatre Hmongs sachant lire et écrire étaient : Tsia Koua du clan des Ya, Say Tou du clan des Lo, Phé Tya et Tsong Ka tous deux du clan des Va.

 

 

 

Dans la foulée il fit fabriquer des tables et des chaises afin de pouvoir tenir des réunions et vraisemblablement constituer un conseil chargé des affaires Hmongs.

 

Il aurait été comme un initiateur cherchant à fédérer, afin de les rendre plus fort, les différents clans hmongs.

 

Comme ces réunions se passaient chez Pachay, ou plus exactement chez son oncle, celui qui l'avait recueilli, cet oncle se plaignait souvent des Laotiens qui, disait-il, abusaient de leur situation et exploitaient les Hmongs.

 

A cette époque l'esclavage existait toujours et les Hmongs avaient fini par se retrouver en état de servage ou de demi-esclavage.

 

Comme cet oncle était, semble-t-il, un homme expéditif et qui craignait de perdre ses terres, il mettait en avant le ''pouvoir'' de Pachay pour que ce dernier ordonnât de tuer tous les laotiens. Ce qui était un moyen comme un autre de régler, ou d'envenimer, les problèmes.

 

Pachay se refusa d'abord à ce genre d'action. Puis son oncle, et vraisemblablement d'autres Hmongs, lui firent remarquer que les discriminations vis-à-vis des Hmongs ne faisaient qu'augmenter. Ainsi par exemple, le préfet faisait attendre les Hmongs des heures durant sans jamais les recevoir, un chef de région exigea que les Hmongs accomplissent cinq jours de corvée supplémentaires etc. … etc. …

 

En fait les récriminations des uns et des autres faisaient monter la tension de jour en jour et la pression sur Pachay sans qu'il pût, au bout du compte, calmer les esprits. Alors il devint un leader et un chef de guerre charismatique presque malgré lui ?!...

 

Informées du climat les autorités françaises ne trouvèrent rien de mieux que d'envoyer des soldats Vietnamiens (*) pour ''calmer les esprits''. La troupe tira même sur les Hmongs en signe d'avertissement. Fit-elle des morts ?... je n'en sais personnellement rien et je n'ai rien trouvé à ce sujet.

 

 

(*) Peut-être y avait-il parmi ces soldats Vietnamiens des hommes originaires du bassin de la rivière Claire, où les Hmongs massacrèrent 70 ans plutôt, en 1850, toute la population ?...

L'histoire met parfois les hommes dans de drôle de situation ?!...

 

 

 

Après trois ans d'effervescence (*) la goutte d'eau qui fit déborder le vase vint à tomber. Alors d'un côté Pachay ordonna d'investir Muang Vay et de l'autre son proche collaborateur ''Va Tsong Ka'' ou ''Va Toua Thay'' s'empara de Muang Heu.

 

 

(*) Un écrit d'un soldat Français, daté du 4 février 1918, qui se trouvait alors dans la région, mentionne ''… révolte due aux brutalités de la part du sous-préfet dans l'exercice de ses fonctions. ''

 

 

 

Mais tandis que Pachay investissait sa ville sans commettre d'abomination,  Va Toua Thay donna libre cours à ses plus bas instincts. Il viola, égorgea et éventra à tour de bras des femmes qui étaient venues se rendre et qui comptaient sur sa clémence pour avoir la vie sauve.

 

Comme il n'était pas sans être au courant du code de bonne conduite de Pachay, il ordonna à ses hommes de ne rien dire des atrocités commises. Mais … tout finit par se savoir et d'une drôle de manière comme vous allez le lire.

 

 

Pendant trois ans, Pachay n'aurait compté aucun mort et aucun blessé parmi les siens ... disent les auteurs Hmongs ?!...

 

La protection du ciel, de la terre et des ancêtres ne faisaient alors aucun doute pour les Hmongs.  Pachay devait être ''le messie'' tant attendu.

 

D'ailleurs avant chaque engagement armé Pachay, après avoir rendu gloire au ciel demandait que trois coups de sabre lui fussent donnés sur l'une de ses épaules. Comme par miracle, jamais la lame ne le blessait.

 

Pachay bénéficiait ''vraiment'' d'une protection divine, du moins d'après les Hmongs.

 

 

Un jour pourtant le sabre blessa l'épaule de Pachay. Ce jour-là lui et ses hommes réunis à Muang Hou s'apprêtaient à répondre à l'assaut de trois bataillons de l'armée française, quatre pour un autre auteur, qui les encerclaient.

 

Jamais une telle puissance de feu n'était encore entrée en action dans cette région.

 

 Autrement écrit, les Hmongs n'avaient aucune chance de s'en tirer, surtout avec leurs ''pétoires à silex'' qui lors de la saison des pluies  daignaient fonctionner une fois sur dix dans les meilleurs des cas.

 

 

La blessure de Pachay signifiait que le ''ciel des Hmongs'' venait de disqualifier ses enfants pour des actes répréhensibles !...

 

Alors, et alors seulement furent révélés à Pachay et les siens les atrocités commises à Muang Heu par Va Toua Thay et ses hommes, dont en particulier le viol de la jeune ''Nkauj Ntsuab'', Hmongue elle-même.

 

La rupture entre les deux hommes se consomma ce jour là.  

 

Visiblement abandonnés par ''leur ciel'' beaucoup de Hmongs se rendirent. D'autres, comme Pachay, prirent la fuite.

 

 

La répression fut terrible. Quelque temps plus tard sur la place de Nong Het, des centaines de Hmongs furent contraints à venir assister à la décapitation de leurs meneurs. (*)

 

Puis tous les survivants furent condamnés à verser une indemnité de 50 piastres par victime Lao. 375 kilos d'argent furent ainsi récoltés.

 

Les insolvables durent vendre ou mettre en gage leurs biens et leurs enfants. (A l'époque l'esclavage existait.)

 

 

(*) Lee Yia Gary, un Hmong australien enquêta sur cette affaire en 1985, soit pratiquement 80 ans plus tard. Des témoins oculaires, qui à l'époque étaient de très jeunes enfants portés à dos d'homme ou agrippés à la jupe de leur mère, lui ont tous déclaré qu'ils n'avaient jamais pu oublier cette scène d'horreurs !...

 

 

 

Pachay se cacha quelque temps à Muang Heup où il fut retrouvé le corps percée d'une balle et sans tête, car c'était en rapportant sa tête que ses tueurs pouvaient fournir aux autorités françaises la preuve de sa mort.

 

Un commando de cinq personnes, quatre Laos Theung-s et un Hmong Kroua Koua (Qhua Kuam), des chasseurs de têtes, furent à l'origine de cette exécution qui eut lieu le 17 novembre 1921. Leur assassinat fit deux victimes, Pachay et son jeune fils qu'il tenait alors dans ses bras.

 

 

Depuis la légende de Pachay se tisse de jour en jour. Ainsi une petite fleur rouge porte son nom, la fleur de Pachay, (Nroj Paj Cai) car elle serait apparue sur terre quelques jours, seulement, après sa mort ; en plus elle ne fleurirait qu'en décembre et janvier … juste après novembre ?!...

 

Le ciel et la terre y seraient-ils pour quelque chose ?... En tout cas les Hmongs en sont persuadés

 

 

Quant aux laotiens d'aujourd'hui, ils ont perpétué le souvenir de Pachay en donnant son nom à l'un de leurs bataillons. C'est le  ''Kong Pang Pa Chai'' ou ''Koos Phaas Paj Cay'', une unité réservée aux seuls Hmongs.

 

La spécificité de ce bataillon serait de donner la chasse, pour ne pas écrire …d'éradiquer les/aux Hmongs qui naguère coopérèrent avec les Etats-Unis sous les ordres d'un certain Vang Pao dont nous reparlerons dans une chronique prochaine. Ces Hmongs aujourd'hui, considérés comme du gibier, se terrent là où ils peuvent en territoire Lao pour tenter de garder la vie sauve.

 

La perversité des hommes ne connaît pas de limite !....

Et les communistes Laos ont la rancune tenace !...

 

 

 

Photos Louis Chu

 

 

2010 - LAOS au sud de Louang Phrabang : La chute d'eau de Tat Kuang Si.

 

 

 

Cette lutte avec la ''nomenklatura'' Lao, via les autorités françaises ne fut à l'honneur ni des uns et ni des autres. La cruauté et le barbarisme ne furent l'apanage d'aucun en particulier, mais de tous en général.

 

Cependant ce douloureux précédent amena les autorités françaises à réfléchir sur les moyens à mettre en place pour que les membres de chaque communauté vécussent en paix et que les Hmongs, entre autres, ne soient plus victimes de la corruption t'aïe et Lao confondue.

 

 

Alors le colonisateur désigna des chefs de canton ou ''tassengs'' c'est-à-dire des chefs hmongs ayant la responsabilité d'un groupe de villages.

 

Ces ''tassengs'' responsables de ''tasseng'', le mot désignait aussi  une aire géographique, étaient choisis parmi les ''kiatongs'' ou chefs de clans locaux.

 

 

Ce fut à la  suite de cette mise en place administrative et par un concours de circonstances très particulier qu'un tout jeune homme, d'origine Hmong, Touby Lyfoung du clan des Ly alors âgé tout juste de 20 ans, se retrouva comme seul et unique interlocuteur auprès des autorités françaises et de ce fait le responsable du district de Nong Het, le tasseng le plus important de la région.

 

L'itinéraire assez particulier de cet homme mérite qu'on y consacre quelques mots.

 

 

 

L'ascension de Touby Lyfoung :

 

 

L'histoire de Touby Lyfoung c'est à la fois l'union et la désunion de deux clans hmongs, celui des Ly et celui des Lo ; mais c'est aussi la résurrection du vieux rêve hmong à savoir celui de créer une nation … ''Hmongue''.

 

Mais revenons aux événements qui précédèrent l'ascension de Touby Lyfoung. 

 

 

 

Donc après 1921 les Français désignent des Tassengs et, sur les recommandations du fils du vice-roi de Luang Prabang, Phetsarath Rattanavongsa, (1890-1959) surnommé parfois le ''roi de Vientiane'' tant il était populaire, nomment Lo Bliayao, (Lauj Bliaji) ( ????-1935) le chef du clan des Lo ''tasseng'' de la région de Nong Het, un district, ou tasseng, de la province de Xieng Khouang au Laos.

 

C'était le tasseng le plus important de la région, et Lo Bliayao un chef hmong autoritaire et respecté, qui aurait combattu Pachay et les siens aux côtés des Français. ( ?)

 

Une prise de position qui alors n'aurait pas été sans appuyer les recommandations de Phetsarath Rattanavongsa pour la nomination de Lo Bliayao au poste de tasseng de Nong Het. ?!... La république n'est pas toujours ingrate.

 

 

Ce Lo Bliayao, (Lauj Bliaji) était aussi père de plusieurs enfants dont une fille, May ( ?-).

 

Un certain Ly Xia Foung (1888-1939) du clan des Ly, en demanda la main.  Lo Bliayao lui accorda. Cette alliance entre le Clan des Lo et le clan des Ly se scella en 1918.

 

Du fait de cette alliance entre clans, Lo Bliayao prit son genre pour secrétaire et à eux deux ils ''régnèrent'' sans partage sur tout le district de Nong Het.

 

 

 

 

 

Au début, tout alla pour le mieux dans le meilleur des mondes, les Hmongs  n'auraient eu qu'à se louer de cette collaboration. Et puis un jour Ly Xia Foung prit une nouvelle épouse, (*) et sembla lui donner la préférence sur May (**); ce qui désespéra cette dernière et la conduisit au suicide.

 

Alors la collaboration entre les deux hommes, Lo Bliayao le père de May et Ly Xia Foung le mari de May, se détériora à grande vitesse.

 

Entre temps, en août 1919, Touby Lyfoung était venu au monde.

 

 

(*) Les Hmongs sont exogames c'est-à-dire qu'ils doivent prendre leur conjointe dans un clan différent du leur. Mais pour les Hmongs être ''exogame'' ne veut surtout pas dire convoler en juste noce avec une femme étrangère, c'est-à-dire n'appartenant pas à la communauté hmongue. Un Hmong ne se lie qu'avec une Hmongue mais, de clan différent.

Comme partout il y a des exceptions à la règle. Ainsi des Hmongs ont épousé des Chinoises et vraisemblablement des Françaises ?....

''Amour amour quand tu nous tiens, on peut bien dire …. Adieu prudence. '' (La Fontaine)et est-ce pour autant plus mal ?...

 

(**) Les Hmongs sont aussi polygames. Mais ils doivent considérer leurs épouses sans faire de distinction ou de préférence … ce qui ne sembla pas, présentement, avoir été le cas. Mais, qui peut le jurer ?...   

 

 

 

 

Photo provenant du site : http://www.opusmang.com/forums/index.php?topic=436.0

 

 

Comme il vaut mieux prévenir que guérir, les autorités françaises partagèrent alors le district de Nong Het en deux secteurs.

 

Lo Bliayao du clan des Lo eut la responsabilité de celui de Kengkhoai et son gendre, Ly Xia Foung, celui de Phac Boun.

 

Cette division fut loin de réconcilier les deux clans, mais elle les mettait sur un pied d'égalité.

 

 

L'âge aidant, en décembre 1935, Lo Bliayao passa de vie à trépas alors son fils aîné, Chongtou ou ''Song Tou'' prit sa succession, tandis que son petit-fils Touby Lyfoung du clan des Ly, entrait dans sa dix-huitième année. (*)

 

 

 

(*) Touby et son frère Tou Zeu ainsi que les trois plus jeunes fils de Lo Bliayao, Faydang, Nghia Vue et Fong, mais aussi les fils de Nao Tou Moua du clan des Moua, c'est-à-dire Moua Yang et Chu Chao et leurs cousins Yao Tong, Chue No et Nao Pao comptèrent parmi les dix premiers privilégiés Hmongs à user leurs fonds de culottes sur les bancs des écoles du colonisateur.

 

Seuls, Touby et son frère, Tou Zeu, du clan des Ly, termineront leurs études et obtiendront leur … baccalauréat.

 

 

 

 

Très vite, Chongtou, l'oncle de Touby Lyfoung, plus accaparé par les plaisirs de la vie en général et du jeu en particulier négligea quelques uns de ses devoirs de chef et plus particulièrement celui de reverser les impôts collectés aux autorités françaises ; une faute qui aujourd'hui encore ne pardonne pas et qui à l'époque, en 1938, lui coûta son poste. Car il fut carrément destitué.

 

L'argent non reversé avait-il servi à honorer les dettes de jeu de Changtou ?... Rien ne vient étayer cette supposition. En tout cas je n'ai trouvé aucun texte à ce sujet ?!....

 

Toujours est-il que Ly Xia Foung, le père de Touby et le tasseng de Phac Boun, saississant l'occasion au vol va se proposer de rembourser les dettes de son ex-beau-frère en puisant dans ses propres deniers (*) mais, moyennant l'obtention du poste de Changtou.

 

Les Français ne vont pas chercher midi à quatorze heures et acceptent la proposition.

 

 

(*) Ly Xia Foung aurait été le seul à faire cette proposition.

 

 

 

Ce fut ainsi que quelques … vingt et un ans plus tard, Ly Xia Foung succédait à son ex-beau-père à la tête du tasseng de Nong Het, le plus grand de la région.

 

 

Si l'étoile du clan des Ly brillait au firmament, au sein du clan des Lo, Faydang, le cadet de Changtou et l'oncle de Touby écumait de rage car il pensait bien succéder à son frère.

 

Meurtri, et la rage au cœur, il alla se plaindre au prince Phetsarath Rattanavongsa d'avoir été lésé. Ce dernier lui promit alors l'obtention du poste de son père au décès de Ly Xia Foung. Il lui suffisait donc d'être patient.

 

Hélas pour Faydang, à la mort de Ly Xia Foung, qui serait due au tétanos, neuf mois plus tard, en septembre 1939, les autorités françaises font fi de la promesse du prince Laotien et confient le poste de Ly Xia Foung, celui de Kengkhoai, à son fils, Touby Lyfoung.

 

 

Il n'est pas invraisemblable que la démarche de Faydang auprès de la cour Laotienne ait déplu aux Français.

 

Par ailleurs ces mêmes Français ont peut-être pensé que Faydang risquait d'avoir une vie aussi dissolue que son frère ?... n'avait-il pas, lui-même, arrêté ses études ?....

 

 

De l'autre côté, non seulement Touby Lyfoung avait eu son baccalauréat, se conduisait en parfait serviteur des intérêts français, mais il gérait déjà, et très bien, le district de Phak Boun. Alors comme il vaut mieux tenir que courir, les Français ne sont pas allés chercher chez les Lo ce qu'ils avaient déjà chez les Ly.

 

Hélas, ce choix ne va pas favoriser la cohésion entre les Hmongs. Mais Touby Lyfoung va mettre à profit sa position pour œuvrer d'arrache pied en faveur des siens.

 

Certains émettent l'hypothèse qu'il caressait l'idée d'instaurer un pouvoir politique spécifiquement Hmong ?!...

Cette idée n'aura pas fait long feu, car l'arrivée des Japonais et la seconde guerre mondiale vont changer les donnes du jeu et Faydang, croyant son heure venue, jouera la carte des nouveaux envahisseurs.

 

 

Les hommes ne font pas l'Histoire, c'est l'Histoire qui fait les hommes. Comment ?... c'est ce que je vous propose de découvrir dans la chronique suivante, où il sera question des leaders Hmongs et de la suite des itinéraires de ce grand peuple tant au Lanna que de par le monde.

 

 

 

 

 

 

Nota bene : Les livres concernant les Hmongs n'étant pas légions, pour écrire cette chronique je me suis aussi appuyé sur certains témoignages lus sur le Web.

 

J'ai ''re-recoupé'' et ''re-re-vérifié'' ces témoignages autant que j'ai pu. Mais !... ai-je réussi à évité d'écrire des ''âneries'' ?... Seuls des Hmongs concernés peuvent me le dire.

 

Alors si certains d'entre eux ont des ''choses'' à rajouter à ma chronique qu'ils n'hésitent pas à le faire … mais en toute impartialité … si possible.

 

A l'avance, merci.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mes sources :

 

Chamanisme des Hmong (Le)

 

Divergence dans la traduction entre les langues orientales et le Français...

Une étude cordonnée par Hui-Lan Chao et Kyoko Kuroda.

Editée par le Centre TESNIERE dans sa revue Internationale annuelle – année 2005 n° 30.

 

Fondement et les caractéristiques communes de l'identité Miao/Hmong (Le)

Une conférence de Madame Zhang Xiao directrice de l'institut des cultures des minorités, de la ville de Guizhou de la province de Guizhou, en Chine.

 

Hmong de la péninsule indochinoise (Les) – migration et histoire.

De Christian Culas et Jean Michaud.

 

Langue hmong (La) : de Barbara Niederer – CRLAO – CNRS.

 

Messianisme hmong aux XIXe et XXe siècles (Le) :

La dynamique religieuse comme instrument politique.

Par Christian Culas - CNRS éditions –

Editions de la maison des sciences de l'homme, Paris

 

Minorités ethniques et nationales au Laos

Les Hmongs au sein du Laos

Par Lee Yia Gary (Lis Yias Nkaj)

Un article trouvé sur internet.

 

Recomposition des rituels Hmong dans le contexte français (La)

Par Kao-Ly Yang

Revues plurielles N° 1234 de nov/déc 2001

France terre d'Asie - Hommes et Migration

 

Touby Lyfoung ou l'intégration des Hmongs dans la nation Laotienne.

Un témoignage de Toulu Chongtoua, écrit par Touly Chongtoua

 

Befeo guy Moréchand

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/clao_0153-3320_1993_num_22_2_1446

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/befeo_0336-1519_1968_num_54_1_4238

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hom_0439-4216_1972_num_12_1_367240

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hom_0439-4216_1972_num_12_3_367278

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0037-8984_1906_num_7_1_8166


Envoi de Jacques BACON :

D’origine inconnue, mais vraisemblablement des steppes d’Asie Centrale –comme d’ailleurs toutes les populations d’Asie- les hmong se sont installés dans la vallée du fleuve Jaune et, poussés par les chinois (han), ont ensuite lentement migré vers le sud. Leur migration sur le Vietnam s’est déroulée en 3 phases principales :

-          Les premiers hmong, une centaine de familles des lignées Lù et Giàng, sont rentrés au Vietnam il y a environ 300 ans en passant du Guizhou à la région de Dong Van et Méo Vac (province de Hà Giang).

 

-          Il y a environ 200 ans, un 2e groupe d’une centaine de famille des lignées Vàng et Ly est également passé sur Dong Van, alors qu’un groupe plus petit des lignées Vàng, Ly, Chau, Sùng, Hoàng et Vù s’est installé dans les montagnes au nord de Bac Ha (district de Si Ma Cai) ; ce sont les fameux hmong fleuris.

 

-          Une 3e migration, la plus importante avec environ 10 000 personnes, s’est installée à la fin du 19e dans les régions de Lao Cai, Yen Bai et Ha Giang. A la même époque, un certain nombre de famille sont passées du Laos au Centre Vietnam (régions de Than Hoa, Nghe An et Dak Lak).

De nos jours, la migration hmong se poursuit, mais principalement à l’intérieur du Vietnam du Nord, du nord vers le sud et de l’est vers l’ouest.

Une légende très répandue y compris par les guides-papier veut que le nom miao ou méo leur ait été donné par les français à cause du fait que les hmong grimpent comme des chats (miao en vietnamien). Rien n’est plus faux. Le nom miao  est une déformation du mot chinois mieo, nom que les chinois donnaient non pas aux seuls hmong, mais à toutes leurs minorités, et qui veut dire « cultivateurs », mais surtout « sauvages ». Inutile de préciser que les hmong détestent qu’on les appellent miao !

On estime actuellement la population hmong à 7,5 millions en Chine, environ 1,2 au Vietnam, 300 000 au Laos et 200 000 en Thaïlande. Au Vietnam, ils forment donc la plus importante minorité après les thaïs (1,5 million).  Ils vivent dans de petits hameaux –giao- ou, le plus souvent, dans des maisons isolées, entre 800 et 1400 m, principalement dans tout ce que les français avaient nommé « La Haute Région », qui s’étend tout le long de la frontière du Nord-Laos et de Chine. C’est la province de Ha Giang qui en compte le plus, suivie de celle de Lai Chau et de Lao Cai.

Le Vietnam compte 7 groupes de hmong, reconnaissable au costume traditionnel des femmes : les hmong blancs (Hmong Dâu), noirs (Hmong Du, rouges (Hmong Si ou Dô), verts (hmong Dua ou Xanh), fleuris (hmong Lênh), variés (Hmonh Xua ou Houa) et les hmong de l’eau (Na Miéo). Des questions sont posées sur le 7e groupe, dont la langue se rapproche du groupe Tay/Thaï et dont les membres ont adopté la maison en bois sur pilotis caractéristique des Thaïs/Tay.

Les villages hmong reflètent toujours la diversité des lignées familiales : un village regroupe en moyenne 2 ou 3 lignées, les plus gros en comptant 6 ou 7. Particularité étonnante : dans les villages, chaque lignée a son propre hameau appelé Y Chau Senh ; un village hmong est donc généralement composé d’un petit groupe de hameaux séparés. Les mariages entre hommes et femmes d’une même lignée sont formellement interdits.

La principale culture des hmong est le maïs, suivi du riz, cultivés en champs irrigués ou en terrasses qu’ils parviennent à accrocher même sur les pentes les plus escarpées. Ils cultivent également fréquemment le chanvre, dont ils tissent les fibres pour fabriquer leurs vêtements, et l’indigo qu’ils utilisent pour les teindre. La traditionnelle culture sur brûlis a pratiquement disparu depuis que les hmong sont devenus essentiellement sédentaires.

Sources : The hmong in Vietnam (VNA Publishing House)

                  Ethnic Minorities in Vietnam (Thé Gioi Publishers)


 

 



08/05/2011
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