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LOY KRATHONG ET SES ORIGINES INDIENNES : (1ère partie)


LOY KRATHONG ET SES ORIGINES INDIENNES :

 

 

                                PREMIERE PARTIE

 

 

 

Avertissement : L'Inde est un vaste pays à la fois un et multiple. C'est une union d'états et de territoires dont le nombre peut varier du jour au lendemain suite à des scissions ou à des rapprochements entre états. Mais ces nouvelles formations territoriales resteront sous la bannière indienne. L'Inde est une et multiple.

 

Un autre exemple d'unité et de multiplicité c'est l'hindouisme. Pour les uns il s'agit d'une religion monothéiste et pour les autres d'une religion polythéiste tant les dieux sont divers et multiples.

 

En fait chacun choisit la divinité qui lui convient le mieux. (Ishta-devatā) Mais chacun a conscience que sa déité n'est qu'une forme, entre les millions d'aspects existants de la manifestation divine qui est … une !...

 

Me suis-je bien expliqué ?...

 

Pour ces raisons mes recherches n'ont pas été simples, d'autant que je ne connaissais RIEN de l'Inde et que je continue à ne RIEN en connaître. Alors avec les quelques lignes qui vont suivre je ne fais que de soumettre à votre bon sens ce que j'ai cru percevoir de la fête de dipāvalī ou la fête des lumières.

 

Comme le sujet était vaste je me suis vu dans l'obligation de le traiter en deux chroniques. J'espère qu'en les lisant, si vous allez jusqu'au bout, que le mal au crâne vous sera évité.

 

Maintenant à vous de juger et à vous faire votre propre opinion.

 

 

 

Un peu d'histoire :

 

En prenant possession des terres qui constituent aujourd'hui le royaume de Thaïlande, les migrants T'aïs ont apporté avec eux leurs croyances et leurs rites.

 

A leur façon ils remerciaient alors les esprits ou les génies dont ils se sentaient redevables et les priaient au moyen d'offrandes d'être bienveillants à leur égard.

 

Ainsi en a-t-il été avec les génies ou la déesse de l'eau. Car elle était celle qui apportait la vie et qui lavait la terre nourricière des impuretés et des désordres causés par les hommes.

  

 

Avec le temps, et selon leur implantation géographique, ces rites archaïques et animistes, subirent diverses influences et ''s'enrichir'' ( ?) de nouveaux concepts.

 

Ainsi, à la fin du XIIIe siècle, deux nouveaux royaumes, celui du Lanna et celui de Sukhothaï allaient donner une nouvelle identité aux descendants de ces migrants t'aïs.

 

Le premier d'entre eux, le Lanna, était contigu à la Chine (Yunnan) et le second s'étendait jusqu'en Birmanie et en Malaisie, des régions alors hindouisées.

                                              

       

 

 

                  L'Indochine : fin du XIIIe siècle et début du XIVe siècle.

 

 

 

Ces rois d'un genre nouveau prirent modèles sur leurs aînés, c'est-à-dire sur Pagan et l'empire Khmer qui alors, n'étaient plus que l'ombre d'eux-mêmes, tandis que la Chine prenait leur relève en soumettant leurs anciens vassaux.

 

 

Pour ces raisons, Mengraï le roi du Lanna, sans renier ses anciennes croyances favorisa l'implantation du Bouddhisme. Son ami, Ramkhamhaeng, le roi de Sukhothaï avait à sa cour des brahmanes, comme les rois Khmers.

 

Enfin tous deux étaient vassaux de la Chine, alors sous la férule de Kubilaï Khan un fervent défenseur du bouddhisme.

 

Ce n'est donc pas par hasard si la Chine et surtout l'Inde sont pour beaucoup à l'origine de l'évolution des traditions t'aïs qui perdurent aujourd'hui.

 

 

Le bouddhisme, qui n'arrivera que par la suite, début du XIVe siècle, ne fera que ''prendre un train en marche'', encore que !... Cependant il saura trouver sa place et enrichir de son enseignement les us et coutumes existants.

 

C'est pourquoi Yi Peng et Loy Krathong ne sont pas des fêtes bouddhiques, mais profanes où néanmoins Bouddha à sa place et sa part de légendes.

 

 

Par ailleurs, sans mésestimer le rôle joué par Sukhothaï dans l'histoire de la Thaïlande, il ne faut pas prendre pour argent comptant tout ce qui a été écrit par les historiens officiels à son sujet.

 

Car leur mission était alors de créer un sentiment national, alors que nombre d'ethnies était encore sous le joug d'un féodalisme à la mode asiatique.

 

 

Mais tous les états-nations sont passés par là. L'histoire est écrite par les vainqueurs et non par les vaincus. Et c'est au lecteur à prendre du recul par rapport à ce qu'il peut lire.

 

 

Ces précisions étant apportées, venons-en à Loy Krathong.

 

 

 

LOY KRATHONG

 

Dans les temps anciens il existait nombre de fêtes qui consistaient à faire flotter des petites lampes, dont la fête des lumières ou Diwali, ou encore dipāvalī, mots signifiant ''rangée(s ?) de lumières''.

 

 

En Inde : La fête des lumières ou Dipāvalī

 

La plupart des livres de voyages écrivent que loy krathong aurait pour origine la fête indienne des lumières, mais sans entrer dans les détails, et pour cause.

 

Car quand on veut en savoir un peu plus sur cette fête, plus connue sous le nom de Dipāvalī, l'on comprend pourquoi, et je vais m'en expliquer.

 

 

Au fur et à mesure des siècles des légendes édifiantes sont venues illustrées la fête des lumières, qui à l'origine devait porter un autre nom car elle est manifestement une fête agraire.

 

Comme ces récits merveilleux ont su faire rêver les populations, ils ont fini par faire tomber dans l'oubli les vraies raisons de cette fête, et de se substituer à elles tout en conservant ses symboles et tout en les magnifiant.

 

Il en va d'ailleurs ainsi à l'heure actuelle pour un grand nombre de fêtes, qui remontent à la nuit des temps. 

 

 

     

 

 

               Des fêtes qui se perdent dans la nuit des temps !...

A gauche : La fête de Songkran (สงกรานต์) – Avril 2009. Tout le pays la fête.

Au milieu : La fête du pilier d'Indrakin (เสาอินทขิล) – Juin 2008. Une fête propre à Chiang-Maï.

A droite : Une thamboun (ทำบุญ) – Une fête de Wat comme il y en a tant. Ici c'est celle du Wat Santitham, (วัดสันติธณณฒ) en avril 2009.

 

 

 

Aux aurores des toutes premières civilisations, au fur et à mesure de leurs observations et de leur sédentarisation les hommes on été amenés à prendre en considération les cycles de la nature parce que leur survie en dépendait.

 

Persuadés de l'existence de forces divines ils ont aussi cherché à communiquer avec elles et à se les concilier, d'où des rites de demandes et de remerciements au moyen d'offrandes.

 

Au cours des temps, en plus des légendes, d'autres rites sont venus s'ajouter aux premiers. Alors la raison de la plupart des festivités actuelles a fini par sombrer dans l'oubli.

 

Noel est le parfait exemple de ce processus. Ainsi les premières images qui nous viennent à l'esprit quand on évoque cette fête, ce sont celles des cadeaux, des sapins, des pères Noël, des crèches, des enfants Jésus et que sais-je encore !... mais certainement pas celle du solstice d'hiver.

 

Or à l'origine noël n'était rien d'autre que le solstice d'hiver, c'est-à-dire la période où les jours regagnaient quelques minutes sur la nuit.

 

Certainement par crainte de vivre dans les ténèbres nos premiers ancêtres attendaient ce moment avec angoisse et anxiété. Son arrivée était comme un … cadeau … fait aux hommes par les dieux. (Le symbole du … cadeau … est toujours là.) 

 

 

 

La fête des lumières, ou dipāvalī, a connu le même sort.

 

Cette ''réjouissance'' se place en octobre ou novembre,  selon le jour de la pleine lune dont elle dépend, comme au Lanna ou, inversement … au Lanna comme en Inde. C'est-à-dire après la mousson ou à la fin du cycle de la saison des pluies.

 

Mais un cycle succédant à un autre elle se situe aussi au début du cycle qui amorce celui des récoltes, nous dirions en France des semailles et des moissons. En Inde il s'agit de riziculture. (*)

 

 

(*) L'Inde est un vaste continent. Alors dans certaines régions situées dans le sud du pays il y a deux récoltes.

La première s'appelle ''kuruvai''. Elle est faite précisément au moment de dipāvalī et la seconde ''samba'', commune à tout le pays se fait après le solstice d'hiver, courant janvier, au moment de ''pongal'' qui est … la fête des moissons.

 

 

 

Alors il y a de grandes chances pour qu'elle fût à l'origine un rite agraire, dont le but était de remercier la (ou les) déesse des eaux de ses bienfaits nourriciers et purificateurs.

 

Nourriciers parce que les eaux rendaient la terre fertile, et purificateurs parce qu'en se retirant elles emportaient tous les immondices et les impuretés causés tant par le genre humain que par les animaux et les végétaux, voire les éléments. (Dégâts causés par la mousson.) 

 

En raison des récoltes à venir, c'était aussi un rite pour demander la protection des plantations, l'abondance des récoltes et … pourquoi pas … qu'elles fussent de qualité.

 

En fait cette fête des lumières aurait à la base un contenu identique à celui de la fête des esprits en Chine ; car comme nous le verrons elles ont de nombreux points communs, y compris le culte aux ancêtres.

 

Mais pour mettre à jour le culte aux ancêtres il va nous falloir aller au Cambodge, ce que nous ferons dans la chronique suivante, tout comme il nous a fallu aller à Java, dans la chronique précédente, pour retrouver une …  certaine origine de la tradition chinoise de la fête des fantômes.

 

A noter qu'en Chine le bouddhisme mahayana à fait main basse sur cette fête, alors qu'en Inde elle est restée ''indienne'' c'est-à-dire un bien commun à toutes les communautés, bouddhique, djaïne, hindoue et sikhe pour ne citer que celles-là.

 

Dipāvalī n'appartient donc à aucune communauté en particulier, mais chacune d'elles la célèbre à sa manière. C'est encore un parfait exemple de l'unicité et de la diversité indienne.

 

La fête est unique mais revêt de multiple aspects parce que fêtée de façons différentes selon les régions.

 

 

 

 

                           Le ''Mahā Kumbhamelā''.

C'est vraisemblablement le plus grand pèlerinage du monde. En 2010, durant quatre mois, de janvier à avril, 70.000.000 de pèlerins sont venus se plonger dans les eaux de la Gangā.

Ce grand rendez-vous spirituel a lieu tous les trois ans, alternativement dans l'un des quatre lieux saints que sont, Haridwar, Nasik, Prayag et Ujjain.

Les clichés viennent du site www.Hindudharmaforums.com

 

 

 

Les Indiens depuis les temps les plus anciens ont rendu un culte à l'eau. Pour eux, les eaux sont la matrice première des mondes et des dieux.

 

C'est en s'échauffant qu'elles engendrèrent un œuf d'or, l'hiranyagarbha ou la matrice universelle, et Prajāpati, la divinité ''Maître'' de la création ou l'énergie créatrice venant du brahman, à partir de cet œuf créa ensuite la terre, le ciel et les dieux.

 

Le culte des eaux courantes, et non dormantes, (*) a pour principal objet la purification et la régénération. (Punānāh) Or les eaux purificatrices et régénératrices par excellence seraient celles du Gange, encore que !.... (**)

 

 

 

(*) Certains lacs, qui sont par définition des eaux dormantes, comme celui de Pushkar entre autres, sont … quand même … sacrés.

 

(**) D'après certains écrits ce serait les eaux de la Narbada ou Narmada qui seraient les plus purificatrices. Car il suffirait seulement de les voir pour être absout de toute faute, y compris d'un crime, alors qu'il faut se plonger dans celles du Gange pour l'être ?!...

 

La grande particularité de ce fleuve, la Narbada, est de couler d'est en ouest. Il se jette dans l'océan Indien, dans le golfe de Cambay. (Côte ouest de l'Inde) et non comme la plupart des autres dans le golfe du Bengale. (Côte est de l'Inde)

 

Pour être complet, l'Indus autrefois nommé Sindh ou Sindhu, débouche aussi sur la côte ouest de l'Inde, et se jette dans la mer d'Oman. C'est ce fleuve qui a donné son nom à l'Inde, via les Perses. Mais aujourd'hui il coule au … Pakistan et non plus en Inde.

 

 

 

Le Gange ou la Gangā, (Gangā-mātā, la mère) est la fille d'Himavant (Himalaya) et de l'apsara Ménaka. Elle n'arrosait jadis que le séjour des dieux. Puis elle fut contrainte de venir sur terre. (*)

 

Fâchée d'y être obligée elle fut alors comme un Impétueux torrent de sueur sortant du pied de Vishnou. Shiva, pour amortir sa chute et calmer sa mauvaise humeur, dut la faire circuler dans sa chevelure avant de lui permettre de couler sur terre.

 

Au milieu des hommes elle fut alors comme la grâce divine se répandant sur terre de façon tangible aux yeux de tout un chacun.

 

Pour ces raisons Gangā est sacrée d'un bout à l'autre de son cours. Et lorsqu'un être plonge dans ses eaux il devient eau à son tour, c'est-à-dire qu'il retourne au brahman (Nirvana ?...) car selon Pierre Amado, (**) c'est en ce sens qu'il y a purification et régénération.

 

Les cendres des défunts qui sont confiées aux eaux du Gange retournent elles aussi dans le brahman, c'est-à-dire dans ce qui aurait été et est, à l'origine de la création !...

 

 

''Gangā-mātā'' est donc celle qui apporte le bonheur en ce monde en dispensant la prospérité (sukha-dā) (Donner du bonheur) via la fertilité, et la délivrance (moksa-dā) (Libération finale ou salut) dans l'autre monde.   

 

 

(*) En fait la Gangā est censée couler au ciel, sur terre et en enfer. C'est la rivière des trois mondes. Ses prêtres, les fils de la Gangā, portent le nom de ''gangāputras''.

 

Il existe un pèlerinage, la Pradakshina, (La circumambulation) qui dure environ 6 ans et qui consiste à descendre et à remonter à pied en longeant chacune de ses berges le cours de la Gangā.  

 

(**) Directeur de recherches au CNRS

 

 

 

Comme nous reviendrons sur le Gange dans la chronique consacrée à l'influence khmère sur loy krathong, voyons plutôt maintenant les légendes qui constituent aujourd'hui la clef de voute de la fête des lumières en Inde.

 

 

  

 

 

Le retour triomphal à Ayodhya de Phra Rama, (พระราม) Nang Sita (นางสีดา) et Phra Laksmana (พระลักษมณ์) le frère de Phra Rama. Cette scène du Ramakian, le Rāmāyana Siamois est un extrait d'une fresque se trouvant dans le temple du Bouddha d'Emeraude à Bangkok. 

 

 

 

Le retour de Rāmā et de Sitā :

 

L'épisode du ''Rāmāyana'' ou ''la geste de Rāmā'' dont il va être question, est la conclusion d'une longue histoire à rebondissements.

 

 

D'entrée il s'agit de sauver la loi divine, le dharma, (*) que le roi des Râkshasa-s, Ravana, met à mal sans que les dieux puissent l'en empêcher, car il possède la faculté de leur résister.

 

Cependant ce pouvoir à tenir en échec les dieux ne vaut pas face à un homme. C'est son talon d'Achille. 

 

Alors pour remédier aux désordres causés par Ravana et sauver le dharma, la loi divine source de justice et de bonheur, le dieu Vishnou, le dieu de la préservation, est obligé de se rendre sur terre.

 

Pour cela il va prendre forme humaine et se réincarner en la personne de Rāmā, tandis que sa parèdre, Lakshmi, se réincarnera en Sita.

 

 

Rāmā est donc le personnage central de cet avatar ou réincarnation divine de Vishnou, qui est la septième du genre. (**)

 

 

(*) Le dharma peut aussi se définir comme étant l'ordre cosmique, social et religieux.

 

(**) Selon le Varaha Purana Il y aurait eu au total neuf avatars majeurs et de nombreux avatars mineurs comme ''Hayashîrsha'' où Vishnou se réincarne pour défendre les écritures sous l'aspect d'un homme à tête de cheval.

 Le dixième avatar majeur (Kalki ou Kalkin) est encore à venir.


D'autres textes disent qu'il y en aurait eu douze, vingt deux  et même ... trente neuf !.... En cherchant bien peut-être y en a-t-il encore plus, car Vishnou n'est pas à une venue près sur terre ... le monde va si mal !...

 

 

 

Bien évidemment Rāmā, (Vishnou) triomphera de Ravana.

 

La loi divine retrouvera droit de cité et Rāmā le victorieux après avoir été longuement séparé de Sita rentrera avec elle dans sa capitale où il retrouvera son trône.

 

 

Ce serait pour fêter ce retour glorieux mais aussi pour éclairer la route du héros que des petites lampes à huile en terre cuite auraient été alors allumées.

 

Et ce serait cet événement qui se serait perpétué jusqu'à nos jours ?!.... Nous sommes apparemment loin d'un rite agraire !...

 

Or, contrairement aux apparences, nous sommes en plein dedans, et je m'en explique !...

 

 

La légende raconte que Sita est la fille du roi Janaka. Janaka en sanscrit signifie le père. Dans le monde védique c'est le ''héros'' le plus renommé parce qu'il est le  protecteur par excellence des saintes doctrines, donc de toute la ''culture'' védique.

 

Ce n'est donc pas par hasard si le père de Sitā porte le même nom que ce ''héros'' védique.

 

Donc Janaka roi de Videha du pays de Mithilā avait une fille appelée Sitā, qui … ''un jour, lui jaillit du sillon, tandis qu'il labourait son champ. ''

 

En fait ce roi sacrifiait alors au sillon sacré, un rite qui consistait à labourer la terre en creusant un sillon sacré, le cercle de la Védi, (Ksetramandalam)  tout autour d'un autel pour invoquer les dieux à l'occasion des labours et des semailles.

 

Tandis que le roi continuait à labourer, ses hauts dignitaires découvrirent alors en le suivant, dans le creux du sillon … une enfant qui lui était donnée par les dieux et qui prendra le nom de Sitā.

 

 

Dans les textes du Rig-véda ou Rigvéda il est écrit qu'à l'occasion des labours et des semailles on invoque la déesse Sitā, c'est-à-dire la déesse du sillon, car le mot ''Sitā'' signifie ''sillon'', (Sacré ?) mais aussi ''terre ensemencée''. Cette Sitā, déesse des laboureurs, n'est autre que l'épouse du dieu suprême Indra ?!....

 

Là encore il y a une homonymie dont nous commençons par avoir l'habitude et qui n'est pas due au hasard.

 

D'ailleurs Albert Weber, (1825- ??) un orientaliste allemand n'hésite pas à écrire dans son histoire de la littérature indienne en page 310 :

 

'' Sitā … représente l'agriculture arienne qui doit être protégée contre les attaques des brigands indigènes (Ravana ?...) par Rāmā que je regarde comme originairement identique à celui que plus tard l'on a distingué de lui, Balarāma halabhrit, le porte-charrue. ''

 

 

Ces quelques lignes me semblent significatives non ?... Nous sommes bien en plein rite agraire.

 

 

Les précisions qui précèdent étant apportées, intéressons-nous maintenant au programme des festivités de dipāvalī ou de la fête des lumières pour tenter d'en savoir encore un peu plus.

 

 

  

 

 

 

               Hanuman le dieu singe et le fidèle dévot de Rama.

La fresque représente Hanuman qui a pris des proportions gigantesques de façon à pouvoir placer à l'intérieur de sa ''bouche'' le pavillon dans lequel Rama s'est endormi, afin de le protéger durant son sommeil.

 

C'est un thème qu'on trouve assez couramment dans la décoration des temples.

 

La présente reproduction de ce thème lié au Ramakian, le Rāmāyana Siamois, est un extrait d'une fresque se trouvant dans le temple du Bouddha d'Emeraude à Bangkok. 

 

 

 

Le programme des festivités : 

 

Les cinq jours de fêtes de dipāvalī sont comme la suite logique de la fête de Dussehra, une autre fête qui la précède d'environ trois semaines à vingt jours.

 

Ces deux temps forts du calendrier hindou se célèbrent dans toute l'Inde, certes avec des variantes selon les contrées, mais ils sont communs à tous les Indiens. C'est dire l'importance de ces deux événements festifs.

 

 

Dussehra comme ''dipāvalī'', ne manque pas de noms. J'ai trouvé dasara, dasera, durgashtami, navaratri et vijaya dashami, pour ne citer que ceux-là !....

 

Tous ces synonymes, du moins certains d'entre eux, signifierait ''la victoire du dixième jour''. C'est-à-dire la victoire de Rama contre Ravana après dix jours de combats !....

 

Mais comme les Indiens ne manquent pas d'imagination, que leurs légendes ne s'éliminent pas les unes les autres, au contraire elles se rajoutent les unes aux autres, cette victoire est aussi celle de la déesse Durga ou Dourga contre Mahishasura, un démon à tête de taureau.

 

 

Mahishasura persécutait lui aussi les dieux sans qu'aucun d'eux, pas même un homme, ne pût le vaincre.

 

Durga, sortie du brahman par la volonté de Brahma, Vishnou et Shiva, au moyen de ses dix bras armés, mais après neuf nuits de lutte, (Les ''navaratri''), parviendra à cet exploit au dixième jour.

 

Cette victoire lui vaudra d'être vénérée sous le nom de  ''Mahishāsuramardinī'' l'une des neuf images ou ''navadurgā'', qui sont liées à des formes de sa personnalité.

 

Laquelle Durga n'est qu'une forme entre les millions d'aspects de la manifestation divine qui est … une !...

 

 

Dans les deux cas, c'est la victoire du bien contre le mal, le rétablissement du dharma, de l'ordre et de la paix faisant suite chaos.

 

 

Alors d'un côté, le soir du dixième jour, ce sont des effigies géantes de Ravana et de quelques uns de ses acolytes qui, bourrées d'explosifs et après avoir été transpercées par une flèche enflammée, vont faire la proie des flammes et la joie des spectateurs.

 

De l'autre, ce sont des Durga géantes qui retournent dans le brahman après avoir été honorée et vénérée chaque jour sous une ''forme'' différente. Car le dernier jour, à la fin d'une grandiose procession, toutes les Durga sont plongées ou immergées dans les eaux d'une rivière.

 

 

        

 

 

 

Quelques images ''d'Epinal'' concernant Durga telles qu'on peut en trouver dans les boutiques spécialisées de Chiang-Maï ou sur les étals, tout aussi spécialisés, de quelques rares stands du marché de nuit.

Les trois tirages représentent Durga sous l'image de ''Mahishāsurna'' c'est-à-dire de Durga terrassant Mahishasura le ''démon'' à tête de taureau.

 

 


Ensuite il n'y a plus qu'à attendre une vingtaine de jours, pour fêter … dipāvalī. Et en ce qui vous concerne à vous reporter à la chronique suivante pour connaître plus en détail ces festivités.

 

 

Merci d'avoir lu ce texte … d'un bout à l'autre.

 




22/12/2010
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