MerveilleuseChiang-Mai

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MAISON KALÊ (2/2 & 4/12) : POSITIONS ET ORIENTATIONS DES ESPACES DE VIE.


MAISON KALÊ (2/2 & 4/12) :

POSITIONS ET ORIENTATIONS DES ESPACES DE VIE.

                   (พิธีกรรมฝังเสามงคล ou พิธีกรรมยกเสาเอก)

 

 

                                                          Avertissement :

Cette Chronique et la précédente, font suite aux chroniques intitulées :

            ''Musée des maisons traditionnelles du Lanna 1 & 2''

Alors pour mieux ''goûter'' ce qui va suivre, je vous conseille de jeter un œil sur les chroniques ''Musée''. Mais ce n'est qu'un conseil !.... 

 

 

Pour associer plus intimement le lecteur au contenu de cette chronique il doit savoir que la culture du Lanna est la résultante de trois composantes, l'animiste, le brahmaïsme et le bouddhisme, les deux dernières étant à leur départ, intimement liées.

 

Comme ces trois composantes cohabitent en bonne intelligence, tous les actes sociaux se réfèrent à chacune d'elle en permanence, au point qu'on ne peut dire si c'est l'animisme qui s'est accommodé du bouddhisme ou le contraire.

 

Par ailleurs, si le lecteur connaît Chiang-Mai, il constatera au fur et à mesure de sa lecteur que le plan de la ville de Chiang-Maï et son organisation dans l'espace ressemble comme à un frère au plan d'une maison Kalê et son organisation dans l'espace.

 

L'infiniment petit est une copie de l'infiniment grand ou vice versa, d'autant que dans le cas présent il est difficile de dire qui a pris model sur l'autre, si ce n'est que l'un et l'autre correspondent à la conception bouddhique de l'univers.

 

Chiang-Mai est le centre d'un grand cosmos, et les villages qui l'entourent  sont des centres de petits cosmos ; dans ces derniers les quartiers sont encore et aussi des centres de cosmos mais plus petits, dont les maisons sont à leur tour des minis centres ; mais tous sont des espaces sacrés imbriqués les uns dans les autres.

Au centre de cet espace clos s'élève le mont Méru ou Mérou, où vivent les dieux. ?!...

 

La maison Kalê est donc comme une … ''réplique'' de l'implantation de la ville de Chiang-Maï. Non qu'elle copie le plan de la ville, mais que la maison kalê comme Chiang-Mai se réfèrent à la cosmologie bouddhique et … aux vieilles croyances animistes.

 

     

 

 

Photo 1 : La très belle maison Kalê en bois de teck de Luang Anusarnsunthorn (1867-1934) (หลวงอนุสารสุนทร) sise au sein de l'université Rajabhat (มหาวิทยาลัยราชภัฏ) de Chiang-Mai vue sur son côté Sud.

Photo 2 : Une maison en bois en cours de construction où sont indiqués les deux principaux pilotis. Cette maison près de Sri Satchanalai (Sukhothai) n'est pas de type Kalê mais la base de sa construction est la même. Tout commence par le Sao Mongkhon et le Sao Nang.

Photo 3 : La très belle maison Kalê en bois de teck de Luang Anusarnsunthorn vue cette fois sur son côté Nord.

 

 

Le cœur de la maison kalê :

 

L'édification d'une maison commence toujours par la mise en place du ''Sao Mongkhon'' (เสามงคล) le pilier masculin. Il est aussi appelé ''Sao Eka'' (เสาเอก) c'est-à-dire le premier poteau de la maison.

 

Le ''sao Mongkhon'' est en quelque sorte l'axe de la maison qui fixe son ''petit univers'' tout comme le ''Vajra'' de Phra Indra a cloué au sol la tête du Nāga Vrtra. (Lire la chronique précédente pour en savoir plus.)

 

Le ''Sao Mongkhon'', outre le fait d'être habité par un esprit qui veille sur la famille, est aussi la symbolisation du chef de famille et de sa virilité.

 

Ensuite, c'est le pilier féminin qui est mis en place, le ''Sao Nang'' (เสานาง). Comme le Sao Mongkhon il est habité par un esprit qui veille sur la famille, et comme lui il symbolise, non le chef de la famille mais sa compagne et sa fécondité.

 

Ces deux piliers constituent alors le cœur de la maison ; un cœur contenu dans la chambre des parents.

 

De ce fait la chambre des parents va se situer au Nord/Est de l'habitat, car le Nord et l'Est sont considérés dans la cosmologie bouddhique comme les deux directions bénéfiques par excellence.

 

 

Chiang-Mai et le Nord-est :

 

Conformément à la cosmologie bouddhique, c'est dans l'angle Nord/Est que le roi Mengraï, le père-fondateur de Chiang-Maï, a installé sa résidence, aujourd'hui le Wat Chiang-Man, le Wat le plus ancien de la ville.

 

C'était aussi dans l'angle Nord/Est, l'angle ''Sri Muang'' (ศรีเมือง) littéralement ''la gloire de la cité'' que s'élevait du temps de Mangraï le bras armé de la ville, à savoir le fameux ''Nikhrodh'' (ต้นไม้นิโครธ) c'est-à-dire l'orgueil et la protection surnaturelle de Chiang-Maï.

 

Sans conter l'histoire de ce ficus, aujourd'hui, dans cet angle – et uniquement dans celui-là – s'élève un autre magnifique arbre de la famille des ficus.   

 

C'est aussi à partir de l'angle Nord/Est que le percement de la douve de Chiang-Mai a commencé.

 

Enfin, pour arrêter là mes exemples, c'est au Nord/Est du Vajrasana, l'arbre où Sittardha Gautama trouva l'éveil ; que, devenu Bouddha il médita, une semaine durant, en fixant le Vajrasana sans jamais cligner ou ciller d'un œil ?!....

 

 

La chambre des parents :

 

La chambre des parents se situe donc dans la partie Nord/Est de la maison. Ils ont ainsi, comme les génies des poteaux masculin et féminin, et à l'image du Bouddha, les yeux fixés en permanence sur leur parentèle afin de mieux la protéger.

 

Le plancher de la chambre des parents doit être le plus élevé des planchers de la maison. Une natte tendue à même ce plancher suffit pour répondre à cette exigence.

 

A l'intérieur, sur le mur Est, mais sur la partie Nord de ce mur, il y a deux étagères. La plus élevée est celle qui fait fonction d'autel des ancêtres et la plus basse est l'autel des esprits de la maison.

 

A noter que la maison est tout autant peuplée d'esprits que d'êtres humains.

 

A l'heure du sommeil les membres de la maisonnée dorment sur des nattes ou matelas installés parallèlement au mur Nord ; ce qui signifie que les dormeurs ont la tête à l'Est et les pieds à l'Ouest. (*) Une position qui n'offense ni les ancêtres, ni les esprits. Car en Thaïlande diriger un pied vers une personne est un geste offensant.

 

Parfois, un rideau tendu entre deux poteaux, partage la chambre en deux. Alors les parents dorment dans la partie Nord, avec au-dessus de leur têtes l'autel des ancêtres et celui des esprits ; les enfants couchent dans la partie Sud qui dans la cosmologie bouddhique est … neutre.

 

Si la famille compte un aïeul, qu'il soit de sexe masculin ou féminin, cette personne âgée, par déférence et par respect, occupe la place réservée aux parents.

 

En cas de décès une dépouille a toujours les pieds dirigés vers l'Est et la tête vers l'ouest.

 

C'est dans cette pièce que s'habille et se déshabille la famille. Alors les vêtements y sont rangés dans des caisses ou coffres (หีบ) (Hip) placés au Sud de la pièce. Quant aux objets de valeur comme les bijoux ou les papiers ils sont gardés dans un coffre qui trouve sa place près de la couche des parents.

 

Les fenêtres sont petites et leurs volets souvent fermés, ce qui plonge la pièce dans une obscurité quasi permanente.

 

Selon la configuration de la maison l'accès à cette chambre se fait par une ou deux portes, jamais plus, et ces portes sont … toujours fermées. Seule la parentèle peut les franchir, le matin pour sortir de la chambre et le soir pour entrer se coucher.

 

Lors de la journée les parents ne pénètrent dans la chambre qu'en cas de besoin c'est-à-dire en de très rares occasions.  

 

 

La porte principale de cette chambre ouvre sur une véranda.

Cette porte, qui permet l'accès au saint des saints, est surmontée d'un ''Hamyom'' (หำยนต์), c'est-à-dire … littéralement … d'un ''testicule-mandala'' ayant l'aspect d'un linteau en bois sculpté.

 

Ce ''Hamyom'' dont le pied du chef de famille a servi à déterminer les dimensions, est un talisman d'une puissance redoutable ( ?...) qui protège l'entrée de la chambre de l'intrusion des mauvais esprits et génies. (Lire les chroniques précédentes pour en savoir plus à ce sujet.)

 

 

La seconde porte ne se justifie que par la présence d'une chambre annexe.

 

Lorsque cette chambre annexe est contigüe à celle des parents cette porte permet l'accès entre les deux chambres ; et lorsque cette chambre constitue un deuxième corps de bâtiment la porte donne sur le couloir couvert ou ''Chanhom'' (ชานฮ่อม) qui sépare les deux corps de bâtiment.

 

(*) Concernant le sens des dormeurs, j'ai été amené à constater que nombre d'insomniaques en réorientant leur lit de façon à avoir la tête à l'Est et les pieds à l'Ouest avaient retrouvé le sommeil. Alors si vous connaissez des nuits blanches ?!... vous savez ce qu'il vous reste à faire ou à essayer ?!...

 

     

 

 

Photo 1 : La maison Thaïe Lue (เรือนไทลึ่อ) (1917) du musée des maisons traditionnelle du Lanna de Chiang-Mai.

La photo présente le côté Nord de la maison (Exceptionnellement l'avant). Le corps du bâtiment principal où se trouve la chambre des parents est donc sur la gauche c'est-à-dire à l'Est.

Photo 2 : L'intérieur du corps du bâtiment principal de la maison Thaïe Lue. La porte de gauche conduit dans la chambre annexe (Ouest), la porte du fond sur la véranda (Nord) et derrière les rideaux dort la famille (Est). Derrière le rideau le plus court, dorment les parents, car c'est le Nord/Est.

Photo 3 : Schéma montrant le sens traditionnel des dormeurs par rapport à la direction Est (Tête) et Ouest (Pieds).

 

 

 

La chambre annexe ou petite maison :

 

Parfois dans une maison kalê il existe une seconde chambre qui porte le nom de ''petite maison'' parce qu'elle constitue un corps de bâtiment spécifique souvent moins long que le corps de bâtiment principal, c'est-à-dire la chambre des parents.

 

Cette chambre annexe peut-être contigüe à celle des parents ou séparée par un couloir couvert, le ''Chanhom'' (ชานฮ่อม).

 

Normalement elle est située à l'Ouest de la maison, puisqu'à l'Est il y a la chambre principale. Cependant lors de mes recherches, et entre autres au musée des maisons traditionnelles du Lanna de Chiang-Mai, j'ai constaté que cette … ''règle'' … n'était pas toujours respectée.

 

 

Cette pièce annexe est en général réservée à la jeune fille de la maison, voire à son couple et, quand il n'y a pas de cuisine elle fait aussi office de lieu de cuisson.

 

L'accès à cette petite maison, quand elle constitue un corps de bâtiment,  se fait par une seule et unique porte qui donne sur la véranda. Lorsqu'elle est mitoyenne avec la chambre des parents une porte secondaire permet la communication entre les deux pièces ; ce qui ne signifie pas un accès plus facile à la chambre des parents, mais la possibilité pour les parents d'accéder plus facilement à la chambre annexe. Il peut y avoir aussi une porte arrière.

 

 

Chiang-Mai et l'Est :

 

Pour tous les Bouddhistes, Bouddha est associé à l'Est.

 

C'est en faisant face à l'Orient (L'Est) que Siddharta Gautama entre en méditation,  et qu'il va accéder au suprême et complet éveil, c'est-à-dire devenir un Bouddha parfait et accompli. De ce fait la plupart des viharns des Wats, et le ''grand bouddha'' ou ''Bouddha principal'' qui s'y trouve, sont orientés vers l'Est.

 

Dans la cosmologie bouddhique les nagas symbolisent le feu intérieur, c'est-à-dire la virilité à l'état brut, c'est pourquoi pour maîtriser cette virilité plus destructrice que fécondante le naga est cloué au sol lors du rite de la construction d'une maison.

 

Pour illustrer ce qui précède je rappelle que les postulants à l'ordination, des candidats n'ayant pas encore prononcé leurs vœux de chasteté,  sont appelés ''Nak'' (นาคะ) ce qui signifie Nāga. Autrement écrit, ce sont des êtres qui vont devoir maîtriser leur virilité par le biais de la chasteté. Mais … ce sont aussi des êtres qui sont considérés comme étant en état de transformation ou … ''germination'' (J'y vois même un parallèle avec le spermatozoïde) c'est pourquoi ils sont transportés à dos d'homme ou à cheval  (Le naga ne peut pas marcher) dans un sanctuaire ou vihāra symbole de la matrice. Là ils vont accéder à une nouvelle vie. Le Nak ou spermatozoïde va donner vie à un nouvel être, dont certains resteront moine à vie !...

 

Bouddha a été sauvé des eaux par Phra Mucalinda (พระมุจลินทร์) le roi des Nagas ; et Phra Upagutta ou Upakut (พระอุปคุต) le seigneur des nagas serait le fils naturel de Bouddha et de Nang Matsa (นางมัจฉา) la déesse des poissons. (*) Bref !... Bouddha et les nagas sont proches l'un de l'autre et font souvent … ''cause commune''.

 

Pour les raisons qui précèdent,  et d'autres encore, l'Est est associé au sexe masculin. Le spermatozoïde de l'homme est comme un naga qui recherche une terre fécondante (Phra Mae Thorani) (พระแม่ธรณี) afin de donner naissance, non à un humain mais … à un embryon destiné à devenir un être vivant. (Une précision sur laquelle nous reviendrons à propos de l'Ouest.) 

 

De la même manière, le soleil en se levant redonne vie aux régions qu'il darde de ses rayons, lesquels sont autant de pénis fécondant la terre. Alors de l'Est vient la vie, la nouveauté, la lumière et … l'espoir.

 

 

Les astrologues chargés d'aspecter Chiang-Mai ont mis l'Est de la ville sous la protection du dieu planétaire Mercure, c'est-à-dire Phra Phout (พระพุธ) dont la correspondance Indienne n'est autre que la ''navagrāha'' (**) … Budha, (Jña ou Bodhama) le dieu de la médecine et l'auteur présumé du  ''rājaputrīya'', un traité médical pour soigner les éléphants.

 

Ce Budha est aussi considéré comme le sage de tous les sages et … le chef des ''gnanis'' (Siddhars) c'est-à-dire des ''âmes'' pures ayant atteint la sainteté. Son nom se traduirait par ''Celui qui comprend''.

 

Bouddha et Budha ne sont donc pas que des homonymes. Ils ont en commun nombre de qualités, cependant il ne faut surtout pas confondre le dieu Budha avec … le … Bouddha  qui est à l'origine du bouddhisme et qui lui, est au-dessus des dieux ?!...

 

Mais force est de constater que Budha est comme l'archétype de Bouddha mais … jugez-en plutôt :

 

 

(*) Pour prouver sa virilité mise en doute par certains de ses disciples, Bouddha aurait jeté dans le Gange un bat (bol à aumônes) (บาตร) de son sperme. La déesse des poissons en aurait alors absorbé quelque peu, et de ce fait enfanté Phra théra Upakhut ou Upagutta, une personnalité Naga très en vogue en Birmanie et … au Lanna. 

(**) ''Navagrāha'' littéralement : ''nava'' = neuf et ''grāha'' = saisisseur, preneur, d'où … les neuf saisisseurs ou les neuf planètes.

La ou le ''grāha'' sert à désigner une fonction vitale comme la vue, le souffle, les mains, entre autres, mais c'est aussi le nom d'une coupe servant à des sacrifices ; Dans le cas présent la ou le ''grāha'' est comme un contenant qui appréhende les sens humains, ou qui s'impose aux organes sensoriels des hommes, donc qui les influence dans leur vie. C'est ce que sont censées faire les planètes aux dires des astrologues occidentaux. 

 

 

                          

   

 

 

Photo 1 : Des Naks du Wat Pa Pao de Chiang-Mai sortant du Wat Phra Singh en Avril 2010.

Photo 2 : Une image de la Navagrāha Budha avec son vāhana (monture) … un éléphant.

Photo 3 : Un ancien plan de Chiang-Mai qui montre très bien le tracé du glacis, surligné en rouge et l'inexistence d'un réseau routier. Le rond bleu marque la 1ère porte Tha Phae (Ce plan doit dater du début du XIXe ?!...)

Photo 4 : Le diagramme de Chiang-Mai tel que l'on établit les astrologues d'alors.

 

 

 

En Occident, c'est de Mercure que vient le mot Mercredi et au Lanna c'est de Phra Pout que vient le mot thaï ''Wan-phout'' (วันพุธ)  qui se traduit par … Mercredi, le jour (วัน) du dieu Phout (พุธ) qui soit dit en passant est le jour de naissance de … Bouddha ?!...

 

En astrologie la ''navagrāha'' … Budha aspecte un signe double, celui des gémeaux. Dans le bouddhisme, le mercredi est symbolisé au moyen de deux statuettes, contrairement aux autres jours qui n'en ont qu'une.

 

Ces images du mercredi sont : un Bouddha qui avec son bol d'aumône se comporte à l'image d'un … ''gnanis'' et … un bouddha assis faisant face à un singe et à un éléphant. Ce dernier, Pariraïka ou Palilaïka symbolise la sagesse et la connaissance.

 

Un autre éléphant rapproche, Budha de Bouddha c'est Nālāgiri l'éléphant drogué que Bouddha soigna !... (En lisant le ''rājaputrīya'' ?....l'histoire ne le dit pas, mais restons sérieux.)

 

Budha est aussi un orateur et un voyageur. Bouddha n'a pas cessé de se déplacer pour diffuser son enseignement ?!... Bref, l'homonymie n'arrange rien ou … confirme l'archétype ?!...

 

 

Enfin, pour mettre un terme à cette très courte ''démonstration'' … dans la muraille Est de Chiang-Mai il y a la porte Tha phae (ประตูท่าแพ) (*) dont le nom complet était autrefois la porte Tha phae Chan Nok (ประตูท่าแพชั้นนอก) un nom qui remplaça celui de : ''porte Chiang Rueak'' (ประตูเชียงเรือก).

 

Le nom de Porte Tha phae Chan Nok signifie que c'était la porte du débarcadère (quai – ท่า) par où accostaient les bateaux à fond plat (radeau - แพ) dont la spécificité (ชั้น) était de venir de très loin (นอก).

 

L'Est était alors vraiment symbole de vie, (C'était l'arrivée de la matière première destinée à la transformation) de nouveauté et d'espoir car les liaisons avec ''l'extérieur'', le grand commerce, se faisaient essentiellement par voies fluviales, en l'occurrence par la Mae Ping. Les routes terrestres ne se sont vraiment développées qu'à partir des années 1950.

 

 

 (*) A l'origine la véritable porte Tha Phae Chan Nok (ประตูท่าแพชั้นนอก) permettait de franchir, non pas la muraille actuelle mais le glacis (Un remblais de terre d'environ trois mètres de haut) qui courait, et court encore un peu, entre le khlong Mae Kha (คลองแม่ข่า) et la rue Kamphaeng Din (ถ. กำแพงดิน).

Cette première porte Tha Phae se situait alors sur la rue Tha Phae d'aujourd'hui près du Wat Saen Fang (วัดแสนฝาง). Avec le temps cette porte a été détruite et la porte Chiang Rueak, celle de la muraille carrée est devenue la porte … Tha Phae.

 

 

 

La cuisine :

 

La situation de la cuisine ou du lieu de cuisson des aliments varie selon certains critères.

 

 

1er cas : La cuisine se fait dans la ''petite maison''.

(Elle ne se fait jamais dans la grande.)

Dans ce cas le ''foyer'' se situe à l'Ouest de la pièce.

 

 

2ème cas : La cuisine est accolée à un bâtiment.

Dans ce cas la cuisine se trouve à l'arrière de la maison et de préférence du côté Ouest.

Elle a en propre une toiture, qui est perpendiculaire à celle du bâtiment contre lequel elle s'appuie et, un escalier particulier.

Cet escalier est exclusivement réservé au personnel de service et aux gens de la maison. En aucun cas les visiteurs ou les invités ne peuvent l'emprunter.

 

 

3ème cas : La cuisine constitue un troisième corps de bâtiment.

 

Cette construction est alors parallèle aux deux autres corps de bâtiment, indépendante, et s'élève à l'Ouest. Elle est en général plus petite que la petite maison et dispose d'un escalier particulier à l'arrière de la maison. Là aussi, en aucun cas les visiteurs ou les invités ne peuvent emprunter cet escalier … de service.

 

Dans la maison Kalê ''Phaya Wong'' du musée des maisons traditionnelles du Lanna de Chiang-Mai, la cuisine est derrière la petite maison, à l'Ouest, mais son toit est perpendiculaire, et non parallèle, au toit de la petite maison ; ce qui signifie qu'il y a toujours des exceptions qui confirment la règle … même au Lanna.

 

Le foyer se présente souvent sous l'aspect d'un petit bac, avec ou sans pieds, de forme parallélépipédique dont les côtés ne dépassent guère les 10 centimètres de haut. Il est rempli d'un lit de terre où sont fichées trois briques, sur lesquelles seront posés les récipients servant à la cuisson. De gros cailloux peuvent se substituer aux briques.

 

 

En règle générale, la cuisine est une fonction qui est toujours tenue par les femmes. De ce fait, et pour d'autres raisons, l'Ouest est associé aux femmes et au sexe féminin.

 

     

 

 

Photo 1 : La cuisine au Nord/Ouest de la maison Phaya Wong (เรือนกาแล พญาวงศ์) du musée des maisons traditionnelles du Lanna de Chiang-Mai. (Son toit est perpendiculaire et non parallèle à ceux des deux autres corps de bâtiments.)

Photo 2 : L'intérieur de cette cuisine. (C'est vraiment un tout petit espace.)

Photo 3 : La même cuisine vue sous l'angle Sud/Ouest

 

 

 

Chiang-Mai et l'Ouest :

 

Pour tous les Bouddhistes, l'Ouest est associé à la mort, aux influences maléfiques et au sexe féminin.

 

Pour éviter que ces influences maléfiques ne pénètrent dans la maison, les murs de la maison kalê faisant face à l'Ouest sont borgnes, c'est-à-dire, en principe, sans ouverture.

 

L'Ouest ou ''tawan tok'' (ตะวันตก) en thaï se traduit par : ''Le soleil tombe''.

 

 

Bouddha va s'éteindre durant le coucher du soleil, cet épisode de sa vie est appelé : ''Parinibbāna''. Bouddha, entouré de ses disciples, est alors sur une couche dressée entre deux arbres jumeaux. Il a la tête au Nord, et est étendu sur le côté droit dans la posture du lion ; c'est-à-dire face à l'Ouest, et non à l'Est. C'est la 66ème et dernière attitude, la grande et totale extinction (Mahāparinibbāna) (ปางปรินิพพาน)

 

 

Les astrologues chargés d'aspecter Chiang-Mai ont mis l'Ouest de la ville sous la protection de Vénus ou du dieu planétaire Phra Souk (พระศุกร์) dont la correspondance Indienne n'est autre que la ''navagrāha'' … Shukra, (Çukra ou Sita) un dieu de la caste des brahmanes, c'est-à-dire de la caste qui détient l'autorité spirituelle.

 

Vénus est la seule et unique planète qui précède le lever et le coucher du soleil. Dans le premier cas nos ancêtres l'appelaient l'étoile du Nord c'est-à-dire l'étoile qui traîne à sa suite le crépuscule et … la nuit, c'est alors Vesper ou Hespéros qui brille avec l'éclat de … Lucifer ; et dans le second cas, l'étoile du berger c'est-à-dire l'étoile qui ''annonce'' l'aube ou l'aurore suivi du jour, c'est alors Phosphoros ou Eosphoros qui porte la lumière. D'emblée cette particularité met en évidence la dualité de cette planète ou navagrāha.

 

Pour les occidentaux Vénus est la déesse de l'amour mais d'un double amour. L'amour charnel qui conduit aux enfers, et l'amour spirituel qui élève au paradis.

 

Astrologiquement Vénus est en exaltation dans le signe du taureau, signe de terre et des profondeurs c'est-à-dire des enfers et signe de nuit dans l'astrologie indienne, où elle symbolise le bien être matériel et la jouissance physique ; mais elle est aussi en exaltation dans le signe de la balance, signe d'air et signe de jour dans l'astrologie indienne, où elle symbolise l'esprit qui transcende la matière, c'est-à-dire qui mène les … ''âmes'' … au paradis ou … au ''Nirvana'' ?!....

 

Shukra serait l'auteur du ''Sukra-niti'' un ouvrage de morale et de politique, il aurait le don de connaître le passé le présent et l'avenir et, possèderait le pouvoir de ressusciter les morts.

 

 

L'Ouest est associé à la mort et au sexe féminin. Symboliquement cette association vient du fait que lorsque la femme accouche elle met au monde un être dont le destin prendra fin avec la mort.

 

La vie est donné par l'homme qui ''amorce'' le développement de l'embryon, alors que la femme en qui se développe cet embryon, donc cette vie, met au monde une créature vivante, vouée à la mort.

 

Shukra est aussi l'un des ministres ou ''semence'' (Mot synonyme de ministre) du dieu Kubera, dieu de la richesse. En sanscrit le nom de Shukra veut dire ''semence'' ou ''sperme''. Shukra est d'ailleurs le dieu de sperme, qui possède la science de la résurrection et le secret de l'immortalité.

 

 

La porte Suan Dok (ประตูสวนดอก) littéralement la porte des jardins de fleurs ou des jardins fleuris est la porte Ouest de Chiang-Mai. Signalons au passage que Vénus dans sa longue carrière de déesse fut à l'origine déesse des jardins et des champs ?!...

 

Côté Ouest, le plus ancien ''monument'' est le Wat Suan Dok (วัดสวนดอก) construit vers 1373 par le roi Ku Na Thammikaracha (1366-1387) (พระเจ้ากือนาธรรมิกราช) et dénommé alors Wat Buppharam (วัดบุปผาราม) c'est-à-dire le Wat aux belles fleurs (บุปผา = fleurs et ราม = belle.)

 

C'est à côté de ce Wat qu'a été ouvert à partir de 1907 le cimetière royal de Chiang-Mai, c'est-à-dire le lieu où se trouvent les tombeaux (cendres) des (derniers) rois du nord (Ku Chao Naï Faï Nua) (กู่เจ้านายฝ่ายเหนือ).

 

C'est dans l'Ouest de Chiang-Maï que se situent les Wats de la forêt les plus renommés, qui se consacrent à la méditation.

Parmi les plus connus il y a …

 

1/ Au pied du Doï Suthep le Wat Umong Suan Puthatham (วัดอุโมงค์สวนพุทธธรรมน) c'est-à-dire le Wat du (des ?) tunnel(s ?) des jardins de Bouddha.

La particularité de ce Wat est d'avoir un viharn en sous-sol, et non à la surface du sol, d'où le mot de … ''tunnel'' … dans son nom.

L'autre particularité de ce Wat c'est d'être un lieu où tout un chacun vient ''déposer'', pour ne pas avoir à les jeter n'importe où et subir les foudres du ciel, ses objets de culte cassés ; un cimetière d'images de Bouddha en quelque sorte ?!...

 

2/ plus au Sud, le Wat Ram Poeng Tapotaram (วัดร่ำเปิงตโปทราม).

Ce Wat à l'origine portrait le nom de ''Tapôdharma'' c'est-à-dire le temple où le dharma (enseignement de Bouddha) est acquis par l'ascèse. Il a été réédifié par le roi Phra Yot Chiang-Rai (1477-1485) le vendredi (Vénus) du 7ème mois lunaire à 8 heures 20 (l'aurore) en 1492.

Son nom actuel, ''Ram Poeng'' lui vient du fait d'avoir été un temps abandonné (ร่ำ-Sérieusement – เปิง-endommagé). Aujourd'hui il est redevenu un grand centre de méditation ''vipassanā bhāvanā'', mots qui signifient ''voir au-delà du réel et en profondeur''.

 

3/ plus au Nord, le Wat Phrathat Doï Suteph (ดอยสุเทพ) (1383) ''Le chédi de la montagne de (l'ermite ou reusis) Suthep''.

Les ermites ou rsis vivaient dans les cavernes au pied des monts. Avec le ''Doï Suteph'' les fidèles sont appelés à s'élever dans les deux sens du terme, matériellement en gravissant le mont, et spirituellement en se recueillant en haut du mont.      

 

Enfin, (que le Wat Pa Daeng et quelques autres dont je n'ai pas parlé me pardonnent), l'un des derniers édifices d'importance, et profane, construit dans la zone Ouest est le ''Maharaj hôpital'' (1939). C'est le plus grand hôpital de la région Nord, et c'est là que se trouve divers services dont la faculté de nurserie, et … le centre médico-légal c'est-à-dire … la morgue de Chiang-Maï !...

 

L'Ouest de Chiang-Mai est vraiment lié à la mort et aux enfers (Vénus du soir) mais aussi à l'élévation spirituelle ou méditation  (Vénus du matin) !...

 

       

 

 

Photo 1 : Quelques ''Ku-s'' ou tombeaux du cimetière royal attenant au Wat Suan Dok. (2007) En Février 2014 le cimetière est en cours de rénovation.

Photo 2 : Une magnifique image de Bouddha dans la 3ème attitude dite Bouddha se livrant à l'ascétisme (ปางบำเพ็ญทุกรกิริยา) du parc du Wat Umong Suan Puthatham (วัดอุโมงค์สวนพุทธธรรมน) (2009). Cette image n'est pas sans évoquer la mort.

Photo 3 : L'un des ''tunnel'' donnant accès au ''tunnel'' principal du Wat Umong. (2009)

 

 

 

La Véranda :

 

La véranda est un espace ouvert sur l'un de ses côtés et couvert. Elle fait le lien entre la (ou les) chambre(s) et la terrasse.

 

Lorsque les corps de bâtiments sont séparés par un couloir ou ''Chanehome'' (ชานฮ่อม) chacune des maisons dispose d'une véranda particulière.

Lorsque les chambres sont seulement séparées par une cloison la véranda forme un espace unique et sans séparation mais … dont l'occupation répond à des règles précises ; car ne va pas s'asseoir qui veut où il veut.

 

Le plancher de la véranda serait en général plus bas de 10 à 15 centimètres par rapport à celui de la (ou les) chambres. Mais il est souvent du même niveau. Alors une natte déroulée dans la chambre permet de marquer cette différence de niveau.

 

Sur le mur Est de la véranda il y a toujours un autel surélevé où Bouddha est mis à l'honneur. Quand il y a deux vérandas l'autel est sur le mur Est de la véranda des parents. La véranda est donc un lieu de culte.

 

La véranda Est ou la partie Est d'une véranda, quand il n'y en a qu'une,  est spécifique aux parents et à leurs invités, c'est donc un lieu de réception ; alors que la partie Ouest ou la véranda Ouest est destinée aux enfants et au personnel … quand il y est invité.

 

 

Dans les deux cas : (véranda unique ou double véranda)

 

La véranda est un lieu de repos, ainsi les fils aînés de la famille peuvent dormir du côté Est ; parfois des invités masculins de passage, à la condition d'y avoir été invité, peuvent aussi y passer la nuit.

 

Le côté Ouest est plus particulièrement destiné aux repas, (*) et aux garçons venant faire la cour aux demoiselles de la maison.

 

C'est sur la véranda qu'on se prélasse, qu'on se détend, qu'on lit, qu'on bavarde, que les enfants font leurs devoirs et qu'on réalise des ouvrages d'artisanat comme le tissage, le filage, la vannerie, la sculpture et bien d'autres encore !...   

 

En général la véranda fait face au sud car lors de la saison sèche les vents dominants la ventilent agréablement ; et en saison fraîche elle est protégée des vents du Nord et réchauffée par les rayons du soleil. Mais ce n'est qu'une généralité.

 

 

(*) Ces repas se font autour de tables basses constituées d'un plateau circulaire sur pieds d'une vingtaine de centimètres de haut appelé ''khantoke'' ou ''toke'' (ขันโตก ou โตก). Le khantoke maï (ขันโตกไม้) est en bois de teck et plus spécifique au Lanna alors que le ''khantoke waï'' (ขันโตกหวาย) en lattes de bambou et de rotin entrelacées est plus en usage en Issan d'où son autre nom de ''khantoke Lao''.

Ces khantokes se subdivisent encore selon la fortune des propriétaires.     

 

 

     

 

 

Photo 1 : La maison ''Phaya Wong'' du musée des maisons traditionnelles du Lanna de Chiang-Mai.

Photo 2 : Le plan de la maison ''Phaya Wong'' mettant en évidence les deux vérandas.

Photo 3 : A gauche, la véranda du petit corps de bâtiment de la maison ''Phaya Wong''. Remarquez la différence de niveau par rapport à la terrasse. Au milieu le Chanhom et à droite le poteau Ouest de la véranda des parents.

 

 

La terrasse :

 

La terrasse est un espace de circulation qui permet d'accéder à tous les espaces couverts. De ce fait elle s'étend d'un bout à l'autre de la façade sur une largeur d'environ 2 ou 3 mètres voire plus.

 

Elle peut s'étendre jusqu'à l'arrière des corps de bâtiments, en passant entre eux ou sur l'un de leur côté extérieur. Parfois ce ou ces chemin(s), médian ou extérieur, relie(nt) la terrasse avant à une terrasse arrière.

 

Le plancher de la terrasse est obligatoirement de 10 à 15 centimètres plus bas que celui de la véranda ; ses bords extérieurs sont protégés par une rambarde en bois à claire-voie, tant pour permettre à l'air de circuler qu'aux regards de passer pour satisfaire à la curiosité naturelle des gens du Lanna.   

 

La terrasse est un espace non couvert, de ce fait son plancher est à claire voie, ce qui permet aux eaux de pluie de s'écouler.

 

A l'Ouest de la terrasse s'élève un petit auvent sous lequel il y a quelques pots d'eau ou Mo Nam (หม้อน้ำ) pour que tout un chacun puisse se désaltérer. Si la maison est équipée d'un escalier arrière il y a aussi à l'arrière de la maison un petit auvent abritant quelques pots d'eau.

 

C'est à la terrasse que débouchent les escaliers … et pour cause !...

 

     

 

 

Photo 1 : La terrasse et l'escalier d'accès de la maison ''Thaïe Lue'' du musée des maisons traditionnelles du Lanna de Chiang-Mai.

Photo 2 : La grande et unique véranda de la maison ''Thaïe Lue'', au fond et à l'Est l'autel de Bouddha.

Photo 3 : L'escalier, montant de l'Est vers l'Ouest, de la maison ''Thaïe Lue''  accédant à la terrasse, et en face, donc à l'Ouest l'auvent avec ses cruches d'eau puisées la veille.

 

 

 

L'escalier principal :

 

L'escalier principal est toujours protégé par un auvent, et comporte un nombre impair de marches.

 

L'escalier est parallèle ou perpendiculaire à la façade de la maison.

 

Quand il est parallèle il doit monter d'Est en Ouest, jamais d'Ouest en Est. La maison est lieu sacré comparable à la demeure des dieux. Symboliquement l'individu lambda, comme Bouddha, quitte la terre pour … s'élever vers les sphères supérieures. (La maison)

Quand cet individu lambda descend l'escalier il est comme Bouddha qui revient sur terre pour vivre une autre vie. (à l'Est)

Un escalier montant d'Ouest en Est, symboliquement, ferait sortir l'individu lambda des enfers pour se retrouver sur terre !....

 

Quand il est perpendiculaire, la prolongation de son axe ne doit jamais traverser la chambre des parents. Autrement écrit ce type d'escalier ne peut déboucher que dans la partie comprise entre le centre et l'Ouest de la terrasse.

 

Dans le cas d'un escalier arrière, réservé à la seule famille et aux éventuels domestiques, les mêmes règles sont respectées.

 

 

Enfin, pour qu'un étranger, ou un invité, puisse gravir les marches d'une maison et y accéder, le maître des lieux devait demander la permission aux esprits en leur adressant des prières et en leur faisant des offrandes.

 

                          

 

 

Une peinture murale du Wat Dang (วัดด้าง ด้านหลัง) de la ville de Chom Thong (จอมทอง) qui met en évidence l'escalier qui conduit et élève au Nirvana (d'Est en Ouest) ou qui vous plonge tout droit en enfer (d'Ouest en Est).

 

 

Chiang-Mai et le Sud :

 

Pour tous les Bouddhistes, le Sud est neutre.

 

Les astrologues chargés d'aspecter Chiang-Mai ont mis le Sud de la ville sous la protection de Jupiter ou du dieu planétaire Phra Pharuhat (พระพฤหัส) dont la correspondance Indienne n'est autre que la ''navagrāha'' … Brihaspati, (Guru, Devagura ou Vyazham) dont le nom signifie le seigneur de la croissance (Vrih ou Brih = croître et Pati = maître).

 

En tant que ''Guru'' c'est un guide et un enseignant. Dans la mythologie hindoue c'est le précepteur des Devas (Hommes-dieux), dont les prières sont conformes à la loi ; Il enseigne, par exemple, que l'individu trouve le bonheur dans le devoir, et la société l'harmonie dans la paix sociale.

 

 

La porte Chiang-Mai (ประตูเชียงใหม่) littéralement la porte de la ville nouvelle ou la porte arrière du Wiang (*) (ประตูท้ายเวียง) était autrefois réservée aux ministres ou ''Montri'' (มนตรี).

 

Elle ouvrait sur une aire où fleurissaient l'artisanat et la culture des champs. A l'époque l'un n'allait pas sans l'autre car ils étaient pratiqués en alternance, dans l'année en fonction des saisons et dans la journée en fonction du temps. (Reportez-vous à l'ancienne carte de Chiang-Mai, présentée ci-dessus.).

 

Autrement écrit, c'est cet artisanat qui se pratiquait à l'intérieur des vérandas, où sous les maisons quand il s'agissait de forger des outils. Un artisanat où l'individu s'épanouissait sous la houlette du père, et dont le labeur de chacun contribuait au bien être de tous.

 

La rue Wulai (ถ.วนตรี), ou la rue des argentiers, où se déroule le marché du samedi soir, est l'une des survivances de ce passé.

Certains Wats de cette zone sont encore le cœur d'activités artisanales et, si la culture du riz à pratiquement disparu dans cet aire, il y a encore des prés d'élevage à seulement 1 ou 2 kilomètres du marché de nuit.     

 

 

(*) Pratou Thai Wiang (ประตูท้ายเวียง) au Sud était la porte arrière, ouvrant ou fermant sur la rue Phra Pok Klao (ถ.ประปกเกล้า), par opposition à la porte de la tête de la ville (Aujourd'hui Porte Chang Phuak) au Nord, située à l'autre extrémité de cette rue.

Le mot ''Wiang'' qui a donné ''Chiang'' désignait plus particulièrement une ville fortifiée.

 

 

     

 

 

Photo 1 : Le sanctuaire à la gloire du Chao Pho de la porte Chiang-Maî ''Sala Chao Pho Chiang-Mai'' (ศาลเจ้าพ่อประตูเชียงใหม่). C'est la déité ou le génie Deva Putra Chaï Phum Mo Raksa (เทวบุตร ไชยภุมโม รักษา) qui veille sur cette porte.

Photo 2 : Des bovins en plein champs mais … à quelques pas du Wat Hua Faï (วัดหัวฝาย) de Chiang-Mai.

Photo 3 : L'Ubosot du Wat Srisuphan (ศรีสุพรรณ) conçu en métal repoussé. Il y a dans ce Wat, situé à l'extrémité d'une rue perpendiculaire à la rue Wulaï, un atelier propre à cet artisanat.

 

 

Nota bene : Je me suis appuyé sur l'astrologie occidentale pour développer les influences des planètes car, sans entrer dans les détails, l'astrologie indienne et l'astrologie occidentale ont une même origine. Cela signifie que les planètes ou navagrahas, malgré les siècles, ont des caractéristiques majeures qui leur sont communes.

Le fait que l'astrologie Indienne utilise un zodiac sidéral (*) et que l'astrologie occidentale se réfère à un zodiac tropical n'entre pas en ligne de compte.

 

 

(*) Le zodiac sidéral tient compte de la précession des équinoxes, il est donc mobile, et est le plus souvent associé à la lune,  alors que le zodiac tropical dont se sert l'astrologie occidentale est fixe parce qu'attaché aux saisons et lui, est dominé par le soleil.

 

 

Comme l'espace est limité, je vous invite pour en savoir plus à ce sujet, de vous reporter à la chronique intitulée :

 MAISON KALÊ (1/3 & 5/12) : Les espèces d'arbres à planter autour d'une maison - Nord-est.

 



21/02/2014
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