MerveilleuseChiang-Mai

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MAISON KALÊ (5/3 & 9/12) : L’EMPLACEMENT DES ARBRES AUTOUR D’UNE MAISON KALÊ - SUD-OUEST


MAISON KALÊ (5/3 & 9/12) :

 

L'EMPLACEMENT DES ARBRES AUTOUR D'UNE MAISON KALÊ.

 

                                               Le Sud-ouest

 

 

                                                 Avertissement :

Cette Chronique et les suivantes concluent une première série de chroniques concernant la maison kalê :

 

            1/ ''Musée des maisons traditionnelles du Lanna 1 & 2 ''

                                             2/ ''La maison kalê ''

3/ ''L'emplacement des arbres autour d'une maison kalê '' 1 à 4''

 

Alors pour mieux ''goûter'' ce qui va suivre, je vous conseille de jeter un œil sur les chroniques précédentes. Mais ce n'est qu'un conseil !....

    

Pour associer plus intimement le lecteur au contenu de cette chronique il doit savoir que la culture du Lanna est la résultante de trois composantes, l'animiste, le brahmaïsme et le bouddhisme, les deux dernières étant à leur départ, intimement liées.

 Comme ces trois composantes cohabitent en bonne intelligence, tous les actes sociaux se réfèrent à chacune d'elle en permanence, au point qu'on ne peut dire si c'est l'animisme qui s'est accommodé du bouddhisme ou le contraire.

 

Compte tenu de ce qui précède, la construction d'une maison doit se conformer à un certain nombre de rites, que nous avons détaillé dans les chroniques précédentes ; et les arbres qui seront plantés autour de cette maison ne peuvent l'être qu'en conformité à cette tradition qui découle de nos trois composantes … l'animisme, l'hindouisme et le bouddhisme.

 

     

 

 

Photo 1 : Maison Kalê ''Mae Taeng'' du musée des maisons traditionnelles de Chiang-Mai.

Photo 2 : Schéma d'implantation des arbres de bon augure autour d'un habitat.

Photo 3 : L'angle Sud-ouest ou ''Cheang Ku Ruang'' en 2009 vu depuis le Sud-ouest hors les murs.

 

 

 

LES ARBRES DE BON AUGURE :

 

 

Avertissement :

 

Au Lanna, et en Asie du Sud-est, de nombreux critères entrent en ligne de compte pour planter un arbre de bon augure, entre autres le calendrier duodénaire (Horoscope chinois).

 

Ainsi il serait plus favorable de planter un manguier dans l'année du buffle que dans celle du Lapin.

Ensuite, le bon développement comme les bonnes influences de ce manguier dépendent aussi du jour et de l'heure de sa plantation.

 

Comme il serait trop long et fastidieux de prendre en considération tous ces critères, alors cette chronique ne concernera que l'arbre et sa position autour de l'habitat.

 

Par ailleurs, comme pour valider ce qu'ils écrivent sur les ''croyances ancestrales'', nombre d'auteurs de blogs thaïs se réfèrent au ''Feng Shui'' (ฮวงจุ้ยเสริม) (*), une œuvre d'origine chinoise, en faisant table rase des héritages animistes, brahmaniques et bouddhiques ?!...

 

J'ai fait le contraire car je pense que les royaumes constituant la Thaïlande, dont le Lanna, (**) doivent beaucoup plus à l'Inde, via les Môns, qu'à la Chine ; ce qui n'éliminera pas ce que j'ai trouvé sur l'influence chinoise, bien évidemment.

 

 

(*) Le ''Feng Shui'' est un traité chinois vieux de plus de 4.000 ans dont l'objet est de développer l'art et la manière d'aménager la nature autour de soi pour un meilleur bien être, une bonne santé et aussi … connaître la prospérité.

En lisant les blogs thaïs, il ne fait aucun doute que la plupart des auteurs s'appuient sur le ''Feng Shui'' sans savoir ce dont il s'agit.

(**) Le Nord Vietnam ou Tonkin, fait peut-être, exception ?!...  

 

 

     


 

Image n° 1 : Le plan de la maison kalê ''Mae Taeng'' du musée des maisons traditionnelles de Chiang-Mai.

Image n° 2 : Un ''Rāhu'' khmer en terre cuite de Terra cotta (Porte Chiang-Mai). Rāhu n'a pas de corps mais il a pour vāhana, un char tiré par 8 (Le chiffre de Rāhu) chevaux noirs (La couleur de Rāhu avec le bleu sombre.).

Image n° 3 : Le zodiaque occidental avec Uranus dans le signe qu'il gouverne, c'est-à-dire le signe du Verseau.

 

 

 

Le Sud-ouest : (ทิศตะวันตกเฉียงใต้)

 

Le sud-ouest est une direction de mauvais augure liée à … l'ingestion !...

Dans le cas de la maison kalê le Sud-ouest n'est pas une direction dont on parle beaucoup. Il semblerait même que ce silence ne soit pas anodin et sans raison ?!... et vous allez comprendre pourquoi !...

 

Cependant, malgré la chape de plomb qui semble reposer sur cette direction, il ne s'agit pas – là encore - de planter n'importe quel arbre au Sud-ouest d'une maison Kalê.

 

D'emblée il apparaît que la préférence soit donnée aux arbres fruitiers et à un arbre qui préserve la santé. (Ingestion)

 

Pour mémoire, c'est à l'Ouest de la maison kalê et plus particulièrement au coin Sud-ouest de la pièce que se trouve la cuisine, ou le coin cuisson ; et c'est sur la partie Ouest (Sud-ouest) de la véranda que sont pris les repas ?!...

 

Une terrasse met de la distance entre la véranda et l'angle Sud-ouest. Cependant c'est dans, et à cet angle Sud-ouest de la terrasse, qu'il y a la … ''ban name'' (บ้านน้ำ) c'est-à-dire l'abri où sont entreposés les pots à eau (*) remplis la veille au soir et destinés à désaltérer les visiteurs à leur arrivée et/ou  les gens de la maison.

 

Lorsque dans une maison Kalê le coin cuisine prend son indépendance il est en général au Nord-ouest de la maison. Dans le cas de la très belle maison Kalê Anusarn (อนุสาร) de l'université Rajabhat (มหาวิทยาลัยราชภัฏ) la pièce réservée à la cuisine est à l'ouest et, plus au Sud qu'au Nord.

 

 

(*) L'eau destinée aux usages domestiques est puisée le matin. Dans les deux cas ce sont les femmes qui ''tirent'' l'eau du puits.

 

 

 

Les astrologues ont mis le Sud-ouest de Chiang-Mai sous la protection de Rāhu (ราหู) qui dans la tradition indienne est le régent de la direction du … Sud-ouest. Il y a donc une parfaite concordance entre les deux traditions.

 

Rāhu ou Rāhula est le fils de Sagace (Vipracitti) (ท้าววิประจิตติ) et de la Lionne Simhikā, (นางสิงหิกา) il est aussi le frère de Māya, le précepteur des magiciens et l'inventeur de l'art magique.

 

Ce mauvais génie ou démon, de la famille des Dānavās, Rāhu donc, sous l'apparence d'un dieu, tenta de boire  le nectar divin (Soma – amrita – semence de vie entre autres noms), que se partageaient alors les dieux, dans l'intention de devenir immortel lui aussi. (Ingestion là encore)

 

Dénoncé par la Lune et le Soleil alors qu'il accomplissait son forfait, Mohini, (*), décapita Rāhu sur le champ au moyen de son disque solaire. (Arme de Vishnu)

 

Les lèvres de Rāhu ayant touché la boisson des dieux, sa tête devint immortelle tandis que son corps roula dans les abimes de l'éternité.

 

Depuis ce jour, pour se venger, Rāhu poursuit la Lune et le Soleil pour les dévorer. Mais à chaque fois qu'il accomplit sa vengeance la Lune et le Soleil retrouvent leur liberté puisque Rāhu est sans corps.

 

De ce fait Rāhu est devenu le démon des éclipses, car une éclipse a pour origine l'acte de dévoration, l'acte d'ingestion, du soleil ou de la lune, par Rāhu.

 

Le nom de Rāhula ou Rāhu apparaît pour la première fois dans l'Athava-veda, un véda écrit quelques mille ans avant JC. Ce véda, relativement récent par rapport aux autres, en est aussi très différent puisqu'il se fait une spécialité de traiter de la magie sous toutes ses formes ?!...

 

Rāhu baigne dans les sciences occultes ainsi que les différents personnages de son entourage. 

 

 

 

Dans la tradition hindoue Rāhu n'est pas un, ou une navagrāha (**) comme les sept autres, mais un ''chhāyā grāha'' c'est-à-dire un ''saisisseur de l'ombre'', un saisisseur sans planète réelle mais bien présent ; ce qui signifie que Rāhu gouverne un signe astrologique.

 

A noter que les astrologues hindoues ne sont pas d'accord entre eux sur l'identité du signe

 

Le ''Brihat Parashara Hora Shasta'', un traité astrologique hindou moderne parmi d'autres, désigne Rāhu comme gouverneur du verseau et des gémeaux, (***) deux signes d'air. Dans l'astrologie occidentale le Verseau est gouverné par Uranus et les gémeaux par mercure.

 

Pour rester dans la logique observée depuis le début des chroniques précédentes, Uranus me paraît être le dieu du panthéon occidental le plus à même d'être identifié à Rāhu. Signalons au passage qu'Uranus n'est pas sans points communs avec Varuna le souverain des eaux primordiales et la représentation du destin. Varuna fut aussi le détenteur du soma !...

 

Dans l'astrologie thaïe Rāhu est représenté par le chiffre 8, tout comme Uranus. Les deux entités se confondent donc et sont maître du signe du verseau … d'après l'astrologie thaïe. 

 

Le signe du verseau (ราศีกุมภ์) est un signe d'air et un signe fixe ; de ce fait il symbolise un espace illimité, où sont suspendues les eaux primordiales ; dans ces deux éléments sont en germes, visibles ou invisibles, la et les création(s) future(s).

 

 

Phra Budha (พระพุธ) (Mercure) et Phra Rāhu (พระราหู) (Uranus) se partagent la journée du mercredi. Phra Budha de 6 heures à 18 heures, et Phra Rāhu de 18 heures à 6 heures.

 

La couleur du mercredi soir, celle de Phra Rāhu, est un bleu sombre, comme celle du mercredi matin est le jaune, le mélange de ces deux couleurs donne le vert qui  en Thaïlande est … la couleur du mercredi.

 

Les pierres se rapportant à Rāhu sont : L'opale bleu foncé (โอปอล), la calcite bleue-foncée (Lapis-lazuli) (ไพฑูรย์), le Grenat bleu-foncé (โกเมนสีขาบ).

 

 

(*) Mohini est l'un des nombreux avatars de Vishnu mais, c'est le seul où il prit l'apparence d'une femme. Dans l'épisode du breuvage divin, c'était Mohini qui servait le soma.

(**) ''Navagrāha'' littéralement : ''nava'' = neuf et ''grāha'' = saisisseur, preneur, d'où … les neuf saisisseurs ou les neuf planètes.

La ou le ''grāha'' sert à désigner une fonction vitale comme la vue, le souffle, les mains, entre autres, mais c'est aussi le nom d'une coupe servant à des sacrifices ; Dans le cas présent la ou le ''grāha'' est comme un contenant qui appréhende les sens humains, ou qui s'impose aux organes sensoriels des hommes, donc qui les influence dans leur vie. C'est ce que sont censées faire les planètes aux dires des astrologues occidentaux.

 

(***) Le traité astrologique hindou qui désigne Rāhu comme gouverneur du Verseau et des Gémeaux trouve son explication avec la journée du Mercredi des bouddhas de la semaine.

Le mercredi a deux bouddhas, un pour le matin c'est la ''Navagrāha'' Budha (Mercure), et un pour l'après midi c'est la ''chhāyā grāha'' Rāhu, (Uranus) appelé aussi Rāhula ou Rāhumukha.

 

Budha (Mercure) n'est pas à confondre avec Bouddha, le fondateur du Bouddhisme sauf que …. Bouddha est né un … mercredi et qu'avec son épouse Yashodharā il eut un fils qu'ils appelèrent  … Rāhula !... qu'il ne faut pas confondre avec Rāhula ou Rāhu (Uranus) ?!.... Un bel imbroglio quand même non ?!....

 

 

       

 

 

Photo 1 : Phra Naraï (Vishnu) surmontant Phra Rāhu. (Wat Pa Gnio (วัด ป่างิ้ว) au sud de Chiang-Mai hors-les-murs.) (Photo 2009)

Photo 2 : Entre bouddha prenant la terre à témoin, les deux images du mercredi. A Gauche ''Pagn Oum Bath'' (Mercure) et à droite ''Pagn Riraï'' (Uranus/Phra Rāhu). (Wat Muen Ngeun Kong (วัด หมื่นเงินกอง). Chiang-Mai intra-muros) (Photo 2009)

Photo 3 & 4 : Deux autres représentations de Phra Rāhu dont un Yantra (ผ้ายันต์). (Wat Tha Maï I (วัด ท่าใหม่อิ)) - (Photo 2009) Un très joli Wat au Sud de Chiang-Mai.

 

 

 

Les arbres qu'il convient de planter au Sud-ouest d'une maison sont :

 

 

1/ Le canéfier ou  cassia fistula : ratchaphruek (ต้นราชพฤกษ์)

Le canéfier, appelé aussi cassier, canéficier, casse et de bien d'autres noms appartient à la famille des légumineuses ou fabacées (fabaceae). C'est-à-dire une famille dont les graines (fèves/faba/fabacées) entrent dans l'alimentation humaine et/ou animale.

 

Cette famille compte, grosso modo (selon les modes de classification) environ 400 genres, et entre 12.000 et 18.000 espèces.

 

Le cassia fistula ou canéfier est un arbre pouvant atteindre la vingtaine de mètres de haut. Ils sont légions au Lanna en général et à Chiang-Mai en particulier. Nul ne peut les ignorer surtout lorsqu'ils sont en fleurs, ces dernières se présentent sous les formes d'énormes grappes de couleur jaune.

 

Ces fleurs donnent des fruits, qui portent le nom de ''casse en bâtons''. Ils sont de la grosseur d'un doigt, leur longueur varie entre 30 et 60 centimètres. Les graines qu'ils contiennent servent à la confection de poudres ayurvédiques et de colliers porte-bonheur.

 

 

Le canéfier ou  cassia fistula  est l'emblème de l'état Indien du Kerala où ses fleurs (fleurs de konna) sont offertes au dieu Vishnu à l'occasion du grand festival ''vishukani''. Au Sri lanka à l'occasion des fêtes concernant la dent du Bouddha, des branches de canéfier sont offertes aux quatre dieux protecteurs de la ville, Natha, Kataragama, Pattini et … Vishnu !...

 

La monture de Vishnu n'est autre que Garuda, un être mi-homme mi-aigle ou mi-vautour (?). Il est l'emblème de la Thaïlande. Alors quoi de plus logique pour que le cassia-fistula ou ''ratchaphruek'' en thaïlandais soit aussi l'arbre et la fleur symbolisant la Thaïlande et … son roi Rama IX dont les sujets portent des chemises jaunes en son honneur, lesquels ne sont pas obligatoirement des opposants aux … chemises rouges.

Il y a en effet, chemise jaune et chemise jaune, alors il ne faut pas les confondre.

 

       

 

 

                 Le Canéfier ou Cassia Fistula ou Ratchaphruek (ราชพฤกษ์)

                       1/ L'arbre – 2/ ses feuilles – 3/ sa fleur – 4/ Ses fruits.

 

 

 

2/ Le jacquier : kanoun (ต้นขนุน)

Le jacquier porte le nom ''savant'' ou botanique de ''artocarpus heterophyllus Lam'' (1789). Il est originaire d'Inde et plus particulièrement des ghâts (monts) orientaux et du Bangladesh.

 

Cet arbre appartient à la famille des ''moracées'' (moraceae) c'est-à-dire des faux-muriers ; une famille qui compte une quarantaine de genre et plus de 1.400 espèces.

 

 

Le jacquier peut atteindre une vingtaine de mètres de haut. Il est dit ''cauliflore'' parce que ses fleurs, tantôt mâles tantôt femelles, naissent directement sur ses branches ou sur son tronc. Selon leur sexe elles sont de formes différentes mais naissent sur le même arbre.

 

Son fruit, le jaque un fruit comestible, peut peser jusqu'à 30 kilos ; car certains atteignent les 40 centimètres de long et les 15 centimètres de diamètre. Dans la mesure où un arbre peut produire jusqu'à 30 fruits le poids d'une récolte peut osciller entre 250 et 750 kilos par arbre. Il va s'en dire qu'il ne faut jamais s'assoupir sous un jacquier.

 

Il existe aujourd'hui des ''jacqueraies'' dont la récolte peut atteindre les 60.000 kilos de fruits par hectare. Autrefois, et aujourd'hui encore, le jacquier était et est un arbre de cour. Il est fréquent d'en voir dans la cour des temples.

 

C'est un arbre dont on se nourrit, y compris avec la farine extraite de ses graines. D'après la tradition c'est un lundi ou un jeudi qu'il faut le planter.

 

          

 

 

L'artocarpus heterophyllus ou jacquier ou kanoun (ต้นขนุน)

1/ L'arbre – 2/ Ses feuilles et ses fleurs – 3/ son fruit – 4/ Ses drupes

 

 

               

3/ Le mimusops elengi : Phikoun (ต้นพิกุล) (Prononcer : Picoune)

Le ''mimusops elengi'' est originaire d'Inde, du Sri Lanka, des îles Andaman et du Sud-est Asiatique.

 

C'est un arbre qui peut atteindre les 30 ou 40 mètres de haut et qui de ce fait peut développer un diamètre de … un mètre !...

 

Son bois est un bois dur, difficile à scier, et très utilisé en construction lourde … ponts, navires, poutres etc… Pour ces raisons Il serait symbole de longévité.

 

 

D'après Linné (1707-1778) et ses collaborateurs la fleur de cet arbre ferait penser à une tête de singe, (*) c'est pourquoi le genre fut dénommé ''mimusops'' un mot constitué de ''mimus'' (mime – bouffon) et ''ops'' (face – visage). Une face qui fait des grimaces, surtout quand on prend la fleur entre deux doigts et qu'on la presse sur ses côtés ; car alors l'anthère apparait telle une petite langue.  Une fleur à grimaces qui en plus tire la langue.

 

Le ''mimusops elengi Lin. (1753) '' appartient à la famille des sapotacées (sapotaceae). Elle comprend une soixantaine de genres et quelques 800 espèces. (Pour en savoir plus vous reporter à la rubrique botanique arbres)

 

 

Le ''mimusops elengi'' est un arbre sacré. C'est même l'arbre sacré de Shiva. Il est cité dans de nombreux textes de la littérature sanskrite, sous les noms de kesara, bakula, gandhapushpa (fleur parfumée), madhupushpa (fleur du printemps) et quelques trente autres !... rien que pour le sanskrit !...

 

Dans le ''Ramayana'' Sugriva et Hanuman les chefs de l'armée des singes déracinent des ''bakulas'' pour vaincre Ravana, le monstre qui retenait prisonnière à Lanka, Sita la fiancée de Rama

 

Dans la forêt de Gandhamadana, qui s'étend sur le mont du même nom près du mont Mérou, poussent de nombreux ''bakulas''. Le parfum de leurs fleurs mêlé à ceux des autres espèces donneraient la joie de vivre à tous ceux qui pénètrent dans cette forêt.

 

Le poète sanskrit le plus célèbre, Kālidāsa, (1er siècle av. JC) dont le nom signifie ''le serviteur de Kāli'' fait de la fleur du ''bakula'' le symbole de l'amour et de la beauté. L'offrande de cette fleur est synonyme de dévotion, car elle figure parmi les fleurs du paradis hindou. C'est cette fleur qui est offerte à Vishnu ; une fleur, dont les qualificatifs du parfum servent aussi à définir une amitié inaliénable.

 

Krisna, le 8ème avatar ou incarnation de Vishnu reçoit son vieil ami Kuchela (Sudama) sous un bakula. C'est encore sous un bakula que Krisna jouait de la flûte pour séduire les Gopis (bergères ou vachères). C'est avec l'une d'elles, Radha, qu'il se mariera.

 

Bref le bakula qu'aujourd'hui les botanistes ont appelé mimusops elengi ne peut être qu'un arbre de bon augure tant il est question de lui dans les écritures saintes, sans oublier qu'il a aussi une place de choix parmi les remèdes de la médecine ayurvédique.

 

A la cour de Siam, lors des grandes occasions comme celle d'un couronnement, le roi offrait des fleurs de mimusops elengi en or ou en argent à certains fonctionnaires !...

 

La fleur du mimusops elengi est l'emblème de la ville de kamphaeng Phet (กำแพงเพชร) et les berges extérieures de la douve sud et Ouest de Chiang-Mai sont plantés de mimusops elengi ; ce qui ne peut être que de bon augure pour Chiang-Mai.

 

Sachez enfin qu'il est préférable de le planter un lundi ou un samedi.

 

 

(*) A noter que la fleur fait penser à un singe et que la monture de Budha (Mercure) est un éléphant. Ce sont les deux animaux qui sont aux côtés de l'image du Bouddha du mercredi soir, lequel mercredi soir est ''gouverné'' par … Rahu.

Ma remarque est-elle tirée par les cheveux ?!… à vous de le dire.  

 

 

       

 

 

                              Le mimusops elengi ou Phikoun (ต้นพิกุล) 

                  1/ Ses arbres – 2/ Ses feuilles  - 3/ Ses fleurs – 3/ Ses fruits.

 

               

 

4/ Le margousier ou margosier : Sadao (ต้นสะเดา)

Le margousier est aussi connu comme lilas des Indes, un pays d'où il serait originaire. La Perse et la Syrie sont aussi, parfois, données comme étant une origine possible de cette espèce.

 

Le lilas des Indes est un arbre pouvant atteindre, en région tropicale, une douzaine de mètres de haut, et son tronc un diamètre d'une quarantaine de centimètres.

 

Ses fleurs sont de couleur rosâtre ou bleuâtre, voire violette, et exhalent un parfum proche de celui du lilas, d'où l'un de ses noms.

 

Son fruit, de la forme et de la grosseur d'une olive, est à maturité quand il est de couleur jaune. La chair épaisse de ce dernier, qui est non comestible, protège un noyau à 5 loges contenant chacune une graine qui parfois finissent en collier ou en chapelet.

 

De ces graines est extraite une huile qui sert en pharmacopée et pour éclairer les maisons. Les fruits, émétiques et toxiques, sont susceptibles de donner de l'alcool à la condition d'avoir au préalable fermenté et d'avoir été distillé.

 

D'une façon générale tous les composants de cet arbre sont amers, purgatifs et vermifuges mais … vénéneux à haute dose. Ses feuilles réduites en poudre étaient utilisées comme détergent et parasiticide.

 

Les noms de cet arbre sont nombreux. On trouve parmi eux … faux sycomore, laurier grec, lotier blanc, et … patenôtre, arbre saint, lilas sacré, arbre à chapelets.

 

En 1753 Linné lui a donné le nom botanique de : ''mélia azedarach''.

Azedarach serait la contraction de son nom persan ''azad dhirakt '' qui signifierait littéralement : ''arbre noble''.

 

Le mélia azedarach appartient à la famille des ''méliacées'' (meliaceae) qui compte une cinquantaine de genres et plus de 600 espèces. Le genre mélia ne répertorie qu'une dizaine d'espèces.

 

 

En Inde, le lilas des indes ou ''neem'' (Ghoda neem) sert à honorer la déesse Mariammin ou Mariamman.

 

Cette déesse était la femme du pénitent ou rishi Chamadaguini (Jamadhakini - Jamadagni). C'est elle qui enfanta Parusurama, la 6ème incarnation de Vishnu. (Rama à la hache)

 

Grâce à sa pureté Mariammin avait le don de transformer en boule, l'eau qu'elle allait puiser à la rivière voisine. Il lui suffisait ensuite de faire rouler cette boule d'eau jusqu'à la demeure familiale pour remplir ses jarres. A cause d'une pensée impure elle perdit ce don. Furieux son époux demanda à son fils de la tuer.

 

Comme pour Rāhu, Vishnu, ou plutôt son avatar Parusurama, le Rama à la hache, décapita Mariammin c'est-à-dire sa mère.

 

Bénéficiant d'un vœu cette dernière revint à la vie quelque temps plus tard mais … dans la précipitation elle se retrouva avec un corps qui n'était pas le sien mais celui d'une ''parachi'' (prostituée) ce qui la conduisit à répandre la désolation autour d'elle, surtout la variole.

De ce fait les fidèles de Mariammin ne vénèrent … que sa tête !.... (*)

 

Les cultes de Mariammin sont nombreux, surtout en Inde du Sud. Ils ont en commun l'emploi des feuilles de … margousier. Les feuilles qui servirent à Mariammin pour panser ses plaies.

 

Les gens de mer, les macquois en ont fait leur déesse et se couronnent de feuilles de margousier pour la fêter. Les parias qui la considèrent supérieure à Brahma font de même.

 

Lors des mariages, dans un but propitiatoire et de longévité pour les époux, un bambou, où son attachées des feuilles de kalianamourké (Erythrina indica) et de neem (margousier), est planté.

 

Pour se soulager, un malade peut se gratter avec des feuilles de margousier, et, son lit, sa maison, son toit, voire les habitats voisins sont tapissés de feuilles de margousier pour combattre la maladie et concourir au retour de la santé.

 

Dans le cas d'une naissance les feuilles de margousier sont aussi à l'honneur, c'est-à-dire très utilisées. Ainsi les adeptes de Krishna, les saki-bhavas pour fêter ce dernier, portent des parures féminines et tiennent des feuilles de margousier en mémoire des Gopis (bergères ou vachères) qui veillèrent sur l'enfance de leur dieu.

 

A Chiang-Mai le lilas des Indes ou  Sado (ต้นสะเดา) est un arbre qui a la réputation guérir et de veiller à la bonne santé.

 

 

(*) Les fidèles de Mariammin ne vénèrent que la … tête de la déesse !.... Elle est comme Rāhu dont ne peut vénérer que la tête, puisqu'il est sans corps.

Mariammin comme Rāhu sont priés, non pour obtenir des faveurs, mais pour leur demander de repousser la malchance, et d'éloigner les maux.

 

Nota bene : Le crataeva religiosa G. Forest (1786) qu'il est conseillé de planté à l'Est, une direction gouvernée par Budha (Mercure), est aussi l'arbre sacré de Rāhu et de Shiva (Çiva).

 

 

       

 

 

                        Le margousier ou margosier ou sadao (ต้นสะเดา) 

               1/ Les arbres – 2/ Ses feuilles  - 3/ Ses fleurs – 3 & 4/ Ses fruits.

 

               

 

Le Sud-ouest de Chiang-Mai et l'astrologie :

(La maison Kalê est une réplique de Chiang-Mai de ce fait le Sud-ouest de Chiang-Mai est symboliquement similaire au Sud-ouest de la maison Kalê.)

 

C'est la planète Uranus (ouranos) (มฤตยู) (*) ou la ''chhāyā grāha'' Rāhu, qui en Thaïlande porte le nom de Phra Rāhu (พระราหู), qui aspecte le Sud-ouest de Chiang-Mai.

 

A l'origine et en astrologie, Rāhu était (et est toujours) le nom donné au nœud lunaire montant. (**) Avec le temps Uranus s'est substitué à Rāhu mais sans le remplacer. Phra Rāhu, en Thaïlande, a toujours droit de cité et combien !.... (***)

 

En Inde Rāhu est un/une ''chhāyā grāha'' c'est-à-dire un ''saisisseur de l'ombre'', il appartient à la famille des Dānavās,  c'est donc un mauvais génie et un démon. Certains disent que son nom signifie, troubler, sorcier, magicien et magie.

 

Dans la mythologie occidentale Uranus est un tourbillon d'énergie. Il fut celui qui créa les premières ébauches de notre monde, c'est-à-dire des êtres difformes comme les Titans, mais aussi des créatures de rêve comme Aphrodite la grecque, que les romains appelèrent … Vénus.

 

Ses/ces créations sont inattendues et novatrices par rapport à leur époque.

 

Après avoir été pendant 2.160 ans environ (durée d'un mois galactique) dans l'ère des poissons, nous venons d'entrer, depuis un siècle ou deux, dans l'ère du verseau.

De ce fait, les grandes conquêtes ne passent plus par la mer, mais par l'espace. Le Verseau c'est la conquête spatiale, l'aéronautique, les transmissions, l'électricité, l'informatique, l'art abstrait et les recherches touchant au cerveau comme la psychiatrie, et la psychologie, pour ne citer que quelques uns des domaines les plus spécifiques à l'ère du Verseau.

 

Si nous semblons nous éloigner quelque peu de la maison Kalê c'est pour mettre en lumière le Sud-ouest de Chiang-Mai car Chiang-Mai – je le rappelle - est une maison kalê de grande dimension et vice-versa … tout est dans tout.

 

 

(*) Avant la description d'Uranus en 1781 par l'astronome germano-britannique William Herschel (1738-1822) le verseau  était alors ''gouverné '' par Saturne.

Uranus fut observé une première fois en 1690 et une seconde en 1712 par l'astronome britannique John Flamsteed (1646-1709) et par la suite par bien d'autres. Herschel est celui qui le premier en a donné une véritable ''description scientifique'', ce qui signifie qu'il n'a pas été le ''découvreur'' d'Uranus.

 

(**) Les nœuds lunaires correspondent aux points d'intersection entre l'orbite de la Lune et l'écliptique. L'écliptique est une trajectoire idéale correspondant au chemin apparent du soleil par rapport à la terre. La lune croise cet écliptique tous les 13 jours environ.

Les points d'intersection ou nœuds sont au nombre de deux. Ils sont censés, pour le nœud nord, ou montant, être la tête d'un dragon, et le nœud Sud ou descendant être la queue du même dragon.

Le nœud montant est appelé Rāhu ou Rāhula (a) que certains auteurs identifient à un autre asura ou démon, Svarbhānu, dont le nom signifie ''lumière du soma''.

 

Dans un premier temps Rāhu désigna les deux nœuds lunaires, le nœud ascendant, l'intersection nord, sous le nom de Rāhumukha et le nœud descendant sous le nom de Rāhupuccha. Le nœud descendant, ou queue du dragon, finira par être désigné sous le nom de Kêtu.

Cette ''évolution'' astrologique indienne est un héritage babylonien et grec du VIe siècle ; quant au dragon mangeur d'astres il a pour origine l'Iran.

 

(a) Il ne faut pas confondre le démon ou asura Rāhula avec le fils de Bouddha qui, avant de chercher l'éveil et de le trouver, eut pour épouse Yasodharā qui lui donna un fils … Rāhula.

 

(***) En Thaïlande, à Nakhon Pathom (นครปฐม) il existe un temple dédié à Phra Rāhu, c'est le Wat Srisa Thong (วัดศรีษะทอง). Il y a dans ce Wat la plus grande image de Rāhu de Thaïlande. ''On'' vient de partout lui offrir des offrandes pour lui demander d'écarter les échecs et les catastrophes.

 

Le 3 février 1997, un certain Thaksin Shinawatra, (actuellement en exil) qui a lancé le 1er satellite commercial thaïlandais, équipé en informatique nombre de ministères, est allé rendre hommage à Rāhu … par tradition aurait-il précisé car, selon lui, un homme de la … ''nouvelle génération'' ne croit qu'à ce qui peut-être prouvé.

Il faut croire qu'il attache beaucoup d'importance à la tradition car Rāhu l'aurait aussi protégé lorsque que son avion a explosé !... et en de maintes occasions !...

D'après notre ''Figaro'' du 29.11.2008 (Le journal) ''les astrologues (Thaïlandais) prétendent ''qu'il est possédé par Phra Rāhu''.

 

 

 

Après son éveil Bouddha médita durant 7 semaines. A chaque méditation il prenait place dans une direction bien précise, mais en faisant toujours face à l'arbre de la bodhi ou de l'éveil.

 

Le Sud-ouest, est une des trois directions avec l'Ouest et le Nord, où Bouddha ne soit pas allé méditer après son éveil ?!...

Cette direction ne serait-elle pas propice à la méditation ou au recueillement ?!...

 

Cinquante jours après son éveil Bouddha retournera sous l'Achapala Nikhrot (อชปาลนิโครธเจดีย์) ou ficus bengalensis, c'est-à-dire sous l'arbre de l'Est, la direction gouvernée par Budha (Mercure), lequel partage le mercredi (Les bouddhas de la semaine) avec … Rāhu (Uranus).

 

Sous cet arbre, le doute va l'assaillir, car Bouddha craint que sa doctrine ne soit pas comprise des hommes. Alors le dieu Brahma va descendre du ciel pour le persuader du contraire.

 

Convaincu Bouddha va chercher un auditeur… ''réceptif'' …, à défaut d'un auditoire, pour … ''tester'' sa manière d'enseigner. Le nom d'Alara Kalama, son premier maître, lui viendra à l'esprit. Mais ce sage est mort depuis quelque temps !... ainsi que tous ceux auxquels il va penser !...

En fin de compte, Bouddha va se décider pour un groupe de cinq moines, qui eux sont bien vivants. Il prendra alors la route du bois aux Gazelles où se tiendra son premier ''sermon'' public.

 

Une fois encore l'Est, gouverné par Mercure, est mis en valeur, mais quand il est question de Mercure, Rāhu n'est pas très loin car il est comme ''l'ombre'' de Mercure.

Toujours est-il que les textes sacrés et leurs auteurs font l'impasse sur le Sud-ouest. Il est vrai que cette direction n'a pas … ''bonne presse''. Ce serait même une direction, non seulement de mauvais augure mais … maudite, comme nous allons le voir.

 

Sous Tilokarāja (1441-1487) (พระจาติโลกราชะ) il existait au Chédi Luang une force de dissuasion impitoyable. Cette machine de guerre était constituée de 8 éléphants dotés chacun de super pouvoir … magiques ou … psychologiques.

 

L'éléphant du Sud-ouest ''Kongsenleng'' (ก๋องแสนแหล้ง), moyennant offrandes et formules magiques, était soi-disant capable de mettre en déroute plus de 100.000 hommes armés de fusils.

 

Nous allons voir que le Sud-ouest de Chiang-Mai est à éviter. Ses habitants en sont persuadés mais aussi tous les Bouddhistes theravadas venus d'ailleurs (Ayutthaya et Sukhothai) car … leur cosmologie est commune. Pour tous le Sud-ouest est synonyme de mauvais augure.

 

Du fait que les craintes des uns soient identiques à celles des autres je me demande si Chiang-Mai avait besoin de protéger son aire Sud-ouest lorsqu'elle était attaquée par Ayutthaya et/ou Sukhothai ?....

 

     


 

                                   Le ''Bastion Ku Rüang'' (แจ่งกู่เรือง)

                           (L'un des vestiges caractéristiques du Sud-ouest)

    1/ vu depuis l'Ouest. (Photo 2009) 2 & 3/ vu depuis le Sud (Photo 2010 – 2014).

 

 

 

Le Sud-ouest de Chiang-Mai et les temps anciens :

 

Dans la chronique du ''Mahātera Fa Bot'' (*), l'angle Sud-ouest est appelé ''săt'uăng P'ang Xeụ̈a T'ạo'' (**) c'est-à-dire l'angle du dignitaire de mauvaise race.

 

Puis suivent ces quelques mots ''les mandarins ne doivent pas y habiter, car s'y trouve le Kārakinni de la ville. ''.

 

Le Kārakinni ou Kālakinni (กาลกิณี ou กาลกรรณี) n'est rien d'autre que le mauvais génie de la ville de Chiang-Maï. Ces mots, se traduisent aujourd'hui par … malchanceux et malheur ?!...

 

Le Mahātera Fa Bot déconseille donc carrément de résider dans l'aire du Sud-ouest de Chiang-Mai car la présence du mauvais génie de la ville ne peut-être que préjudiciable ou néfaste à tous eux qui transgresseraient ce conseil, dignitaires comme esclaves, la classe la plus basse d'alors.

 

 

Aujourd'hui cet angle s'appelle le ''Cheng Ku Rüang (แจ่งกู่เรือง) ou Chaeng Ku Hueang'' (แจ่งกู่เฮือง) un nom qui lui vient d'une page d'histoire propre à la dynastie Mengraï, le fondateur de la ville.

 

Vers 1319 un certain Khun Kreua ou Gron (1273- ?...) (ขุนเครือ), un fils de Mengraï, s'empare du pouvoir en chassant son neveu, Saen Phû (1277-1327) (แสนภู). Il va régner sur Chiang-Mai sous le nom de Chao Khrüa (เจ้าขุนเครือ). Ce sera le 4ème roi de Chiang-Maï.

 

Cet usurpateur trompa son roi et sa famille à plusieurs reprises. Il aurait même vécu comme un débauché. Il fut renversé vers 1322 et arrêté en état d'ivresse, c'est-à-dire …après avoir …bu.

 

D'après les chroniques, il termina sa triste carrière … ''royale'' … emprisonné dans le Sud-ouest de la ville. Un fonctionnaire nommé Mün Ruang (หมื่นเรือง) eut la charge de le garder. Au décès de Mün Ruang les cendres de ce fonctionnaire furent mises dans une urne et enfouies dans l'angle Sud-ouest, d'où le nouveau nom de cet angle, l'angle Ku Ruang. (***)

 

Cette page d'histoire de la ville n'a pas été écrite pour rehausser la gloire du Sud-ouest, bien au contraire !...

 

Quant aux spécificités rattachées au Sud-ouest, le malheur et la malchance, elles ne sont pas sans faire cause commune avec … Phra Rāhula, d'autant qu'il y a une similitude entre Khun Kreua qui a triché pour être roi et Phra Rāhula qui a fait de même pour être immortel !... et la fin de leur action se termine par un acte d'ingestion.

 

Bref !... la boucle est bouclée et tout concourt à faire de cette aire une zone … maudite.

 

 

(*) La chronique du Mahāthera Fa Bot, traduite par Camille Notton (1881-1962), un anicien consul de Chiang-Maï, donne à penser que Mengraï aurait édifié Chiang-Maï, non seulement sur les ruines d'une ville Lua, mais pratiquement à l'identique de cette cité ?... ce qui n'est pas sans poser quelques questions ne serait-ce qu'au niveau de l'architecture.

(**) L'angle ''săt'uăng P'ang Xeụ̈a T'ạo'' se traduirait comme suit : săt'uăng = angle, P'ang = mauvais, Xeụ̈a = race et T'ạo = dignitaire. Cette langue à été adaptée au Thaï, car elle n'est pas d'origine Thaï mais du Nord. C'est du Yuon.

(***) ''Chaeng Ku Hueang'', se traduit comme suit : Chaeng (แจ่ง) (angle) Ku (กู่) (tombeau) Hueang (เฮือง) (déformation de Ruang).

 

 

     

 

 

    La porte Suan Pung (ประตูสวนปุง) ou la porte Saen Pung (ประตูแสนปุง) ?...

Photo 1 : A gauche Chiang-Mai intra-muros, à droite Chiang-Maï hors-les-murs. L'arbre Yang-Na (ยาง นา) ou diptérocarpus alatus Linn. est un arbre de bon augure.

Photo 3 : Une … ''boîte'' sortant de la porte Suan Prung pour le crématorium. En fait regardez bien la photo … Il est écrit sur le panneau affiché au mur … '' Pratu saen Prung '' et non ''Pratu Suan Prung !.... (Photo du 17.05.2014)

Nota : ปุง Pung s'écrit aussi ปรุง Prung … alors !...

 

 

 

Le Sud-ouest de Chiang-Mai et les temps présents :

 

Le Sud-ouest intra-muros :

Force est de constater qu'aujourd'hui encore, les conseils du Mahātera Fa Bot sont toujours suivis. L'angle Sud-ouest de Chiang-Maï n'est pas habité d'autant qu'un parc a été créé en cet endroit, le parc ''Nong Buak Hat'' (หนองบวกหาด).

 

Sur le plan ci-dessus, tout à côté du parc, figurent deux bandes blanches avec la lettre ''A''. C'étaient sur ces espaces que se trouvait une partie du marché aux plantes avant son déménagement à Kamthieng.

Il y a encore aujourd'hui quelques boutiques dont des marchands d'oiseaux et d'animaux. Petit à petit les boutiques qui se libèrent changent de destination (restaurants) et sont … habitées.

 

 

La porte Suan Prung (ประตุสวนปรุง) fait charnière entre l'aire du Sud et du Sud-ouest.

A l'origine de la ville cette porte n'existait pas. Elle aurait été percée pour deux raisons :

 

La première, pour permettre à ''Nang Chao Tiloka Chuta Ratcha Thewi'' (นางเจ้าติโลกจุฑาราชเทวี) la reine douairière, d'accéder directement au chantier du ''Ku Luang'', (*) depuis le village où elle habitait.

La seconde, parce que les cadavres quittaient la ville par la porte Chiang-Mai et que les dignitaires voyaient d'un mauvais œil ''leur'' porte utilisée à cet effet.

 

Il reste à savoir qu'elle est la véritable raison qui a conduit à ce percement, à moins que les deux justifications aient finies par n'en faire qu'une ?!....

 

 

Cette porte aurait été percée au décès du roi ''Sen Muang Ma'' c'est-à-dire vers 1410 à plus ou moins 10 ans ; et comme la reine douairière habitait un village qui s'appelait ''Ban Suan rae'' la porte fut appelée la porte Suan Rae (ประตุสวนแหร่ ou ประตุสวนแห่) c'est-à-dire la porte qui conduit au village du jardin (Suan) où arrivent les cortèges (Rae) ou défilés … macabres ( ?...)  (les cortèges et les défilés sont macabres.)

 

Aujourd'hui, tout au bout de cette porte il y a un lieu de crémation, le cimetière Huai Yong ''Susuan Huai Yong'' (สุสวน ห้วยยง) (**) qui pourrait correspondre au ''Suan Rae'' du village où résidait la reine ?!....

 

Par la suite la porte Suan Rae s'appellera la porte Suan Phung ou Pung, un mot servant à désigner un ventre, une caisse ou une boite de bambou. Par extension le mot s'appliquera à un … cercueil.

 

Ce serait alors la porte par où sortent les cercueils pour aller au lieu de crémation, la porte Suan Pung ?!...

 

Il n'y a pas si longtemps cette porte était encore appelée ''Porte Saen Pung'' (ประตูแสนปุง) (***) C'est-à-dire la porte (ประตู) des cent mille ou nombreux (แสน) … cercueils (ปุง) comme il est écrit sur la photo jointe, prise le 17 mai 2014.    

 

Le peuple, dont le parlé est plus direct, et qui appelle un chat … un chat, donna à cette 5ème porte le nom de la porte Phi (ประตุผี) c'est-à-dire la porte des esprits ou des fantômes ?!.... ce qui ne fait que renforcer l'aspect néfaste du Sud-ouest.

 

 

(*) Le roi ''Saen Muang Ma'' (แส้นเมืองมา) (1362/74-1385/88-1401/11), pour y déposer les cendres de son père, Chao Ku Na (เจ้ากืนา) (1327-1366-1387), entreprit la construction d'un ''Ku Luang'' (Un tombeau – grand et majestueux.). Comme il décéda avant la fin des travaux, ce fut sa mère, la reine douairière qui prit son relais.

Ce ''Ku Luang'' deviendra par la suite le ''Chédi Luang''.

(**) Pour en savoir plus, veuillez vous reporter à la chronique consacrée au Wat Chedi Luang 1ère partie classée dans ''Visites touristiques''.

(***) Entre ''suan'' (สวน) et ''saen'' (แสน) il y a quand même une différence phonétique, alors pourquoi un mot pour un autre ?....

A noter que cette porte n'a pas de génie protecteur mais … un arbre porte bonheur, un Yang Na ou diptérocarpus alatus Linn. Planté, sans doute, sous Kawila.

 

 
 

Le Wat Phuak Hong (วัด พวกหงส์)

Ce Wat devrait s'appeler le Wat Phuak Hongsa car son nom se traduit par le temple des hordes (Phuak - พวก) d'oiseaux mythiques (Hongsa - หงส์). (*)

 

La symbolique du nom fait référence à l'espace, et au sacré. Il est probable, si le temple a conservé son nom d'origine, que la mission des religieux du Wat était alors d'intercéder auprès des Hongsas lorsque le Kālakinni ou mauvais esprit, se manifestait.

 

Ces Hongsas étaient alors, en quelque sorte, comme une armée céleste dont le rôle était de maîtriser le Kālakinni (**) ?!...

 

 

(*) Le hongsa  (หงส์) désigne tout à la fois un oiseau mythique et un cygne. La ville Mône de Pégu, en Birmanie, porta le nom de Hongsawaddy, c'est-à-dire la ville des hongsas ou des oiseaux mythiques. Au Laos une province porte ce nom. (Les Môns auraient-ils installé des colonies jusque là ?...)

(**) Ce temple a été construit sous le règne de Mengraï. Lamphun (Hariphunchai) que Mengraï a conquise et brûlée était une cité Mône. Des religieux d'Hariphunchai ont très bien pu s'installer dans ce Wat. Mengraï venait de se … ''convertir'' !...

 

 

 

Le Wat  Muen Ngeun Kong (วัด หมื่นเงินกอง)

Anciennement : Wat Ma Yom Kogn (วัดมะยมกอง)

 

Ce Wat, dont le nom est de bon augure, est l'un des neuf temples (*) de Chiang-Maï pour faire un mérite et acquérir argent et prospérité.

 

Son nom précédent indique qu'il avait un rapport avec le dieu de la mort, Yom, dont on reparlera avec l'Ouest.

 

 

(*) Les neuf Wats sont : 1/ Wat Phai Dap – 2/ Wat Chiang Yuen – 3/ Wat Phra Singh – 4/ Wat Chédi Luang – 5/ Wat Duang Dee – 6/ Wat Chiang Man – 7/ Wat Loï Kroh (a)8/ Wat Chaï Mongkhon (a) et 9/ Mun Ngeun Kong.

(a) Ces deux Wats sont hors les murs, tandis que les autres sont intra-muros.

 

 

     


 

Photo 1 : Le Chédi du Wat Phuak Hong (วัด พวกหงส์) l'un des 3 Chédis de ce style à Chiang-Mai. (Photo 2009)

Photo 2 : L'intérieur du Viharn du Wat  Muen Ngeun Kong (วัด หมื่นเงินกอง).

Photo 3 : L'un des deux Norasinghs (นรสิงห์) du Wat Me Thang (วัด แม่ธัง) dont je n'ai pas eu la place de parler. (Photo 2009. Aujourd'hui en 2014 les couleurs ne sont plus).

  

 

 

Le Sud-ouest hors les murs : Berge Sud du Sud-ouest.

 

L'hôpital psychiatrique ''Suan Prung'' (โรงพยาบาลสวนปรุง).

Pour avoir construit ce grand hôpital de 34 hectares vers 1947, il y a fort à parier que les lieux devaient être … déserts. Crainte du Kālakinni (mauvais esprit) ou hasard ?....

 

En tout cas la psychiatrie relève de l'ère du Verseau et la crainte du Kālakinni avait … ''emjambé'' la douve. La construction de cet édifice, et non d'habitations, semble indiquer qu'il en est toujours ainsi non ?!...

 

Le parc Kanchana Phisek (กาญจนาภิเษก) (or : กาญจนา – jubilé : ภิเษก) (Le parc du jubilé d'or.) (Or : กาญจนา – jubilé : ภิเษก)

Ce parc de 16.000 m2 était un terrain vague, une décharge d'après certaines lectures, coincé entre l'hôpital et la voie rapide conduisant au centre commercial ''Airport Plazza''.

Aujourd'hui, depuis le 13 novembre 2013, c'est un lieu de promenade ou les coureurs à pied peuvent y trouver une piste métrée.

 

En fait l'endroit est surtout idéal pour découvrir, le rempart de terre, le fameux Kamphaeng Din, qui commençait à cet endroit, et la Mé Kha qui coule paisiblement à ses pieds et sort de terre. Encore un parc ?!...

 

 

(*) Le nom fait peut-être ( ?...) référence aux 60 ans de mariages du couple royal qui eût lieu le 28 avril 1950.

 

 

     


 

Photo 1 : L'hôpital psychiatrique ''Suan Prung'' et non ''Suan Pung''.

Photo 2 : Le Glacis ou mur de terre, derrière le mur, à gauche, l'hôpital.

Photo 3 : La Mea Kha sortant de terre. A droite le Glacis et au fond, entre la maison et le mur de terre, le bastion Ku Ruang, qu'on ne voit pas.

 

 

 

Le Sud-ouest hors les murs : Berge Ouest du Sud-ouest.

 

Là encore il n'y a pratiquement pas d'habitations, mais il y a des terrains de golfe, une école, et en bordure de route une station service.

 

Enfin, pour clore ce rapide tour d'horizon, à 2 kilomètres de là, toujours au Sud-ouest, a été mis en service vers 1921l'aéroport de Chiang-Mai (ท่าอากาศยานเชียงใหม่) (สนามบิน) d'une superficie actuellement de 1.605 hectares. Non seulement il est question de terrains libres, mais d'aéronautique et d'espace !... Ce qui correspond à la parfaite symbolique du verseau.

 

 

En conclusion :

La crainte du Kālakinni (mauvais esprit) ne s'est pas éteinte puisque de nos jours le Sud-ouest n'est habité qu'en périphérie.

Quant aux grandes installations elles font toutes références aux spécificités du signe du Verseau … l'aviation, la psychiatrie, le golfe etcetera.

 

     

 

Une question pour terminer : le trio d'éléphants, qui sont des animaux de bon augure, n'aurait-il pas été érigé pour … dé-exorciser le Sud-ouest ?...

 

Nota bene : par manque de place je n'ai pas pu tout écrire ce que j'avais à écrire mais je reviendrai sur ce Sud-ouest dans une autre chronique.

 

Pour lire la suite vous reporter à la rubrique

03 CULTURE & TRADITIONS – MAISON KALÊ (5/3 & 9/12)


                                           Jean de la Mainate - Merveilleuse Chiang-Mai - Mai 2014




20/05/2014
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