MerveilleuseChiang-Mai

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MANGOUSTAN (Le)

 

Mangoustan (Le) ou Mangouste (La)

En Thaï : (Mang-Koute - มังคุด)


  

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Le mangoustan, qu'il ne faut surtout pas confondre phonétiquement avec la mangue, (*) est un fruit tropical qui resta très longtemps dans l'ombre. C'est un Français, un missionnaire-explorateur, François Laurentier Garcin (1673-1751) qui fut l'un des premiers à en parler lors du XVIIe siècle.

 

 

(*) Les Thaïlandais prononcent le nom des deux fruits avec une différence sonore qui échappe souvent à une oreille occidentale peu exercée. Mais pour eux, ''mankoute'' et ''mango'' sont bien deux fruits différents !...

 

 

Il faudra attendre 1973, soit deux siècles plus tard, pour que le mangoustan soit mieux connu du grand public. Car c'est à cette époque que des chercheurs occidentaux s'intéressèrent à ses prétendus vertus médicinales.

 

 

Le mangoustan est un fruit produit par le mangoustan, ou le mangoustanier, ou encore le mangostan, la mangouste, le mangoustier, le mangostier, le mangostanier, et aussi le garcinia mangostana. Un arbre du genre des Garcinia et de la grande famille des clusiaceae ou guttiferae. Bref, l'arbre qui produit le mangoustan ne manque pas de noms. Et pour s'y retrouver, il suffit de le savoir.

 

La famille de cet arbre compte pas moins de mille espèces qui se répartissent en 40 genres et dont la particularité est d'être des plantes ''dicotyledones'' c'est-à-dire dont les graines sont formées de deux cotyledons.

 

Le mangoustanier est un arbre tropical originaire d'Asie du sud-est, et plus particulièrement de java, Bornéo, et d'Indochine, y compris la Thaïlande et la Birmanie et, du Sri Lanka.

 

Il a été introduit en l'île de la Réunion en 1753, et au cours du XIXe siècle aux Antilles et en Amérique du sud. Des terres en zones ''ultra-tropicales'' particulièrement chaudes et humides.

 

Car cet arbre ne se sent bien qu'entre 4°C et 38°C, en dessous de 4°C il ... ''gèle'' et meurt ... de froid. Sa pluviométrie, c'est-à-dire la quantité d'eau tombant sur un mètre carré lors d'une année, doit se situer entre 1 mètre 20 et 2 mètres 50. C'est dire combien elle est importante.

 

Et, comme si ces conditions ne suffisaient pas à décourager les horticulteurs pour le cultiver, le mangoustanier a besoin d'une période sèche, variant entre un et trois mois, pour entrer en floraison.

 

Il est à noter que toutes les tentatives pour le faire pousser au nord d'une latitude de 20° ont échoué. (*)

 

Tout comme ont échoué toutes les tentatives de bouturages, de greffages ou de culture in vitro. (**)

 

Autrement dit, le mangoustanier a conservé ses caractéristiques d'origines et n'a évolué que de conserve avec la nature, sans que la main de l'homme y fut, et y soit pour quelque chose.

 

(*) Chiang-Mai se situe à 18° de latitude nord et je n'ai pas trouvé de mangoustanier dans ses environs, sauf des plans au grand marché aux fleurs.

Les mangoustans vendus à Chiang-Maï viennent de Surat Thani, (สุราษฎร์ธานี)

(**) Il y aurait une exception qui confirmerait cette règle. En effet, un Tahitien du nom de Talo Pambrun aurait, et après de nombreux essais, réussi la première greffe de mangoustan, alors que pour de nombreux botanistes ce genre d'exploit était ... impossible.

C'est le site Web www.tahitiheritage.pf/fiche-mangoustanier-83.htm, qui donne cette information que je retransmets ... sous toutes réserves.

Cet arbre, qui produirait encore chaque année des fruits, se situerait à Tetavake dans la commune de Punaauia, sur l'île de Tahiti ; une des îles du vent de l'archipel de la société en Polynésie française.

 

Pour toutes les raisons qui précèdent, et celles que je vais évoquer, le mangoustanier vit une vie à part des autres arbres fruitiers des régions tropicales.

 

En effet, c'est un arbre qui prend du temps au temps et qui ne répond pas vraiment aux us et coutumes des hommes des pays tropicaux qui sont habitués à, ''l'ici et le maintenant'', c'est-à-dire à l'immédiateté de l'instant présent.

 

Ainsi par exemple, il n'est pas rare qu'un cultivateur du sud-est asiatique fasse trois récoltes de riz par an. Or le mangoustanier ne donne ses premiers fruits qu'après une vingtaine d'années et, quand il veut bien en donner ?!...

 

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    Mangoustaniers pris au parc Rachapruek           Photo venant du site   Un plant de mangoustaniers de quelques

                de CHIANG-MAI                                       www.tahitiheritage                      en vente sur le marché  

                                                                                                                                Kam Thieng (ตลาดคำเที่ยง)

                                                                                                                  

                                                         

Cet arbre qui ne se reproduit que par semis, met trois ans pour atteindre une trentaine de centimètres. Ensuite le cultivateur devra attendre entre six ou quinze ans, voire dix ou vingt ans, c'est-à-dire une génération d'hommes, pour cueillir ses premiers fruits ; à la condition bien entendu que l'arbre daigne fructifier. Ce qui n'est pas toujours le cas !...

 

Alors, et s'il donne des mangoustans, ce seront entre 500 et 1.500 mangoustans par an et par arbre que pourra récolter l'heureux descendant de l'ancien propriétaire du mangoustanier.

 

Un mangoustanier de trente ans peut donner jusqu'à 2.000 fruits et atteindre plus de 25 mètres de haut.

Si j'écris, ''l'heureux propriétaire'' du mangoustanier, c'est parce que, et pour toutes les raisons que j'ai évoquées, les ''mangoustaneraies'' n'existent pas. La culture à grande échelle est à inventer.

 

En effet, les années nécessaires pour conduire à la fructification d'un mangoustanier, et le comportement incertain de cette dernière, font que cet arbre fruitier est resté un arbre de cours, de haies et de vergers, comportant différentes espèces d'arbres fruitiers.

 

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                  Cette photo vient du site www.tahitiheritage.  Un mangoustan sur un étal de Chiang-Maï

 

 

Le mangoustan se présente sous la forme d'une petite mandarine, ou d'une grosse clémentine, variant entre un diamètre de trois à sept centimètres. Il est de couleur pourpre-violacée, plus ou moins foncée, et chapeauté par collerette de quatre espèces de pétales durs, qui fait un peu carton-pâte de couleur vert bouteille.

 

Une écorce, ou péricarpe, relativement épaisse, coriace et dure mais qu'on peut rompre comme du pain, protège la pulpe du fruit. Ce péricarpe s'écrase légèrement sous la pression des pouces, mais finit par se fendre, sans effort particulier, pour laisser apparaître l'arille, et la dégager.

 

Cette écorce a un goût âcre. Elle émet une substance rougeâtre qui tâche et laisse une mauvaise sensation sur le bout des doigts, mais qui part au premier lavage des mains.

 

 

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La pulpe, ou l'arille, se présente comme une clémentine, à la différence qu'elle est blanche et laiteuse.  Elle se compose de quatre ou six tranches, dont certaines renferment une graine aplatie, qui colle à l'arille, grosse comme l'amande d'une prune.

 

On peut dire aussi que la pulpe ressemble à une tête d'ail de  quatre ou six gousses.

 

 

Le goût de cette pulpe est agréable, et même très agréable. Personnellement c'est le fruit exotique que je préfère. Il se mange nature. Mais il peut être associé à de nombreux desserts froids.

 

 

Le mangoustan est riche en glucide, vitamine C, calcium, magnésium et potassium. Et curieusement, pour les personnes diabétiques, il paraîtrait, qu'au lieu d'augmenter leur taux de sucre, il le diminuerait ?!...

 

Son écorce, les feuilles de son arbre  et le coeur de son bois pris en décoction ont la réputation de soulager les douleurs abdominales, de traiter les diarrhées, les troubles cutanés, et cardio-vasculaires ?!...

 

En Thaïlande, cette pharmacopée est utilisée pour traiter les blessures, la malaria, les infections urinaires, (syphilis - gonorrhée), les problèmes de peau, psoriasis eczéma, et j'en passe. C'est presque un remède miracle ?!....

 

 

Bref, le mangoustan serait comme la panacée indispensable à chacun pour vieillir et mourir en bonne santé. En effet, Il ralentirait le vieillissement, et aiderait à prévenir les maladies dégénératives grâce aux antioxydants (*) qu'il contient.

 

(*) Les antioxydants sont des agents, ou des molécules, (vitamines A, C, E etc�) qui protègent les cellules du corps humain contre leurs propres déchets ou des déchets venant de l'extérieur. (Fumées � poussières et autres !...)

Ils ralentissent la dégradation des aliments et de certains composés organiques, dues aux effets de l'oxydation. Et, par la même occasion, ils ''dérouillent'' nombre d'organes du corps humain en s'attaquant, par exemple et entre autres, à leurs graisses et au cholestérol qui se dépose sur les parois des artères.

 

 

Le fruit le plus riche en antioxydants, connu jusqu'à maintenant, était la prune. Ce fruit compte 5.770 unités d'antioxydants pour 100 grammes de fruit. Le mangoustan, d'après deux études et selon chacune d'elles, en aurait, respectivement 17.000 et 24.000 pour 100 grammes ?!... soit quatre fois plus que la prune, d'après la deuxième étude !....

 

 

Mais, si la pulpe du mangoustan requiert nombre de propriétés thérapeutiques, c'est son écorce qui recèle une grande variété de vertus médicinales, car elle contient une très grande concentration de xanthones. (*)

 

 

(*) Les xanthones qui sont à ne pas confondre avec les xanthomes (Petite tumeur cutanée ou sous-cutanée constituant un dépôt de cholestérol.) sont comme des ''super-antioxydants'' qui appartiennent à la famille des phytonutriments (éléments chimiques contenus dans l'alimentation.) dont nos cellules ont besoin pour assurer leur métabolisme, dans les meilleures conditions.

 

 

Il existerait 200 types de xanthones. Les scientifiques en aurait trouvé plus de quarante dans la seule écorce du mangoustan. Ce serait l'aliment qui en contiendrait le plus au monde.

 

Une société américaine aurait commercialisé un jus de mangoustan à base de cette écorce. Ce serait comme la potion magique du XXIe siècle ?!....

 

Car cet élixir aurait des vertus anti-inflammatoire, antispasmodique, diurétique, antiseptique, j'en passe et des meilleurs.

 

Il s'appellerait le ''XanGo'', serait présenté sous forme de liquide et serait naturellement délicieux ... ce qui est loin d'être le cas de l'écorce du mangoustan goûtée à même le fruit.

 

 

En résumé, le mangoustan est un fruit détonnant, étonnant et, qui n'a pas fini de nous étonner. Il serait donc dommage de s'en priver d'autant qu'il est excellent, succulent, savoureux, exquis et que sais-je encore  !...

 

  

 



09/05/2010
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