MerveilleuseChiang-Mai

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MENGRAÏ - 15 C- Des dessous ... Invasions de la Birmanie 1

 

 

 

Brefs résumés des trois campagnes mongoles, en Birmanie ou Indochine de l'ouest, dont les deux dernières se font sous la bannière Chinoise.

 

 

 

                              PREMIERE PARTIE

 

Rappels :

 

1/   

 

Depuis 1253, l'armée mongole occupe le royaume de Dali, (*) et en 1257 elle termine de ''pacifier'' le reste du Yunnan où vivent un grand nombre de tribus restées indépendantes ; et qui le resteront, plus           ou moins, malgré cette ''pacification'' !....

 

Ces contrées sont alors comme un état tampon entre la Chine du nord, dirigée par Khoubilaï Khan, et le royaume de Pagan ou la Birmanie, à la tête duquel se trouve le roi Narasîhapati. (a)

 

En 1258, Dali accepte un protectorat Mongol et finira avec le reste du Yunnan par être annexé à la Chine !...

 

(*) La ville de Dali ou Tali, a été prise le 7 janvier 1253.

 

 

2/   

 

A Pagan, en 1256, suite au décès du roi Uzana (1250-1256) (b) ses ministres, sur les conseils du premier d'entre eux, Yazathinga ou Râjasamkrama, décident d'écarter du trône l'héritier officiel, Thihathou ou Sihasũra. (c) Et pour être sûr, qu'un jour ou l'autre, ce dernier ne revendique pas ses droits, ils le tuent. Puis, ils intronisent à sa place son jeune frère, un certain Khvé-djé, (d) âgé d'environ quinze-seize ans et né d'une concubine de second rang.

 

À son avènement, ce Khvé-djé prend le nom de Narathihapate ou Narasîhapati. Il est aussi connu sous
le sobriquet de ''Tarukphyi'' ou ''Tarup-pré-min'' ou encore ''Tayoke Pyay Min'' ce qui signifie, ''Celui qui fuit devant les Taruk'', c'est-à-dire … les Mongols, et par voie de conséquence … les Chinois.

 

 

 

1259 : 1ère incursion mongole en territoire Birman.

 

 

Préléminaires :

 

 

1271 :

 

A la demande de Khoubilaï Khan, qui n'est empereur que de la Chine du nord et toujours en lutte avec les Song de la Chine du sud, les gouverneurs de Dali (Tali), la capitale du Yunnan de l'ouest, et de Yunnan-fou (Kunming), la capitale du Yunnan de l'est, confient à K'i-t'ai-t'o-yin, en qualité d'ambassadeur, la mission d'aller à Pagan pour demander au roi Narasîhapati de faire acte d'allégeance au grand Khan. (e)

 

Narasîhapati refusera de le rencontrer.

 

L'ambassade retournera en Chine en compagnie d'un fonctionnaire birman, Kat Noou-k'iepo, porteur d'un message d'amitié pour Khoubilaï Khan.

 

Aux écrits de certains commentateurs, ce serait la première fois que des émissaires ''Chinois'' se seraient rendus en Birmanie depuis le VIIè siècle. ?!...

 

 

1273 :

 

Khoubilaï Khan envoie une nouvelle ambassade, auprès de la cour de Pagan. Elle est encore dirigée par le même chef de mission, K'i-t'ai-t'o-yin.

 

Cette fois, il vient demander à Narasîhapati, en plus de sa soumission, d'envoyer à Pékin ses fils, ses frères et des grands fonctionnaires !... (f)

 

Non seulement la demande de Khoubilaï Khan restera lettre morte, mais ses envoyés ne rentreront pas à Pékin.

 

Selon certains auteurs, et les chroniques de Pagan, sous prétexte que le chef de cette ambassade lui aurait manqué de respect, (g) Narasîhapati l'aurait fait mettre à mort ainsi que tous ceux qui l'accompagnaient.

 

D'autres auteurs, comme Georges Cœdès, émettent l'hypothèse que cette ambassade aurait pu être attaquée lors de son retour quelque part dans le Yunnan, alors en cours de pacification. ( ?!...)

 

Toujours est-il que Khoubilaï Khan, prend acte de l'événement et qu'il le considère comme un camouflet. Mais il décide de remettre à plus tard sa réponse, …ou sa vengeance !....

 

 

1275 :

 

Au nord-est du royaume de Pagan, l'un de ses vassaux, A-Kouo ou A-ho, un chef Pai-i (Pa-y) d'une des tribus Zerdandans, ou des dents d'or (h), sentant le vent tourner, manigance (i) et se met au service des Mongols pour participer à la mission chargée d'enquêter sur la disparition de la fameuse ambassade.

 

Puis A-Kouo pousse ses pions, et finit par se mettre sous la protection des Mongols, en entraînant à suite d'autres chefs de tribus Pai-i ou Pa-y.

 

 

1277 : (Mars)

 

Les Birmans n'entendent pas perdre leur suzeraineté et envahissent les terres des félons pour les ''remettre au pas''.

 

Pour bien montrer que ce sont eux les maîtres des lieux, et non les Mongols, qui déjà leur ont ravi la suzeraineté de Dali, ils viennent en nombre et en force. Puis ils installent, tout au long d'une ligne de démarcation, à défaut de frontière,   (j) qui allait de la ville de T'eng Yue à celle de Young T'chang, plus de trois cents postes fortifiés. Palissadés disent les chroniques ?!...

 

A-Kouo et ses pairs, acculés, appellent à l'aide Pékin, qui demande alors aux garnisons locales, celles des villes de Dali et de Yunnan fou, la future Kunming, d'intervenir. (k)

 

 

 

Annotations concernant cette 1ère partie.

 

 

(a)   Le nom du roi Narasîhapati, peut aussi s'écrire, Narapatisitchu, Narapatijayasûra Jayasûra II … entre autres.

 

 

(b) Le roi Uzana (v.1218-1250-1256) est mort piétiné par son éléphant au cours d'une partie de chasse.

 

Alors qu'il chassait à dos d'éléphant, assis dans une nacelle, ou howdah, son animal fut attiré par une femelle sauvage en rut. Et celui-ci, n'écoutant que son instinct, fit rompre son attelage et tomber au sol tous ses occupants. Devenu comme fou, l'éléphant piétina alors, et entre autres, son auguste passager, qui trouva la mort au cours, ou à la suite, de cet accident.

 

 

(c)   Le frère aîné de Narasîhapati, porte aussi les noms de Thihathou, Sihasũra, Naratheinkha, Narasingha, et là encore … entre autres ?!...

 

 

(d)  Ce surnom lui avait été donné à sa naissance par son père, Uzana. Il pourrait se traduire par ''ma petite crotte de chien''.

 


(e)   Cette demande de tribut aurait été suggérée aux gouverneurs mongols, qui en ont référé à Khoubilaï Khan, par un chef de tribu Pai-i ou Pa-y ?!....

 

Peut-être était-ce A-Kouo ?!... Mais je n'ai pas réussi à le savoir. Si tel était le cas, il devait particulièrement en vouloir à Narasîhapati.

 

Les Pa-y et Si-ngo comptaient parmi les 37 tribus soumises à Dali (Tali) et occupaient les terres ayant Kiang-Tchouen comme centre administratif.

 

C'était donc un territoire limitrophe de la Birmanie (Mien-tien en Chinois) et de Muong-Lai. Et ils devaient être chez eux au Yunnan comme dans le nord de la Birmanie. Ils étaient d'ailleurs d'origine Birmane et se servaient des caractères birmans pour leurs actes officiels.

 

Ils ont donc fait acte d'allégeance à Khoubilaï Khan vers la fin de 1276 ou le début 1277.

 


(f)    Un tribut, outre des biens matériels comme de l'or de l'argent voire des vases ou tout autre objet de valeur ou de nécessité se composait aussi d'une dotation humaine.

 

Ces hommes étaient appelés à servir dans l'armée du suzerain, voire à participer à des travaux ou encore à ''nourrir'' culturellement et intellectuellement l'élite de la cour, et vice versa.

 

C'était donc aussi une manière de former les cadres de l'époque, selon le ''modèle'' chinois.

 

 

(g)  A-Kouo trahit tout simplement son suzerain, Pagan. Car il va donner au gouverneur du district de Kien Ning, dans le Yunnan, Ho T'ien-Tsio, les trois routes qui permettent de traverser les montagnes, c'est-à-dire la chaîne des plateaux Shan, qui séparent le Yunnan de la Birmanie ou, du royaume de Pagan.

 

Ces trois routes, dont l'une passe par la passe de T'ien-pou-ma, et l'autre par celle de P'iao Tien, la troisième longe la rive gauche du Nam-ti et du Taping, aboutissenttoutes à Kaung-Sin où se déroulera la fameuse bataille de Ngasaunggyan. Une ville ''tête de pont'', comme l'appelle les chinois, qui se situe en aval de Bhamo.

 

 

(h)  Le protocole de Pagan, pays bouddhiste par excellence, exigeait, comme quand on pénètre dans un temple pour rendre hommage à Bouddha, que tous ceux qui rendaient visite au roi, considéré comme un dieu vivant, retirassent leurs chaussures.

 

Le chef de l'ambassade Sino-mongole aurait refusé de le faire. Alors lui et les siens seraient passés de vie à trépas, pour ne pas avoir voulu se plier à cette exigence … toute protocolaire.

 

 

(i)    Le nom de dents d'or vient du fait que ces gens se couvraient les dents de plaquettes en or qu'ils pouvaient retirer en cas de nécessité, comme par exemple, pour manger. Ils étaient de la même race que les Pai-i(s) ou Pa-y(s).

 

 

(j)    Les frontières sont un concept typiquement européen (Lire J.J. Rousseau), que les asiatiques n'incorporeront à leurs cultures qu'au cours de la colonisation, c'est-à-dire vers 1850, avec l'arrivée des Français et des Anglais.

 

Dans le cas présent, les espaces ne manquent pas et les limites des territoires, des uns et des autres, varient selon leurs besoins du moment.

 

Il n'y a pas de ''borne'' mais un coteau, une rivière et de nombreux éléments naturels, qui servent à délimiter approximativement l'espace dont ont besoin les différentes tribus. Et entre les espaces de chacun il y a très certainement des espaces qui n'appartiennent à personne !...  

 


(k)   J'ai trouvé à la Bibliothèque nationale le texte suivant, écrit en ''Pa-y'' :

 

 

      

 

… et dont la traduction est …

 

''Nous prions de nous faire restituer Man-mo (*) et quelques autres lieux qui nous ont été enlevés afin que nous puissions en toute liberté porter notre tribut à l'empereur '' (B.N.relevé Stanislas Julien n° 986).

 

S'agit-il de l'appel au secours de A-Kouo bien qu'il soit daté du XVIè siècle ?... J'en doute … mais !...

 

(*)   Man-mo n'est autre que la ville de Bamo ou Bhamo sur la rivière Tapan, la ''porte'' par où passe la route entre la Birmanie et le yunnan.

 

 



27/01/2010
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