MerveilleuseChiang-Mai

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MENGRAÏ - 15 C- Des dessous ... Invasions de la Birmanie 5

 

Brefs résumés des trois campagnes mongoles, en Birmanie ou Indochine de l'ouest, dont les deux dernières se font sous la bannière Chinoise.

 

 

 

 

                  CINQUIEME ET DERNIERE PARTIE

 

 

1300 : 5ème intervention mongole en territoire Birman.

 

 

Pour clore ces chroniques sur les campagnes Sino-mongoles en Birmanie, il reste à consacrer quelques lignes à la quatrième et dernière d'entre elles. Celle    qui eut lieu en 1300.

 

Elle est un peu ''hors sujet'' par rapport au règne de Mengraï, mais elle permet de conclure une page d'histoire et de la tourner.

 

Car cette campagne n'a plus pour objet d'attaquer le royaume de Pagan, mais de le défendre.

 

En effet, la Chine devenue alors suzeraine de Pagan va venir à son aide et remplir, ce faisant, ses devoirs de suzerain. C'est donc vraiment une autre page d'histoire qui va s'écrire. (a)

 

 

Cette fois, Esen Timür (b) n'a pas à demander à son grand-père, Khoubilaï Khan, l'autorisation de lancer cette nouvelle campagne. Car c'est lui qui est alors à la tête de l'empire Chinois, (1294 à 1307) et c'est lui qui va prendre toutes les décisions la concernant.

 

Au départ, il s'agit de punir trois frères qui ont bafoué l'autorité de Pékin. Et de faire un exemple pour ceux qui auraient eu l'intention, pour une raison ou pour une autre, de s'en prendre à un vassal du céleste empire.

 

 

En 1298, ces trois frères shans, ont mis sur le trône de Pagan, un bâtard de leur prochaine victime, alors âgé de seize ans, Zo-nit qu'ils manipulent à loisir.

 

Puis après avoir gardé en captivité onze mois durant, le roi de Pagan Kyozwa (c) et son fils, Simhapati, le prince héritier, tous deux investis par Pékin, ils les ont tués.

 

Kumârakassapa, un fils de Kyozwa le détrôné et un des rescapés du massacre qui a accompagné son arrestation, est alors allé demander justice au gouverneur de Yunnan fou, qui en a référé à Pékin. (d)

 

La réponse de Pékin ne s'est pas faite attendre. Courant 1299, dix mille hommes, douze mille si besoin était, sont ''alloués'' pour cette entreprise.

 

Et à l'automne 1300 c'est le départ pour aller assiéger les trois villes, dont sont gouverneurs chacun des frères, et où ils se sont réfugiés et retranchés.

 

      

Comme les précédentes, cette dernière campagne coûtera encore de nombreuses vies, et s'éternisera sans que la Chine y trouvât un quelconque intérêt.

 

Surtout, elle se terminera … en eau de boudin. Car l'état major des Sino-mongols va se laisser corrompre par ceux qu'ils étaient venus combattre. (e) Mais là, c'est une autre page d'histoire et une autre histoire !...

 

 

 

Annotations concernant la 5ème intervention mongole.

 

 

(a)  Le successeur de Narasîhapati, son fils Kyozwa, (1287-1298) qui deviendra après sa mort Kyozwa le détrôné pour ne pas être confondu avec le roi Kyozwa 1er, (1235-1249) consacrera nombre de ses efforts à tenter de reconstituer le royaume de Pagan, mais en vain.

 

La Chine qui n'avait pas intérêt à voir renaître la puissance de Pagan, conformément au vieil adage, ''diviser pour régner'', jouera alors un double jeu.

 

Ainsi, en 1298, un an après avoir reçu le fils de Kyozwa à Pékin, Simhapati, (Seng-Kia-pa-ti) en signe d'allégeance, elle accordera son investiture à Kyozwa, et le titre de prince héritier à son fils, mais aussi une   ''tablette de tigre'' à l'aîné des trois frères shans, Asamkhaya. (*)

 

Ce qui était, pour Asamkhaya, comme un encouragement à faire cavalier seul par rapport à Pagan !....

 

Par ailleurs, elle recevra des ambassades talaings, qui sans aucun doute venaient chercher son appui pour résister à Pagan en cas de besoin.

 

Elle laissera aussi les principautés t'aïes ''prospérer''.

 

Autant dire que ses actions, ou son laisser-faire, ne pouvaient que nuire aux ambitions de  Kyozwa.

 

(*)   Ce que la Chine n'avait pas prévu, c'était qu'Asamkhaya, ambitionnait le trône de Pagan, comme nous allons le voir.

 


(b)  L'empereur de Chine mettra à la tête de ses troupes quatre commissaires impériaux, (tin-tchang), qui furent, Sam-tichin, Yau-toi, Mauta et Mau-ra-pit.

 

 

(c)    D'après les chroniques birmanes, Kyoswa le détrôné aurait été la victime d'un complot à l'initiative de la reine douairière, Mi-paya-ço, la première reine de Narasîhapati.

 

Kyoswa, qu'elle avait aidé à hisser sur le trône, aurait eu le tort, au fil des mois, de la consulter de moins en moins souvent, pour gouverner.

 

Elle en prit ombrage. Et comme pour se venger, avec quelques complices dont les frères shans, elle envoya Kyozwa droit dans un traquenard, en l'encourageant à se rendre dans ses états du nord pour se consoler de la perte de ses provinces du sud.

 

Kyozwa suivit son conseil. Mais dès son arrivé à Myin-saing, il aurait été arrêté, rasé, revêtu d'un froc de moine et gardé prisonnier dans un monastère.

 

 

(d)    Selon un autre texte, un fils de Kyozwa le détrôné Kumârakassapa (*) serait allé directement à Pékin demander vengeance.

 

Et, d'après le rapport rédigé par les autorités chinoises, suite à sa déposition, ce n'est pas Kyozwa qui est ''monté'' dans les états shans, mais trente mille hommes, commandés par les frères shans, qui, en 1297, sont descendus sur Pagan et l'on incendié.

 

Kyozwa ainsi que deux de ses fils, Simhapati le prince héritier, et Tchao-ki-li-t'chao p'ou, sont alors emmenés prisonniers à Mying-saing en terres shanes.

 

Puis après environ onze mois de captivité, le 10 mai 1298, Kyozwa est exécuté par strangulation.

 

 

À Pagan, un bâtard de Kyozwa, âgé de seize ans Zo-nit ou Mang Lulang, qui n'a aucune légitimité, est alors mis sur le trône.

 

A Pékin,  le 22 juin 1300, Kumârakassapa (*) est élu roi de Pagan. Et une armée de 10.000 hommes s'apprêtent à aller demander des comptes aux trois frères shans.

 

(*)   Kumârakassapa, est appelé par les Chinois, K'ang-ki-nong-kou-ma-la-kia-che-pa ou encore kou-ma-la-kia-che-pa-sou-tan-pa-t'chö-li.

 

 

(e)   Le siège des trois villes dont sont gouverneurs les frères shans va durer tout l'hiver 1300-1301.

 

Puis, alors que les frères shans sont à deux doigts de se rendre, soudainement, les chefs de l'état major Sino-mongol décident de lever le siège. Les prétextes sont, que leurs hommes sont à bout de force, et que les fièvres et autres maladies vont s'abattre sur eux avec l'arrivée de l'été, et décimer leurs troupes.

 

 

En fait, il s'avéra que les trois frères, au moyen de 2.200 taels d'argent et 800 d'or, ce qui équivalait à 80 kilos d'argent et 30 kilos d'or, avaient corrompu certains membres de l'état major Sino-mongol !...

 

 

Une enquête sera menée, et tous ceux qui se sont faits corrompre seront punis, voire tués.

 

Les uns y laisseront leur tête, et les autres leurs biens sans jamais plus pouvoir prétendre à une fonction impériale.

 

Et les ''choses'' en resteront là !...

 

Zo-nit ou Sawhnit, restera sur le trône pendant 27 ans, de 1298 à 1325.

 

Son fils Zo-moun-nit ou Sawmunit, lui succédera en 1325 et s'éteindra en 1368 après 43 ans de règne, sans que Pékin ne trouvât à redire !... 

 

      

Quant à la province … Birmane elle a été abolie le 4 avril 1303 !....

 

 

 

Nota : Les dates, et surtout les noms, m'ont donné beaucoup de soucis. Mais je pense avoir été suffisamment vigilant pour n'avoir laissé passer aucune erreur. Cependant si ce n'était pas le cas n'hésitez pas à m'en faire part.


Liste des ouvrages consultés en plus des livres habituels :

 

 

1.-   L'EMPIRE DES STEPPES, Attila, Gengis-Khan,Tamerlan par :

       René GROUSSET (1885-1952)

       Editions Payot, Paris, 1938, quatrième édition, 1965,

 

2.-   Etudes indochinoises – La fin de la dynastie de Pagan de :
       Edouard Huber - BEFEO - 1909 vol. 9 n° 9

 

3.-   La frontière sino-annamite, description géographique et ethnographique

        d'après des documents officiels chinois traduits pour la première fois par :

       Gabriel Devéria (1844-1899)

       Editions Leroux, Paris, 1886

 

4.-   Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers

        Tome 2, de : Henri Cordier.

        Librairie Paul Geuthner 13, rue Jacob Paris VI è

 

5.-   Nouvelle géographie universelle : la terre et les hommes. Vol. 8 / par : Élisée Reclus (1830-1905) Hachette (Paris) - 1876-1894

 

 

 

      



27/01/2010
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