MerveilleuseChiang-Mai

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MONUMENT DE LA DEMOCRATIE 01 (Naissance de l'idée de la démocratie)


MONUMENT DE LA DEMOCRATIE (1)

อนุสาวรีย์ประชาธิปไตย

 

L'idée de la démocratie et le premier coup d'état.

(24 juin 1932 ou 24 เดือนมิถุนายน 2475)

 

 

C'est en France dans les années 1920, que des universitaires Siamois gagnés par des idées nouvelles, commencent à parler de constitution et de monarchie constitutionnelle. (*)

 

Ils créent à Paris en 1924 une association qu'ils appellent ''S.I.A.M.'' ce qui signifie : association ''Siamoise Intellectuelle et d'Assistance Mutuelle.''

 

Ce serait au sein de cette association et dans quelques cafés du quartier Latin, voire dans un hôtel de la rue Sommerard près de la Sorbonne, que se serait alors élaborée l'idée de la mise en place d'une monarchie constitutionnelle au Siam.

 

L'idée d'une république allait, vraisemblablement, à l'encontre du respect que ces universitaires issus de la bourgeoisie siamoise avaient pour leur roi. Ce qu'ils voulaient c'était le partage du pouvoir, comme nos bourgeois de 1789 et rien d'autre … dans un premier temps ?!...

 

 

     

 

 

(*) Parmi ces universitaires il y avait :

 

A gauche : Pridi Banomyong (1900-1983) (ปรีดี พนมยงค์) qui étudia le droit à Caen et à Paris.

Au centre : Plaek Phibunsongkhram (1897-1964) (แปลก พิบูลสงคราม) qui assura sa formation militaire à Poitier et à Fontainebleau.

A droite : Khuang Aphaiwong ou Abhaiwong (1902-1968) (ควง อภัยวงศ์) à Lyon.

 

Tous les trois deviendront ''Premier ministre''.

 

 

 

En mai 1927, de retour au Siam, leurs idées trouvent un terrain social favorable.

 

Le riz a augmenté de 60%, les terres de 90%, par contre non seulement les traitements et les salaires des fonctionnaires ont été réduits mais ils ont été assujettis à un impôt.

 

Quant au budget de l'armée en trois ans ses crédits ont été amputés de … 40%. Ce qui fait beaucoup de mécontents sans parler de tous les fonctionnaires qui se sont retrouvés au chômage pour des raisons de contraintes budgétaires.

 

Alors ces universitaires venus de France et ces ''mécontents'' du système fondent le ''parti du peuple'' (คณะ ราษฏร) un parti qui n'avait de ''peuple'' que le nom puisque ses membres étaient pour moitié de jeunes fils de la bourgeoisie et pour l'autre moitié de jeunes militaires issus aussi, pour beaucoup, de la bourgeoisie et des milieux chinois.

 

Le 24 juin 1932, profitant de l'absence du roi de sa capitale, tous ces gens, une centaine environ, 114 d'après un texte, de conserve accomplissent leur coup d'état.

 

Un coup d'état qui met fin à la monarchie absolue siamoise, sans qu'une goutte de sang ne soit versée … jusqu'au retour du roi !.... (*)

 

 

 

(*) Le 24 juin, tôt le matin, les régiments des différentes armes encerclent le palais royal et les principaux ministères. Nombre de princes sont arrêtés et pris en otage. Tant et si bien que vers midi tout est terminé. Alors un message est adressé au roi qui se trouve dans sa résidence d'été.

 

Le parti du peuple lui demande d'accepter une constitution. Et l'informe, en termes choisis, qu'en cas de refus ils chercheront un nouveau roi parmi les princes.

 

Le roi Rama VII, n'a pas d'autre alternative que d'accepter ou de refuser le fait accompli. Cependant il répond que pour sauver la paix et éviter d'inutile effusion de sang il est tout disposé à accepter cette constitution d'autant … qu'il l'avait déjà envisagée !....

 

 

 

De retour à Bangkok Rama VII prend acte de la situation et tient ses engagements … par faiblesse ou pour éviter de faire couler le sang ?!... difficile à dire !...   

 

Toujours est-il qu'il perd le pouvoir, tout en continuant de régner !...

 

Le 27 Juin 1932 Rama VII signe alors  la première constitution ; une constitution provisoire (*) dont le rédacteur principal n'est autre que … Pridi Banomyong (1900-1983).

 

 

(*) La constitution ''définitive'' sera promulguée le 10 décembre 1932. C'est la raison pour laquelle le 10 décembre est un jour férié en Thaïlande car c'est le jour de la constitution (วันรัฐธรรมนูญ)

 

 

 

   

 

 

A gauche : Le 26 novembre 1926 le couronnement de Rama VII.

Au centre et à droite : Le 10 décembre 1932, Rama VII signe la constitution. Les photos ne sont pas très bonnes mais uniques à bien des points de vues.

 

 

 

Les partisans de la monarchie, avec à leur tête le Premier ''Premier ministre'' ''Phraya Manoprakorn Nititada'' (พระยามโนปกรณ์นิติธาดา) ou, ''Phraya Mano'' (พระยามโน) nommé à la suite du coup d'état à la tête du conseil de gouvernance, ne tardent pas à réagir, et ''Phraya Mano'' va être, à lui tout seul, ou presque parce qu'il est implicitement soutenu par le roi, l'auteur d'un contre coup d'état … assez particulier.

 

Celui-ci a lieu le 1er avril 1933 lorsque Pridi Banomyong proposa au conseil de gouvernance, entre autres projets, la ''nationalisation volontaire des terres''.

 

Ulcéré par une telle proposition Phraya Mano le premier ministre, accuse le rapporteur du projet de communiste, suspend derechef la séance et dissout le conseil.

 

Puis de jour en jour il va aller d'abus de pouvoir en abus de pouvoir, dont certains vont se concrétiser par l'abrogation pure et simple de quelques articles de la constitution qui lui déplaisaient. N'était-il pas le premier ministre ?....

 

Pridi Banomyong n'eut d'autre choix que de s'exiler … en France.

 

 

Ce fut le deuxième coup d'état en neuf mois. (*) Un coup d'état que les Thaïlandais présentent non pas comme un coup d'état mais comme un ''coup de plume'' parce que Phraya Mano gouverna du jour au lendemain en signant des décrets et en rayant les articles de la constitution qui lui paraissaient inadéquats.

 

 

(*) En fait il y eu un coup d'état manqué, dont on ne parle pas souvent, celui de 1912. De jeunes officiers avaient alors déjà cherché à renverser la monarchie pour mettre en place un régime plus démocratique. Mais les historiens en ont fait …une révolte de palais !... sans doute parce que le coup d'état avait manqué ?...

   

 

 

Bref, cet homme n'avait pas très bien compris ce qu'était la démocratie. Il est vrai qu'elle lui était tombée sur la tête de façon inattendue. Alors il avait peut-être ( ?...) quelques excuses !...

 

 

Néanmoins son comportement quelque peu … autoritaire et peu démocratique suscite quelques mécontentements.

 

Alors le troisième coup d'état ne se fait pas attendre. Il se déroula même avec tout autant de succès que les deux précédents, et cela … le 20 juin 1933.

 

Des officiers de hauts rangs, dirigé par Phraya Phahon Phonphayuhasena (1887-1947) (พระยาพหลพลพยุหเสนา) du parti du peuple, l'aile militaire ''senior'', furent à son origine.

 

Alors en Juin 1933, soit deux mois après le 2ème coup d'état ou … ''coup de plume'', le roi  demande le retour de Pridi Banomyong au sein du gouvernement et Phraya Phahon devient le 21 juin 1933 le deuxième ''Premier ministre'' du Siam.

 

Très ''démocratiquement'' Phraya Phahon commence par éliminer tous les royalistes du conseil gouvernemental. Il avait apparemment, lui aussi une certaine idée de la démocratie !...

 

 

Les royalistes, éliminés du conseil, n'entendent pas rester à l'écart de la vie politique. Alors en octobre 1933 à l'appel du prince Boworadet (1877-1953) (พระองค์เจ้า บวรเดช) des régiments stationnés en province, plus particulièrement dans l'est du pays Korat, Phetchaburi, Udon, Saraburi mais aussi Ayutthaya descendent sur Bangkok pour leur prêter main forte … c'est le moins que je puisse écrire. Car cette fois le sang risque de couler et … à flots !...

 

En plus de ces troupes il y avait aussi une unité de cavalerie et plusieurs batteries d'artillerie.

 

 

Les forces militaires stationnées dans la capitale, fidèles au gouvernement, sont alors sous les ordres de Plaek Phibunsongkhram (1897-1964) le chef de file de l'aile ''jeune'' des militaires du parti du peuple.

 

 

L'affrontement entre les soldats venus de province et ceux stationnés à Bangkok va durer 6 jours, du 11 au 17 octobre.

 

Tout d'abord les soldats du prince Boworadet vont aller de victoire en victoire. Hélas pour eux, et contrairement à leurs espérances, aucune troupe métropolitaine ne viendra les rallier. Alors ils vont se trouver à court de munitions et … face à une artillerie lourde !...  

 

La partie devenue inégale se terminera par la victoire des troupes stationnées à Bangkok, et son commandant en chef Plaek Phibun va connaître un début de popularité qui ne va pas cesser de grandir.

 

Car le peuple d'alors ne désirait qu'une chose, vivre en paix. La politique n'était que le tout dernier de ses soucis, y compris d'ailleurs la … démocratie, dont il ne devait même pas savoir ce que le mot voulait dire.

 

 

La ''victoire'' du parti du peuple aura lieu au nord de Bangkok dans le district de Khet Lak si (อนุสาวรีย์หลักสี่) où depuis à été élevé le monument de la défense de la constitution.

 

 

   

 

 

A gauche et à droite : Le prince Boworadet (1877-1953) (พระองค์เจ้า บวรเดช).

 

Ce petit fils de Rama V (Chulalongkorn) fut ambassadeur de France et ministre des armées. Mais son nom reste désormais attaché à la rébellion d'octobre 1933.

 

Après avoir perdu la partie, le 25 octobre 1933 le prince en compagnie de son épouse s'envolera pour Saigon et s'exilera au Cambodge jusqu'en 1948. De retour en Thaïlande, il s'éteindra cinq ans plus tard à l'âge de 76 ans.

 

Au centre : Une patrouille autour d'un tank Wicker de 6 T., prise dans l'une des rues de Bangkok lors des affrontements d'octobre 1933.

 

 

 

Durant ces troubles, sans prendre le moindre parti, Rama VII va se réfugier avec son épouse à Songhla, la ville dont il était le prince.

 

A la fin des hostilités, sans preuve pour pouvoir l'accuser d'avoir soutenu les royalistes, le parlement lui fera reproche de son attitude quelque peu … équivoque !...

 

Alors Rama VII de plus en plus mal à l'aise dans son nouveau rôle prendra prétexte de soins médicaux pour partir en Angleterre d'où il abdiquera le 2 mars 1935 et s'éteindra le 30 Mai 1941.

 

A l'occasion de son abdication il écrira ''je laisse mon pouvoir au peuple et non à quelques factions opportunistes. ''

 

 

Comme le roi n'avait pas choisi de successeur un conseil de régence fut créé pour en désigner un. Ce même conseil nommera  le 16 décembre 1938 Plaek Phibunsongkhram comme nouveau premier ministre. Ce sera le troisième. Il restera au pouvoir de 1938 à 1944.

 

''Démocratiquement'', en plus de son mandat de premier ministre, Plaek Phibun cumulera les postes de ministre de la défense, des affaires étrangères et de chef des armées.

 

 

La démocratie siamoise, déjà mal traitée par ses prédécesseurs, n'avait plus de démocratie que le nom. Car le nouveau gouvernement ressemblait plus à une dictature qu'à une démocratie, à moins que ma définition de la démocratie ne soit pas celle du field Maréchal Plaek Phibunsongkhram ?!...

 

 

   

 

 

A gauche :Phraya Manoprakorn Nititada (1884-1948) (พระยามโนปกรณ์นิติธาดา) 1er Premier ministre du 28 juin 1932 (2475) au 20 juin 1933 (2476).

Il fut l'auteur du coup d'état silencieux du 1er avril 1933. Pour n'avoir pas très bien compris ce qu'était la démocratie il fut évincé par son successeur, mis dans un train et conduit jusqu'à l'île de Penang où il finira ses jours en exil.

 

Au centre : Phraya Phahon Phonphayuhasena (1887-1947) (พระยาพหลพลพยุหเสนา) 2ème Premier ministre du 21 juin 1933 au 11 septembre 1938.

 

Phahon était un des ''quatre mousquetaires'' (ทหาร เสือ) (soldat du tigre) à l'origine du coup d'état du 24 Juin 1932.

 

Au sein du parti du peuple il était le leader des militaires de hauts rangs, les ''seniors''. Ce général s'autoproclama premier ministre le 21 juin 1933 suite à son coup d'état de la veille.

 

Après s'être retiré de la vie publique il est resté à servir militairement son pays. Curieusement il serait mort dans la misère. Sa famille n'aurait pas eu de quoi payer ses obsèques et ce serait son ''admirateur'' Plaek Phibun qui en aurait réglé les frais ?!....


A droite : Plaek Phibunsongkhram (1897-1964) (แปลก พิบูลสงคราม) 3ème Premier ministre du Siam du 12 septembre 1938 à 1944. Il reviendra au pouvoir de 1948 à 1957 en tant que 11ème premier ministre.

 

Ce … démocrate … très particulier, lors de la deuxième guerre mondiale entrainera son pays aux côtés du Japon et de l'Allemagne dont les régimes le … séduisaient … un vrai démocrate non ?!...  

 

 

 

 

 

Le monument de la défense de la constitution

(อนุสาวรีย์หลักสี่) (Anousawari Lak si)

 

Ce monument se situe dans le quartier de Khet bang Khène (เขตบางเขน), au nord de Bangkok, au centre du carrefour formé par les rues Phahon Yothin, Ram et  Chaengwattana.

 

Au départ cet édifice fut appelé ''le monument de la répression de la rébellion'' puis vraisemblablement dans un esprit de réconciliation il fut rebaptisé de son nouveau nom, ''défense de la constitution''.

 

Ce monument n'est pas sans avoir un air de ressemblance avec l'élément central du monument de la démocratie.

 

Il fut inauguré le 15 octobre 1936 par le régent au nom du futur roi Rama VIII alors étudiant en Suisse.

 

Le côté nord de la bâtisse, face à la rue Phahon Yothin porte l'image de la roue de la loi, le dharma ; le côté Est, face à la rue Ram supporte un médaillon en cuivre où a été gravé un poème ; le côté Sud, face à la rue Phahon Yothin montre une famille de cultivateurs à l'œuvre sous la protection d'un soldat ; sur sa face Ouest, face à la rue Chaengwattana sont inscrits les noms des 17 militaires et policiers morts pour la sauvegarde de la … constitution.

 

L'édifice était naguère au centre d'une fontaine qui à été supprimée pour les besoins de … la circulation !...

  

Ces dernières années il fut même question de déplacer le monument pour construire une ligne de métro et un pont ?!...

 

 

 

 

 

La monarchie parlementaire Siamoise a été calquée, comme beaucoup d'autres sur la planète, sur le modèle Anglais. (*)

 

 

 

(*)    Pour l'anecdote, en plus de trois siècles de monarchie parlementaire (1689 à 2011) les britanniques n'ont toujours pas de constitution écrite. Alors que Les Thaïlandais en 79 ans de monarchie parlementaire en sont déjà à 18 constitutions. (Une tous les quatre ans environ) (Très exactement : 6 chartres et 12 constitutions.)

 

 

 

 

Mais un mode de gouvernance n'est pas un prêt-à-porter.

 

La monarchie parlementaire Britannique est née d'un long processus historique qui prend ses racines bien avant l'année de son instauration en 1689.

 

Et puis au fil des ans elle s'est aussi adaptée et peaufinée aux spécificités toute britanniques !

 

 

Or les particularités propres aux Siamois étaient loin d'être celles des Britanniques, ne serait-ce que culturellement et historiquement.

 

 

En occident, avec l'industrialisation les gens sont devenus individualistes et se sont regroupés en fonction d'un intérêt commun au sein de partis et/ou de syndicats.

 

Ce qui était loin d'être le cas des Siamois, pas plus d'ailleurs que des Thaïlandais d'aujourd'hui.

 

 

Au Siam, il n'y a pas eu d'industrialisation comme en Europe, pas la moindre émergence d'un monde ouvrier. La population était restée attachée à sa terre et à sa famille.

 

L'aide dont pouvait avoir besoin un individu ne passait pas par un groupement d'intérêt quelconque, mais par le biais de la famille et des réseaux dont elle-même dépendait. (*)

 

 

 

(*) Par exemple, pour un prêt d'argent l'occidental va d'abord s'adresser à sa banque.

 

Un chinois lui, va d'abord se tourner vers son réseau d'amis. Et créer une tontine. Et la tontine fonctionnera avec des règles qui lui seront propres et défieront les règles bancaires.

 

Un Siamois, pour résoudre ses difficultés, passait d'abord par le temple et/ou le réseau dont il dépendait.

 

 

 

Ces réseaux ou ''klum-s et kuan-s'' sont de tous ordres, solidarité, népotisme, clientélisme, etc. etc. ; et, plus un chef de réseau est influent et riche, et plus ceux qui en font partis peuvent espérer à de meilleures conditions de vie.

 

Bien évidemment, ces réseaux fonctionnent selon des règles qui leur sont propres mais, qui ne sont pas celles d'une monarchie constitutionnelle !... loin de là !...

 

 

Bref, le parlementarisme tomba brutalement sur le Siam et sans que le peuple y fût préparé. A l'époque, les partis politiques, y compris les syndicats, furent même interdits à la demande du roi et sous la pression de l'armée. La démocratie avait donc bien du souci à se faire !...

 

Rama VII se justifiera de la façon suivante : '' La population de notre pays n'est pas encore adaptée à la forme démocratique de gouvernement et elle ne comprend pas encore sa véritable nature … ''

 

Ce qui n'était pas faux et me semble, encore maintenant, très juste. Mais ce n'est que mon avis personnel.

 

 

   

 

 

Rama VII ou Prajadhipok ou encore Phra Pokklao Chaoyua (พระปกเกล้าเจ้าอยู่หัว) (1893-1925-1935-1941)

 

A gauche : Le dernier fils du roi Rama V (Chulalongkorn) et de la reine Sri Patcharinda () s'appelait alors le prince Prajadhipok Sakdi dejana (สมเด็จเจ้าฟ้าชาย ประชาธิปกศักดิเดชน์). Un nom lourd à porter et peut-être difficile à prononcer pour un petit bonhomme de cet âge ?!....

 

Au centre : Le prince Prajadhipok vers 18 ou 20 ans alors qu'il est au ''collège garden'' d'Eton en Angleterre. Il entrera aussi à l'académie militaire de Woolwich et à l'école supérieure de guerre ou l'école militaire de Paris. Il quittera l'Europe en 1924. Un an avant le décès de son frère Rama VI ou Vajiravudh.

 

A droite : Rama VII après son sacre.

 

   

 

En effet le monde rural de l'époque, et encore maintenant, coutumier des relations de ''maître à serviteur'' ne faisait pas la différence entre un député et un potentat local.

 

Et cela d'autant plus que c'étaient (et que ce sont) dans la plupart des cas une seule et même personne.

 

 

Lorsque les partis seront autorisés, ces réseaux, au lieu de disparaître au profit des partis politiques, vont au contraire s'adapter aux nouvelles conditions législatives.

 

 

Les chefs locaux vont rejoindre les partis. Mais ils ne vont pas adhérer à un parti pour défendre des idées, ou un programme, mais pour conforter leur position sociale, gagner en influence, et …s'enrichir au passage. (*)

 

 

(*) Pour les gens de ce pays, la corruption est une chose ''normale'' qui fait partie des us et coutumes ?!... 

 

 

 

Ils passeront même d'un parti à l'autre sans le moindre état d'âme, guidés par le seul objectif de leurs intérêts immédiats, comme un poste ministériel, ou autre !...

 

Le Siamois d'hier, comme le Thaïlandais d'aujourd'hui, vivait au jour le jour.

 

Ce n'était pas un homme qui prévoyait à longue échéance, mais qui s'adaptait au court terme !

 

 

Alors, quand on réfléchit un tant soit peu sur le comportement de ces ''chefs'' ou députés, on s'aperçoit qu'ils se conduisaient, ni plus ni moins, comme les roitelets des petits ''fiefs'' Siamois d'autrefois.

 

Des  roitelets qui prêtaient allégeance selon leurs intérêts, et pouvaient du jour au lendemain, si le vent tournait, se retrouver dans le camp adverse, voire prendre la place du suzerain en s'alliant avec quelques un de ses pairs.

 

À l'heure actuelle la situation reste inchangée.

 

 

En effet, le mode de fonctionnement social est resté le même. C'est pourquoi, de son côté, un électeur ne va pas voter pour un programme, ni pour un parti, mais pour un chef qu'il connaît et dont il attend en retour une contrepartie.

 

Pour un paysan, lorsque son chef de réseau était ''élu'' c'était comme si celui-ci acquérait un nouveau pouvoir qui allait permettre à son ''maître'' d'intercéder directement en sa faveur auprès des instances suprêmes.

 

''Le paysan donnait son vote en retour de quelque chose de direct et de concret. ''

 

Alors il était normal, et encore maintenant, qu'un électeur acceptât de l'aide ou de l'argent de la part d'un candidat en échange de son vote.

 

Ce que nous appelons en France de la corruption n'est ici, en Thaïlande, qu'un échange de bons procédés.

 

                                                                                               

Deux textes parmi tant d'autres !...

 

… la corruption étant endémique, les élections sont remportées par le parti ayant acheté le plus de voix. Il n'est donc pas étonnant dans de telles conditions que l'équipe au pouvoir se préoccupe en général plus de faire fructifier les ''investissements'' que constituent les millions dépensés lors des campagnes électorales que de s'attaquer aux problèmes sociaux du pays. (Pages 123 et 124)

 

Extrait du livre de Xavier Galland ''Histoire de la Thaïlande''

 

 

Après les élections de Juillet 1995, Banharn Silpa-aracha devint 1er ministre. Après 16 mois de gouvernement, accusé d'escroquerie et de corruption, il fut contraint à de nouvelles élections en novembre 96. Celles-ci comptèrent parmi les plus déloyales qui furent. Pas moins de 25 milliards de bahts (*) furent dépensés pour acheter les votes de la population rurale. (Pages 30 & 31 – 6.2.4)

Contraction d'un texte web intitulé :

 

''D'une monarchie absolue à une monarchie constitutionnelle le cas de la Thaïlande'' de  Frédéric Duclos.

 

(*)  Ce qui équivaut à environ 552 millions d'€ d'aujourd'hui.

 

 

 

   

 

 

A gauche : Rama VII et son épouse Rambhai Barni (พระนางเจ้า รำไพพรรณี). C'est Rama VII qui interdira la polygamie.

Au centre : Le 28 avril 1931 à Washington, le Président Hoover reçoit Rama VII et Rambhai Barni à la maison blanche.

A droite : Le 13 juillet 1934 à Berlin, Hitler souhaite la bienvenue à Rama VII.

 

 

 

La démocratie est un bien joli mot, mais encore faudrait-il lui donner la même définition d'un pôle à l'autre de la terre. D'autant qu'en général plus on met son nom en avant et moins elle a de contenu !....

 

De toutes les républiques ou pays qui se disent ''démocratique'' combien le sont vraiment ?....

 

 

En tout cas, à Bangkok il y a un monument pour célébrer la démocratie, le monument de la démocratie ou อนุสาวรีย์ประชาธิปไตย (A-nou-sa-wari Pra-tcha A-thi-pa-thaï) ; ce qui signifie littéralement … monument, peuple, souveraineté, ou encore monument de la souveraineté du peuple, voire monument du peuple souverain.

 

Et c'est le fameux field Maréchal Plaek Phibun songkhram  qui en est à l'origine.

 

 

Cependant ce n'est pas pour honorer la démocratie comme il essaiera de le faire croire, qu'il a commandé ce monument, et … quelques autres, mais pour satisfaire une idéologie aux relents de fascisme et d'expansionnisme.

 

D'ailleurs ce n'est pas par hasard si un an après son accession au pouvoir, en 1939, il décide que le Siam s'appellera dorénavant la Thaïlande, c'est-à-dire la terre de TOUS les t'aïs, y compris des t'aïs qui peuplent le Laos, la haute Birmanie etc. … un très vaste programme de … conquêteS !...

 

 

Si cela vous intéresse, allez lire la prochaine chronique !....

 

 

   

 

 

Quelques photos d'archives de l'armée.

 

A gauche : le 24 juin 1932 au ''Royal Plazza'' suite aux occupations des ministères et aux arrestations des princes, les soldats attendent les ordres. Nous sommes dans l'attente de la réponse du roi. Va-t-il accepter une constitution ?...

 

Au centre : Une patrouille autour d'un tank Wicker de 6 T., prise dans l'une des rues de Bangkok lors des affrontements d'octobre 1933.

 

A droite : Toujours en octobre 1933, des troupes sont passées en revue avant d'aller au combat.

 

 

 

Ce texte appartient à un ensemble de cinq chroniques toutes classées dans la rubrique ‘’Tout sur le Siam‘’

 

Monument de la démocratie 01 - Naissance de l'idée de démocratie

Monument de la démocratie 02 - Contexte de l'époque

Monument de la démocratie 03 - Mise en œuvre du monument

Monument de la démocratie 04 - Symbolique du monument

 


 

Si le contenu de cette chronique vous intéresse n'hésitez pas à aller sur les sites qui suivent :

 

//www.thapra.lib.su.ac.th/objects/thesis/fulltext/snamcn/Wanwisa_Srikrajib/Fulltext.pdf

//www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1950_num_15_2_5757

 

 

.. et de lire :

 

L'Evolution de la Thaïlande contemporaine  de Pierre Fistié aux éditions Armand Colin, Cahiers de la Fondation Nationale  des Sciences Politiques – Paris 1967



05/06/2011
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