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MUNTINGIA CALABURA LIN (1753) Ou CALABURE SOYEUX


                          MUNTINGIA CALABURA LIN (1753)

                                                                       Ou

                                                  CALABURE SOYEUX

 

                                    Cet arbre est aussi connu sous le nom de :

 

                                                          BOIS DE SOIE

 

 

     

 

 

Photo 1 : La fleur du muntingia calabura lin (1753)

Photo 2 : ''Calabure soyeux'' une gravure de Michel Théodore Descourtilz (1796-1855) extraite du 5ème volume (t.368) de la ''Flore médicale des Antilles'' de Michel Etienne Descourtilz (1775-1835), le père de l'illustrateur, paru en 1827. 

Photo 3 : Le fuit du muntingia calabura lin (1753)

 

 

 

Ses autres noms de part le monde !...

 

(Antilles) : bois ramier, bois de soie, guasem - (Argentine) : Cedrillo majagua - (Brésil) : Calabura, pau de seda – (Colombie) : Acuruco, Chitato, Chirriador, majagüito, nigua, tapabotija -  (Cuba) : capulina, chapuli - (Ecuador) : nigüito – (Guatemala et Costa Rica) : capulin blanco - (Haiti) : bois d'orme, bois de soie marron – (Mexique) : capolin, palman, bersilana, jonote and puan – (Panama) : pasito, majagüillo, - (Peru) : bolina, iumanasa, yumanaza, guinda, yunanasa, mullacahuayo – (Saint Domingue) : memiso, memizo – (San Salvador) : capulin, capulia, verrez, majaguillo, mahaujo – (Venezuela) : majagua, majaguillo, mahaujo, guácimo, hembra, cedrillo, niguo, niguito.

 

(France) : muntingia marron – bois d'orme – bois de rose – bois de soie – bois de soie marron.


(Cambodge) : ka-khop – (Indonésie
) kersen, talok - (Laos) : ta-khop, (Malaisie) : buah cheri, calabura, kerukup siam, Japanese cherry – (Philippines) : aratilis, datiles, ratiles, latires, cereza, seresa, sarisa – (Thailande) : ta-khop farang (ตะขบฝรั่ง) (*) – (Vietnam) : Cây trứng cá

 

 

(*) En Thaïlande le fruit du ''muntingia'' est appelé couramment ta-khop (ตะขบ), tout comme le fruit du ''flacourtia'', ce qui n'est pas évident. Mais les thaïlandais aiment les raccourcis, c'est moins fatiguant et … moins précis.

Alors quand on vous montre un fruit en l'appelant ''ta-kop'' demandez toujours le mot suivant. Si on vous dit : ta-khop farang (ตะขบฝรั่ง) c'est le fruit du muntingia, un fruit doux, et si on vous dit ta-khop pa (ตะขบป่า) ou ta-khop thaï (ตะขบไทย) c'est le fruit du ''flacourtia indica'', beaucoup moins doux.

 

 

 

L'intérêt de donner tous ces noms c'est, géographiquement, de voir se dessiner la zone d'où cette plante est originaire, ainsi que son aire de colonisation.



 

Les synonymes sont, par ordre alphabétique :

 

Muntingia calabura Linn (1753) (*)

Muntinga Cothen (1790) (**)

Muntingia calabura var. trinitensis Griseb (1859)

Muntingia rosea H Karst (1863)

 

On trouve aussi :

Muntingia Plum Linn.

Muntingia Plum. (L) Lam.

Muntingia Calabura (L) Jacq.

…. Mais ces noms ne sont pas donnés comme synonymes ?!....

 

 

(*) Le spécimen qui a servi à la description de Linné provenait de la Jamaïque, ce qui explique que l'un des noms communs anglais de cet arbre soit … ''jamaica cherry'', c'est-à-dire la cerise de Jamaïque.

(**) C'est bien ''Muntinga '' et non ''Muntingia'' une description faite par le médecin allemand Christian Andréas von Cothenius ()

 

 

     

 

 

Photo 1 : Une planche du Muntingia calabura extraite du ''Dreyhundert auserlesene amerikanische Gewächse nach linneischer Ordnung'' Vol.2 t.174 de Nikolaus Joseph Freihern Jacquin (1727-1817) et de Johannes Zorn (1739-1799) édité en 1786/1787.

Photo 2 : Planisphère représentant l'aire endémique du ''muntingia calabura'' en rouge et l'aire colonisée en vert. (Il a été planté, par exemple, vers 1912 au Sri Lanka.)

Photo 3 : Une planche du Muntingia Plum. ou Mutingia calabura Linn. extraite du ''Florae Columbiae'' Vol.2 t.128  de Gustave Herman Karsten (1817-1908) édité en 1869

 

 

 

Signification du nom binominal :

 

Muntingia calabura Linn (1753)

 

L'origine du nom du genre : Muntingia

C'est le français Charles Plumier (1646-1704) (*) qui lors d'un voyage aux Amériques ; entre 1689 et 1704, créa le genre ''muntingia'', un genre dédié au médecin-botaniste hollandais Abraham Munting (1626-1683). (**) dont il a latinisé le nom.

 

Comme le genre ''muntingia'' ne concernait qu'une seule et unique espèce, Carl von Linné (1707-1778) rebaptisa cette dernière en Rhamnus micranthus L. Cela fait, Linné reprit le nom du genre créé par Charles plumier, à savoir ''muntingia'', pour le donner à une espèce encore non définie et unique elle aussi, qu'on lui rapporta de Jamaïque. Il classa cette espèce dans la famille des tiliacées (Tiliaceae). Le ''muntinga calbura'' était né, tout du moins une nouvelle espèce venait de recevoir un nom botanique.

 

 

(*) Charles Plumier (1646-1704) est né d'un milieu modeste à Marseille. A l'âge de 16 ans il entre dans les ordres, celui des minimes, où il étudie les mathématiques et la physique. Sa route le conduit à Rome où la botanique se rajoute à ses connaissances intellectuelles et … matérielles ; car Charles Plumier est aussi un excellent dessinateur, sculpteur et tourneur sur bois.

 

A la demande de Louis XIV (1638-1643-1715), entre 1689 et 1704, il participe à quatre missions aux Amériques. C'est au retour de la quatrième qu'il trouvera la mort pour cause de paludisme et de pleurésie.

 

Il publiera 22 volumes in-folio concernant des plantes d'Amérique, et laissera plus de 6.000 dessins dont 4.000 de végétaux.

 

Son ami Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708), le grand botaniste d'alors, lui dédira le genre ''plumeria'' dont les individus sont plus connus sous le nom de ''frangipaniers''.

 

(**) Abraham Munting (1626-1683) est un médecin hollandais passionné de botanique et un tantinet artiste illustrateur et novateur dans la façon de reproduire graphiquement les plantes et d'en parler, non sans erreur … paraît-il ?!....

 Il voyagea beaucoup et fréquenta les universités d'Utrech, de Leyde et d'Anger en France où il obtint en 1649, à 23 ans, son doctorat de médecine.

A trente deux ans, et au décès de son père, il prend la direction du jardin botanique de Groningen. L'un des fleurons des jardins botaniques d'Europe d'alors, que son père, Henricus ou Hendrik Munting (1583-1658) avait créé et où, sous la houlette de ce dernier il avait été initié très tôt à la botanique.

Parallèlement à cette charge il est nommé professeur de botanique en l'université de Groningen, à la place de son père. Il y professera pendant 24 ans c'est-à-dire jusqu'à sa mort.

 

Abraham Munting publiera de nombreux ouvrages où la médecine et la botanique sont intiment liés pour ne faire qu'une science.

Son œuvre la plus saluée fut la troisième édition de ''Naauwkeurige'' (a) qui parut à titre posthume en 1696, soit 13 ans après sa mort.

 

(a)''Naauwkeurige Beschryving der Aardgewassen'' ou  ''Description exacte des plantes.'' Dans cet ouvrage, les noms de plantes sont données en plusieurs langues ainsi que leur usage dans l'industrie et en médecine. Ce qui fera dire à certains auteurs ''Si les deux Munting ont rendu quelques services à la culture, ils n'en ont rendu aucun à la botanique proprement dite.''

 

Nota bene : Le jardin de Groningen était l'un des plus beaux d'Europe parce qu'à l'époque les marchands hollandais sillonnaient les mers et possédaient de nombreux comptoirs de part le monde, (+) d'où ils rapportaient des épices et de nombreux produits exotiques, y compris de nouvelles espèces végétales qui faisaient le bonheur des Munting.

(+) Ainsi, par exemple, dès 1609 les néerlandais possédaient un comptoir sur l'île de Dejima, près de Nagasaki au Japon ; un pays qui était alors interdit à TOUS les étrangers sauf : aux Chinois et aux … Hollandais ?!...  

 

 

     

 

 

Photo 1 : Une gravure d'un Clematis passiflora hederacea flore luteo (L'une des variétés du fruit de la passion) extraite du ''Naauwkeurige Beschryving der Aardgewassen'' ou  ''Description exacte des plantes'' paru en 1696 de Abraham Munting (1626-1683).

Photo 2 : Une carte du savant et cartographe allemand Sebastian Münster (1488-1552) éditée en 1528, soit trente six ans après la découverte de l'Amérique (1492) par Christophe Colomb. On y reconnaît Cuba, le Canada (Francisca), Haïti-St Domingue (Hispaniola), la Jamaïque (Iamica) et Porto-Rico (San Juan) ou Colomb accosta lors de son second retour en 1493.

Photo 3 : Un rare portrait de Charles Plumier (1646-1704).

 

 

 

L'origine du nom de l'espèce : calabura

L'origine du nom ''calabura'' est à chercher au Brésil, et peut-être dans quelques autres régions avoisinantes du nord de l'Amérique du sud ou centrale. En tout cas, c'est ainsi que les indigènes de certaines ethnies appelaient cet arbre.

 

C'est donc un nom vernaculaire qui définit l'espèce du ''muntigia'' ; un genre et une espèce unique qui aujourd'hui appartient à une famille en propre, celle des ''muntingiacées'' (muntingiaceae) après avoir été ''hébergés'' dans quelques autres. Mais nous allons y revenir.

 

 

Les abréviations botaniques :

 

Linn. : est la norme abréviative de Carl Von Linné (1707-1778), un médecin suédois passionné de botanique. Sa passion l'a conduit à entreprendre une classification des êtres naturels dont les plantes.

 

Sa classification basée sur le nombre d'étamines ne lui survivra pas. Mais sa nomenclature binominale est toujours en vigueur. Elle consiste à donner deux noms à tout nouvel individu.

Le premier nom est un nom générique, commun à plusieurs espèces, comme par exemple … muntingia. C'est le nom de la famille ou du genre. Le second nom, est un nom spécifique et individuel qui différencie de ses pairs ou cousins, l'individu concerné, dans le cas présent il s'agit de … calabura.

 

                                                   

 

 

                              Carl Linnaeus dit Carl Von Linné (1707-1778)

 

 

 

La classification des Mutingia calabura :

 

En matière familiale, le mutingia calabura est un cas particulier car c'est un individu unique en son genre du fait que le genre n'a compté, durant très longtemps, qu'une seule et unique espèce … l'espèce calabura. Alors, tel un orphelin il a été … ''trimballé'' d'une famille à l'autre.

 

Dans un premier temps Linné rattacha cet individu à la famille des ''Tiliacées'' (Tiliaceae) une famille de plantes dicotylédones dont le model est le tilleul.

 

Puis dans son ''prodomus'', Augustin Pyram de Candolle (1778-1841) considéra que cette espèce serait beaucoup mieux au sein de la famille des ''Tremandracées (tremandraceae) que Antoine Laurent de Jussieu (1748-1836) revisita en créant, en 1824, celle des ''Elaeocarpacées (elaeocarpaceae).

 

Aujourd'hui, selon les classifications, le ''muntingia calabura'' appartient toujours à la famille des ''elaeocarpacées'', mais aussi, depuis 1998 à la famille des ''muntingiacées'' (mutingiaceae) ; une famille que les botanistes attachés à la classification phylogénétique ont créée tout spécialement pour ce genre qui compte … une ou deux espèces selon, là encore … la … ''chapelle'' … botanique. (En 2010, NCBI comptait deux genres : Muntigia et Diciaspidia.)

 

Pour être encore plus précis, en 1981 la classification de ''Cronquist'' une classification ''angiosperme'', encore plus ou moins utilisée, créée par le botaniste Etats-unien Arthur John Cronquist (1919-1992), le classe dans la famille des … ''tiliacées'' (tiliaceae), soit … un retour dans sa famille d'origine.

 

Voilà au moins une espèce qui ne manque pas de familles ?!...

De ce fait, pour faire court, je ne m'attarderai pas à les décrire. Mais toutes ont en commun de regrouper des plantes dicotylédones, c'est-à-dire avec deux feuilles primordiales.

 

 

Description du : Mutingia calabura :

 

    

 

 

Le tronc du : Mutingia calabura :

Le mutingia calabura est un arbre dont la hauteur varie entre 6 ou 7 mètres voire 12 bons mètres. D'après certains auteurs il atteindrait parfois les 15 mètres de haut ; ce qui me paraît tout à fait possible. Le diamètre de son tronc peut aller jusqu'à 25 à 30 centimètres.

 

Sa particularité est d'avoir des branches tombantes, un peu à la manière des baleines de parasol et que ces branches ou rameaux sont garnis de feuilles sur toute leur longueur. Alors, lorsque le tronc de l'arbre est bien droit cela lui donne l'aspect d'un grand parapluie sous lequel on peut s'abriter, non de la pluie, mais du soleil. La zone d'ombre est d'autant plus agréable que sa ramure est dense.

 

Son écorce à une couleur … gris poudre, dont les couches l'ibériennes  donnent des fibres textiles qui étaient utilisées pour tisser de grossières nattes, et des cordages.

 

Le bois de cet arbre servait (sert ?...) en tonnellerie pour fabriquer les planches (douelles ou douves) entrant dans la fabrication de barriques.

 

     

 

 

La feuille du : Mutingia calabura :

 

La feuille du Mutingia calabura est oblongue et pointue à son apex (extrémité). Elle mesure jusqu'à 9 centimètres de long sur 3 de large, son dessus est vert foncé alors que son dessous est plus clair. Les premières descriptions insistent sur un léger duvet qui recouvrirait le dessous de la feuille et qui serait doux comme de la soie. Personnellement je ne l'ai ni vu, ni senti.

 

Les bords de la feuille du Mutingia calabura sont dentés. Son système de nervurassions tient tout à la fois de la feuille palmée et pennée ; palmée parce que les deux premières nervures secondaires partent, avec la nervure centrale, depuis le pétiole et de part et d'autre de la nervure centrale ; et pennée parce que les autres nervures secondaires, cinq ou six, démarrent de ces trois nervures. A partir des nervures décrites se forme alors un réseau de petites nervures.

Le réseau de nervures est en léger retrait sur le dessus de la feuille au point de se fondre au limbe alors qu'il est très en relief sous le dessous de la feuille.

 

L'une des particularités de la feuille du Mutingia calabura c'est d'avoir une base inégale, une base qui est plus développée d'un côté du pétiole que de l'autre. De ce fait le plan de la feuille n'est pas dans l'axe du pétiole mais légèrement en oblique de celui-ci. Le pétiole qui la relie à sa tige mesure un maximum de 5 millimètres.

 

Les feuilles du Mutingia calabura sont alternes et s'insèrent sur toute la longueur de ses rameaux. Chaque paire de feuilles se constitue de feuille dos à dos.

 

       

 

 

La fleur du : Mutingia calabura :

 

La fleur, hermaphrodite, de couleur blanche, à un diamètre d'environ deux centimètres. Son calice se compose de cinq sépales lancéolés divisés à leur base et très retrait des pétales.

 

Cinq pétales, en forme de fer de lance mais très arrondis et eux aussi indépendants, constituent la corolle.

 

Au cœur de la fleur s'élève l'ovaire, un ovaire dit supérieur ou supère en forme d'obus, dépourvu de style et couronné de cinq ou six stigmates épais, persistants et comme collés les uns aux autres, ce qui les fait ressembler à une petite étoile qu'on retrouvera au cul du fruit. 

 

Tout autour de l'ovaire se dressent un grand nombre d'étamines qui sont rattachées à un disque cupuliforme pileux ; leurs filaments, plus courts que les pétales, mesurent entre 4 ou 5 millimètres et portent des anthères arrondis (sac à pollen).

 

Ces fleurs naissent à l'abri des feuilles et à 5 ou 6 millimètres de leur aisselle.

 

       

 

 

Le fruit du : Mutingia calabura :

 

Le fruit est une baie globuleuse, uniloculaire et monosperme d'environ un centimètre cinq dans ses deux dimensions. Il est donc légèrement plus petit qu'une cerise de nos vergers occidentaux.

 

Le fruit du Mutingia calabura  est relié à son rameaux par une queue de trois centimètres environ et on retrouve à l'opposé de ce pédoncule, sur le fruit, la petite étoile du dessus de l'ovaire (les cinq stigmates) ; sa couleur, quand il est mûr, tire sur un rose rougeâtre et au toucher il est d'une mollesse résistante.

 

Le fruit du Mutingia calabura  contient de la pulpe que renfermeraient cinq ou six loges qu'on ne distingue pas à l'œil nu car l'enveloppe de chacune d'elle est très fine. Dans cette pulpe il y a de nombreuses petites semences.

 

A noter que le fruit est comestible et d'un goût très agréable qui n'appartient qu'à lui.  

 

       

 

 

Le petit plus :

 

Si vous êtes observateur, vous découvriez sur les bas côtés de certaines rues de Chiang-Maï quelques ''muntingia calabura'' ou ta-khop farang (ตะขบฝรั่ง) qui poussent à l'état sauvage. Leurs fruits sont excellents et dans ce cas … gratuits. Goûtez-les car vous n'en trouverez pas sur les marchés.

 

Leur présence dans Chiang-Maï est d'ailleurs beaucoup plus fréquente que celle du ta-khop pa (ตะขบป่า) ou ta-khop Thaï (ตะขบไทย), (flacourtia Indica en langage botanique) une espèce endémique à la région avec laquelle elle est souvent confondue. Elle est d'autant plus confondue que, pour les deux espèces, les autochtones, tout du moins de Chiang-Maï, ne les désignent que par … ''ta-khop'' (ตะขบ) la suite du nom allant de soi ?!...

 

 

Cette facilité d'adaptation en ferait une ''espèce envahissante''. En Malaisie, par exemple, l'arbre est carrément considéré comme une nuisance car ses fruits attirent les chauves-souris qui dans la journée s'abritent sous les toits des maisons en causant de nombreux de dégâts. Ce mauvais côté du fruit aurait-il été associé au détestable souvenir laissé par les armées japonaises ?... Je n'en sais rien, toujours est-il que les Malaisiens appellent ce fruit … ''cerise japonaise'' ?!...(*)

 

 

L'arbre a aussi ses bons côtés. Ainsi au Brésil il est planté au bord des rivières. Les fruits qui tombent dans l'eau attirent les poissons et l'endroit alors poissonneux fait la joie des pêcheurs ?!...

 

 

(*) Voilà trois jours, en écrivant ce qui précède au sujet de la ‘’cerise japonaise‘’, je n’étais pas très loin de la vérité. En effet, c’est en créant une chronique propre au fruit du muntingia calabura, sous le titre de ‘’la cerise de Panama‘’, comme l’appelle les Français, que j’ai découvert le fin mot de l’histoire.

 

En 1942, suite à la bataille de Pasir Panjang en Malaisie, un lieutenant, Asnan bin Saidi (1915-1942) commandant une unité de 42 hommes a tenu tête à une armée japonaise durant deux jours, du 12 au 14 février. Sans vivre et sans munition ce lieutenant qui défendait son pays contre ‘’l’envahisseur‘’ refusa de se rendre ; et avec ses hommes, lutta jusqu’à la mort.

Lorsque les Japonais s’emparèrent de lui, plus mort que vivant, ils l’attachèrent à un … muntingia calabura ; et ficelé à cet arbre ils l’achevèrent à coups de baïonnettes.

 

Par reconnaissance à ce héros national, fêté en Malaisie comme à Singapour, mais aussi pour rappeler la cruauté japonaise, le fruit du muntingia calabura fut alors appelé … la … ‘cerise japonaise‘’ … CQFD.     

 

 

     


La petite pharmacopée :

 

D'après l'ouvrage du botaniste français, originaire de la région de Pithiviers, Michel Etienne Descourtilz (1775-1836), qu'il ne faut pas confondre avec son fils Jean-Théodore Descourtilz (1796-1855) qui collabora avec son père en tant qu'illustrateur, le ''muntingia calabura'' aurait des propriétés salvatrices, c'est du moins ce qu'il rapporte dans son livre intitulé : "Flore médicale des Antilles".

 

L'écorce : L'écorce contient du tanin. Le mucilage (substance végétale protectrice) extraite de l'écorce moyenne serait un excellent collyre ou remède qui traite les infections de l'œil ?!...

 

La feuille : Une décoction de feuilles appliquée sur l'abdomen calmerait les douleurs résultant de l'entérite (Inflammation de l'intestin grêle.) et ferait cesser celles du ténesme (Inflammations dans la région de l'anus ou de la vessie, voire les deux.).

 

La fleur : Elle serait antispasmodique et remplacerait au besoin celle du tilleul ?!... Distillée et mise en conserve elle serait efficace contre l'épilepsie, la paralysie, les vertiges et autres maladies nerveuses ?!...

 

 

Attention : Je laisse la responsabilité de ces remèdes à Michel Etienne Descourtilz. Pour ma part je ne les ai jamais essayés mais … rien ne vous empêche de le faire.

 

 

 

                                                                Août 2014 – Jean de la Mainate.





22/08/2014
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