MerveilleuseChiang-Mai

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ROUTE DES IMAGES DE BON AUGURE (La) - 2

 

             ROUTE DES IMAGES DE BON AUGURE (La)

                                                          ou

      ROUTE DES GENIES PROTECTEURS DE LA VILLE (La)

 

                                     Deuxième partie

 

 

                                                             Avertissement :

Vous ne trouverez pas dans les guides le circuit que je vous propose, car les monuments qui le composent n'ont pas la stature et la communication dont bénéficient les sites en tête du hit parade des ''choses'' à voir à Chiang-Maï.

Cependant ces constructions témoignent de la culture du Lanna tout autant, si ce n'est plus, que les sites les plus en vue, et que – trop souvent - les touristes se contentent de photographier sans en connaître leur histoire, ou leur légende ?!...

Nombre de Wats sont ainsi devenus des ''rendez-vous touristiques'' orphelins du bouddhisme et de son enseignement !...

Avec cette chronique vous saurez tout, ou presque, concernant les images de bon augure de la route nord.

 

 

    

 

 

Photo 1 : Le Rajasi du Nord.

Photo 2 : Proposition du circuit à faire à bicyclette ou à moto.

Attention : Nous sommes hors les murs. Pour une question de facilité de lecture j'ai mis le nord sur la gauche.

Photo 3 : L'éléphant de l'Ouest, Phaya Muang Man Muang Yak (พญายัเมืองมานเมือง). Le grand ''bâton '', c'est une tige de canne à sucre donnée en offrande.

 

 

Rappel des quatre premières étapes de la première partie.

1ère étape : Wat  Inthakhin Sadü Muang.

A/ Le musée du Wat Inthakhin Sadü Muang (พิพิธภัณฑ์ท้องถิ่นจังหวัด

B/ Le Viharn Luang Pho Khao (พระวิหาร หลวงพ่อขาว)

C/ Le Chedi Sadü Muang (เจดีย์สะดือเมือง)

2ème étape : Le palais du roi Nawarat (หอคำ เจ้าแก้วนวรัฐ )

3ème étape : La porte Chang-Phuak (ประตูช้างเผือก)

4ème étape : Le Monument de la cour des éléphants (dits blancs) (อนุสาวรีย์ข่วงช้าง) ou La cour des éléphants (dit blancs) -  Khuong Chang (Phuak) (ข่วงช้าง)

 

5ème étape : Le Wat Ku Tao (วัดกู่เต้าวัดเวฬุวนาราม)

(Adresse : au bout de la soï 6 de la rue Chotana - ถนน โชตนา)

 

Deux cent mètres après la cour des éléphants, sur la droite, au bout de la soï 6, s'élève le Wat Ku Tao. Comme il se trouve sur le trajet que je vous propose il serait dommage de l'ignorer, car son Chedi est unique, tant au Lanna que dans le reste de la Thaïlande. C'est un Chedi qui rappellerait ceux du sud de la Chine dans la province du Yunnan.

 

A l'origine ce Wat s'appelait le Wat Welu Wana Ram (วัดเวฬุวนาราม) parce qu'il se situait près ou dans une forêt de bambous d'or. (1) Actuellement encore, dans un endroit fermé au public, il y a une petite bambouseraie attenante au temple où les moines vaquent à leurs occupations domestiques

 

Compte tenu de la forme particulière de son Chedi, les autochtones ont trouvé plus original, et surtout plus court à prononcer, de l'appeler ''Ku Tao'' (กู่เต้า) (2) ce qui signifie ''chapelle ou tombeau de marmites'' sous entendu … empilées … l'une pardessus l'autre. Le nom est resté.

En fait ces … marmites sont des ''bahts'' (บาตร) ''retournés'', ou bol à aumônes de moines dont le diamètre de chacun diminue au fur et à mesure qu'ils se rapprochent du sommet.

Quatre niches ont été aménagées dans chacun de ces bahts, et chacune est orientée vers l'un des quatre points cardinaux ; de ce fait elles sont parfaitement alignées verticalement du 1er au 5ème baht. Dans chaque niche repose une ''image'' de bouddha.

Chacun de ces bahts, ou marmites, symboliserait l'un des cinq bouddhas ou ''Jinas'' de notre âge cosmique. (3)

 

A l'intérieur du Chedi, construit vers 1613, il y aurait les cendres du 1er roi Birman de Chiang-Maï, le prince Tharrawaddy ou Sawathi (1578-1607) (พระเจ้าสารวดี). (Ce prince est désigné par bien d'autres noms.)

Phra Chao Tharrawaddy était le fils et quatrième enfant du grand roi Birman Bayinnaung (1515-1551-1581) (พระเจ้า บะยิ่นเหน่าว์ ou บุเรงนอง) qui fut l'unificateur de la Birmanie, et le fondateur du plus grand empire de l'Asie du Sud-est, un empire birman bien entendu.

   

Les Birmans ont été chassés de Chiang-Maï quelque deux cent ans plus tard, mais leur influence a perduré et plus particulièrement au Wat Ku Tao puisqu'il est devenu un lieu animé par … des Shans (4) qui ne sont pas, à proprement parler des … Birmans, mais dont l'influence birmane les a profondément marquée.

 

De ce fait la couleur des frocs des moines est brune et non orange, l'architecture de certains bâtiments ainsi que de nombreuses ''images'' de Bouddhas sont étrangères à la culture du Lanna, mais pas à celle du royaume … Shan et non … birman.

 

 

(1) Littéralement le Wat Welu Wana Ram (วัดเวฬุวนาราม) se traduit de la façon suivante : Welu = bambou * Wana = forêt, bois ou futaie * Ram = or, beau, noir ou sombre. (Autrement écrit, pour l'adjectif c'est au choix, mais le mot ''or'' est plus dans l'ordre des choses, mais rien n'interdit de penser qu'il s'agit de beau ou de noir.)

(2) Tao (เต้า) se traduit par marmite et non par ''pastèque'' comme je l'ai beaucoup lu, y compris sur un panneau explicatif du temple.

(3) Pour les bouddhistes, notre âge cosmique actuel ou ''bhadrakalpa'' connaîtrait la venue de cinq bouddhas pour ''éclairer'' et aider les hommes à atteindre le nirvana. Quatre d'entre eux seraient déjà venus ; il s'agirait de Kakusandha, Konāgamana, Kassapa et Gautama (le bouddha des temps présents – ''notre'' Bouddha). Un cinquième resterait à venir, et se serait déjà incarné sur terre ( ?...) il s'agirait de Metteyya ou Maitreya.

Le mot de ''Bouddha'' est donc à prendre non pas comme un nom propre mais comme une épithète.

Le mot ''Kalpa'' désigne une ère cosmique qui se compte en milliers d'années. Dès qu'un kalpa s'achève, un autre commence et … ainsi de suite.

(4) La Wat ''Ku Tao'' abrite une association Shan, des T'aïs Yai (*) très exactement, dont le local de réunion, sans être un petit musée, réunit nombre de documents photographiques intéressants. Encore faut-il qu'il soit ouvert lors de votre passage. En tout cas les membres sont très accueillants et si le local est ouvert jetez-y un coup d'œil. (Chaussures à retirer avant d'entrer.)

(*) Le peuple Shan se composerait de cinq grands groupes dont les ''T'aï Yai'' ou Niegos qui peuplent le royaume Shan.

Attention : Le mot ''T'aï'' se rapporte à l'ensemble des ethnies de cette origine, alors que le mot ''Thaï'' concerne les individus de nationalité Thaïlandaise. Un T'aï peut-être Thaï, mais un Thaï d'origine Chinoise n'est pas ''obligatoirement'' T'aï.

   

 

      

 

 

                          Le Chedi du Wat Ku Tao en 2007 – 2009 – 2011 - 2013

 

 

Le Viharn :

Intérieurement il ne présente, actuellement en 2013, aucun intérêt, sans doute parce qu'il n'est pas terminé ; par contre ses murs extérieurs méritent qu'on s'y attarde.

L'arrière du Viharn se compose de 10 grands panneaux blancs en relief dont chacun à pour sujet l'une des réincarnations de Bouddha que racontent les nombreux contes bouddhiques ou Jatakas, qui composent la plupart des fresques peintes à l'intérieur des temples.

L'avant du viharn, outre une entrée majestueuse, présente au bas de son escalier quelques scènes du Ramakian, en relief et très colorées.

Mais le plus intéressant et le plus fascinant c'est le grand hall qui se situe sous le viharn. Les dorures des murs et des plafonds sont remarquables ainsi que certaines images de bouddhas ''birmans'' qui trônent parmi d'autres sur l'autel.

 

    

 

 

Photo 1 : Sur le mur de l'escalier conduisant à l'entrée du Viharn, une des scènes du Ramakian : Phra Ram en lutte avec le démon Tosakan.

Photos 2 & 3 : Des ''images'' à l'intérieur de la salle située sous le viharn. 

 

 

L'Ubosot :

 

Là encore ce sont les murs extérieurs qui sont à regarder. Ainsi le mur arrière se compose d'une multitude de petites niches contenant chacune un petit bouddha.

 

Comme dans beaucoup de Wats de Chiang-Maï, aujourd'hui, des constructions neuves s'élèvent un peu partout autour du Viharn ?!....

Il reste à espérer que cette frénésie de bâtiments supplémentaires s'arrête et que le calme et la sérénité qui règne en ce lieu ne souffriront pas des nouvelles constructions !...

 

     

 

    

 

 

Photo 1 : Le plan de la troisième partie de l'itinéraire de la route des images de bon augure.

Photo 2 : Une photo des nouveaux bâtiments du Wat Ku Tao qui ne laissent aucun doute sur le style et l'influence de l'ex-Birmanie.

Photo 4 : Le plan de la deuxième partie de l'itinéraire de la route des images de bon augure.

 

 

6ème étape : Le Chedi Plong (เจดีย์ ปล่อง )

               วัดเชียงโฉม ( วัดเจดีย์ปล่อง)วัดเวียงเชียงโฉม

                         Adresse : rue Prachautit  (ถนน ประชาอุทิศ)

             (En face de Rajabhat University – สถาบันราชภัฏเชียงใหม่)

                             – juste avant le pont piétonnier ou …

   Soï Chedi Plong (ชอย เจดีย์ ปล่อง) – juste après le pont piétonnier.

 

Comme le Chedi du Wat Ku Tao, le Chedi Plong (เจดีย์ ปล่อง) ou du Wat Chiang Chom (วัดเชียงโฉม) s'élève à quelques mètres du trajet que je vous propose. Il serait dommage – là encore -  de l'ignorer, d'autant qu'il a lui aussi une forme propre qui n'est pas sans rappeler celle des pagodes du sud de la Chine, du Yunnan plus précisément.

 

Chiang-Maï possède seulement trois Chedis de ce type qui sont, intra-muros pour le Chédi du Wat Phuak Hong (วัดพวกหงษ์) (1) et, hors les murs pour le Chedi du Wat Tapotharam (ตโปทาราม) ou Ram Poeng (วัดร่ำเปิง), (2) un Wat dont la méditation est devenue la spécificité.

Ces deux Chedis comportent sept étages alors que le Chedi Plong n'en compte que six. Cependant ils ont tous les trois le même nombre de niches, cinquante deux.

Pour obtenir ce résultat les niches des deux premiers gradins du Chedi Plong sont plus rapprochées les unes des autres, ce qui a permis d'en construire quelques unes de plus et d'arriver au même total pour chacun de ces … Chedis en forme de pagode.

 

Les trois Chedis ont été construits avec des briques fin XVe et début XVIe siècle. Ils auraient été à l'époque … d'architecture d'avant-garde, mais, apparemment, cette architecture ne leur a pas survécut.

 

 

(1) Le Wat Phuak Hong (วัดพวกหงษ์) se situe derrière le parc Nong Buak Hat (สวนสาธารณะหนองบวกหาด). On y accède par la rue Sam Lam (ถ. สามล้าน) à quelques mètres de la porte Suan Prung.

(2) Le Wat Tapotharam (ตโปทาราม) ou Ram Poeng (วัดร่ำเปิง), est plus compliqué à trouver. A partir de la porte Suan Dok, et après environ 3 kilomètres tourner à gauche comme pour aller au Wat Umong. Après le Wat Umong, tourner sur la droite et 1 km 5 plus loin sur la gauche vous devriez ''découvrir'' le Wat Ram Poeng. Le mot ''découvrir'' est écrit à bon escient car l'entrée de ce Wat est plutôt discrète. Alors ouvrez l'œil et le bon, si vous désirez vous y rendre !...

 

 

        

 

 

Photo 1 : Cette pagode n'est pas du sud de la Chine puisqu'elle s'élève à Su-Zhou (Su-chou) ( ) à 100 km environ de Shanghai. C'est la pagode ''Rui Guang Ta'' (瑞光) ou la pagode de la lumière de bon augure, ou encore la pagode de la lumière auspicieuse, la 1ère pagode bouddhiste de cette ville construite au début du XIe siècle et constituée alors de 13 niveaux. Fin du XIIe elle ne compta plus que … 7 niveaux.

A-t-elle servi de modèle aux pagodes du Yunnan et celui-ci inspira-t-il nos trois Chedis de Chiang-Maï ?... En trois siècles ce n'est pas impossible. En tous cas il y a un air de ressemblance non ?...

Photos 2 & 3 : Le Chedi du Wat Tapotharam (ตโปทาราม) ou Ram Poeng (วัดร่ำเปิง) avant rénovation et … pour la 3ème photo le même Chedi en 2013.

Photo 4 : Le Chedi du Wat Wat Phuak Hong (วัดพวกหงษ์) en 2009.

Photo 5 : Le Chedi Plong en 2013.

 

 

Le Chédi doit son nom au parlé populaire et à sa forme, celle d'une cheminée, le mot ''plong khwan'' désigne un conduit de fumées, donc une cheminée ; mais au Lanna la tendance est d'en dire le plus possible avec le moins de mots possible alors seul ''plong'' a survécu … compte tenu des us locaux. (1)

Il existe une autre version qui raconte que le mot ''Chom'' (โฉม) était entendu ''Chogn'' (ช่อง). Comme ce mot sert à désigner une fente, un orifice, un renfoncement ou un recoin, bref une espèce de lucarne ou de niche il était devenu … un nom de Chedi !...

  

                                     

 

 

Le Chedi Plong en cours de rénovation en 2009 puis … l'œuvre terminée en 2013

 

 

Le Chedi Plong a longtemps été sans Viharn, et considéré comme étant le vestige d'un temple abandonné, un Wat ragn (วัดร้าง) comme disent les Thaïlandais.

Ce n'est plus le cas aujourd'hui, et depuis plus d'une cinquantaine d'années, car un sanctuaire de ce type a été construit et remis à neuf il y a peu de temps, non pas à côté du Chedi mais à quelques mètres plus loin pour des raisons de terrains non disponibles. A noter que l'entrée de ce Viharn n'est pas tournée vers l'Est, mais le nord ?!...

Ce nouveau Viharn a pris tout naturellement le nom de son lointain ''ancêtre'' le Wat Chiang Chom (วัดเชียงโฉม) du Wiang Chiang Chom (เวียงเชียงโฉม).

 

Le nom de ce Wiang apparaît dans une chronique racontant que sous le court règne de la reine Jiraprapha Mahathewi ou Chiraphrapa Mahathewi (พระนาง จิระประภามหาเทวี) (1545-1546) le 25 juillet 1545, (2) des Ngieos (เงี้ยว) (3) pillèrent et envahirent Wiang ''Xieng Sōm'' ou le Wiang Chiang Chom avant de s'en prendre à Chiang-Maï. (4)

 

Ce Viharn mérite un coup d'œil, en particulier pour ses boiseries, avis à ceux qui ont un faible pour la sculpture sur bois.

A l'entrée du Wat, à gauche, une statue de Mengraï (1239-1260-1317) (พระเจ้า เม็งราย) le fondateur de Chiang-Maï, elles sont rares, et à droite celle de la reine mère Chiraphrapa Mahathewi, ( ?/ ?) (จิระประภามหาเทวี) qui régnait sur Chiang-Maï lors de la destruction du Wiang Chiang Chom par les Niegos (Shans).

L'autre particularité de ce Wat c'est qu'en lieu et place de peintures murales il y a, sur ses murs intérieurs, une douzaine de portraits de saints moines, des arahants (อรหันต์) en langage du pays.

 

 

(1) Au sujet du nom :

1/ Plong se serait prononcé ''Pong'' ?!...

2/ Le mot Chom (โฉม) à plusieurs significations, dont celle qui sert à désigner une ''espèce de flûte'' écrit mon dictionnaire. Alors peut-être que le nom ''officiel'' de ce Chedi vient – peut-être – de cette ressemblance avec une … ''espèce de flûte''.

(2) En l'an 1523 le roi de Chiang-Maï, Phaya Keo (1495-1525) (พญา แก้ว) lance une attaque sur Chiang-Tung qui tourne au désastre. Les cadres de son armée sont tous tués, une épidémie vient se rajouter à cette défaite et le roi lui-même va mourir assassiné en 1525, tant il a fait l'unanimité contre lui. Ses meurtriers mettent alors sur le trône de Chiang-Maï la reine mère Chiraphrapa Mahathewi qui ne règnera qu'une année. C'est l'amorce du déclin du Lanna.

(3) Les Niegos sont des T'aïs Yai, c'est-à-dire des Shans.

(4 Les Niegos vont concentrer leur attaque sur Chiang-Maï du côté de l'angle Sud-ouest ou Chaen Ku Hueang (แจ่งกูเฮือง). Ils vont échoués et s'en retourner chez eux après avoir pillé, par dépit sans doute, Wiang Suan Dok.

Chiang-Maï était à l'époque, sur sa périphérie, comme protégé par des petits Wiangs,  c'est-à-dire des villages ''fortifiés'' possédant leur Wat et leur Chedi comme au Wiang Chiang Chom et au Wiang Suan Dok..

 

 

      

 

 

Photo 1 : La statue du roi Mengraï à gauche de la porte d'entrée du Viharn.

Photo 2 : La face nord, et entrée principale, du Viharn du Wat Chiang Chom

Photo 3 : La statue de la  reine Jiraprapha Mahathewi ou Chiraphrapa Mahathewi à droite de la porte d'entrée du Viharn.

Photo 4 : Les boiseries du mur ouest du Viharn du Wat Chiang Chom.

 

 

7ème étape : Le monument des Lions

                 Anusawari Sing (อนุสาวรีย์ข่วงสิงห์ยมงคล)

                                                ou

          (La cour des Lions triomphants de bon augure.)

            (La cour des Lions conquérants porte-bonheur.)

            Khuong-Singh Chaï Mogn-Khon (ข่วงสิงห์ยมงคล)

Adresse : Soï Anusari Sing  - ถนน ประชาอุทิศ appelé aussi :

                                   Chotana lane 1 - ถนน โชตนา 1

 

En ce lieu, trois sites ''particuliers'' se côtoient.

1/ Le monument du soldat inconnu ou des guerriers et partisans inconnus.

2/ La cour des lions triomphants de bon augure

3/ Le cimetière chinois de Chiang-Maï.

                                          

1/ Le monument du soldat inconnu (อนุสาวรีย์นักรบนิรนาม)

                                                          Ou

Le monument des guerriers et des combattants anonymes.

 

Ce monument se situe à une vingtaine de mètres de l'entrée de la soï, sur la droite, et juste avant le monument des lions.

C'est très certainement le dernier né des monuments de Chiang-Maï en 2013. Il fut construit pour commémorer le 700ème anniversaire de la ville de Chiang-Mai.

Sa première pierre fut posée le 11 mars 1996 et son inauguration eut lieu le 7 avril de la même année. Chiang-Maï fut fondé le 6 Avril 1296.

 

Le nom de ce monument est traduit par ''monument du ou des soldats inconnus''. Cette traduction ne me paraît pas des meilleures compte tenu de ce que représente, le ''soldat inconnu'' pour un Occidental, et d'autant que ''soldat inconnu'' devrait s'écrire Thahan-Niranam (ทหาร-นิรนาม) or ce qui est écrit se traduit au mot à mot par … ''monument des guerriers (นักรบ) inconnus ou anonymes'' (นิรนาม)

 

En fait il s'agit d'un monument qui ne célèbre pas un soldat inconnu, mais qui met à l'honneur et qui rend hommage à tous ceux, combattants et partisans, connus et inconnus, qui ont contribué à la sauvegarde de Chiang-Maï au travers des siècles.

De ce fait, ce monument est un petit livre d'histoire relatant trois épisodes, un par face, de la grande et belle histoire de Chiang-Maï et du Lanna. La quatrième face, gravée dans le marbre, donne la signification de ce monument.  

 

Détails et explications des différentes faces :

La Face Est du monument est consacrée aux … :

''… batailles livrées par Chiang-Maï contre les armées de Sukhothaï'' (ศึกเมืองเชียงใหม่รบทัพสุโขทัย).

 

                         

 

En 1401 le roi de Sukhothai Phaya Saïleuthaï, (พญา ไสลือไทย) (*) vient prêter main forte au roi de Chiang-Raï, Yi Kum Kam ( ?/ ?) (ยีกุมกาม) qui revendique le trône de Chiang-Maï, en mettant en avant son droit d'aînesse.

À la mort de son père, Chao ''Saen Muang Ma'' (1385-1401) (แสนเมืองมา), roi de Chiang-Maï et du Lanna, les hauts dignitaires de la ville de Chiang-Maï avaient mis sur le trône son cadet, Chao Sam Fang Kaen  (1401-1441) (สามฝั่งแกน) alors âgé de 13 ans et né d'une autre mère.

 

Yi Kum Kam et son allié, le roi de Sukhothai, une fois devant Chiang-Maï, provoquèrent le trouble dans un grand marché situé aux abords de la ville, puis fichèrent leur camp bien ostensiblement et … envoyèrent des parlementaires pour revendiquer le trône.

Chacune des parties resta sur ses positions. Alors afin de mettre fin au conflit il fut décidé d'un corps à corps au sabre entre deux champions.

Han Yot Chaï Phek (หาญยอดใจเพชร) le représentant de Chiang-Maï donna la victoire à son camp.

 

Mais au lieu de partir avec armes et bagages, comme il était convenu, les armées dont le ''champion'' avait perdu, allèrent camper du côté du doï Suthep. Ce qui ne fut pas pour rassurer les populations.

C'est alors que va intervenir un habitant de Chiang-Maï, un certain  Phet Yot (เพ็ดยศ). Ce dernier, de son propre chef, va réunir environ deux cent hommes âgés entre seize et trente ans et en petit commando, ils vont décapiter, jour après jour tous les ennemis qui vont leur tomber sous la main. Les têtes seront offertes à leur souverain qui donnera le nom de ''DekChaï'' (เด็กชาย) c'est-à-dire ''gars'' (**) à ces valeureux … coupeurs de têtes.

 

Ces opérations auraient pu durer longtemps, mais elles prirent fin faute de tête à couper. Car un beau matin les ennemis de Chiang-Maï avaient levé leurs camps, non pas à cause des coupeurs de tête, mais d'un songe fait par Phraya Saïleuthaï.

Ce dernier, à la veille d'une grande offensive, avait rêvé qu'un éléphant poursuivait un Lion-royal ?!... Il y aurait vu sa défaite ?!...

 

Pour être plus complet, quelque temps après cet épisode, ou pendant ( ?) une ambassade du prince Lum Fa (พระยาฮ่อ ลุ่มฟ้า) un roi Hô (ฮ่อ) (***) du sud de la Chine, vint demander le paiement d'un tribut au roi du Lanna qui refusa.

En représailles les Hô s'attaquèrent à la ville de Chiang-Saen ; alors les villes de Chiang-Maï, Fang, Chiang-Khong, Thoeng, Phayao et … Chiang-Raï se portèrent au secours de Chiang-Saen !...  

Alors … peut-être que cet événement est aussi à prendre en compte dans la fin prématuré du précédent ?... qui peut dire … aujourd'hui ?!...  

 

 

(*) Phaya Saïleuthaï est aussi connu sous le nom de Phra Maha Thammaracha III (พระมหาธรรมราชาที่ 3) Il va régner de 1400 à 1419.

(**) En fait le mot ''DekChaï'' (เด็กชาย) se traduit aujourd'hui par garçonnet ou jeune garçon, le mot a perdu son côté ''viril'' qu'il avait à l'époque, c'est pourquoi je lui préfère le mot ''gars'' qui est très voisin de … gaillard. Ces ''Dekchaï'' était des gaillards et non des gamins.

(***) Les haws ou hôs sont l'un des nombreux peuples vivant au Yunnan. Ils sont d'origine Turc métissé Chinois et de religion musulmane, contrairement aux autres peuples qui sont bouddhistes ou/et animistes.

Sous les Qing, Dali ou Thali fut la capitale d'un sultanat.

 

 

                 

 

La face Nord du monument raconte comment … :

 ''Thephasing sauve Chiang-Maï'' (เทพสิงห์กู้เมืองเชียงใหม่)

En 1727, venant de Mae Sariang (แม่สะเรียง) un certain Thephasing (เทพสิงห์) va mener la vie dure aux occupants birmans et plus particulièrement au gouverneur birman de Chiang-Maï, Po Mang Renara (โป่มังแรนรา) qu'il va assassiner, et dont il va occuper le trône pendant un mois.

Thephasing avait le soutien de la population, car quand il entra avec ses hommes dans Chiang-Maï, seuls les birmans le combattirent. Les ''citadins'' tiraient … à blanc … dixit les birmans d'alors.

C'est ce sentiment de solidarité qui est mis à l'honneur.

 

                           

 

La face Ouest du monument raconte comment … :

 ''Chao Kawila sauve Muang Chiang-Maï'' (เจ้ากาวิละกู้เมืองเชียงใหม่)

 

En 1774, Chao Chā Bān, (1775-1781) (เจ้าจ่บ้าน) le roi de Chiang-Mai sous tutelle birmane, suite à une révolte avortée contre l'occupant Birman, se résigne à aller demander, très respectueusement, de l'aide au roi Taksin, (1734-1768-1782) (ตากสิน) le nouveau souverain du Siam, pour chasser les Birmans de Chiang-Maï et … du Lanna.

La mission était délicate, d'abord parce que quelques temps plutôt, pour ne pas voir l'occupant Birman remplacé par un occupant Siamois, Chao Chā Bān s'était opposé aux armées Siamoises !...

Ensuite parce que Chao Chā Bān jouait double jeu, le sien et celui des birmans. Il était alors censé aller repérer les positions siamoises pour le compte des birmans.

 

En cours de route, Chao Chā Bān s'arrêta à Lampang, où Chao Kawila, (1742-1815) (เจ้ากาวิละ) le fils aîné du roi de Lampang Chao Fa Chaï Keo (เจ้าฟ้าชายแก้ว) l'assura de son soutien armé.

La révolte de Kawila contre les birmans mit la vie de son père en danger. Car parallèlement, le roi de Lampang se trouvait en personne à Chiang-Maï pour se plaindre des exactions des soldats birmans dans sa région.

A Chiang-Maï, pour tenter de sauver la tête de leur père, les frères de Kawila faisaient passer leur aîné pour fou et couvraient de cadeaux le gouverneur birman qui ne savait plus que et … qui croire !...

 

Le roi Taksin répondit favorablement à la demande de Chao Chā Bān.

Alors les événements se précipitèrent, de ce fait le gouverneur birman quitta Chiang-Maï les jambes à son cou, et le mercredi 15 février 1775, Chao Kawila entra le premier dans Chiang-Maï pour chercher son père qu'il trouva en prison mais  … en vie.

 

Suite à cette victoire Chao Chā Bān et Chao Kawila se retrouvèrent vassaux de Taksin qui leur donna un titre de roi. Puis pour des raisons trop longues à expliquer, quelques temps plus tard, Taksin fit emprisonner les deux hommes.

Il est fort probable que Chao Chā Bān trouva la mort, au fond de sa geôle mais … ce n'est qu'une hypothèse. Quant à Chao Kawila il fut libéré pour s'être amendé mais se retira en ses terres avec le lobe de ses oreilles en moins.

Taksin était un homme qui n'entendait pas … ne pas être écouté. Chao Kawila devait se le tenir pour dit.

 

En 1782 Taksin est détrôné et tué. Chao Chakri, le futur Rama 1er prend le pouvoir.

Suite à son deuxième couronnement, fait à Bangkok qui alors s'élève de terre, il nomme  Chao Kawila, le beau-frère de son frère, roi de Chiang-Maï.

Des liens … ''familiaux'' … en plus de ceux de vassalité resserrent un peu plus les attaches qui relient Chiang-Maï à Bangkok ?!... 

 

Kawila va faire renaître la ville de ses ruines ou de ses cendres ?!.... tant elle est mal en point.

Les ''images'' de bon augure et les génies protecteurs sont remis en état ou reconstruits,  puis pour repeupler Chiang-Maï, à deux reprises, en 1805 et 1809, il va déporter des milliers de familles qu'il ira chercher dans le sud de la chine, au Sipsongpanna dans le Yunnan.

''เก็บผักใส่ซ้า เก็บข้าใสเมือง'' ''Mettre des légumes dans un panier c'est comme mettre des hommes dans une ville''. Cette phrase devenue très célèbre dans la région est gravée en toute lettre sur la plaque Ouest du monument !… 

Autrement écrit, si Chiang-Maï a survécu aux siècles c'est au prix de bien des souffrances !...

 

Bref !.... le visiteur est en face d'un bien modeste monument qui ne paie pas de mine mais qui a beaucoup à raconter et encore … je ne lui ai pas tout fait dire !.....

 

 

(*) En fait le mot employé par Kawila n'était pas ''homme'' (คน) mais ''Kha'' (ข้า) un mot qui se traduit par esclave ou serviteur !... des sous-hommes en quelque sorte ?!...

 

 

2/ La cour des Lions triomphants de bon augure.

          Khuong-Singh Chaï Mogn-Khon (ข่วงสิงห์ยมงคล)

                               อนุสาวรีย์ข่วงสิงห์ยมงคล

 

    


Le monument des Lions triomphants se situe à cinquante mètres   environ après celui des combattants et partisans, connus et inconnus qui ont fait la gloire de Chiang-Maï.

Il est cerné par un large fossé de quatre ou cinq mètres de large et profond de deux ou trois mètres.

Un pont permet l'accès à cette île artificielle où s'élèvent deux abris au toit arrondi et à l'intérieur desquels se tient un lion superbe et majestueux, voire quelque peu … arrogant.

Le premier édifice a son entrée donnant sur le Nord et le second sur l'Ouest.

 

Ce monument date de 1801, il fut l'œuvre du clan Kawila qui alors relevait Chiang-Maï de ses ruines.

A l'époque, la défense ''immatérielle'', ''spirituelle'' ( ?) ou ''irrationnelle'' d'une ville était tout aussi importante que sa défense matérielle. En plus de remparts, de fossés, de canons, une ville se devait d'avoir ses génies et ses protecteurs à la puissance surnaturelle. Sans eux point de salut même avec la plus puissante des armées.

Cette présence d'images (statues) protectrices signifie que les chefs militaires d'antan dont l'intention était d'attaquer une ville, devaient d'abord neutraliser et mettre hors d'état de leur nuire toutes ces protections ''surnaturelles''. La superstition sévissait dans les deux camps ... bien évidemment ?!...

 

Dès qu'il reçut ses charges de ''roi'' ou de ''vice-roi'' de Chiang-Maï en juin 1782, le clan Kawila (*) remodela la ville quatorze ans durant.

Il ne viendra siéger officiellement à Chiang-Maï qu'en Avril 1796. C'est dire que Chiang-Maï devait être en triste état, sans parler de l'horoscope qui en 1791 n'était pas favorable à une installation définitive. Là encore le matériel et l'irrationnel eurent partie liée. 

 

La chronique du Mahathera Fa Bot raconte que sous le règne de Tilokarāja (1441-1487) (พระเจ้าติโลกราชะ) (**) deux lions royaux ou Rājasī, furent construits au-delà de la porte nord, mais sans plus de précision ; et que le moine architecte de l'école Cinghalaise Mun Dam Phra Khot (หมื่นด้ำพร้าโคต) plaça ''au ou dans le'' ( ?) cœur de ces statues des formules ''magiques'' tirées du Véda qui contribuèrent à la puissance de Tilokarāja ?!...

Tous les ans ces statues étaient honorées à une date précise.

 

Aucune chronique ne dit, ou ne précise, si ces Rājasīs sont les mêmes que ceux qui existent actuellement ?!....

 

                                                                           

(*) Chao Kawila était l'aîné d'une fratrie de six enfants. Trois de ses frères furent nommés, dans un premier temps, vice-roi de Chiang-Maï ; Le deuxième Chao Thamma Langka (เจ้าธรรมลังกา) le troisième Chao Duang Thip (เจ้าดวงทิพ) et le cinquième Kham Fan (เจ้าคำฝั้น). A eux quatre ils remirent la ville sur pied.

(**) C'est ce roi, Tilokarāja qui ''remodela'' le mandala, c'est-à-dire l'espace sacré, contenant la ville de Chiang-Maï. Avec lui, Chiang-Maï ne se confinait plus dans un espace intra-muros, mais rayonnait dans une aire hors les murs. Pour ce faire huit lieux sacrés, un en direction de chaque point cardinal, furent créés aux environs de la ville, dont le grand Chet Yod (1456). 

 

 

      

 

3/ Le cimetière Chinois de Kuang Singh

                   Sousuan - Djin - Kuang-Singh (สุสานจีน ข่วงสิงห์)

 

Tout à côté de la cour aux lions s'étend un cimetière chinois.

 

Il n'est pas toujours ouvert, mais comme il ne mérite qu'un coup d'œil en passant, son mur d'enceinte est suffisamment à claire voie pour le faire.

L'une des particularités c'est que toutes les tombes sont orientées vers l'est. De ce fait lorsqu'on le regarde depuis l'ouest il ressemble à un champ constitué d'énormes sillons verdoyants.

Les tombes sont pratiquement identiques, les arbres rares, ce qui en fait un lieu sans charme et sans poésie, à l'opposé de notre merveilleux ''Père Lachaise'' de Paris.

 

    

 

8ème étape : Le Wat Chet Yod

Pour arriver à ce site ''incontournable'' il suffit de longer le cimetière Chinois et, au premier carrefour de tourner à gauche.

Le Wat se trouve au bout de la rue à droite. Cette route vous conduit à l'arrière du site et non à son entrée principale. Si vous êtes en voiture, entrez dans le Wat vous y découvrirez un parking pour vous garer.

 

Avec mes excuses !...

Il y a tant à dire sur ce site que la place va me manquer. Alors je vous suggère, pour en savoir plus, de vous reportez à la chronique qui lui sera consacrée. Néanmoins … bonne visite !...

 

Pour le retour vous avez le choix entre deux possibilités.

La première : rentrer sur Chiang-Maï en empruntant la rocade qui passe près du Wat Chet Yod. Elle vous conduira Porte Chang-Puak.

La deuxième (Un peu plus compliquée) : rebrousser chemin en filant droit devant vous lorsque vous arrivez au carrefour dont la route de droite conduit à la cour des lions.  Puis lorsque vous verrez un très large fossé, tournez sur votre gauche et longez ce fossé.

Cet itinéraire conduit jusqu'au zoo, au monument de Phra Kruba Sri Wichaï et … le doï Suthep, mais comme il faut bien connaître les lieux, munissez vous d'un plan, cela vaut mieux.

 

 



27/07/2013
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