MerveilleuseChiang-Mai

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WAT CHEDI LUANG VORAVIHARN 3/3 - วัดเจดีย์หลวงวรวิหาร


  WAT CHEDI LUANG VORAVIHARN 3/3 - วัดเจดีย์หลวงวรวิหาร

 

                        (Le temple du grand et majestueux chédi.)

 

                     Le Wat est ouvert de 5 heures à 22 heures 30

                        Téléphone : 053.814.119 & 089.9999.380

 

                                                           

                                   -Troisième et dernière partie –

 

                                Les côtés Nord et est (suite et fin)

 

 

     

 

 

Photo 1 : Situation du Wat Chédi Luang dans Chiang-Mai intra-muros.

Photo 2 : Le chédi du Wat Chédi Luang Voraviharn face Est & nord (2010)

Photo 3 : Le supérieur du Wat Chédi Luang en Juin 2013, Phra Rajachétiyajan (พระราชเจติยาจารย์)

 

 

Adresse : Le Wat Chedi Luang Voraviharn possède cinq entrées dont quatre sont accessibles au public.

(Le Wat Chedi Luang Voraviharn s'écrit aussi Chedi Luang Varaviharn.)

 

1/ Entrée Est (Entrée principale) : 103, rue Phra Pok Klao

2/ Entrée Nord : rue Rachadamnoen

3/ Entrée Ouest : rue Cha Ban

4/ Entrée Sud : rue Ratchamankha

 

Intérêt : ♥♥♥♥♥

 

Le Wat Chedi Luang Voraviharn est l'un des trois Wats les plus importants de Chiang-Maï. Ne pas lui rendre visite c'est comme aller visiter Paris en faisant l'impasse sur la tour Eiffel.

 

Le Chédi Luang était alors le mont Méru du royaume du Lanna, c'est-à-dire le centre du monde.

 

Il était aussi une réplique de la ville de Chiang-Mai, une réplique à l'intérieur de l'original ; ce qui signifie que comme Chiang-Mai chacune des portes du Chédi (*) est sous la protection d'une ''nava-graha'' c'est-à-dire d'un dieu planétaire.

 

La porte Nord, la porte Chang Phuak ou ''Dej Muang'' était à l'origine réservé au souverain et portait le nom de ''Pratu Hua Wiang'' (ประตูหัวเวียง) c'est-à-dire la première porte de la ville mais aussi … la porte de la tête de la ville ?!....

 

Sa ''nava-graha'' ou dieu planétaire était, et est encore, … Phra Djane (พระจันทร์) ce qui correspond à la lune.

 

En Occident la lune régit le cerveau ; en Inde Chandra (La lune) est le cerveau de la vache sacrée. La lune ''nourrit'' l'imagination, aide à l'acquis des connaissances, développe la mémoire et favorise la fécondité, entre autres caractéristiques données par l'astrologie traditionnelle.

 

Nous avons vu dans la seconde partie que c'est au nord du Chédi Luang que se trouve l'Université ''Mahamakut Buddhist University – Lanna campus et qu'a été construit le … ''Hot traï '' ou bibliothèque. C'est encore de ce côté que se trouve les classes des moinillons qui doivent correspondre, vu l'âge des enfants, à nos CM1/CM2.

 

Hasard ?... coïncidence ?... à vous d'en juger.

 

 

 

(*) Jadis chaque escalier du Chédi Luang conduisait à une porte. Aujourd'hui ces portes ont été transformées en niche dans lesquelles a été mise une image de  Bouddha soit dans la neuvième attitude ou la victoire sur Māra (Māravijaya), soit dans la dixième attitude ou le Suprême complet Eveil (Samâdhi), et trois des escaliers ont été ''neutralisés''.

 

 

                                                

 

 

                            Plan du Wat Chédi Luang situant les sites qui vont suivre.

                                (Les numéros font suite à ceux de la 2ème partie.)

 

 

 

19.- L'aire Nord-est du Chédi Luang.

 

Quand il se célèbre un événement particulier au Wat Chédi Luang c'est en cet endroit … par exemple : 

 

      

 

 

           Concernant la crémation de Phra Chan Kusalo courant janvier 2010:

 

Photo 1 : Construction de la tête du ''Karinthip'' (กรินทร์ทิพย์) ou éléphant céleste constituant le ''Prasat Nok Hasadiling'' (ปราสาทนกหัสดีลิงค์') (*).

Photo 2 : Construction du ''prasat'' ou ''château'' (mont Méru) à l'intérieur duquel sera installé le défunt.

Photo 3 : Le 18 janvier 2010, quelques heures avant l'embrasement du ''Prasat-soph'' ou ''Prasat Nok Hasadiling''.

Photo 4 : Deux jeunes moinillons assistant à l'embrasement du ''Prasat Nok Hasadiling''.

(*) Le ''Nok Hasadiling'' est un oiseau imaginaire à tête d'éléphant qui conduit le défunt auprès du dieu Indra.

 

 

      

 

 

                                               Concernant un événementiel :

Photo 1 : Une exposition d'une semaine, sur le thème du Lanna, conçue et réalisée par des élèves et étudiants. Tout autour du Chédi des stands avaient été aménagés.

 

                                        Concernant une activité permanente :

Photo 2 – 3 & 4 : Un ''Monk Chat'' ou un ''libre dialogue'' entre moines et visiteurs se tient tous les jours de 9 heures à 16 heures. Il s'agit surtout de permettre aux jeunes moines de perfectionner leur … anglais ?!... Mais il n'est pas interdit aux Francophones d'y mettre leur … petit grain de sel … en français ?!... ce que je ne manque jamais de faire !...

 

 

20.- Le petit Chédi du Nord :

 

Comme le petit Chédi du Sud, il serait aussi ancien que le Chedi Luang, ce qui signifierait que ce serait le Chédi du Wat Ho Tham ou du Wat Sukmin.

 

Ce Chédi mesurerait 6,55 mètres à sa base et atteindrait la hauteur de 13,43 mètres. Il est donc un peu plus petit que son ''jumeau'' du Sud. Sa dernière restauration date de 1993 et, comme son homologue, semble avoir fait table rase des signes caractéristiques de son passé.   

 

21.- Le Kumphan Nord.

 

Le ''Kumphan'' Nord (กุมพันธ์ ou กุมภัณฑ์) ne présente que peu de différence avec le ''Kumphan Sud'' si ce n'est que perdu dans son coin les visites doivent être plus rares.

 

    


 

Photo 1 : Le petit Chédi Nord

Photo 2 : Le sanctuaire du Kumphan Nord.

Photo 3 : Le Kumphan Nord. (Les deux Kumphans, celui du Nord et du Sud) se ressemblent … à quelques détails près !... car ils ne sont pas identiques. Je vous laisse chercher les différences d'autant que vous avez les photos de chacun d'eux.

 

 

 

22.- Le Grand Viharn du Wat Chédi Luang :

 

Le grand viharn porte bien son nom puisqu'avec ses 60 mètres de long ce serait le plus grand Viharn de Chiang-Mai.

 

Ce fut vraisemblablement dès la création de Chiang-Mai en 1296 que s'éleva en cet endroit un premier Viharn ?!....

 

Lors de la construction du Ku Luang (1385/88-1400 ?) destiné à recevoir les cendres du roi Kilanā dit Kü-Na (1355/67-1385/88) ce temple a du subir quelques modifications ?....

 

Mais il faudra attendre l'avènement de Tilokarāja (1409-1441/2-1487) qui trouvera le Ku Luang de son arrière grand-père, le roi Kü-Na, en ruine pour que ce Viharn soit transformé, ne serait-ce que pour y accueillir l'image de Phra Attharot (พระอัฏฐารส) qui mesurait … 18 coudées de haut c'est-à-dire 8,23 mètres.

 

Une cinquantaine d'années plus tard, dans la soirée du 4 août 1545 un grand tremblement de terre décapite d'une trentaine de mètres le Chédi Luang, et met à mal de nombreux temples de la ville, dont le Wat Phra Singh et vraisemblablement le grand Viharn du Chédi Luang.

 

Comme par hasard ?!... ce séisme coïncide avec le tout début du déclin du Lanna. Cette … ''force de dissuasion magique'' … qu'était le Chédi Luang, a été réduite à néant l'espace d'une secousse tellurique, une aubaine pour les ennemis du Lanna et pour les vassaux voulant recouvrer leur indépendance ?!...

 

Les hauts dignitaires du Lanna, qui d'ordinaire s'inquiétaient du moindre signe de mauvais augures,  aveuglés par leurs querelles intestines pour prendre le pouvoir, vont alors précipiter le Lanna dans l'abîme au lieu de ''redresser la barre''.

 

Ce royaume, que Tilokarāja avait porté au zénith, va devenir semblable à une poire mûre à souhait qui n'attend plus que d'être cueillie par le premier venu. Ce … premier venu sera Birman. En 1558 le Lanna passe sous leur joug.

 

Signe du destin ?... l'année précédente, en 1557, ce grand Viharn aurait été la proie des flammes ?!.... (Je l'ai lu mais … sans pouvoir le vérifier … alors ?!.... une information à ne pas prendre pour argent comptant.)

 

 

Les Birmans, en bons bouddhistes vont s'approprier des images de Bouddha soi-disant ''miraculeuses'' et, en tant que conquérants faire main basse sur tous les ors trouvés sur leur chemin, y compris dans les Viharns et sur les Chédis.

 

A l'époque, cette ''pratique'' faisait partie de l'ordre des choses … il s'agissait, ni plus ni moins, de déshabiller Pierre pour habiller Paul, étant entendu que Pierre et Paul étaient … et sont toujours … une seule et même ''entité'' c'est-à-dire … Bouddha !... à la différence que dans un cas Bouddha était honoré par les Birmans et dans l'autre par les Lannas ?!...

 

Aussi superstitieux que leurs vaincus, les vainqueurs ne vont pas favoriser la remise en état de certains édifices dont la ''puissance'' pourrait leur nuire. Alors pendant plus de deux cent ans nombre de lieux de culte vont tomber en ruine. (*)

 

Puis … signe de bon augure ?... 10 ans après un nouveau séisme, courant 1764, le Lanna va sortir de l'emprise birmane.

 

Phra Chao Kawila (1409-1441/2-1487) (พระเจ้าติโลกราช), le nouveau roi du Lanna, va déployer nombre d'efforts pour redonner vie à Chiang-Mai qui durant les trente dernières années de l'occupation Birmane ne comptait en ses murs que quelques irréductibles dont des animaux sauvages comme … des tigres.

 

En 1800 Phra Chao Kawila transfère le pilier de la ville, le ''Sao Muang Inthakhin'' au Wat Chédi Luang. (Pour en savoir plus se reporter à la première partie).

 

Les chroniques précisent qu'il remit en état nombre de sites religieux, dont le Chedi Luang, mais ne disent rien concernant le grand Viharn. Alors il est difficile de savoir et de dire si le grand Viharn a été reconstruit sous Kawila ?..... C'est très probable mais pas certain.

 

Toujours est-il qu'environ un siècle plus tard, vers 1880 Phra Chao Intha Wichayānon (1870/73-1897) (พระเจ้าอินทวิชยานนท์) ou Chao Inthanon fait raser le grand Viharn qui aurait été dans un triste état pour le remplacer par un … tout nouveau Viharn flambant neuf et en bois.

 

 

(*) L'une des … ''coutumes'' des vainqueurs de cette époque et jusqu'au XIXe siècle, consistait à déporter les populations. Ce mode opératoire avait pour … ''avantages'' … (pour les vainqueurs)  d'avoir de la main d'œuvre à bon marché, et de mobiliser moins d'hommes pour veiller à la conservation des villes conquises.

 

 

    

 

 

Trois anciennes photos du grand Viharn datant de 1920 environ. Celle du centre a été prise de l'Est et les deux autres sous l'angle Nord-est.

Le Viharn pourrait dater du début du XIXe siècle ce qui signifierait qu'il aurait été construit lors de règne de Kawila ou de son frère. Mais ce n'est pas une affirmation, seulement une déduction en rapport à la logique.

A noter que le haut du porche ou Nāban-sum-pratu-wat (หน้าบัน ซุ้มประตูวัด) était alors constitué d'entrelacs.  

 

 

 

Sous le dernier roi de Chiang-Mai, qui déjà n'avait plus le titre de roi mais de prince gouverneur, (*) Chao Keo Nawarat ou Kaew Naovarat (1862-1909-1939) (เจ้าแก้วนวรัฐ) Chiang-Mai connaît une vague de ''grands travaux'' ou de remise en état dont l'un des ''fers de lance'' porte le nom de Phra Kruba Sri Vichaï (1878-1938) (พระครูบาศรีวิชัย) le saint patron du Lanna.

 

Son charisme est si grand qu'il va attiser la méfiance de ses détracteurs mais aussi … soulever l'enthousiasme des foules qui vont se relayer et construire la route conduisant au Doï Suthep.  Phra Kruba Sri Vichaï rénovera plus d'une centaine de temples dont le Wat Phra Singh et le Wat Suan Dok mais … je n'ai pas trouvé dans cette liste celui du Wat Chédi Luang. (**)

 

 

 

Toujours est-il que le Viharn du Wat Chédi Luang est dans un tel délabrement que sa structure en bois sera démontée courant 1928 et remplacée par des murs en maçonnerie. A cette occasion les dimensions du viharn sont portées à 50,80 mètres pour la longueur et à 19,70 mètres pour sa largeur. Les travaux auraient couru sur une dizaine d'années (1928-1938).

 

En 1993, emboîtant le pas aux travaux de restauration du Chédi Luang commencé en 1990 grâce aux aides de l'UNESCO et du gouvernement Japonais, en 1993 donc, faisant appel à des fonds privés, quelques bâtiments vont retrouver une nouvelle jeunesse

 

La dernière remise en état du grand Viharn s'est terminée en septembre 2005 après avoir commencé six ans plutôt, en 1999. Elle aurait coûté la bagatelle de soixante dix millions de bahts soit environ un million sept cent cinquante mille euros.

 

Comme écrit en deuxième partie c'est la princesse Soamsawalee Kitiyakara qui a présidé à la cérémonie d'inauguration le 29 mai 2005 ; jour durant lequel une chasse contenant une relique de bouddha a été fixée sur le toit.

 

Lors de ces travaux l'architecture le hall d'entrée a été entièrement transformée et son pignon de façade s'enorgueillit aujourd'hui d'entrelacs dorés du plus bel effet. Cette nouvelle décoration a remplacé des sculptures dont le thème concernait alors les symboles astrologiques duodénaires (astrologie chinoise) (***), lesquelles se substituèrent à des entrelacs semblables à ceux du pignon de façade de l'ubosot ou hall d'ordination.

 

 

 

(*) En 1853 le titre de Phraya a été remplacé celui de Chao c'est-à-dire de prince gouverneur.

(**) Le Wat Chédi Luang était alors, et encore maintenant, tenu par des moines de la secte Thammayut Nikaya (ธรรมยุติกนิกาย) ou Dhammayut Nikaya ; une secte créée par le roi Rama IV dans le but de réformer le Bouddhisme mais aussi de le mettre sous la férule royale, donc de contrôler le sangha.

Phra Kruba Si Vichaï était quelque peu … indépendant … ce qui lui a valu deux arrestations et convocations à Bangkok en 1908 & 1920. Aurait-il été accusé d'être un moine millénariste ?... et ce qui précède aurait-il un rapport avec le fait que le Viharn du Wat Chédi Luang ne figure pas dans la liste des temples, dont 9 à Chiang-Mai, reconstruits via le charisme de Phra Kruba Si Vichaï ?....

(***) Certaines de ces pièces consacrées aux signes astrologiques, si elles existent toujours, pourraient venir enrichir le musée Chan Kusalo. A noter que le ''cochon'' était remplacé par … l'éléphant. Nous sommes au Lanna !...

 

 

 

    

 

 

                L'évolution architecturale du grand Viharn du Wat Chédi Luang

Photo 1 : Cette ancienne photo montre le grand Viharn tel qu'il fut entre 1800 et 1928. A cause des bosquets elle doit être proche des années 1928.

Photo 2 : la prise de cette photo, avec une technique de meilleure qualité, montre le grand viharn tel qu'il devait être entre les années 1938 à 1992.

A noter que le haut du porche ou Nāban-sum-pratu-wat (หน้าบัน ซุ้มประตูวัด) avait alors été inspiré par les signes duodénaires (Signes astrologiques Chinois) et que le signe du cochon, Lanna oblige, était illustré au moyen d'un … éléphant.

Photo 3 : La façade du grand Viharn telle qu'elle se présente aujourd'hui en 2013. Mais la photo date de 2010.

 

 

    

 

 

Photo 1 : la princesse Soamsawalee Kitiyakara qui inaugura le nouveau Viharn le 29 mai 2005. (Photo Wikipedia)

Photo 2 : Illustration de l'inauguration de la route conduisant au Wat du Doï Suthep, le 30 avril 1935. Assis à l'arrière de la voiture Phra Kruba Sri Vichaï (พระครูบาศรีวิชัย) et au volant Chao Keo Nawarat ou Kaew Naovarat (เจ้าแก้วนวรัฐ).

Photo 3 : Chao Keo Nawarat ou Kaew Naovarat. Vu l'âge du personnage il devait être alors fonctionnaire à Bangkok ou … tout jeune ''Prince gouverneur'' de Chiang-Maï. La photo n'était pas datée.

 

 

L'Intérieur du grand viharn :

 

A l'intérieur du grand viharn, un grand ''Bouddha debout'' ''accueille'' fidèles et visiteurs. Ce serait celui d'origine, celui du Wat Chotikaram qu'aurait fait couler le roi Tilokarāja (1) en prenant pour modèle l'une des images de ce type qui existaient alors, et existent toujours, à Sukhothai. (2).

 

Ces images de ''Bouddha debout'' portaient le nom de Phra Chao Attharot ou Phra Chao Asarasa (พระเจ้าอาสรสะ), (2) d'où son nom au Wat Chedi Luang de Phra Chao Attharot (พระเจ้าอัฏฐารส ou พระเจ้าอรรถโรจน์).

 

Pour être plus précis, cette image de 8,23 mètres de haut, ou de 18 coudées ou soks, (1sok = 50 cm environ) serait une reproduction du Phra Attharot du Wat Saphan Hin de Sukhothai qui mesure elle …8,30 mètres. J'ai aussi lu 12,5 mètres ?!... (Le socle a du être pris en compte car Phra Attharot ne peut mesurer QUE 18 coudées nous verrons pourquoi plus loin.) (3)

 

Les fondeurs, car elle est en métal coulé et doré alors que l'Attharot de Sukhothai est en briques et en stuc, se sont inspirés de l'art de ''Sukhothai'' pour l'attitude, mais sont restés fideles au style propre de Chiang-Mai. Il suffit de regarder le visage de Phra Attharot pour s'en convaincre. Des photos suivent.

 

Le Phra Attharot de Sukhothai, du haut de sa colline, soumet Māra, qui est une représentation du mal c'est-à-dire de l'ennemi … mais de l'ennemi sous toutes ses formes … famine, épidémie et … invasions diverses  !...

 

 

Après le départ des Birmans en 1774 et la remise en ordre du royaume du Siam, y comprises des images de Bouddha, cette image a figuré au 19ème rang parmi les 40 images réalisées à la demande du roi Rama III (1787-1824-1851). Elle a ensuite été reprise en 1983/84 parmi les 80 images de la galerie de Phra Pathom Chédi.

 

Au sein de cette galerie elle symbolise la 27ème attitude, c'est-à-dire ''Bouddha arrêtant l'épidémie'' (ปางหามพยาธิ). (4)

 

 

(1) Le Mahāthera Fa Bōt écrit dans sa chronique que c'est ''le souverain, (Tilokarāja), qui fit couler une statue de Bouddha … qui fut appelée le Phra Chao Asarasa''. Le texte est clair et sans ambigüité. Or dans les textes Thaïs, et sur un ancien panneau d'information que j'ai retrouvé, gravé en anglais, au Chédi Luang, il est écrit  que c'est la reine Tilokachutha, l'épouse de ''Sen Muang Ma'' qui fit couler cette statue ?!...

 

Pour différentes raisons, qu'il serait trop long de développer, c'est au Mahāthera Fa Bōt que j'accorde foi. En particulier parce que ce ''Bouddha debout'' est une ''pièce essentielle'' de l'espace magique (mandala) commandée par Tilokarāja et conçue par son ami et ministre  le théra Mun Dam Phra Khot (หมี่นด่ำพร้าโคต) qui s'adonnait à la magie et améliora son art via des études au Sri Lanka. Le Chédi Luang fut conçu comme un espace magique censé être détenteur d'une super puissance surnaturelle. Que pouvait savoir de ce mandala la reine Tilokachutha ?....

 

Je terminerai avec ce dernier argument : … d'après mes sources, la reine Tilokachutha n'était pas l'épouse de ''Sen Muang Ma'', mais sa mère. Les textes disent d'elle du vivant de ''Sen Muang ma'' (Elle n'est donc pas la veuve de ''Sen Muang Ma'' mais du père de ce dernier) : la reine douairière ''Phra Nang Chao Tiloka Chuta Ratcha Thewi'' (พระนางเจ้าติโลกจุฑาราชเทวี) ?!...

 

(2) J'ai découvert qu'il avait existé un … Phra Attharoeus dans l'empire Khmer au XIIe siècle. Alors … il n'est pas impossible (Ce n'est pas une affirmation) que cette image qui aurait été détruite à l'époque des Khmers rouges, ait inspiré les artistes de Sukhôtai ?... comme ceux de Sukhothai ont inspiré ceux du Lanna ?!...

 

(3) Phra Chao Attharot (พระเจ้าอัฏฐารส) vient de l'expression pali ''Buddhassa Asarasa'' (พุทธัสะอาสรสะ). Buddhassa se comprend aisément, il s'agit de Bouddha, et Asarasa se traduit par le chiffre : 18.

 

Matériellement le chiffre ''18'' a été l'un des éléments constitutifs de l'image (statue) puisqu'elle mesure … 18 coudées. Ces 18 coudées ne sont donc pas le fruit du hasard, mais celui de la volonté du concepteur de l'image. A noter au passage … que la coudée de Sukhothai était un peu plus grande que la coudée du Lanna de … 15 millimètres !... (C'est de l'humour, mais c'est exact !...)  (a)

 

(a) La coudée correspond à la distance comprise entre le coude et l'extrémité des doigts tendus. En occident la référence était le bras royal, ce qui signifie que d'un roi à l'autre la coudée pouvait varier de quelques centimètres. Le roi de Sukhothai Ramkhamhaeng était-il plus grand que le roi de Chiang-Maï Tilokarāja ?!... là est la question. (Heureusement elle n'empêche pas de dormir.).

 

 

Mais pourquoi Asarasa, c'est-à-dire 18 et pas dix neuf ou vingt ?...

 

L'expression ''Buddhassa Asarasa'' est tirée du ''Ratana-Paritta-Pali'' c'est-à-dire d'un texte écrit en pali et récité en pali, même si le récitant ne comprend pas le pâli.

 

Un ''paritta'' est une suite de ''suttas'' ou versets, le ''Ratana-Paritta-Pali'' en compte 17.

Ces ''parittas'', au nombre de 29, ne sont pas tous repris systématiquement lorsqu'un ouvrage paraît à leur sujet. En 1981, par exemple, le Birman Sao Htun Hmat Win a publié un recueil de onze parittas. Il a donc fait l'impasse sur 18 d'entre eux.

Ces parittas auraient été composés par le Bouddha lui-même mais il n'est pas improbable que certains d'entre eux soient …  apocryphes ?!...)

 

Le mot ''paritta'' est lui aussi un mot pali, et pour cause, dont la signification serait … ''protection ou sauvegarde pour … conjurer le mauvais sort. ''

 

Ces formules de protection sont un héritage de l'Inde, elles s'appelaient alors Rakçà-s. Elles auraient la particularité de donner un pouvoir à la parole car il suffirait de réciter les suttas d'un paritta pour se protéger de certains ''démons''. Ces formules protectrices et … magiques sont puisées à l'intérieur même du canon Pāli bouddhique.

 

A chaque paritta correspond une protection ou une sauvegarde particulière, c'est-à-dire un ''démon'' dont il faut se protéger ou se défaire.

 

Ainsi les suttas du Khanda-paritta ont été composés pour se protéger des morsures de serpents ; ceux du Watta-paritta des incendies ; ceux du Dhajagaa-paritta de la peur ; ceux du Mora-paritta pour se libérer de la prison ; et ceux du ratana-paritta des démons responsables des épidémies, des famines et des êtres qui n'ont pas l'aspect humain ?!.... autant dire des mauvais esprits et des êtres démoniaques.

 

Concernant le chiffre 18, pour faire simple et sans être simpliste, après l'acte de l'Eveil Siddhârta Gautama est devenu un Bouddha parfait et accompli. De ce fait il a acquis des facultés extra-sensorielles lui donnant des pouvoirs illimités.

Ainsi, trois ans après son éveil, avec 18 d'entre elles, à  Vaiśālī, il va chasser les démons responsables d'une épidémie et d'une famine.

Cet aspect de la personnalité du Bouddha prit alors le nom de ''Buddhassa Asarasa'' et le ''ratana-paritta'' fut composé en se référant à cet aspect qui comptait 18 facultés extra-sensorielles ou dhātus. Voilà pourquoi 18 et non pas 19 ou 20 !...

 

(4) Le Wat Saphan Hin (วัดสะพานหิน) c'est-à-dire le monastère du pont de pierre, se situe à l'ouest de Sukhothai, sur une colline de 300 mètres de haut. On raconte que le roi Ramkhamhaeng (1279-1298) faisait l'ascension de ce mont à dos de son éléphant ''Rujakhari '' (รูจาครี), lors des pleines lunes, pour honorer le Bouddha. Ce détail pour signaler qu'environ 170 ans, séparent les deux œuvres, c'est-à-dire les trois ''Phra Chao Attharot'' de Sukhothai et celui de Chiang-Mai.

En raison de ces 170 ans, les artistes de Chiang-Mai se sont bien inspirés du (ou des) Phra Chao Attharot de Sukhothai.

 

 

     

 

 

                                            Les ''Phra Attharot de Sukhothai''

 

Photo 1 : Sukhothai intra-muros : Au sein du plus grand Wat, le Wat Mahathat, centre spirituel et administratif d'alors, s'élève entre le Nord et le Sud ce Phra Attharot d'environ 9 mètres de haut. (XIIIe siècle) (Photo de 2012)

Photo 2 : Sukhothai hors les murs : A deux kilomètres environ de la ville et à l'ouest de celle-ci, sur un mont de quelques 300 mètres de haut s'élevait le Wat Saphan Hin (วัดสะพานหิน) dont il ne reste que ce Phra Attharot. (Photo de 2012)

Photo 3 : Muang Chaliang à environ 3 kilomètres au sud de Sri Satchanalai, la ville jumelle de Sukhothai, au sein du Wat Prang ou Wat Phra Borom Mahat s'élève ce Phra Attharot. (Photo prise sur un site mais vues sur de nombreux autres sites sans nom d'auteur.)

 

 

       

 

 

                          La différence de style entre Sukhothai et Chiang-Mai

 

Photo 1 : Tête d'une image d'un Bouddha du Wat Mae Chon (วัดแมโจน) de Sukhothai. (Photo Louis Chu -2012)   

Photo 2 : Phra Attharot de l'école de Chiang-Mai. (Wat Chédi Luang) (Photo 2010)

Photo 3 : Phra Attharot de l'école de Sukhothai. (Wat Mahathat) (Photo 2012)

 

 

 

A Sukhothai ce Phra Attharot avait alors, soi-disant, un pouvoir magique dont nul ne doutait, les sujets du royaume comme ceux des royaumes voisins, y compris leurs rois. Cette croyance renforçait le prestige et la gloire de Ramkhamhaeng (1239-1277-1298 ou 1317 ?) (รามคำแหง) le roi de Sukhothai, et remplissait de crainte ses ennemis au point de les faire réfléchir à deux fois avant de s'attaquer à lui !...

 

A Chiang-Mai le roi Tilokarāja a été à la recherche d'atouts pour asseoir sa gloire et sa puissance. Par magie il a voulu ressembler à l'empereur Indien Ashoka, (Ce qui a failli mal tourner) alors pourquoi n'aurait-il pas cherché à copier Ramkhamhaeng, qui fut en son temps le roi le plus puissant de la région ?...

 

En dotant sa capitale d'une image de Phra Attharot, le roi Tilokarāja  en bon stratège améliorait l'aménagement de la puissance de son espace sacré ou diagramme de Chiang-Mai !... (*)

 

 

N'oublions pas que le Chedi du Wat Chedi Luang était une symbolisation du mont Méru, du nombril de la ville et … du royaume.

 

C'était alors une construction ''magique'' qui, tout en honorant Bouddha était censé protéger la ville de tous les dangers, grâce aux super pouvoir qui avaient été ''emmagasiner'' au moyen de formules magiques, tirées des védas, à l'intérieur de la tête de chacun des huit éléphants et autres représentations zoomorphes ; lesquels pourraient être comparés à des amulettes géantes ?!...

 

De ce fait, Phra Attharot, était comme l'élément clef de ce système de … ''dissuasion'', ''hors du commun'' pour des gens du XXIe siècle, mais tout à fait dans l'ordre des choses pour les gens très superstitieux de ce temps.

A la même époque en France, au XIIIe siècle et au-delà, ne croyait-on pas guérir des écrouelles (fistules purulentes au cou) en touchant le manteau royal ?

 

Phra Attharot était alors celui qui mettait en garde les ennemis de Chiang-Mai ; celui qui leur inspirait de la crainte, les soumettait et qui devait les faire fuir comme bouddha Attharot, ou plus précisément ''Buddhassa Asarasa'', avait fait fuir les démons. (**)

 

Si Phra Attharot n'était pas écouté c'étaient alors aux huit éléphants de guerre, postés juste derrière lui, à l'avant du Chédi, d'entrer en scène et de libérer leur force magique ; à savoir mettre en déroute de huit façons différentes ceux qui avaient passé outre à l'injonction de Phra Attharot ?!...

 

 

 

(*) Trois siècles plus tard, les tout premiers rois de la dynastie des Chakri agiront comme Tilokarāja. Ils mettront Bangkok sous la protection de nombreux gardiens issus de l'animiste et du bouddhisme.

Avant même que la ville de Bangkok ne soit créée le Bouddha d'émeraude était déjà à Thonburi et le pilier de la ville associé à celui de Chiang-Mai fut planté.

Un Phra Attharot datant du XIIIe siècle, semblable dans son esprit à ceux de Sukhothai, mais en bronze, rapporté de Phitsanulok en 1829, sera installé au Wat Saket (Srakesa ou Sraket) (วัดสระเกศ), dont le véritable nom est … le Wat de la montagne d'or ou le Wat de la suprême montagne (วัดภูเขาทอง). Que de similitudes à trois siècles d'écart !.... et il y en a bien d'autres !...

Nota bene : Ce Phra Attharot sera ''rebaptisé'' ''Phra Attharot Sisukhot Thosaphon Yanabophit'' (พระอัฏฐารส ศรีสุคต ทศพล ญาณบพิตร) qu'il m'est difficile de traduire en deux ou trois mots.

 

(**) Cette image de Phra Attharot est semblable à la 27ème attitude de Bouddha, ''Bouddha arrêtant l'épidémie'' ou ''Pagn Ham Paya Thi'' (ปางหามพยาธิ).  Elle a été inspirée par un épisode de la vie de ce dernier qui est le suivant :

 

La ville de Vaiśālī était alors la proie de la peste et de la famine. Pour éradiquer ces fléaux les princes Licchavi, qui régnaient sur la ville, firent appel à six maîtres religieux, que la tradition présente constamment comme les rivaux de Bouddha. Ces derniers échouèrent dans leur mission.

 

Bouddha, dont l'acte de L'Eveil remontait à trois ans commençait à faire parler de lui. Alors il lui fut demandé d'intervenir. Ce dernier, d'un geste de la main droite, inspira tant de crainte aux démons de la peste et de la famine qu'ils prirent … la fuite. De ce fait la ville retrouva la santé et … sa joie de vivre.

 

Pour le remercier un vaste parc planté de Sals sera offert au sangha.

 

C'est aussi dans la ville de Vaiśālī que Bouddha, un an ou deux plus tard, en se transportant par la voie des airs, mettra fin à la querelle entre Sākya et Koliya, des parents, pour une histoire d'irrigation.

Cet épisode inspirera l'image du Lundi, des Bouddhas de la semaine, la 23ème attitude. Cette image représente Bouddha, non pas avec un bras levé, le droit, mais avec les deux !... (Peut-être pour marquer la deuxième intervention du Bouddha dans cette ville ?...)

 

Nota : huit images de ''Bouddha arrêtant l'épidémie'' ou ''Pagn Ham Paya Thi'' se trouvent au Wat Phra Singh. (Mais ce ne sont pas des Phra Attharot). De part et d'autre du grand chédi s'élève un petit chédi possédant quatre niches. Dans chacune d'elle repose un bouddha dans la 27ème attitude … ''Bouddha arrêtant l'épidémie'' mais aussi … et surtout … soumettant Māra car c'était le ''démon'' Māra qui était à l'origine de l'épidémie. Māra l'avatar du dieu brahmanique de la mort mais aussi le représentant des mauvais génies populaires et … le tentateur démoniaque qui s'attaqua subtilement et avec perversion à la méditation de Siddhârta Gautama pour l'empêcher d'atteindre l'Eveil et de devenir un Bouddha parfait et accompli.

 

(6) Les fléaux étaient à l'époque identifiés à des démons, c'est-à-dire à de mauvais esprits. Cette façon de voir perdure encore de nos jours. Il y a souvent – pour ne pas écrire toujours – un phi (ผี) c'est-à-dire un mauvais génie à l'origine d'un mal dont on ne connaît pas la cause.

Ainsi le syndrome de Brugada, (deux frères) mis en évidence dans les années 1990, est une maladie génétique rare qui touche les asiatiques en général et plus particulièrement, en Thaïlande, les hommes de l'Isaan d'une quarantaine d'années.

Grosso modo, cette maladie résulte d'un dysfonctionnement électrique du cœur. La personne semble s'endormir et … la mort suit plus ou moins vite.

Des docteurs Thaïlandais se sont intéressés à cette maladie qui se détecte au moyen d'une anomalie régulière sur le graphique d'un électrocardiogramme.

Comme beaucoup d'hommes en Isaan sont porteurs de cette maladie sans le savoir, le corps médical est d'autant plus attentif. Mais pour la population, au fait des premiers symptômes visuels, c'est un Phi, ''Mé Laï Taï'' qui vient chercher sa victime. Alors les premiers soins passent par des bâtons d'encens que la famille va faire bruler au temple pour chasser ''Mé Laï TaÏ'' et non par le corps médical ?!... Nous sommes en 2013 !... Alors que devaient être les superstitions au XVe siècle ?!....

.

 

    

 

 

                          Phra Buddhassa Asarasa ou Phra Bouddha Attharot

 

Photo 1 : Ces 108 bahts (*) (bols) sont disposés à l'occasion de certaines cérémonies. Le rite consiste à déposer une pièce dans chacun des bahts. (Des petits bols contenant 108 piécettes sont vendus 20 bahts 0€50.) (Photo 2010)

(*) Le mot baht désigne tout à la fois ce type de bol et l'unité monétaire thaïlandaise.

Photo 2 : Le sanctuaire avec au centre Phra Attharot entouré de nombreuses images de Bouddha et avec à ses côtés Maha Sāriputra et Maha Moggallāna. (Photo 2010)

Photo 3 : Le même sanctuaire, dans un triste état, vraisemblablement avant 1928 ?!...

 

 

 

De part et d'autre de Phra Attharot se tiennent deux de ses disciples en chef, (Aggasāvakkha),  Maha Sāriputra à la droite du Bouddha et Maha Moggallāna à la gauche du Bouddha. C'est en général toujours ainsi que son représentés ces trois figures du bouddhisme … sauf exception ?!...

 

 

Sāriputra (Çāriputra) en sanscrit ou Sāriputra en pali est considéré comme l'un des deux disciples en chef du Bouddha avec son ami d'enfance Moggallāna.

 

Brillant et d'une intelligence exceptionnelle il possédait sur le bout des doigts la science de la doctrine, la ''prajñā''. De ce fait, c'était lui, et nul autre qui donnait les explications sur les points obscurs des enseignements prêchés par le Bouddha. C'était encore lui, et lui seul, qui reprenait au pied levé un sermon que le Bouddha, fatigué, ne pouvait poursuivre. De ce fait il a été l'auteur de nombreux textes et est considéré comme le saint patron des prédicateurs.

 

Certains disciples le considérèrent comme un second Bouddha.

 

Son nom signifie ''le fils de Sari'', Sari étant sa mère. Mais il est courant de le trouver dans des textes sous le vocable de ''Dhammasenāpati'' c'est-à-dire le …''général de la loi'' ou encore ''Dhammarāja'' ce qui veut dire … le … ''Roi de la loi''.

 

 

Moggallāna en sanscrit ou Maudgalyāyana en pali  était un ami d'enfance de Sāriputra.  Avec lui il étudia l'ascétisme et c'est lui qui entraîna Sāriputra dans les rangs des disciples de Bouddha.

 

Moggallāna était moins brillant intellectuellement que son ami Sāriputra, mais il excellait dans les arts de la magie ou plus précisément dans les ''siddhis'', c'est-à-dire l'acquisition et l'utilisation de certains pouvoirs surnaturels ou hors du commun. Cette … dite magie était aussi la parfaite connaissance de la médecine Ayurvédique.

 

Bouddha n'était pas particulièrement adepte de ces méthodes, mais il avait confiance en Moggallāna et savait que son disciple n'utilisait ses pouvoirs ou ses connaissances qu'à bon escient, c'est-à-dire pour lui venir en aide ou pour propager son enseignement.

 

Moggallāna, comme Bouddha eut à se confronter à … Māra qui s'était introduit dans son estomac et allait le conduire de vie à trépas. Grâce à l'un de ses ''siddhis'', ou plus simplement remède Ayurvédique ?... il vainquit Māra, qui quitta son corps sous forme d'une salive peu ragoutante.

 

Le nom de Moggallāna signifie ''le fils de Moggali'', Moggali étant le nom de sa mère.

 

    

 

 

Photo 1 : Le théra Maha Sāriputra à la droite de Phra Attharot. Une image de 4,19 mètres.

Photo 2 : ''La conversion de Sāriputra et de Moggallāna'' la 21ème aquarelle du Birman U Ba Kyi (1912-2000) illustrant le livre de son compatriote Ashin Janaka Bhivamsa ''L'histoire illustrée du bouddhisme''. Cette ''image'' est exposée sur les murs du Wat Saï Moon Myanmar (วัดทรายมูล - พม่า) de Chiang-Mai.

Photo 3 : Le théra Maha Moggallāna à la gauche de Phra Attharot. Une image de 4,43 mètres.

 

 

 

Depuis 1928 et jusqu'en 2013, cinq supérieurs de la secte Thammayut Nikaya (ธรรมยุติกนิกาย) se sont succédés à la tête du Wat Chédi Luang. Certains d'entre eux sont considérés comme des arrhants et sont appelés ''Luang Pu'' (pou) ou ''Luang Po''. Pour ces raisons il est courant de voir leurs portraits.

 

       

 

 

Photo 1 : 1er supérieur : Phra Ubali khunu pama chan (Fu) (1901-1928-1932-1973) (พระอุบาลีคุณูปมาจารย์) - (ฟู) - (จันทร์ สิริจนฺโท)

Photo 2 : 2ème supérieur : Phra Achan Man Phurithatto (1870-1932-1934-1949) (พระอาจารย์มั่นภูริทัตโต) – (พระครูวินัยธร) – (มั่น ภูริทตฺโต) Luang Pu Ma, Phurithatto.

Photo 3 : 3ème supérieur : Phra Phutthisophon (1880-1934-1959) (พระพุทธิโศภณ) ou Phra Thammathinno (พระธมฺมทินฺโน)

Photo 4 : 4ème supérieur : Phra Thammadilok (1960-1991) (พระธรรมดิโลก) – Khan Khantiko (ขันติ์ ขนฺติโก)

 

 

Outre les supérieurs, certains de leur second ont aussi marqué la vie monastique du Wat Chédi Luang, parmi eux deux noms se détachent.

 

       

 

 

                                                       Les supérieurs (suite)

 

Photo 1 : 5ème supérieur : Phra Phuta Photchana Varaphon (1991-2008) – (พระพุทธพจนวราภรณ์) ou Chan Kusalo (จันทร์ กุสโล)

Photo 2 : 6ème supérieur : Phra Rajachétiyajan (พระราชเจติยาจารย์) (2008-)

 

                                               Les deux ''abbés'' en second :

Photo 3 : Phra Khru Naphisi Phisan kun (1887-1934-1985) (พระครุนัพิสิพิศาลคูณ) (Thong Khosito) (ทอง โฆษิโต) ou Phra Yanadilok (พระณาณดิลก) qui sous le titre de Somdet Phra Maha Wirouan (สมเด็จพระมหาวิรวน) serait devenu, après son passage au Chédi Luang de Chiang-Mai, supérieur du Wat Phra Si Maha That (วัดพระศรีมหาธาตุ) de Bangkok. Il est aussi connu sous le nom de Luang Pu Wen Sujinno (หลวงปู่แหวน สุจิณโณ).

Photo 4 : Phra ajan Thammo (1888-1974) (พระอจลธมฺโม)  ou Pra Mouanphap (ประมวลภาพ) Luang Pu Teugn (หลวงปู่ตื้อ).

 

Nota bene : J'ai eu beaucoup de difficultés avec les noms des Phras. Non seulement leur orthographe, tant thaïe que romaine n'est jamais la même, y compris au sein du musée qui pour un même nom donne plusieurs orthographes, mais en plus le titre des bons moines change selon leur fonction, alors !... Néanmoins je suis prêt à corriger les éventuelles fautes si un lecteur averti en trouve !...

 

 

 

En conclusion :

 

Le Chédi du Wat Chédi Luang est une œuvre remarquable, dont témoigne son architecture et son symbolisme ; un symbolisme qui puise ses sources tout autant dans l'animisme, l'astrologie que le bouddhisme.

 

A l'origine il a été construit pour donner au royaume de Tilokarāja un mont Méru à la hauteur des ambitions de ce dernier. Il était alors l'axe de son royaume mais aussi … de l'univers. Ses dimensions et ses symboles zoomorphes inspiraient le respect et la soumission.

 

Stratégiquement, selon les croyances de l'époque, il était le garant de l'invulnérabilité de Chiang-Maï et du royaume ; et plus prosaïquement il témoigne de la culture, de la foi mais aussi des superstitions des gens de cette époque.

 

Bref !... un prestigieux témoin du passé mais aussi un bel exemple pour encourager les gens d'aujourd'hui à aller au-delà de leurs aspirations.

 

    




11/09/2013
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