MerveilleuseChiang-Mai

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WAT CHIANG-MAN ou CHIANG-MUN - วัดเชียงมั่น

WAT CHIANG-MAN ou CHIANG-MUN - วัดเชียงมั่น

 

   

 

 

Photo 1 : Le panonceau donnant le nom du temple en caractères Thaïs  du Siam, Yuôns du Lanna  et Romains d'Europe.

Photo 2 : Un plan situant le Wat à l'intérieur de Chiang-Maï intra-muros.

Photo 3 : le supérieur du Wat, Phra Khru Santidhamma Watta (พระครูสันติธรรมวัฒน์) Chao Awat Wat Chiang-Man (เจ้าอาวาสวัดเชียงมั่น)

 

 

Adresse : Le Wat possède trois entrées mais n'a que deux accès ouverts au public, ce sont :

 

Pour l'entrée principale : 171, rue Ratchaphakhinai (171,ถนน ราชภาคีนัย)(Rat-cha-pha-ki-naï)

 

Pour l'entrée secondaire : Soï 13 de la rue Phrapokklao (ถนน พระปกเกล้า ซอย 13) (Pra-poc-klao)

 

Téléphone : (053) 213.170

 

Le WAT CHIANG-MAN est l'un des 4 temples du quadrilatère n° 1 dit du Nord-est et le 2ème des 43 sanctuaires que j'ai recensés dans Chiang-Maï intra-muros. (C'est mon ordre personnel d'étude.)

 

Intérêt : ♥♥♥♥

 

La grande fête du temple dure trois jours, les 1er, 2 et 3 avril de chaque année, et cela ... paraît-il depuis 1390.

 

Il s'agit du prélude aux festivités occasionnées par ... Songkhran dont la grande folie des arroseurs arrosés culmine les 13, 14 et 15 avril. C'est ce qu'on appelle le nouvel an Thaï, devenu une fête fixe et non plus mobile.

 

Ce prélude commence dans la piété par une grande cérémonie religieuse d'ablution présidée par le maire de la ville tous les 1er avril à 9 heures.

 

Le nom du temple :                                                                        

Chiang-Man (เชียงมั่น) pourrait se traduire par ''fortification solide et robuste'' c'est-à-dire un ''Wat fortifié et solide'' ou le ''Wat de la ville fortifiée et solide'' ?!... tout du moins naguère !...

 

Son origine : Ce sont dans les environs proches de ce Wat, voire peut-être sur son emplacement exact actuel, que le roi Mengraï vers la fin de l'année 1295 et le début de celle de 1296 avait établi son Q.G. (Quartier Général) pour superviser l'avancement des travaux de sa nouvelle capitale : Chiang-Maï qui pourrait se traduire par la ''citée fortifiée nouvelle''. (*)

 

Les raisons de ce choix sont astrologiques.

 

En effet, astrologiquement il était de bon augure de commencer le percement de la douve au Nord-est de la ville, c'est-à-dire à l'endroit qui allait devenir l'angle Sri Phum, (แจ้งศรีภูมิ) à un jour et une heure précis.

 

Les travaux de terrassement se sont poursuivis dans le sens de la marche des aiguilles d'une montre pour s'achever, quatre mois plus tard, là où ils avaient commencé, c'est-à-dire à l'angle Sri Phum et ... à deux pas du QG du roi Mengraï.

 

Autrement dit le tout premier Wat de la ville, dont il ne reste plus rien aujourd'hui, a du voir le jour courant 1296 ou début 1297.

 

En raison de cette ''historicité'' il est le tout 1er temple royal de Chiang-Maï.

 

D'après certaines archives lapidaires et manuscrites des restaurations, voire constructions et reconstructions, auraient eu lieu en 1471, 1550, 1571 et 1581, mais sans plus de précisions. (**)

 

 

(*) Chiang-Mai est le nom qui a fini par l'emporter sur tous les autres qu'il serait trop long d'énumérer. Un chercheur plus chercheur que ses confrères en aurait trouvé plus de � 120 ?!...

Aujourd'hui encore les documents officiels concernant Chiang-Maï, spécifient Nop Buri Sri Nakhon Ping (นพบุรีศรีนครพิงค์).

 

(**) Les dates de 1471 à 1581 figurent sur la stèle de l'ubosot du Wat.

 

 

       

 

 

Photo 1 : Le thème astrologique de la ville de Chiang-Maï tel qu'il figure sur la stèle gravée en 1581. Elle est exposée dans le hall de l'ubosot du Wat Chiang-Man et vous allez la voir en photo plus loin.

Cette reproduction a été réalisée à partir d'une archive enregistrée au département des beaux arts sous le numéro  76.  J'ai modifié la date du 11 en 12 car comme le fait remarquer J.Chris Eade, le 8 Vaisakha est donné pour un Mardi, or il est de notoriété que c'était un ... Mercredi ; donc Chiang-Maï a vu le jour le mercredi 12 avril et non le mardi 11 ?!... Pourquoi cette ''erreur'' aux archives des beaux arts ?... mystère !...

 

Le décryptage de ce thème :

En bélier signalé par le 0 du carré central : 1 (soleil 0°17'1'') - 4 (Mercure 3°12'33'') - en Taureau : 7 (Saturne 1°29'54'') - 8 (Rahu 1°18'10'') (*) - Gémeaux (sans planète) - en Cancer signalé par le 3 du carré central : 2 (Lune 3°12'33'') - Lion, Vierge, Balance signalée par le 6 du carré central et Scorpion (sans planète) - en Sagittaire : 5 (Jupiter 8°22'54'') - en Capricorne signalé par le 9 du carré central : (sans planète) - en Verseau : 3 (Mars 10°17'42'') - en Poissons : 6 (Vénus 11°11'56'').

 

(*) Rahu est un noeud lunaire et peut être assimilé à Pluton concernant ses influences.

Le fait de commencer à ''0'' conduit à 11 signes et non à 12, mais nous sommes en Asie. Ainsi dans un immeuble le RDC compte comme étant le 1er ... niveau et le 1er étage ... le 2ème ... niveau etc... etc...  

 

Photo 2 : L'angle Sri Phum (แจ้งศรีภูมิ) angle Nord-est d'où commencèrent les travaux. En 2009 la douve avait été vidée pour des travaux d'entretien, d'où l'absence d'eau et une certaine ressemblance de la première époque ... celle de 1296 ... à quelques détails près ?!...

Photo 3 : L'une des fresques murales de l'ancien viharn du Wat Chiang-Man.

Devant son palais royal, donc sur les lieux du Wat Chiang-Man, le roi Mengraï assis, en compagnie de ses deux amis, debout, Phaya Ngam Müang (พญา งำเมือง) roi de Phayao et Phaya Ramkhamhaeng (พญา รามคำแหง) roi de Sukhothaï, étudient le plan de Chiang-Maï qui se trouve au sol.

Photo 3 : Cette autre fresque met en scène deux situations.

1/ En haut de l'image, c'est l'illustration du 3ème présage auspicieux des cinq rats de la légende de Chiang-Maï, qui vont se réfugier près d'un banian sous l'oeil des trois rois.

2/ En bas de l'image, ce sont des ouvriers qui construisent le rempart de la ville.

A noter que l'artiste ne s'est pas soucié de la réalité. En effet les remparts furent d'abord constitués avec la terre venant de l'excavation de la douve. Ce ne sera qu'en 1341 que le 7ème successeur de Mengraï, le roi Phra Chao Pha Yû (1334-1366) (พระเจ้าผายู) renforcera ces remparts avec des briques. Quant au bastion de la 2ème photo il ne date que du règne de Phra Chao Kawila (1742-1782-1816) (พระเจ้ากาวิละ). Mais qui se soucie de tels détails à part un pinailleur comme moi.

   

 

Lorsque les Birmans vassalisèrent le Lanna en 1584, le Wat aurait été laissé à l'abandon ?!....

 

Chiang-Mai durant une bonne vingtaine d'années, de 1776 à 1796 deviendra même une ville morte, sans pratiquement âme qui vive.

 

Ce sera le roi Kawila (กาวิละ) (1742-1784-1815) qui après avoir chassé les Birmans, ressuscitera la ville en la repeuplant de manière quelque peu autoritaire et déploiera une activité sans précédant pour remettre en état de nombreux lieux de cultes. Le Wat Chiang-Man fut du nombre.

 

Vers les années 1920 ce sera Phra Kruba Sri Vichaï, (*) (1878-1938) et quelques fidèles qui remettront en état le viharn principal.

 

Aujourd'hui avec le tourisme aidant ce Wat a trouvé un lustre qu'il n'a vraisemblablement jamais connu et qu'il devrait entretenir durablement puisqu'il figure depuis le 8 Mars 1935 parmi les fleurons du patrimoine national dont a la charge le département des beaux arts du royaume.

 

 

(*) Phra Kruba Sri Vichaï grâce à un charisme exceptionnel et une foi inébranlable, en allant contre vents et marées, réussira en maintes occasions à galvaniser autour de lui la population du Lanna pour que l'oeuvre du Bouddha prospère.

Ce moine bâtisseur, sous les regards suspicieux et soupçonneux des représentants de Bangkok, finira par compter à son actif plus de cent vingt temples remis en état et, la construction de la route qui conduit au Doï Suteph. (Pour en savoir plus allez faire une tour à : Lexique - Phra Kruba Sri Vichaï.)

 

 

 

Ce monastère se compose de :

 

2 Viharns (วิหาร) (Lieux de prières) marqués 1& 2 sur le plan.

1 Chédi, (เจดีย์) (Reliquaire) marqué 3 sur le plan.

1 Ubosot, (อุโบสถ) (Lieu d'ordination) marqué 4 sur le plan.

Des Salas (ศาลา) (lieu de réunion et d'accueil) non numérotés sur le plan.

1 Ho traï (หอไตร) (Bibliothèque) marqué 5 sur le plan.

1 Sanam (สระน้ำ) (Bassin d'eau ou étang) marqué 5 sur le plan.

1 Botlèk (โบสถ์เล็ก) (Chapelle) marqué 6 sur le plan.

Des Kutis (กุฎิ) (Quartier des moines) non numérotés sur le plan.

 

 

     

 

 

Photo 1 : Scène de la vie courante dans la cour du Wat.

Un père de famille, chauffeur de Tuck-tuck, vernissant les ongles des pieds de sa fille à son retour de classe !... .

Photo 2 : Le plan du Wat.

Photo 3 : Scène de la vie courante dans la cour du Wat.

Moyennant quelques argents d'un visiteur, un oiseau retrouve la liberté. Le ''libérateur'' acquiert ainsi quelques mérites qui ''bonifieront'' son prochain karma.

Je ne sais pas si les oiseaux sont apprivoisés ou si le mari les capture pendant que sa femme les libère et, si le fait de les mettre en cage et de monnayer leur liberté porte préjudice au prochain karma des auteurs ?!...

 

 

 

Description générale :

 

Ce Wat est l'un des trois principaux Wat de Chiang-Maï intra-muros. Il a gardé ''l'image de marque'' des temples du Lanna en résistant à l'influence du style Rattanakosin de Bangkok.

C'est un lieu vivant et plutôt bien entretenu.

 

Ses deux entrées sont des plus simples. Au point que les lions protecteurs de l'entrée principale ne terrifient plus personne si ce n'est - peut-être - qu'eux-mêmes.

 

Outre les bâtisses, il y a sur la gauche un magnifique arbre à pain un saké (สาเก) et un peu plus loin, ainsi que près du 3ème accès au Wat, tout près de l'étang s'élèvent des ''couroupita guianensis Aublet'', des arbres originaires de Guyane et non du Sri Lanka comme persiste à le dire les fidèles de Bouddha.

Ces arbres sont à l'origine de fleurs magnifiques qui portent le nom de ... fleurs de Bouddha. (Pour en savoir plus : botanique.)

 

 

Centres d'intérêts :

 

Quand on a vu un temple, disent certaines personnes, on les a presque tous vus. Ce n'est pas tout à fait faux sauf que !....

 

Le Wat Chiang-Man possède trois images d'exception qu'aucun autre temple ne possède.

 

La première est une image d'un Bouddha debout datant du XVe siècle. Elle se trouve dans l'ancien viharn.

Les secondes, sont deux images aux pouvoirs soi-disant magiques gardées derrière des barreaux à l'intérieur du nouveau viharn.

 

    

 

 

Photo 1 : La façade du grand viharn du Wat Chiang-Man.

Photo 2 : Un détail de cette façade montrant le visage d'un monstre, un Kirtimukha (masque de Kala ou littéralement visage de gloire) au milieu d'entrelacs de gerbes et de feuillages. Ce Kirtimukha a pour fonction, entre autre, de protéger les seuils des temples des mauvais esprits ainsi que les dévots.  

Photo 3 : L'intérieur du viharn tel qu'il était en 2009.

 

 

Le grand Viharn :

 

L'entrée se caractérise par l'absence d'une rampe aux Nagas et surtout par une façade faite d'entrelacs dorés derrière lesquelles brillent de mille feux des assemblages de verres bleutés. (*)

 

L'avant comme l'arrière du Viharn disposent d'un portique. Dans la galerie arrière trône un bouddha assis. Le portique avant n'abrite qu'un tambour et constitue le hall d'entrée du temple.

 

La décoration intérieure du viharn sort de l'ordinaire. Le personnage central des différentes scènes n'est pas Bouddha mais ... le roi Mengraï.

 

Sur des murs de couleur lie de vin sont peintes, en or uniquement et très schématiquement, des scènes concernant ''l'avant Chiang-Maï'', c'est-à-dire le roi Mengraï à Wiang Kum Kam, son avant-dernière capitale, et le roi Mengraï supervisant l'avancement des travaux de Chiang-Maï.

 

Il y a en tout dix scènes, cinq de chaque côté, plus trois sur le mur intérieur de la façade et quelques autres sur le mur du fond.

 

 

(*) Pour avoir de bonnes photos il faut venir de bon matin, car toutes les entrées des temples - sauf à de très rares exceptions - sont dirigées vers ... l'Est, c'est-à-dire de là où se ''lève'' le soleil !.... d'où un éclairage d'exception !...

 

 

    

 

 

Photo 1 : Le roi Mengrai à Wiang Kum Kam. Il est à genoux tenant l'image de ''Phra Sila'' (พระศิลา) dont il va être sujet quelques lignes plus loin. On reconnaît le Chédi Liam. 

Photo 2 : Wiang Kum Kam : Kan thom (กานโถม), l'homme à tout faire de Mengraï, sculpte les cinq images de Bouddha commandées par Mengraï. Les chroniques précisent 3 assis et 2 debout mais le peintre à eu l'esprit de contradiction.

Au bas de la fresque, sous l'oeil de Mengraï des ouvriers transportent le Bouddha marchant de 4m.50 qu'ils doivent acheminer au Wat Chiang-Man et qui va se retrouver au Wat Mengraï où il est toujours.

Photo 3 : Fabrication d'ôles ou de feuilles destinées à être écrites (gravées, très exactement, au moyen d'un style ou aiguille à graver appelés en Thaïlande ''Lek-djane'' (เหล็กจาน) à partir des pinnules du limbe de la feuille d'un palmier du genre latanier. Ces feuilles, une fois écrite, étaient reliées et constituaient des ''nagn-seu-phouk'' (livre lié) ou ''phouk''.

Sur la fresque le roi Mengraï fait ''écrire'' ses ordres ou son courrier ?!...

 

 

Tout au fond de ce sanctuaire s'élève un énorme mondop (พระ มณฑป) (*) où se trouve une image de Bouddha. Sur le devant sont alignées de nombreuses autres images, en particulier des Bouddha tenant un bol à aumône.

 

L'une d'entre elles, celle à droite de l'autel et avec un socle carré, porte sur celui-ci une inscription en pali et en langue Yuön (Langue du Lanna) datée de 1465.

De ce fait ce serait la plus ancienne image du Lanna d'un Bouddha portant un bol à aumône : d'où les trois autres répliques qui se reconnaissent, en tant que copies, à leur piédestal rond et leur flamme allongée, entre autres détails.

 

          

 

 

Photo 1 : Le maître autel de l'ancien viharn derrière lequel apparaît le mondop. L'image au bol d'aumône du XVe siècle est indiquée par un point blanc.

Photo 2 & 3 : Le Bouddha au bol d'aumône en son entier.

Photo 4 : La tête du Bouddha au bol d'aumône du XVe siècle.

Photo 5 : La tête d'une copie plus récente du Bouddha précédent.

 

Nota bene : Les deux Bouddha sont de style du Lanna ou Chiang Saen. Mais le plus ancien se reconnaît à nombre de détails. Il a un visage plus rond et plus potelé, des lèvres plus charnues, des yeux plus ouverts, les boucles de cheveux plus grosses, un chignon (ushnisha) moins volumineux et son rasmi ou flamme est plus courte.

Autant de détails qui permettent d'apprécier l'ancienneté d'une oeuvre de l'école de Chiang Saen ou ... du Lanna.

 

 

Contrairement à ce qu'écrivent de nombreux internautes et auteurs, ce Bouddha du XVe siècle n'est pas l'image la plus ancienne du Lanna. La plus ancienne est revendiquée par le Wat Phra Chao Mengraï de Chiang-Maï, dont il a été sujet plus haut, et qui daterait du ... XIIIe siècle. Il s'agit d'un Bouddha marchant haut de 4 mètres 50.

 

Cette image (statue) aurait été commanditée par Mengraï lui-même. D'ailleurs sa confection est représentée sur l'une des fresques murales de ce viharn et la statue, sans un malheureux accident, aurait du se retrouver ... au Wat Chiang-Man. (Pour en savoir plus : Visites touristiques - Wat Phra Chao Mengraï.)

 

 

(*) Le mot ''mondop'' vient du sanscrit ''mandapa''. Ce qui signifie que ces deux mots désignent une seule et même chose, à savoir une construction, en forme de dais, donc ouverte sur les côtés. Il s'agit en général de quatre piliers (voire plus) supportant un toit pyramidal, sous lequel repose quelque chose de sacré, une image, une empreinte, des écrits et que sais-je encore !... Le Mondop peut-être à l'intérieur d'un édifice, ou un bâtiment à part entière s'élevant sous les cieux.

 

 

     

 

 

Photo 1 : La façade du nouveau viharn.

Photo 2 : Décoration extérieure d'une fenêtre du nouveau viharn.

Photo 3 : La porte latérale droite du viharn. Comme celle de gauche, et de la façade, elle est dotée d'une rampe de nagas.

Photo 4 : L'intérieur du nouveau viharn avec tout au fond le mondop dans lequel sont exposés, derrière des barreaux, les deux précieuses images.

 

 

Le nouveau viharn :

 

Ce viharn n'a d'intérêt que par les deux images qu'il possède et qui sont à l'intérieur d'un mondop soigneusement protégé par des barreaux. C'est dire combien ces deux images sont précieuses ... aux yeux des autorités de la ville et de la population.

 

Ses murs intérieurs sont décorés sans imagination et ressemblent à la plupart des intérieurs de viharns. On y raconte la vie de Bouddha au moyen d'images redondantes.

 

Comme pour tous les talismans, les légendes donnent à ces images une origine divine faisant intervenir Vishnu en tant que sculpteur et le Sri Lanka comme garant d'une réelle authenticité par rapport à l'orthodoxie de la doctrine du bouddhisme theravâda dont le Sri Lanka est le dépositaire par excellence.

 

     

 

 

Photo 1 : Phra Sae Tang Khamani derrière ses barreaux dans le mondop du nouveau viharn.

Photo 2 : Phra Sae Tang Khamani sans entrave visuelle.

Photo 3 : le roi Phra Chao Inthawichayanon (1873-1896) (พระเจ้าอินทวิชยานนท์) généreux donateur en orfèvrerie aurifère.

 

 

La première de ces deux images s'appelle : ''Phra Sae Tang Khamani'' (พระเสตังคมณี).

 

C'est un petit bouddha taillé dans un quartz clair ayant quelques inclusions noirâtres au niveau de la tête.

 

En raison de sa matière il est aussi appelé Phra Kaew Khao (พระแก้วขาว) (Bouddha de cristal blanc) ou Bouddha de cristal.

 

Il est d'une hauteur d'environ une dizaine de centimètres et est assis en position de ''Bhumisparsa''. Ses cheveux bouclés et son ''ushnisha'' ou chignon, ont été travaillés à l'or.

 

Ce Bouddha reposerait sur un socle en bois recouvert d'or. Tout cet or, y compris celui du parasol avoisinerait les quelques 6 kilos et serait l'origine d'un présent offert par Phra Chao Inthawichayanon (1873-1896) (พระเจ้าอินทวิชยานนท์). Ce roi de Chiang-Maï fit son don en 1874, soit un an après avoir pris sa fonction. 

 

L'histoire de Phra Sae Tang Khamani (พระเสตังคมณี) ou setangkhamuni :

 

Le Bouddha de cristal aurait appartenu à un roi Môn que les chroniques nomment Cakkavatti ou Maha Krasatra Ayôddyā (Le grand monarque invincible.) qui régna au cours du VIIe siècle à Lavaratha, (Lopburi).

 

Ce roi était le père de Nang Chamadevi (พระ นาง จามเทวี) la future reine d'Haripunchaï (หริภุญชัย), (Lampung) (663-670 ?), à qui il aurait fait cadeau de ce Bouddha vers 633 ?!...

 

Nang Chamadevi l'emporta à Haripunchaï où il restera jusqu'en 1288, année de la conquête de la ville par Mengraï qui aurait découvert le Bouddha dans les ruines d'un bâtiment encore tout fumant.

 

Mengraï ramassa la statuette et l'emporta à Wiang Kum Kam pour en faire un talisman personnel. De Wiang Kum Kam elle prendra le chemin de Chiang-Maï en 1296 où elle restera jusqu'à nos jours, non sans avoir fait quelques allées et venues dans les environs, lointains pour certains.

 

Des faits qui précèdent, ce palladium de Lamphun est devenu le palladium de Chiang-Maï.

 

L'une des spécificités de cette image serait de prévenir l'arrivée des catastrophes ?!... et ... en dépit de celle qu'elle n'a pas vu venir lorsque Mengraï a investi Haripunchaï (Lamphun).

 

   

 

 

Photo 1 : Phra Sila derrière ses barreaux dans le mondop du nouveau viharn.

Photo 2 : Phra Sila tel qu'il se présente sans entrave visuelle.

Photo 3 : Le 1avril 2011 à 9 heures. Le maire de Chiang-Maï, Tassanai Buranupakorn (ทัศนัย บูรณุปกรณ์) ouvre les fêtes de Songkran en donnant l'ablution (พิธีสรงน้ำ) aux deux images de Bouddha habituellement dans le mondop du nouveau viharn.

(Photo 3 : http://www.cmcity.go.th/mgtactivity/activitypopup.php?act_id=677)

 

 

La deuxième image porte le nom de : ''Phra Sila'' (พระศิลา)

 

C'est en fait un petit bas-relief sculpté dans de l'ardoise ou une pierre noire recouverte d'or représentant Bouddha debout, en pose ''tribbanga'', ramenant à la raison l'éléphant Nālāgiri qui souffrait physiquement pour avoir été drogué dans l'intention d'écraser Bouddha.

 

Cette situation sera reprise par l'image de l'après midi du Mercredi des Bouddhas de la semaine où l'on voit Bouddha assis avec à ses côtés un éléphant lui offrant de l'eau et un singe du miel. (Pour en savoir plus : Astrologie - les bouddhas de la semaine.)

 

Ce bas relief, soi-disant originaire d'Inde du Nord-est, en raison de l'attitude du Bouddha, daterait du VIII ou Xe siècle, ce qui correspondrait au règne de la dynastie bouddhique des Pala (VIIIe XIIe siècle). Il aurait été offert au roi Mengraï par cinq Mahatera-s venant du Sri Lanka, Kassapa, (กัสสปะ) Kaku Santa, (กกุสันธะ) Kona Tamana, (โกนาตมนะ) - Kotama, (โกตมะ) et Phra Ariyametaï, (พระอริยเมตไตย).

 

En fait les chroniques citent bien ces cinq Mahathera-s Cingalais qui auraient effectivement rencontrés Mengraï mais dans une autre situation. Autrement dit pour donner un peu plus de crédit à l'origine Sri Lankaise du bas relief, quelques érudits n'auraient pas hésité à s'arranger avec ''l'Histoire'' !....

 

Mais peut-être que les chroniqueurs ont omis d'écrire cet épisode de la vie de Mengraï que la mémoire collective n'avait pas oublié ?!... Qui sait ?!...

 

Courant 1922, Naï Nantecha (Phèng) (นาย หนานเตช แพง) et son épouse Nang Khan Keaw (นานง ขันแก้ว) en tant que président de la fondation de Phra Sila aurait fait mettre l'image sur un socle et dans un cadre.

 

L'une des spécificités de cette image serait de faire pleuvoir. Alors c'est pourquoi elle ouvre les fêtes de Songkran en compagnie de la précédente ''Phra Sae Tang Khamani''.    

 

   

 

 

Photo 1 : Les faces Nord et Ouest du Chédi Chang Lom.

Photo 2 : Les faces Sud et Est du Chédi Chang Lom.

Photo 3 : Une fresque murale datant des années 50/60 qui se trouve en haut d'un mur, celui du Nord, du rez-de-chaussée du grand viharn de Wat Buppharam de Chiang-Maï, rue Tha Phae. Elle met en scène une fête autour du Chédi Chang Lom. Certains parlent de son inauguration ?....

 

 

Le chédi : Phra Chédi Chang Lom.

 

Ce chédi porte le nom de ''Phra Chédi Chang Lom'' (พระเจดีย์ช้างล้อม) c'est-à-dire au mot à mot, le chédi d'éléphants encerclé, ou, à la française - le Chédi encerclé d'éléphants.

 

Ces éléphants en stuc sont au nombre de 15, un dans chaque angle et trois par face sauf la face Est qui n'en possède que deux car elle est équipée en son milieu d'un escalier de 10 marches.

 

Ces éléphants donnent l'impression de supporter toute la masse supérieure du Chédi qui renfermerait, d'après la tradition, un cheveu de Bouddha venant ... du Sri Lanka, un détail qui confirme son authenticité !...

 

Le Phra Chédi Chang Lom est de forme carré comme l'étaient les anciens chédis du Lanna mais les éléphants d'angle peuvent faire penser à une forme octogonale qui n'apparait qu'en dessous de la cloche, située tout au faite du chédi.

 

   

 

 

Photo 1 : Gros plan sur le bas de la face nord du chédi.

Photo 2 : Les éléphants de la face Nord.

Photo 3 : Gros plans sur les niches de la face Nord.

 

 

Au-dessus des éléphants, et sur chaque face de la construction, un triptyque de niches a été aménagé et décoré au moyen de nagas. Seule la niche du milieu est creuse et permet d'abriter des images de Bouddha. Les deux autres niches, situées de part et d'autre de cette cavité centrale, sont borgnes et uniquement décoratives.

L'exception confirmant la règle, les trois ''alcôves'' de la face ouest sont toutes les trois pleines et seulement décoratives.

 

Construit à la demande de Mengraï, et sous son règne, ce serait le plus ancien chédi de Chiang-Mai.

 

Vraisemblablement du fait des conseils de son ami Ramkhamhaeng, roi de Sukhothai, le chédi est un mélange de deux styles, celui du Lanna et du Sri Lanka (Cinghalais) ... après avoir pris quelques couleurs propres à l'art de Sukhothaï !... ce qui, tout compte fait, donne à voir un beau résultat.

 

L'ensemble a été rénové lors du XIXe siècle en respectant les normes et les spécificités architecturales datant du XVe siècle, époque à la quelle avait été refait ce chédi ... d'après l'original ?!... la question est posée.

 

Mais c'est sans conteste le plus ancien chédi de la ville.

 

   

 

 

Photo 1 : L'ubosot photographié en matinée, et en 2012.

Photo 2 : La stèle gravée en 1551 avec le thème astrale de Chiang-Maï.

(Photo venant du site : http://202.28.27.140/2006/fontlanna/index2.php)

Photo 3 : L'ubosot photographié en après-midi, et en 2007. La photo est plus sombre mais ... on distingue sur la droite, sous le hall, la fameuse stèle qu'on ne voit pas sur la première photo.

 

 

L'Ubosot :

 

C'est dans ce lieu, qui est interdit à la gent féminine, que sont ordonnés les moines.

 

Il y a dans le hall d'entrée de cet ubosot, sur la droite, une stèle qui aurait été gravée en 1581 sous la domination birmane, le Lanna était alors vassalisé, pour que soient enregistrés certains événements du passé remontant à presque ...  trois siècles pour les plus anciens. Alors à lire avec précaution !...

 

Cette pierre donne la carte du ciel correspondant à la ''naissance'' de Chiang-Mai, le 12 avril 1296 à 4 heures du matin et spécifie que l'Ubosot fut construit à la demande de Mengraï.

 

L'Ubosot actuel date du XIXe siècle.

 

     

 

 

Photo 1 : Le hot-traï en 2009, s'élevant au-dessus du sol entre l'ubosot et le Chédi.

Photo 2 : Le hot-traï en 2012, ayant retrouvé son emplacement originel ... au-dessus du plan d'eau du Wat.

Photo 3 : Le hot-traï vu du sud et où se trouve dans l'étang des plantes aquatiques au nom d'échinodorus cordifolius que les Thaïlandais appellent Amésonne baille klom'.

 

 

Le Hot Traï :

 

Il y a encore quelques années le Hot Traï se situait entre l'ubosot et le Chédi, et s'élevait à même le sol.

 

Le hot traï n'est rien d'autre que la bibliothèque d'un Wat. C'est le lieu où sont conservés avec soin - en principe, car ce n'est pas toujours le cas - les livres sacrés, les chroniques et autres manuscrits qui étaient alors composés de feuilles de latanier. Aujourd'hui les textes sacrés sont imprimés sous forme de livres et ... sur du papier.

 

Pour que ces manuscrits ne soient pas la proie des insectes ou des rongeurs les hot traïs étaient construits sur pilotis et au milieu d'un point d'eau.

 

Le hot Traï du Wat Chiang-Man vient de retrouver son emplacement originel ... ou presque.

 

Si les textes sacrés sont maintenant imprimés, de nombreuses chroniques, de grand intérêt pour les historiens, sont encore en attente d'être traduites pour livrer leurs secrets et mieux nous faire connaître l'histoire du Lanna.

 

Mais encore faut-il les trouver car hélas l'ordre et le classement n'ont jamais été prioritaires au Lanna !... et ... ce n'est rien que de l'écrire !...   

 

 

Pêle-mêle pour terminer :

 

    

 

 

Photo 1 : Un sanctuaire s'élevant à gauche de l'ancien viharn, dédié à Phra Kruba Sri Vichaï qui vers les années 1920 fit remettre en état ce temple. Kruba Sri Vichaï est comme le grand saint patron du Lanna.

Cette photo a été prise en 2007 et ... en 2012 je n'ai pas revu le ... toutou !...

Photo 2 : Un nouveau Kuti

Photo 3 : La maison des esprits du Wat qui se trouve tout au fond sur la gauche, tout près du bassin.

 

 

Parce que la longueur des chroniques est limitée je n'ai pas pu placer certaines photos là où j'aurai aimé les mettre, ce qui vous a peut-être obligé à faire des va-et-vient. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur et que, néanmoins vous avez pu suivre la visite sans trop de gêne.

 

 

C'était donc un Wat où il n'y a pas grand-chose - soi-disant - à voir. Il n'empêche qu'en s'y promenant il y a beaucoup à apprendre sur Chiang-Maï et le Lanna, ne trouvez-vous pas ?...

 

En tout cas j'espère ne pas vous avoir lassé avec toutes mes explications et ... merci d'être allé ... jusqu'au point final.

 

 

 

 



07/09/2012
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