MerveilleuseChiang-Mai

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Wat PHRA SINGH VORAMAHAVIHARN (2)

 

WAT PHRA SINGH VORAMAHAVIHARN (วัด พระสิงห์)

                                      (Le temple du Buddha Sihing)

 

                                           (Deuxième partie)

 

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                            La cour de jeux de l’école du Wat Phra Singh

Ce jour là, le 21 décembre 2009, allait avoir lieu la crémation de Phra Dej Phra Khun Luang Pu Nuu Phra Dhamma Sithat Ajan (พระเดชพระคุณหลวงปู่หนูพระธรรมสิทธาจารย์) dit Luang Pu Nuu Thawan Maha Théra (หลวงปู่หนู ถาวรมหาเถร) (1912-2009). Il était alors le supérieur du Wat Phra Singh.

 

                                         Avis aux touristes :

Le Wat Phra Singh est à Chiang-Mai ce que Notre Dame est à Paris.

 

Le Wat possède cinq entrées mais seuls deux accès permettent aux visiteurs d’y pénétrer.

L’un se situe à L’Est et l’autre à l’Ouest.

 

L’accès Est, l’accès principal. (Numéroté 1 sur le plan.)

Adresse : Rue Rachadamnoen (ถนน ราชดำเนิน) (Rat-cha-Dame-nène)

L’entrée est à l’extrémité de la rue Rachadamnoen.

 

L’accès ouest : Rue Ratchamanka  - soï 9 - (ถนน ราชมรรคา - ซอย 9)

(Numéroté 4 sur le plan.)

 

Téléphone : 081.883-8752

E-mail :

 

Intérêt : ♥♥♥♥♥

      

Le Wat Phra Singh Woramahaviharn est l’un des 272 temples (chiffre 2004) royaux que compte la Thaïlande, d’où son épithète de ‘’Woramahaviharn‘’ (วรมหาวิหาร) (Parfait et grand viharn)

 

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Photo 1 : Situation du Wat Phra Singh dans Chiang-Mai intra-muros.

Photo 2 : Le plan du Wat Phra Singh.

Photo 3 : Le supérieur (เจ้าอาวาสวัด) du Wat Phra Singh, Phra Ratcha Singha Wora Muni (พระราชสิงหวรมุนี) (Photo du 16.08.2015).

 

L’histoire du Wat Phra Singh : (suite et fin)

 

L’histoire du Wat Phra Singh c’est aussi quelques pages d’Histoire de la ville de Chiang-Mai. Alors continuons de tourner ces pages une à une.

 

La dernière page de la première partie se terminait avec l’occupation Birmane du Lanna et … de Chiang-Mai. Une occupation qui dura plus de deux cent ans, de 1558 à 1774.

 

Lors de cette occupation Chiang-Mai meurt à petit feu et le Muang devient l’ombre de lui-même, ce qui a pour conséquence que la plupart de ses édifices tombent en ruine. Le Wat Phra Singh est du nombre ?!...

 

 

En 1774 le vent tourne. Le roi de Chiang-Mai, Phraya Chā Bàn, (พระญาจ่าบ้าน) et le prince de Lampang, Chao Khanan Kawila (เจ้าขนานกาวิละ), unissent leurs efforts pour mettre à mal les occupants Birmans. Puis, à la demande des révoltés, venu du Sud un certain Taksin (*) à la tête de son armée va se joindre à eux. Face à cette nouvelle coalition les Birmans vont abandonner Chiang-Mai sans toutefois s’avouer vaincus ; car pendant une trentaine d’années ils n’auront de cesse qu’à vouloir reprendre pied à Chiang-Mai d’abord puis, à défaut au Lanna.

 

Les alliés entrent dans Chiang-Mai libéré  dans la nuit du 14 au 15 janvier 1775 ; et l’homme fort du Siam, le roi autoproclamé du royaume du Siam Phra Taksin, dès le mercredi 15 février 1775 se rend au Wat Phra Singh pour s’incliner devant le Phra Bouddha Sihing et l’adorer. (**)

 

Très vite, le Lanna va devenir le vassal du Siam et sera carrément annexé par lui en 1892.

 

Au Siam, à Thonburi la nouvelle capitale (1767-1782), l’autorité du roi Taksin n’est pas du goût de tous, en particulier du Sangha (communauté des moines) qu’il veut réformer et surtout … mettre au pas. Alors sous prétexte de folie, je dirai de mégalomanie, il est destitué, puis assassiné.

 

Son général en chef et … ami d’enfance, Tongduang (ทองด้วง), futur Bouddha Yodfa Chulaloke, alors en campagne au Cambodge se précipite à Thonburi et monte sur le trône. L’histoire lui donnera le nom de Rama Ier (1782-1809). Ce dernier fera de Kawila le nouveau roi de Chiang-Mai. (***)

 

 

(*) Phra Chao Taksin, (พระเจ้าตากสิน) qui n’a rien à voir avec l’ancien premier ministre Thaksin Shinawatra, (ทักษิณ ชินวัตร) est l’homme qui a chassé les Birmans du royaume d’Ayutthaya, et réunifié les différents partis qui s’étaient constitués, sous son autorité. N’ayant pas les moyens de reconstruire Ayutthaya, il fonda une nouvelle capitale qu’il nomma Thonburi.

Pour porter un coup fatal aux Birmans, et sécuriser le royaume d’Ayutthaya, Taksin se lança à l’assaut de Chiang-Mai. Car de par la position stratégique de Chiang-Mai  les birmans contrôlaient tout le Nord de la Thaïlande d’aujourd’hui y compris le Laos, ce qui mettait en danger le royaume de Taksin.

Lors de cette première tentative, qui échoua, Il eut contre lui, outre les birmans les hommes de Phaya Chā Bàn et de Chao Kawila qui, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, étaient alors aux côtés des birmans.

Quelque temps plus tard les birmans, accompagnés de Phaya Chā Bàn et de ses hommes, lancèrent une offensive contre Taksin. C’est en passant à Lampang (L’armée descendait le fleuve Mae Ping) que Phaya Chā Bàn et Chao Kawila s’entendirent pour trahir les birmans et demander de l’aide à leur ancien adversaire c’est-à-dire … Phra Taksin.

Comme on connaît la suite, je ne la raconterai pas ?!...

(**) Il y avait à l’époque, à Chiang-Mai trois Bouddha Sihing. L’un est toujours au Wat Chao Mengraï, l’autre au Wat Phra Singh mais … où se trouvait alors le troisième que le prince Bovorn Racha Chao Maha Surasinghanart (1744-1803) ou l’uparaja (vice-roi) Boonma (อุบราชบุญมา) mari de la sœur de Kawila, emporta à Bangkok en 1795 et qui aujourd’hui trône dans la chapelle du Musée National ?....

Si quelqu’un à la réponse elle serait la bienvenue !...

(***) La mort de Phaya Chā Bàn à Thonburi reste un mystère. Comme il était sans héritier et que des liens s’étaient tissés entre les Kawila et les Chakri, Bouddha Yodfa Chulaloke (Rama I) nomma Kawila roi de Chiang-Mai, et deux de ses frères vice-rois.

La sœur de Kawila, Nang Sri Anoxa, épouse du frère de Bouddha Yodfa Chulaloke, ne fut pas étrangère à l’arrivée sur le trône de son beau-frère qui lors du renversement du roi Taksin guerroyait au Cambodge.   

 

La fratrie des Kawila va relever de leurs ruines Chiang-Mai et ses environs (Les villes de Lampang et Lamphun). Alors il va être beaucoup question d’elle dans les pages qui vont suivre.

 

De ce fait je propose au lecteur le récapitulatif qui suit afin de lui permettre de mieux identifier chacun des frères malgré les kyrielles de noms et de titres qui leur ont été donnés et qu’ils devaient porter avec fierté.

 

 

                                             La dynastie des Kawila :

A la fin du XVIIIe siècle Chao Fa Chai Keao (1763-1774) (เจ้าฟ้าชายแก้ว) et Nang Chantha Thewi (นางจันทาเทวี) régnaient sur Lampang. Ils eurent 10 enfants (Sept garçons et trois filles.). Ces enfants vont contribuer à la renaissance du Lanna, mais aussi, par voie de conséquence, à son annexion par le Siam.

La fratrie des Kawila fut appelée ‘’Chao Chet Tone‘’ (เจ้าเจ็ดตน) c’est-à-dire ‘’Les sept seigneurs‘’. Leurs noms, leurs fonctions et leurs titres suivent selon leur ordre de naissance

 

01/   Chao Khanan Kawila (เจ้าขนานกาวิละ) (1742/43-1782-1816)

        1742 : Chao Kawila (เจ้ากาวิละ).

        1774 : roi de Lampang – Phraya Nakhon Lampang (พระยานครลำปาง)

        1782 : roi de Chiang-Mai (1816)

                  Phraya Wachira Prakan Phraya Chiang-Mai

                  (พระยาวชิรปราการ พระยาเชียงใหม่)

        1802 : Phra Chao Boromma Rachathibodi Phra Chao  Chiang-Mai

                  (พระเจ้าบรมราชาธิบดี พระเจ้าเชียงใหม่)

02/   Chao Khām Som (เจ้าคำสม ou เจ้าคำโสม ) (1746/47-1794)

        1782 : Roi de Lampang (1794)

                  Chao Phukhrogn Nakhon Lampang (เจ้าผู้ครองนครลำปาง)

03/   Chao Noï Thammalangka (เจ้าน้อยธรรมลังกา)  (1748/48-1816-1822)

         1774 : Phraya Ratchawong Muang Nakhon Lampang (1782)

                  (พระยาราชวงศ์เมืองนครลำปาง)

        1782 : Uparaja (Vice-roi) de Chiang-Mai. (1816)

                  (พระยาอุปราชเมืองเชียงใหม่) (เจ้าหลวงธรรมลังกาเจ้าหลวงเชียงใหม่)

        1816 : Roi de Chiang-Mai (1822)

                  Phraya Chiang-Mai Chang Phuak (พระยาเชียงใหม่ช้างชังเผือก)

04/   Chao Duang Thip (เจ้าดวงทิพ) (1750/51- 1825)

        1782 : Uparaja (Vice-roi) de Lampang (1794)

                  Chao Luang Nakhon Lampang - (เจ้าหลวงนครลำปาง)

        1794 : Roi de Lampang (1825)

05/   Sri Anocha (ศรีอโนชา) (1752/53- ?...)

                  Phra Akhra ChayaTher Chao Sri Anocha (première épouse de)  

                  Phra Racha Wang Boworn Maha Surasinghanat (frère de Rama Ier)

                  (พระอัครชายาเธอเจ้าศรีอโนชาในกรมพระราชวังบวรมหาสุรสีหนาท)

06/   Sri Vānna (สรีวัณณา) (1754/55-(morte en bas âge)

07/   Chao Mula (เจ้าหมูหล้า) (1754/55-1815)

        1786 : Phra Ratchawong Muang Nakhon Lampang (พระราชวงศ์เมืองนครลำปาง)

        1794 : Phraya uparaja Muang Lampang (1815)

                  (พระยาอุปราชเมืองนครลำปาง)

08/ Chao Kham Fan (เจ้าคำฝั้น) (1756/57- 1825)

        1782 : Chao Luang Setthi

        1805 : Roi de Lamphun (1815)

        1815 : Uparaja (Vice-roi) de Chiang-Mai (1823).

        1823 : Roi de Chiang-Mai (1825) (Phraya Burirat de Chiang-Mai)

                  (เจ้าหลวงเศรษฐีคำฝั้นเจ้าหลวงเชียงใหม่)

09/   Sri Bun Than (สรีบุญทัน) (décédée en bas âge.)

10    Chao Būn Na (เจ้าบุญมา) (1760/61-1827)

        1782 :

        1815 : roi de Lamphun (1827)

                  Chao Luang Muang Lamphun - (เจ้าหลวงเมืองลำพูน)

 

Nota bene : En général, les dates varient, entre 1 à 3 ans, selon les différentes sources de l’époque. Il faudra attendre Rama VI pour que les mois grégoriens et Siamois, à défaut des années avec Plaek Phibun Songkhram (แปลก พิบูลสงคราม) (1897-1964), coïncident.

Concernant les règnes des rois de Chiang-Mai, très souvent il y a une succession de fait. Un prétendant devient roi au décès de son père ou de son aîné. Mais cette succession n’est officialisée et ratifiée par Bangkok qu’avec du retard ; Autrement écrit l’auteur qui se réfère à la succession de fait ne donnera pas la même date que celui qui se réfère à la date officielle de ratification par Bangkok. 

 

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Photo 1 : Un portrait du roi Taksin (1734-1767-1782) (พระเจ้าตากสิน).

Ce tableau figure parmi de nombreux objets de ce roi exposés dans le Viharn du Wat Arun à Bangkok ou, plus exactement, dans l’ancienne ville de Thonburi. Une ville que ce roi n’a pas eu le temps matériel d’ériger en ville royale ou capitale du Siam. (Photo du 5 novembre 2013)

Photo 2 : Le mémorial de Phra Chao Kawila s’élevant à Chiang-Mai, entre la Mae Ping et la route de Lamphun, juste en face du camp militaire … ‘’Kawila‘’. (Photo du 22 juin 2013).

Photo 3 : Un portrait de Chao Boromma Ratchathibodi Kawila dit Chao Kawila (1742/3-1782-1813).

 

Chao Boromma Ratchathibodi Kawila dit Chao Kawila (1782-1813), vassal de Bangkok, en compagnie de ses frères va redonner vie à la ville. La tâche est immense car Chiang-Mai est comme un champ de ruines, des tigres s’y promenaient disent les chroniques, et d’autant mieux que la ville a été pratiquement abandonnée pendant près de 20 ans, de 1776 à 1796. (*)

 

Chiang-Mai va renaître de ses cendres sous le nom de ‘’Muang ratanatimsa Abhinawapuri Phra Nakhon Xieng Mai‘’. Ce nom est comme un pied de nez fait aux Birmans.

 

Le Wat Phra Singh sera alors comme le symbole liant le pouvoir royal et le sangha (La communauté des moines). Le roi protège le Sangha et en retour le sangha aide le roi, c’est une règle immémoriale dont le roi Taksin aurait du tenir compte ?!...  

 

Bref, le 15 avril 1806, soit dix ans après son installation à Chiang-Mai non loin du Wat Phra Singh, lors d’une grande cérémonie au Wat Phra Singh, Chao Kawila se concilie le sangha en attribuant des titres honorifiques à quelques uns des hiérarques religieux déjà en place.

 

Dans la foulée, le 22 mai 1806, son troisième frère et par la suite successeur, le Phraya uparat Muang Chiang-Mai (vice-roi) et donc … futur roi Chao Noï Thammalangka fait mettre en œuvre la construction de l’ubosot.

 

Se concilier le sangha est une chose et grossir ses rangs en est une autre. Pour ce faire un ubosot, lieux d’ordination des moines va être construit, vraisemblablement parce que indispensable.

 

(*) Kawila, le roi de Chiang-Mai, pendant environ 14 ans de 1782 à 1796 siègera provisoirement à Wiang Pa Sang (เวียงป่าซาง) ; une ville qu’il a créé entre Chiang-Mai et Lampang, d’une part parce que Chiang-Mai était inhabitable et d’autre part pour intervenir militairement le plus rapidement possible lorsque les birmans tentaient d’investir l’une de ces villes.

Lorsque Kawila s’installera à Chiang-Mai ce sera près du Wat Phra Singh. Hélas, je n’ai pas réussi à savoir où exactement ?!...

 

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            L’ubosot song sanghas อุโบสถ์สองสังฆ์ du Wat Phra Singh

                                (vu de l’extérieur et numéroté 7 sur le plan )

Photo 1 : L’entrée Sud, celle des bhikkuni-sangha, de l’ubosot (Photo du

Photo 2 : L’ubosot vu depuis le Sud-Est (Photo du 5 mai 2013)

Photo 3 : L’entrée Nord, celle des bhikku-sangha, de l’ubosot. (Photo des années 1950 … peut-être ?!...)

Photo 4 : L’entrée Nord aujourd’hui le 6 août 2015.

Photo 5 : Une photo de l’ubosot de Monsieur Boonserm Satrabhaya (1929) (บุญเสริม สาตราภย) le photographe à qui l’on doit la plupart des photos sur Chiang-Mai. (Une mémoire photographique vivante.)

 

C’est donc le 22 mai 1806 que se célèbrera la cérémonie qui présidera à la construction de l’ubosot. Après 6 ans de travaux son inauguration se fera courant 1811 ou 1812.

 

Cet ubosot d’une quarantaine de mètres de long sur une douzaine de large, a la particularité d’avoir été bâti pour ordonner khikku-s (moines) et Bhikkhuni-s (soeurs), d’où son nom d’ubosot song sangha-s (อุโบสถ์สองสังฆะ ou อุโบสถ์สองสังฆ์) c’est-à-dire ‘’Hall d’ordination pour les deux sanghas‘’,(*) sous entendu bhikku-sangha celui des hommes et bhikkuni-sangha celui des femmes.

De ce fait le hall d’ordination est délimité par des doubles bornes ou baï-sema au nombre de douze, 6 paires côté Est et six paires côté Ouest, soit au total 24 bornes. (**)

 

L’ubosot est orienté Nord/Sud et non Est/Ouest, et possède deux entrées.

 

L’entrée Sud est réservée aux religieuses (bhikkuni-s ou futures bhikkuni-s), tandis que l’entrée Nord est destinée aux religieux (bhikku-s ou futurs bhikku-s).

 

 

Au milieu de cet ubosot s’élève un mondop (มณฑป), c’est-à-dire une construction de forme parallélépipédique, dont les décorations des faces trapézoïdales n’ont rien à envier à notre art baroque.

C’est un Ku intérieur semblable au Ku Laï extérieur qui est contigu au Viharn Ku Laï Kham. Il est lui aussi surmonté d’un toit de quatre étages se terminant par une flamme ou un usinā (Chignon de Bouddha). 

Au centre de cet édifice, et à hauteur de l’œil humain, a été aménagée une chambre ou ‘’mulagandhakuti‘’ (cellule de Bouddha) (***) pour y recevoir une image de Bouddha (statue). Pour que cette image centrale soit vue de partout, une fenêtre a été ouverte sur chacun des quatre côtés du mondop ou du Ku.

En fait, comme devant chacune de ces fenêtres a été installée une autre image de Bouddha, il faut vraiment faire quelques efforts pour apercevoir l’image centrale.         

 

 

(*) Le mot sangha peut se traduire par association ou communauté. Il désigne en général la communauté des moines bouddhistes, mais le sangha peut aussi inclure des laïcs ayant atteints un haut niveau de spiritualité.

(**) L’ubosot est une salle spécifique aux moines. Il est le lieu où les moines sont  ordonnés lors d’un rituel appelé ‘’upasampadā‘’ et où ils se réunissent les jours d’uposatha pour réciter le ‘’Pātimokkha‘’. (Il y a d’autres réunions mais ces deux rites sont les plus importants.).

Ce bâtiment dénommé à l’origine ‘’uposathāgāra‘’ est devenu uposat puis ubosot et … bot … en Thaïlande. Du fait de sa spécificité il est construit sur une aire plus particulièrement sacrée où le commun des mortels n’est pas admis, en particulier les femmes. Pour cette raison le terrain sur lequel il est construit est en général délimité par huit bornes ou ‘’baï semaï‘’ (ใบเสมา) c’est-à-dire des feuilles de limite ou bornes rituelles.

Il y a une borne à chaque angle du terrain qui est de forme rectangulaire, ce qui en fait quatre, et une aux intersections entre les médianes avec les longueurs et les largeurs de ce rectangle, ce qui en fait encore quatre.

Les ‘’baï semaï‘’ sont la partie visible des bornes rituelles, car sous chacune d’elle elles il y a une partie invisible qui est comme la racine de la borne.  

Cette partie invisible se caractérise par une sphère en pierre appelée ‘’louk nimit‘’ (ลูกนิมิตร) d’environ 40 centimètres de diamètre, voire plus.

Une neuvième louk nimit, un peu plus grosse que les autres et sans ‘’baï semaï‘’, est enfouie au milieu de l’ubosot. Elle marque l’endroit où prendra place celui qui officiera lors des cérémonies d’ordination ou, où s’élèvera l’autel voire, dans le cas présent, le mondop.

 

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     Une/un Louk Nimit       Une double borne de l’ubosot       Une baï Sema classique

       (Wat Doï Suteph)             (2015 Wat Phra Singh)          (2013 Wat San Saï Ton Kok)

 

(***) Le ou la ‘’mulagandhakuti‘’ est le nom qui fut donné à la cellule occupée par Bouddha à Sarnath, tout de suite après son ‘’illumination‘’. En ce ‘’mulagandhakuti‘’ Bouddha passa la saison des pluies, (a) et ensuite donna son premier enseignement.

Les Thaïlandais donnent à cette ‘’niche‘’ située au milieu d’un Ku, le nom  de ‘’Chum‘’ (ซุ้ม) qui se traduit par … ‘’arc‘’ ou ‘’Kiosque‘’ ?!....

A défaut d’un mot plus adéquat et plus précis, je préfère utiliser celui de mulagandhakuti, que je suis peut-être le seul à utiliser ?....

Le/la mulagandhakuti fut le nom donné à la 1ère cellule que Bouddha occupa à Sarnath, lors de la saison des pluies, tout de suite après son illumination. Ce kuti doit son nom aux fleurs, et à leurs parfums, que les adeptes y déposaient pour lui rendre hommage. Le/la mulagandhakuti est aujourd’hui un sanctuaire.

(a) La saison des pluies est aussi appelée ‘’mousson‘’ ou ‘’vassa‘’.

 

 

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           L’ubosot song sanghas อุโบสถ์สองสังฆ์ du Wat Phra Singh et son mondop

Photo 1 : La face Sud du mondop ou Ku telle qu’elle se présente aux visiteurs lorsqu’ils pénètrent dans l’ubosot par l’entrée Sud, celle réservée aux Bhikkhuni-s. (Photo du 2 mars 2013).

Photo 2 : L’image de Phra Bouddha Singh noï se trouvant à l’intérieur de la chambre ou mulagandhakuti du Ku ou mondop. L’image fait face au Nord. (Photo du 13 Septembre 2015)

Photo 3 : L’image de Phra Bouddha Singh noï se trouvant à l’intérieur de la chambre ou mulagandhakuti du Ku ou mondop, vue depuis l’Est. (Photo du 13 Septembre 2015)

Photo 4 : La face Nord du mondop telle qu’elle se présente aux visiteurs lorsqu’ils pénètrent dans l’ubosot par l’entrée Nord, c’est-à-dire la porte destinée à l’entrée des Bhikkhu-s. (Photo du 13 Septembre 2015).                                                      

 

En principe c’est au sein de l’ubosot que se tient l’image la plus significative, ou sacrée, du Wat. Au Wat Phra Singh il était difficile d’avoir une image qui fasse de l’ombre au Bouddha Phra Sihing, car au Wat Phra Singh l’image des images c’est le … ‘’Phra Singh‘’ lui-même qui se trouve dans le Viharn Laï Kham (วิหารลายคำ) dont nous allons parler un peu plus loin.

 

La difficulté à été résolue en créant ou en ‘’adoptant‘’ un bouddha Sihing bis ou plus exactement un Phra Singh Noï (พระสิงห์น้อย) ou Phra Bouddha Singh Chamlong (*) (พระพุทธสิหิงค์จำลอง) ou encore Phra Chao Thong Thip (พระเจ้าทองทิพย์) un nom qui signifie dans ce cas Le ‘’céleste ou divin Bouddha d’or‘’. (**)

 

Cette image aurait été offerte par des moines du Sip Song Panna à Chao Kawila en 1805. Je n’ai rien trouvé confirmant ce fait si ce n’est que la 2ème campagne de repeuplement du Lanna eut lieu entre 1798 et 1804. Il n’est donc pas impossible que Kawila ait été présent au Sip Song Pana en 1804/1805.

 

Cette image (Statue) en bronze plaquée or, de 79 centimètres de haut et de 63 centimètres de large pèse 27 kilos et comporterait à sa base la date de sa création : CS 839 c’est-à-dire 1477 ?!...

 

(*) Le terme de ‘’Chamlong‘’ (จำลอง) de ‘’Phra Bouddha Singh Chamlong‘’ veut dire: copier, imiter, reproduire. Cette image appelée ‘’Phra Bouddha Singh Chamlong‘’ n’est donc rien d’autre qu’une copie du Phra Singh se trouvant au Viharn Laï Kham. L’un de ses autres noms : ‘’Phra Singh Noï‘’, C’est-à-dire Phra Singh petit, mais petit dans le sens de secondaire, confirme qu’il s’agit bien d’une reproduction du Bouddha Sihing.

Dans la mesure où une copie est fidèle à l’original au point de les confondre, cette reproduction est sensée avoir les mêmes pouvoirs ‘’magiques‘’ que son modèle.

(**) Phra Chao Thong Thip ou Phra Chao Thong Thip Chamlong (พระเจ้าทองทิพย์จำลอง) n’est pas sans histoire(s) … ou sans légende(s). C’est un type de Bouddhas spécifiques au Lanna dont la particularité serait de rendre fertile les femmes en mal d’enfant.

Explication du nom : Phra Chao est un titre donné au Bouddha, Thong signifie ‘’or‘’ et Thip ‘’Céleste ou divin‘’, d’où : Phra Chao Thong Thip peut se traduire par le Céleste ou divin Bouddha d’or.

La première légende concerne un Wat qui avait pour nom le Wat Phra Chao Thong Thip. Ce Wat, avec d’autres, s’élevaient sur une île au beau milieu du Mékong, non loin de Chiang Saen, et, soi-disant, abritait une image de 8 mètres de large sur 10 mètres de Haut, appelée … Phra Chao Lan tue (พระเจ้าล้านตื้อ) (*).

A cause de la violence du Mékong l’île fut engloutie, et avec elle les Wats et Phra Chao Lan tue qui de ce fait gît, aujourd’hui encore, tout au fond du Mékong.

Un jour une Usnīna (la flamme crânienne) fut repêchée, et aujourd’hui elle est exposée dans un musée voisin. On suppose que cette usina est celle du Phra Chao Lan tue du Wat Phra Chao Thong Thip ?!...

(*) Tue (ตื้อ) qui signifie ‘’plein‘’ était peut-être aussi une unité de mesure ?!... de ce fait cette image aurait pesé un million de tues ?!...

La deuxième histoire s’attache à la ville de Nan et à son Wat Suan Tan. Il y a dans ce Wat une image d’un Phra Chao Thong Thip qui commémore la prise de cette ville par le roi de Chiang-Mai Tilokarat (1441-1487) en 1449. A cette époque, l’usage voulait que tout vainqueur célèbre sa victoire en créant une image de Bouddha.

La ville fut conquise sans qu’une goutte de sang ne fût versée ; quelques temps avant l’assaut final, lors du siège, le roi de Nan (น่าน), Phraya Intha Ken Thao (พญาอินต๊ะแก่นท้าว) avait pris la fuite pour aller se réfugier à Chaliang. De ce fait il abandonnait ses sujets à leur sort. Alors ces derniers se sont rendus !... sans état d’âme ?... sans doute !.... tout du moins on le suppose !...

Après une semaine d’appel aux dons, les fondeurs disposèrent d’une tonne d’or pour couler l’image qui, sans l’intervention d’une none vêtue de blanc n’aurait peut-être jamais vu le jour. Cette image du Bouddha d’or avec intervention divine (la none en blanc) ou le divin Bouddha d’or – Phra Chao Thong Thip, est depuis le palladium (protecteur) de la ville de Nan. Cette image (Statue) mesure 411cm de haut. (L’image a été enregistrée le 24 octobre 1944 dans la gazette gouvernementale n°61 – section 65.) (L’auteure Carol Stratton écrit, elle …  que l’image est en Bronze ?!...)

Il y a aussi à Lampang au Wat Phra Kaeo Don Tao une image datant de la fin du XVIe siècle (1563) qui porte le nom de Phra Chao Thong Thip ?!...

La troisième source nous conduit au Wat Phra Chao Lan Thong (วัดพระเจ้าล้านทอง) de Chiang-Saen. En ce lieu construit vers 1489 à la demande d’un fils du roi ‘’Tilokarat‘’, roi de Chiang-Mai, … Phra Chao Thong Ngua (พระเจ้าทองงั่ว) il y a un Phra Bouddha Chao Lan Thong de 3 mètres de haut pesant 1.200 kilos à côté duquel se trouve un Phra Chao Thong Thip dont il est difficile d’avoir quelques renseignements à son sujet.

La quatrième investigation conduit au Wat Phra Chao Thong Thip de Mae Suray dont le Phra Bouddha est une image d’un Phra thongthip. (*) C’est en ce Wat que la fille du roi Phra Muang Ket Klao (1543-1545) (พระเมืองเกษเกล้า), roi de Chiang-Mai, Nang Yot Kamthip (นางยอดคำทิพย์) épouse du roi de Luang Prabang, (Luang Swat), Pho Thisaratch (1520-1547) (โพธิสาราช) serait allée chercher l’espoir d’enfanter. Suite à cette démarche elle aurait mise au monde Chao Chethavong Lan Xang (1534-1572 ?) futur roi de Chiang-Mai et, par la suite, du Lan Xang.

C’est ce Chettarat, âgé alors d’une quinzaine d’années, qui emporta le Bouddha d’émeraude, le Phra Singh et le Phra Setang Kamanee du Wat Chiang man, à Luang Prabang pour être couronné roi.

D’après la chronique du Phra thongthip, Chettarat s’arrêtera au Wat Phra Thongthip à chaque fois qu’il passera sur la route de Mae Suay (Seule route de Chiang-Mai à Luang Prabang à l’époque). Il faut croire que le Phra Thongthip est efficace puisque par la suite Nang Yot Kamthip mettra au monde au moins deux autres garçons qui disputeront le trône de Luang Prabang à leur aîné.

(*) Autrement écrit, les Phra Thongthip appartiennent à une catégorie d’images comme les Phra Singh. Comme eux, ils ont leurs spécificités et sont payés de respects dans des circonstances bien précises.

 

Les images de Phra Bouddha placées devant les ouvertures du Ku.

 

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Photo 1 : Une copie du Bouddha d’émeraude ou Phra Kaeo Morakot (พระแก้วมรกต) dont l’original  occupa 85 ans durant, de 1468 à 1553, la niche Est du Phra Chedi Luang de Chiang-Mai.

L’original est aujourd’hui à Bangkok au Wat Phra Kaeo. Le Bouddha d’émeraude et le Bouddha Phra Singh étaient sous le roi Tilokarat (1441-1487), le plus grand roi du Lanna, les deux palladiums (protecteurs) de Chiang-Maï    

Photo 2 : Phra Bouddha Sri Ratana Wichaï Nop Buri Sri Nakhon (พระพุทธศรีรัตนวิชัยนพบุรีศรีนคร). Cette image manque d’information. Nop Buri Sri Nakhon est l’un des nombreux noms de Chiang-Mai, Ratana se traduit par joyau et Wichaï est un prénom qui pourrait se rapporter à Phra khruba Sri Wichaï ?!... C’est tout ce que je peux en dire.

Photo 3 : Phra songkhruang Maha Kasat (พระทรงเครื่อง มหากษัตริย์) c’est-à-dire Bouddha paré en grand Souverain. Rien ne permet d’identifier ce Bouddha paré en position de méditation (Dhyani Mudra). D’après un moine âgé du Wat Phra Singh, qui nous a donné ce nom, ce serait une copie d’un Bouddha paré du Wat Suan Dok (วัดสวนดอก) ?!...

Au Wat Suan Dok il y a bien un bouddha paré, mais pas vraiment identique. Ce Bouddha se nomme Phra Samma Sam Bouddha chao Songkhruang (พระสัมมาสัมพุทธเจ้า ทรงเครื่อง) c’est-à-dire Phra Chao Bouddha concentré en samathi et paré … (sous-entendu) … en grand souverain.) ?!...  Un Bouddha irradiant la sainteté ?!...

Nota bene : Ces trois images ne sont pas toujours devant les mêmes fenêtres. Car il n’est pas rare qu’elles changent de place.

Photo 4 : Une petite image de Bouddha protégé par le roi des Nagas, Phra Nak, Muchalinda ou encore Nāgarāja. C’est l’image protectrice des gens nés un samedi : Phra Nak Pok.    

 

Depuis une bonne quarantaine d’années maintenant, voire peut-être plus, une coutume a pris naissance en Thaïlande ; elle consiste à créer, grandeur nature, des personnages en des matériaux polymères synthétiques à l’effigie de moines charismatiques, et de les exposer à l’intérieur des lieux de culte pour répondre au besoin de vénération

l’intérieur des lieux de culte pour répondre au besoin de vénération des fidèles. Ce sont des ‘’arahants‘’ c’est-à-dire des ‘’saints‘’ bouddhistes.

 

 

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Photo 1 : Le mondop ou Ku tel qu’il apparaît aux visiteurs empruntant l’entrée Sud de l’ubosot. (Photo du 23 août 2015)

Photo 2 : Luang Po Ngen  Bouddha Choti (1810-1921) (หลวงพ่อเงิน พุทธโชติ). Ce moine fut supérieur du Wat Bang Khlan (วัดบางคลาน) province de Phichit (พิจิตร) Il est décédé à l’âge de 111 ans. (Photo du 13 Septembre 2015)

Photo 3 : Phra Kruba Sri Vichaï (1878-1938) (พระครูบาศรีวิชัย). Ce moine est le saint patron du Lanna (นักบุญแห่งล้านนา) dont ce blog a consacré plusieurs chroniques.

Photo 4 : Luang Pu Man Phurithatto ou ajarn Mun Bhuridatta Thera (1870-1949) (หลวงปู่มั่น ภูริทัตโต) est aussi connu sous le nom de Luang Pu Wen Sujinno (หลวงปู่แหวน สุจิณโณ). Ce moine originaire de l’Isan, ordonné en 1893, a consacré sa vie à la méditation. De 1932 à 1934 il fut le supérieur du Wat Chédi Luang de Chiang-Mai mais … ‘’rattrapé‘’ par la méditation il quitta ses fonctions du jour au lendemain pour aller méditer en forêt. Luang Pu Man Phurithatto s’est éteint à l’âge de 79 ans au Wat Suddhavasa (วัดภูริทัตถิราวาส) de la province de Sakon Nakhon (สกลนคร).

 

                           Quelques explications concernant les arahants

 

Ces moines charismatiques ont souvent le titre de Luang Pho ou Luang Pu. Ce sont, à quelques différences près, les équivalents de nos saints d’occidents.

 

En Thaïlande ils sont désignés sous le nom de … ‘’arahant‘’, qui se dit arhant en pali et arhat en sanscrit. Ce mot dériverait de ‘’ari-han‘’ qui signifierait ‘’vainqueur de l’ennemi‘’ ou ‘’libéré de tout désir‘’, entre autres explications. Autrement écrit, il s’agit d’un religieux qui a respecté et accompli ses vœux monastiques. De ce fait il est en état d’arahant, ce qui signifie que ses souillures ont été purifiées et qu’il n’a plus à renaître dans aucun monde. A sa mort, comme le Bouddha, il ‘’connaît‘’ le nirvana.  

 

Ces religieux, d’après leurs fidèles, seraient possesseurs de divers pouvoirs qu’ils seraient en mesure de conférer à tout un chacun par le biais d’amulettes. Ainsi Luang Pu Thuat  dont il va être question ci-dessous était expert en astrologie et en magie.

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Photo 1 & 2 : (Photos du 23 août 2015 et 13 Septembre 2015)

Photo 3 : Phra Khru Niwat Dhamma Khan – Luang Pho Doem Bouddha Saro (1860-1951) (พระครูนิวาสธรรมขันธ์ – หลวงพ่อเดิม พุทธสโร) du Wat Nong Pho (วัดหนองโพ) province de Nakhon Sawan (นครสวรรค์) (Isan). L’une de ses particularités, outre la méditation, était sa connaissance des éléphants. Ces derniers lui étaient très attachés et se faisaient – soi-disant - un plaisir de le transporter d’un ubosot à l’autre pour célébrer nombre de cérémonies d’ordination, notoriété oblige. A sa mort certains de ces éléphants se seraient laissé mourir de faim ?!... (ou de chagrin ?...) (Photos du 13 Septembre 2015).

Photo 4 : Luang Pu Thuat  (+) ou Luang Pu Thuad (1582-1682) (หลวงปู่ทวด) que la légende rattache au Wat Chang Haï (วัดช้างไห้) de la province de Pattani (ปัตตานี). La vie de ce moine du sud de la Thaïlande est une suite de légendes transmises oralement, où la magie et le Bouddhisme semblent faire bon ménage à la satisfaction de tous. Toujours est-il que ce moine a atteint une telle notoriété qu’on le voit partout, y compris à l’étranger et que ses amulettes seraient très puissantes et d’une protection à toute épreuve mais … elles couteraient très chères ?!... (Photos du 13 Septembre 2015).

(+) Luang Pu se prononce Louang Pou et peut se traduire par : ‘’Grand et vénérable grand-père‘’.

Photo 5 : Somdej Toh (1788-1872) ou Somdej Phra Bhuddhacarya (สมเด็จพระพุฒาจารย์) ou Luang Pho To (หลวงพ่อโต) ou To Phroma Rangsi  ou To Bhrama Rangsi (โตพรหมรังษี) sont les noms d’un seul et même personnage, un moine devenu le patriarche suprême du Sangha (Sangharaja) sous le règne de Rama IV.

Ce moine, pour le moins excentrique, gravita dans la sphère royale des premiers rois de la dynastie des Chakri. D’après les on-dit il serait le fils de Rama I mais cela reste à prouver. Ce qui est vrai c’est qu’il fut le précepteur du prince Mongkut futur Rama IV et qu’il joua souvent le rôle du fou du roi, c’est-à-dire qu’il était celui qui disait bien haut, et dans un beau langage littéraire, ce que personne n’osait dire … même tout bas. Ainsi par exemple ‘’On‘’ raconte que pour démontrer l’absurdité d’un concours royal de décoration de barges, il s’était présenté devant le jury, malgré son grand âge … plus de 80 ans, en compagnie d’un singe à bord d’une vieille embarcation.

Somdej Toh était un auteur remarqué et remarquable qui laissa, entre autres écrits, une incantation magique de protection, le Phra Khatha Chinabanchon (พระคาถาชินบัญชร) ou ‘’Jinapanjara‘’ que les bouddhistes en manque de protection ne se lassent pas de réciter encore aujourd’hui. Du fait de son érudition pour les textes sacrés, l’astrologie et la magie, il a été un grand créateur d’amulettes comme les ‘’Somdej‘’ dont les premiers exemplaires de ces séries atteindraient aujourd’hui à la vente quelques millions de bahts. Il résidait au Wat Rakhang Khositaram de Bangkok (วัดระฆังโฆษิตาราม วรมหาวิหาร) (Photos du 13 Septembre 2015).

Photo 6 : Luang Pu Suk Gesaroh (1847-1923) (หลวงปู่ศุข) ou Phra Khru Wimon Khunakon (พระครูวิมลคุณากร) du Wat Pak Khlong Makham Thao (วัดปากคลองมะขามเฒ่า) จ.ชัยนาถ ผู้มีมนต์คาถาเยี่ยมยอด (Photos du 13 Septembre 2015).

 

Le Hall après avoir été longtemps fermé au public, jusqu’en 2009, lui est aujourd’hui ouvert.

 

Tout à côté de l’ubosot  s’élève le Viharn Laï Kham (วิหาร ลายคำ) qui abrite le célèbre ‘’Phra Bouddha Sihing ou Phra Singh dont l’épopée est digne de figurer parmi les plus grands romans d’aventure.

 

 

Le viharn tire son nom de ses décorations de couleur or sur des surfaces de laque rouge. En langue du pays, le mot ‘’laï‘’ (ลาย) signifie ‘’motifs‘’ et le mot ‘’kham‘’ (คำ) ‘’or‘’. Ce sont bien des motifs de couleur or (feuille d’or ou peut-être pochoir ?) qui se détachent en différents endroits du viharn, mais surtout sur le mur intérieur Ouest recouverts de laque rouge et de motifs couleur or.

 

Ce Viharn a été construit pour donner au Phra Bouddha Sihing un ‘’sanctuaire‘’ digne de sa réputation. De ce fait il a été bâti contre le ku, ou pāsāda, où il a d’abord été ‘’déposé‘’. Une porte et un tout petit tunnel permettent la communication entre les deux édifices.

 

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Photo 1 : Cette photo date d’avant 1925.

Photo 2 : Le plan du Ku Laï et du Viharn Laï Kham.

Photo 3 : Cette photo du Viharn Laï Kham date du 05 mai 2013.

 

D’après la Jinakalamali ce Viharn aurait vu le jour sous le règne de Chao Muang Kaeo (1495-1526) en 1518. Comme les constructions de cette époque il est en bois de teck et un parfait témoin du style Lanna d’alors.

 

Outre le Phra Bouddha Sihing, les peintures murales, les plus anciennes de Chiang-Maï intra-muros, contribuent à la renommée de ce Viharn.

Ce serait Chao Thammalangka, alors vice-roi de Chiang-Mai et futur roi de Chiang-Mai en 1816 sous le nom de Chao Noï Thammalangka (เจ้าน้อยธรรมลังกา)  (1748/48-1816-1822) qui les auraient commandées et supervisées.

 

D’après les couleurs et les différentes techniques, trois peintres auraient participés à la création de ces fresques : Jek Seng (เจ็กเส็ง) un artiste local d’origine chinoise, et Nahn Photha (หนานโพธา - โปธา) un artiste … vraisemblablement originaire du centre de la Thaïlande. (*) Alors que ces deux peintres ont été identifiés le troisième reste encore anonyme.

 

(*) D’après la légende, et conformément aux usages en cours à Bangkok, un … appel d’offre aurait mis en compétition deux ateliers de peintres, l’un du Lanna, celui de Jek Seng et l’autre du centre du Siam, celui de Nahn Photha.

 

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Photo 1 : Le Phra Singh sur fond rouge émaillé de motifs de couleur or. (Photo du 28 août 2015)

Photo 2 : L’intérieur du Viharn Laï Kham (Photo du 1er septembre 2015)

Photo 3 : Un auto portrait de Jek Seng, le peintre du mur nord. Il est situé sur le mur nord au-dessus de la fenêtre du milieu. (Photo du 8 mars 2015)

 

Sang Thong ou ‘’Le prince à la conque d’or‘’ ou (Suvannasangka Jātaka.) :

Le mur nord, celui de droite en pénétrant dans le viharn, serait l’œuvre de l’équipe de Jek Seng, celle de Chiang-Mai.

Les différentes scènes relatent l’histoire de ‘’Sang Thong‘’ (สังข์ทอง) un jeune homme sorti d’une conque et élevé par une Ogresse (Yakshinī). A l’âge de 16 ans découvrant que cette ogresse n’est pas sa vraie mère il part à la recherche de celle qui fut à l’origine de la conque … sa mère. Après nombre de rebondissements tout finira bien puisqu’à la fin Sang Thong épousera une jolie princesse, Rochanā. Il deviendra roi du royaume de Samon et retrouvera non seulement sa vraie mère, mais aussi son père ; un roi qui fut à l’origine de ses mésaventures parce que trop à l’écoute d’une concubine qui paya de sa vie sa mauvaise influence.

 

La popularité de Sang Thong est telle en Thaïlande qu’on trouve ce héros littéraire partout, sous toutes les formes, marionnettes, amulettes, masques, toponymes et, souvent … la trame de ce conte sert à l’écriture ou à la narration de nouveaux contes qui de ce fait ne sont que des … sous-produits de … Sang Thong ?!...

 

L’autre intérêt de ces fresques c’est de porter à notre connaissance certains des us et coutumes d’alors. Personnellement ce qui m’a frappé c’est de voir qu’hier comme aujourd’hui les gens vivent pleinement le moment présent sans se soucier du lendemain. Par exemple, il n’est pas rare de voir le long des douves des petits groupes de gens pique-niquer dans la joie et la bonne humeur à la manière de ceux qui figurent sur ces fresques. Seuls les costumes et le contenu des bouteilles (et encore ?!...) diffèrent.

 

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                      Quelques scènes illustrant le conte ou jataka de ‘’Sang Thong‘’.

                                                      (Photos du 2 mars 2013)

 

Suvannahong ou ‘’Le Hamsa d’or‘’ (Suvannahamsa Jātaka.)

Le mur sud, celui de gauche en pénétrant dans le viharn, serait l’œuvre de l’équipe du peintre Nahn Photha (หนานโพธา - โปธา).

Les scènes peintes relatent les aventures du fils du roi d’Aiyarat, le prince Suvanna Hong (สุวรรณหงส์) qui, lors d’un bain découvre un message de la princesse Ketsuriyong (เกิดสุริวง). Cette dernière cherche un époux, en l’occurrence celui qui lui rapportera le message que détient Suwanna Hong. La fin du Jātaka (*) est contenu dès le premier chapitre, à savoir le mariage des deux jeunes gens. Mais entre la découverte du message et le mariage … que de rebondissements et de suspenses ?!...

 

(*)  Le hamsa ou hansa, hong ou hongsa est un oiseau mythique proche du cygne ou de l’oie sauvage. C’est un symbole de pureté et aussi du souffle cosmique, car le Hamsa symbolise la vibration primordiale ou le son créateur AUM. Hamsa et Aum ne font qu’un. De ce fait ce n’est pas par hasard si le hamsa est le vāhana du dieu Brahma, sorti du Brahman d’où toute la création est issue.  Dans le bouddhisme c’est un oiseau sacré qui est associé à l’image de Bouddha et … à son enseignement.

Après son éveil, alors que Bouddha doutait de sa capacité à enseigner la ‘’vérité‘’ c’est le Dieu Brahma qui vint s’incliner devant lui pour le prier de prêcher la ‘’doctrine‘’.

 

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               Quelques scènes illustrant le conte ou jataka ‘’Suvanna Hong‘’ (สุวรรณหงส์).

                                                  (Photos du 2 novembre 2013)

Nota bene : regardez bien les personnages des deux dernières photos, en particulier … leur coiffure, leurs yeux, leurs vêtements et leur corpulence, sans parler des attitudes. Ces fresques sont bien d’une facture différente des images précédentes et la preuve que deux peintres sont à l’origine des peintures murales du Viharn Laï Kham. Le Hongsa de la première photo, quant à lui a aussi ses particularités et pourrait signifier la participation d’un troisième peintre ?!...  

 

Avec les ans ces fresques ont subit les affres du temps et, dans de larges proportions. Alors des rénovations ont été entreprises. 

La première d’entre elles eut lieu en 1863 à l’initiative du roi d’alors, Phra Chao Kawilorot Suriyawong. Suivirent quelques autres sans qu’on sache en quoi elles consistèrent en particulier en 1920 avec Phra Khruba Sri Vichaï pour qui l’utilité avait priorité sur l’art, et en 1996 à l’occasion du 700ème anniversaire de Chiang-Mai.

Madame Thiphawan Thangmangmi (ทิพวรรณ ทั่งมั่งมี) (1973-), professeur à la faculté des beaux arts de l’université de Chiang-Mai œuvra à la rénovation de ces peintures murales une première fois en 1996-97 ; et une seconde fois en 2006 sous la direction de son ex-professeur Monsieur Phatarut  Sayasewi, (ภัทรุตม์ สายะเสวี).

 

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Photo 1 : Phra Chao Noï Thammalangka (เจ้าน้อยธรรมลังกา)  (1748/48-1816-1822) qui fut à l’origine de la construction de l’ubosaot et des peintures murales du Viharn Laï Kham. Il devint roi de Chiang-mai en 1816.

Photo 2 : Phra Chao Kawilorot Suriyawong (1800-1856-1870) (พระเจ้ากาวิโลรสสุริยวงศ์), fils de Phra Chao Kawila, 6ème roi de cette dynastie et dernier Chao Luang de Chiang-Mai. Il fut à l’initiative de la 1ère restauration des peintures murales du Viharn Laï Kham.

Photo 3 : Madame Thiphawan Thangmangmi (ทิพวรรณ ทั่งมั่งมี) professeur à la faculté des beaux arts de l’université de Chiang-Mai et parti prenante dans les restaurations de 96/97 et 2006. (Photo trouvée sur le net)

 

En 1922 un, ou une, sacrilège décapite le Phra Sihing pour s’approprier de sa tête. Cette dernière n’a toujours pas été retrouvée. La tête actuelle du Phra Sihing a été réalisée en s’inspirant des deux images qui sont à ses côtés.

 

En 1892 le Siam annexe le royaume du Lanna. Il n’est plus question de vassalité ; et en 1932, suite à l’abolition de la monarchie absolue au Siam, Chiang-Mai n’est plus qu’une … simple province du Siam. Un an plus tard, pour éviter tout retour à l’indépendance le mur d’enceinte de Chiang-Mai est rasé, seules les portes resteront debout. Le sangha du Lanna n’aura plus à aider son roi à se maintenir sur le trône, sauf que !....

 

En 1935 le tout jeune roi Ananda Mahidol, alors âgé de 10 ans, accorde au Wat Phra Singh le statut de temple royal. De ce fait le Wat Phra Singh prend le nom de Wat Phra Singh Voramahaviharn c’est-à-dire … temple de première classe ?!...

 

Alors le sangha du Lanna va se fondre définitivement avec celui de la Thaïlande (Le 24 juin 1939 le Siam a pris le nom de Thaïlande) et ce sera Bangkok qui assurera sa protection. Alors le Lanna n’est plus qu’un souvenir et l’histoire du Wat Phra Singh va se poursuivre sous la houlette d’un nouveau Chakravartin (roi universel) c’est-à-dire Rama VIII et Rama IX le roi actuel.

 

(*) Ananda Mahidol (Rama VIII) (1925-1946), était le frère aîné de l'actuel roi Bhumibol Adulyadej (Rama IX). Ce fut le dictateur Plaek Phibun Songkhram (1897-1964) (แปลก พิบูลสงคราม) qui gouverna à sa place alors qu’il étudiait en Suisse.

 

Si l’histoire du Wat Phra Singh en tant que fer de lance du Lanna se termine, sa visite n’est pas tout à fait finie. En effet, du côté de l’école, au sud du Wat s’élèvent … le petit Viharn Phra Chao Than Chaï, une maison des esprits et le ficus religiosa ou l’arbre de la bodhi du Wat.

 

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Photo 1 : Le Viharn Phra Chao Than Chaï (วิหารพระเจ้าทันใจ) (numéroté 5 sur le plan).

Photo 2 : L’intérieur du Viharn et son Phra Chao Than Chaï.

Photo 3 : La maison des esprits (numérotée 5 sur le plan) juste derrière le Viharn Phra Chao Than Chaï et devant le ficus religiosa.

 

(*) L’image du Bouddha Phra Chao Than Chaï serait une copie du Phra Chao Than Chaï qui se trouve au sein du Viharn du Wat Phrathat Doï Kham, (วัดพระธาตุดอยคำ) construit sur la montagne d’or. Ce Wat s’élève au nord du parc royal Ratchaphruek, et sa particularité est d’avoir une image d’un Bouddha assis, de couleur blanche, et haut de 17 mètres, Phra Bouddha Keao Kew (พระพุทธเก่าแก่).

Phra Chao Than Chaï a aussi droit à sa légende ; disons, pour faire court, qu’en échange d’offrandes il rendrait les femmes fécondes.

 

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Photo 1 : L’étang qui longe le mur ouest du Wat Phra Singh. (Numéroté 21 sur le plan).  

Photo 2 : Un sanctuaire consacré aux Rishis (*) sur la berge Ouest de l’étang.

Photo 3 : Le sanctuaire ou sala du médecin ayurvédique : Shivaga Komarpaj (ชีวกโกมารภัจจ์) (**). (Numéroté 20 sur le plan).

 

(*) Les ‘’rishi-s‘’ reusi-s ou russi-s (ฤาษห) appartiennent au monde de l’animiste. Ils précédèrent les moines bouddhistes. Mais ces derniers ne les ont pas remplacés ; de nos jours le bouddhisme et l’animiste font toujours bon ménage.

Ces rishi-s doivent/devaient leur renommée et leur ascendant sur les populations grâce à leur connaissance de la nature, leur magie et soi-disant autres pouvoirs, sans oublier la crédulité de leurs ouailles ?!...  

(**) Shivagakomarpaj (ชีวกโกมารภัจจ์), s’écrit aussi Jivaka Kuma Bhacca. C’était un médecin (reusi ?...) d’une grande renommée qui, bébé trouvé sur un tas d’ordures aurait été adopté par le prince Abhaya fils de Bimbisāra roi de Rajagriha, d’où son nom : Shivaga (trouvé vivant) komarpaj (nourri par un prince). Pendant sept ans il étudia la médecine avec le grand Atreya professeur de médecine à l’université de Takshila ou Taxila au Penjab en Inde.

 

D’après la légende il serait né en tenant dans ses mains une poignée d’aiguilles d’acuponcture. Son art consistait à guérir ses patients en utilisant l’énergie qu’il tirait des plantes, des minéraux et de la pratique du massage.

Comme il était contemporain de Bouddha, qu’il côtoya et soigna d’une constipation, il transmit son savoir à certains des disciples de Bouddha. De ce fait la propagation du bouddhisme s’est fait de conserve, très souvent, avec l’enseignement du massage.

Autrement écrit, le bouddhisme et le massage ont fait cause commune, tout du moins en Thaïlande. En plus des temples on trouverait aussi ( ?) la statue de Shivagakomarpaj, en position assise ou debout, chez de nombreux médecins de Thaïlande.

Bref !... ce n’est pas par hasard si certains salons, ou écoles de massage, portent le nom de … Shivagakomarpaj et si avant chaque séance de massage la, ou le praticien invoque l’esprit de Shivagakomarpaj en joignant les deux mains et en récitant le … ‘’Wai Khru‘’ (ไหว้ครู). (L’accomplissement du Wai Khru permet de savoir si votre masseur a reçu ou non une formation dans les règles de l’art.)

 

La visite du  Wat Phra Singh ne serait pas complète si je passais sous silence les dernières statues ou images dont les lieux viennent de s’enrichir : 

 

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Photo 1 : La statue de Paya Mengraï ex Chao Mengraï (พญามังราย) le fondateur de Chiang-Mai. (1296-1317) (Photo de 2007)

Photo 2 : La statue de Phaya Pha Yu ex Chao Pha Yu (1336-1355) (พญาผายู), le fondateur du Wat Phra Singh, est venue rejoindre celle de Mengraï (Numéroté 18 sur le plan). (Photo du 11 novembre 2013)

Photo 3 : Derrière le couple des deux rois s’élève la tour de la cloche avec sous elle – vraisemblablement -  une réserve d’eau des temps passé ?... (Numéroté 17 sur le plan).

Photo 4 : Un monument souvenir dans la cour de l’école (Numéroté 4 sur le plan) consacré aux deux derniers supérieurs du Wat Phra Singh.

A gauche il s’agit de Phra Ubali Kunu Pama Ajarn (1901-1960-1973) (พระอุบาลี คุณูปมาจารย์) qui fut le supérieur du Wat Phra Singh de 1960 à 1973 et dont les cendres reposent dans un Ku du Wat Phra Singh. (Numéroté 13 sur le plan).

A droite il s’agit de Phra Dhamma Sithat Ajarn (พระธรรมสิทธาจารย์) ou Luang Pu Nu Thawan Maha Thera (หลวงปู่หนู ถาวารมหาเถระ) ou encore Luang Pu nu Thawanro (หลวงปู่หนู ถาวโร) (1912-1973-2009) dont la crémation eut lieu le 21 décembre 2009.

 

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     Quatre photos prisent lors des différentes cérémonies précédant la crémation de :

                                Phra Dhamma Sithat Ajarn (พระธรรมสิทธาจารย์)

                        (Les cérémonies s’étalèrent du 16 au 21 décembre 2009).

Photo 1 : Une scène extraite de la représentation du Ramakien :

Nang Sitha (นางสีดา) transportée par l’armée des singes.

Photo 2 & 3 : Le ‘’Meru Prāsāt Soph Phaya Nok Hassadiling‘’ (ประสาทนอกหัสดีลิงค์) de Phra Dhamma Sithat Ajarn partant matériellement en fumée et spirituellement conduisant ‘’l’esprit du défunt‘’ au plus haut des cieux. (Nirvana ?...)

Photo 4 : Le lendemain de la crémation, alors que les lieux sont redevenus une cour d’école, il ne reste plus que le bâti du foyer sur lequel se consuma le ‘’ Prāsāt Soph‘’ et le corps du défunt.

Le bâti contient le reste des cendres issues de la crémation ; alors c’est l’occasion d’y rechercher le moindre petit fragment d’os du saint homme. Cette … ‘’relique‘’ portera bonheur à l’heureux possesseur.

 

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La nouvelle sala (Numéroté 12 sur le plan) et ses saints bouddhistes (พระอรยะ)

(Elle s’élève à l’Ouest du grand Chédi et à deux pas du Viharn Laï Kham)

Photo 1 & 2 : La sala dont l’exigüité des lieux ne permet pas une photo de face.

Photo 3 : Phra Sankaccāyana (พระสังกังกัจจายน์) fut l’un des 80 grands disciples de Bouddha. Il est censé apporter gains et richesse. Divinement beau, grâce à ses dons de magie il se serait volontairement enlaidi pour ne plus être confondu avec bouddha. Aujourd’hui il ne faut pas le confondre avec Pu-Tou ou Budaï un arhant chinois de l’école Mahāyāna tout aussi ventripotent mais … chauve. 

Photo 4 : Phra Kring Naresuan – ‘’Khun Nua‘’ (พระกริ่งนเรศวร ‘’ขึ้นเหนือ‘’) (Un Bouddha Naresuan – monté dans le Nord). Ce ‘’Phra Kring‘’ appartient au monde des amulettes. Les créations qui se rangent sous son … ‘’label‘’ sont très nombreuses et très en vogue dans le Sud de la Thaïlande. La … ‘’mode‘’ ( ?) du ‘’Phra Kring‘’ vient ‘’d’arriver‘’ (monter) dans le Nord. Alors gageons que des séries d’amulettes ‘’Phra Kring‘’ vont se développer un peu partout dans le Nord. Car les fidèles ont besoin de se sentir protéger et les temples d’argent pour maintes raisons.

Photo 5 : Un Phra Sihing 1 de l’école de Chiang-Saen mais … sans plus de précision ?!....

Photo 6 : Phra Sivali (พระสีวลี) est un arahant (Saint bouddhiste) disciple de Bouddha. Il se fit remarquer avant même de naître puisqu’il serait resté 7 ans dans le ventre de sa mère. Grand voyageur, il est devenu leur protecteur, et de sa présence visible découlent le succès et le bonheur.

Photo 7 : Phra Upakhut ou Arahat Upagutta (พระ อุปคุต) est appelé au Sud de la Thaïlande : ‘’Bouddha lotus‘’ et au Nord ‘’Bua Khem‘’. Sa particularité est d’accorder sa protection à qui la lui demande. 

 

Avant de se quitter, revenons à notre point de départ … le Chédi.

Depuis à peine un an, deux salas ont trouvé place sur l’aire Ouest du grand Chédi. Au centre de cet espace il y a la sala dont il vient d’être question, (Numérotée 12 sur le plan) et sur la partie nord (Numérotée 22 sur le plan) il y a celle qui abrite une miniaturisation du grand Chédi : La sala du Phra That Pra Cham Pi-ma-rogn, le Chédi du grand serpent (dragon).  .

Avec cet aménagement les fidèles n’ont plus à hisser un réservoir d’eau tout au faîte du grand Chédi pour marquer leur respect en le bénissant ; des petites louches leur suffisent pour accomplir leurs dévotions, ce qui, soit dit en passant, amuse moins les enfants et … les touristes chinois ?!...

 

 

Le petit plus !.....

 

Outre ce qui précède le Chédi du Wat Phra Singh est aussi l’un des douze Chédis du cycle duodénaire plus connu sous le nom de ‘’zodiaque chinois‘’.

 

Selon son année de naissance et selon l’astrologie chinoise chaque individu serait sous l’influence d’un animal, et de ce fait serait ‘’héritier‘’ de certaines de ses caractéristiques. Dans l’aire géographique de culture Lao en général et plus précisément du … Lanna, douze des nombreux  Chédis du royaume … du Lanna … sont associés à ces animaux du zodiac chinois. Il y en a donc un par signe. (Au Lanna, le cochon est souvent remplacé par l’éléphant, parfois les deux cohabitent.)

 

Le Chédi du Wat Phra Singh fait cause commune avec le dragon ou grand serpent. Les termes de grand serpent ou Naga seraient mieux adaptés au Lanna que celui de dragon, nous verrons pourquoi plus bas.

Autrement écrit les personnes nées lors de l’année du grand serpent, appelée Pi-ma-rogn (ปีมะโรง) au Lanna, doivent aller s’incliner,  au moins une fois dans leur vie, devant ce Chédi pour ‘’améliorer‘’ leur capital de mérites et renaître dans de meilleures conditions ?!..... Il s’agit de personnes nées en 1952 – 64 – 76 – 88 – 2000 etc… (Attention : Les années chinoises ne correspondent pas très exactement aux années grégoriennes. Il y a souvent un mois de décalage, par exemple l’année 1952 s’étale de février 52 à fin janvier 53 … à quelques jours près)

 

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Tout comme l’animal duodénaire est associé à un Chédi, le Chédi est lié à un Bouddha. En l’occurrence il s’agit d’une image de Bouddha dans la 54ème attitude, c’est-à-dire donnant l’enseignement au bandit Angulimāla.

 

La description de l’image : Bouddha se tient debout. Son bras gauche pend le long du corps ; et son bras droit est replié de telle sorte que la paume de sa main droite repose à plat contre sa poitrine au niveau de son sein droit.

 

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Photo 1 : Phra Phirun ou plus exactement Phra Khantharat () de style Dvaravati (VII ou VIIIe siècle) du Wat Phra Meru Na Rachikaram ou Wat Phra Men d’Ayutthaya.

Il y a au sein du palais royal de Bangkok un viharn dont l’un des sanctuaires est consacré à un Phra Khantharat mais … dans une position différente.

Photo 2 : Bouddha dans la 41ème attitude c’est-à-dire : Bouddha appelant la pluie ou Gandhārarātha. (พระคันธารราฐ) (Le ‘’ร‘’ supplémentaire n’est pas une faute d’orthographe.)

Photo 3 : Bouddha dans la 54ème attitude, c’est-à-dire enseignant Angulimāla.

Photo 4 : Phra Phirun (พระพิรุณ) à dos d’un naga (*) Une peinture murale du Wat hors les murs de Chiang-Mai : Phuak Pia (วัดพวกเปีย) (Photo de mars 2013)

 

(*) Phra Phirun (พระพิรุณ) (prononcer Pra Piroun’) (a) ou Phra Khantharat (พระคันธาราฐ) dans les temps jadis, est la résurgence du dieu Hindou Varuna, le souverain des eaux, de l’océan, et des eaux souterraines d’où sont issus les … nagas. C’est Varuna qui dispense la pluie.  Pour ces raisons il est souvent question de Phra Phirun au ministère Thaï de l’agriculture. Ainsi, pour pallier aux inondations et aux sécheresses des cérémonies invoquant Phra Phirun sont encore aujourd’hui célébrées. C’est l’image de Phra Phirun et celle d’un naga, et non d’un dragon, qui constituent le sceau de ce ministère : ‘’Phra Phirun à dos d’un naga‘’ (พระพิรุณทรงนาค).

Et …. C’est le Phra Sihing qu’on implorait et … qu’on implore encore … au Lanna pour demander la venue des pluies. La coïncidence se passe de commentaire. Le Wat Phra Singh est donc le Wat par excellence pour demander la pluie ou … l’arrêter.

(a) Phra Phirun (พระพิรุณ) se compose de Phra (พระ) qu’on pourrait assimiler à un préfixe dont le sens touche au sacré et Phirun (พิรุณ) qui signifie pluie. Phra Phirun est donc bien le dieu de la pluie.

 

La signification du nom sanscrit Angulimāla : Ce nom se traduit par : ‘’doigts pour ‘’Anguli‘’ et guirlande ou couronne pour ‘’māla‘’ (माला) ce qui signifie : ‘’guirlande de doigts‘’. Ce soi-disant bandit hérita de ce nom parce qu’il portait autour du cou un collier où il enfilait les doigts de ses victimes.

 

Le contenu du conte ou jataka : Angulimāla était le fils d’un brahmane féru d’astrologie à qui les astres avaient révélé que sa progéniture allait … ‘’mal tourner‘’. Pour tenter de conjurer le mauvais sort ce brahmane donna à son enfant le nom de Ahimsaka Dāgāmi, ce qui signifierait ‘’absence d’oppression‘’.

 

Dès son plus jeune âge Ahimsaka se révéla comme étant un brillant sujet ; ce qui suscitait de la jalousie et de la médisance autour de lui. Ainsi, à l’université ses camarades firent courir le bruit qu’il était l’amant de la femme de son professeur.

Ce dernier, pour couper court à cette rumeur proposa à son élève d’exception de lui apprendre des connaissances hors du commun, mais pour les acquérir il fallait que l’élève rapporte à son maître mille doigts … humains.

 

Cette proposition n’avait qu’un seul objet : éloigner à tout jamais Ahimsaka de l’université. Mais confiant en son maître et aveuglé par le désir de savoir le bon élève, sans plus réfléchir, s’arma d’une épée et s’en alla en quête des mille doigts. Pour cela il élut domicile dans une forêt et s’attaqua à tous ceux qui s’y aventuraient pour les tuer et leur couper les doigts.

 

Au fil du temps, plus personne n’osait entrer dans la forêt, alors Ahimsaka, qui n’était plus nommé que Angulimāla, profitait de la nuit pour aller dans les villages proches, et là, il tuait les habitants dans leur sommeil et leur coupait les doigts.

 

Les crimes d’ Angulimāla parvinrent jusqu’aux oreilles du roi, Pasenadī Kosala qui, derechef diligenta un corps d’armée pour tuer le malfaisant.

L’apprenant, la mère de ce dernier, n’écoutant que son cœur de mère, courut prévenir son fils de l’arrivée de l’armée royale.

 

Dans la forêt Angulimāla qui venait de recompter ses doigts, il en avait 999, était prêt à tuer n’importe qui pour obtenir son dernier doigt. Alors dès que sa mère fut proche de lui, sans même la reconnaître il leva son arme sur elle.

 

C’est alors que Bouddha s’interposa entre eux deux ; car quelques secondes plus tôt le saint homme avait eu la vision du drame qui se préparait, d’où son intervention ?!...

 

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      Trois peintures murales de Bouddha donnant l’enseignement au bandit Angulimāla.

Photo 1 : Une peinture murale du Wat hors les murs Phuak Pia (วัดพวกเปีย) (Photo de mars 2013)

Photo 2 : Une peinture murale du Wat intra-muros Dap Phai (วัดดับภัย) (Photo du 5 mars 2013)

Photo 3 : Une peinture murale du Wat hors les murs Upakhut (วัดอุปคุต) Photo du 31 mars 2013)

 

En quelques mots et après repentance Angulimāla rejoignit les disciples du maître. Mais le vénérable Angulimāla n’en avait pas fini avec la haine des villageois. Alors pour retrouver leurs bonnes grâces, Bouddha lui apprit une gāthā (formule magique) dont la particularité était d’accorder la possibilité d’enfanter aux femmes en mal d’enfant.

C’est ainsi qu’un assassin, après avoir reçu l’enseignement du Bouddha devint un ‘’arahant‘’ (Saint bouddhiste).

 

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Photo 1 : Le Phra Sihing. Le Phra faiseur de pluie. (Photo 2015)

Photo 2 : ‘’Phra Phirun à dos d’un naga‘’ (พระพิรุณทรงนาค), le Thevada de la pluie.

Photo 3 : Les élèves du Wat Phra Singh après les cours (Photos 2007)

         

CONCLUSION :

 

Le visiteur du Wat Phra Singh ne regrettera pas sa visite. Mais le tourisme à haute dose risque d’être préjudiciable au Wat Phra Singh, en particulier les touristes Chinois qui s’y promènent en tuck-tuck à la queue leu leu.

 

Il ne faudrait pas que ce Wat perde, comme c’est déjà le cas pour certains, son âme. Un temple est avant tout un lieu de prières et de méditation et non de tourisme. Fasse le ciel que le Wat Phra Singh garde ce climat particulier, et le touriste respectueux, croyant ou non, ne pourra qu’y trouver son compte.

 

 

 

 

                                                                Jean de la Mainate Septembre 2015  

 
 
 


02/10/2015
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