MerveilleuseChiang-Mai

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C.V. de l'AUTEUR - 2 - DIVINATIONS OU COUPS DE POT

 Avertissement :

Cette chronique appartient à une série de huit chroniques qu'il est préférable de lire dans l'ordre suivant :

Dans la catégorie lexique :

- Phis et génies. (1ère  partie) – Généralités.

- Phis et génies. (2ème partie) – Les génies et le bouddhisme.

- Phis et génies. (3ème partie) – Les génies et leur contexte.

Dans la catégorie au sujet de l'auteur.

- C.V. de L'AUTEUR - 2 - DIVINATION OU COUPS DE POT ?...

- C.V. de L'AUTEUR - 1c - ESPRIT ES-TU LA ?!...

Dans la catégorie lexique :

- khouanes – (1ère  partie) - La définition d'un khouane.

- khouanes – (2ème partie) - L'avant cérémonie du soukhouane.

- khouanes – (3ème partie) - La cérémonie du soukhane.)

 

                                        

           DIVINATIONS OU COUPS DE POT ?...

 

 

Au Lanna les mondes du visible et de l'invisible ne font qu'un. Les esprits comme les humains ont leurs maisons, et tous les jours de quoi boire et manger.

 

Il suffit pour s'en rendre compte de faire seulement quelques pas sur les terres de cet ancien royaume.

 

Dans les endroits les plus déserts, comme dans les plus peuplés, les esprits et les humains cohabitent en bonne intelligence.

 

   


CHIANG-MAI : La maison offerte par la Thai Airway aux esprits qui peuplent les terres où s'élèvent ses bureaux.

CHIANG-MAI :Une maison pour les esprits, parmi tant d'autres dans une des rues de la ville.

 

Pour nous les Farangs cet état … ''d'esprit'' ... relève de la superstition. Mais pour les indigènes du Lanna c'est notre façon de vivre qui est anachronique.

Car pour eux, les esprits se manifestent à longueur de journée ; mais encore faut-il savoir les voir et/ou les entendre.

 

Les Farangs sont tous plus ou moins héritiers de Descartes. Alors ils ne croient qu'en ce qu'ils voient.

Cependant quel est le Farang, qui un jour ou l'autre, n'a pas eu une expérience, ou un moment de sa vie, sortant de l'ordinaire  ?!....

 

En ce qui me concerne, je me souviens de quelques anecdotes que je n'oublierai jamais. Car elles m'ont interpellé en leur temps.

Je m'en vais vous en raconter deux. Ensuite, vous en déduirez ce que vous voudrez.

 

La première remonte à plus d'un demi-siècle … déjà !... et recouvrit plusieurs années.

 

Elle commença à prendre corps lors de l'année du buffet.

Un moment qui a fait date dans la famille et qu'aucun de ses membres n'a oublié. J'étais alors, très exactement, dans ma douzième année !....

 

Pour avoir évoqué ce vieux souvenir, concernant le buffet, je ne peux pas poursuivre sans donner quelques explications à ce sujet. J'espère ainsi que la curiosité du lecteur que j'ai volontairement titillée, sera satisfaite.

 

En l'année du buffet donc, très exactement en Juillet 1957, j'étais en colonie de vacances à Crocq, un petit village situé dans la Creuse.

De ce fait mes deux jeunes frères, âgés alors de 9 et 7 ans, n'avaient plus leur aîné pour les surveiller.

Ce qui leur permettait de se prendre pour des grands, et de tenter toutes les expériences qui leur avaient été jusqu'alors toujours interdites !....

 

Lorsque le buffet va faire l'événement, mes parents étaient au fond du jardin occupés à son entretien ; mon frère Georges était lui dans la cuisine de la maison familiale et Gérard quelque part dans les alentours.

Georges avait décidé ce jour-là, de se confectionner une petite tartine de confiture … tout seul, comme un grand.

C'était un de ses petits péchés mignons qui l'avait fait surnommer par sa maîtresse d'école, Madame Libier, ''Tartine'' … ou ''Georges la tartine''.

Seulement pour enduire sa tartine de confiture, il devait se saisir du pot de confiture, rangé tout en haut du buffet de la cuisine, et enfermé à double tour.

Le meuble devait bien faire deux fois sa taille. Et sa clef était posée sur son faîte. Alors pour l'ouvrir il fallait ''attraper'' sa clef.

Comme le loustic n'était jamais à court d'idées pour résoudre ses difficultés, il s'empara d'une chaise, et fier comme Artaban monta dessus.

Hélas l'accessoire en question bascula au moment ou mon jeune frère s'y attendait le moins.

Pour éviter la chute il tenta de se rattraper désespérément au premier objet venu, c'est-à-dire le buffet.

Mais son geste, au lieu de le secourir, décela le haut du vaisselier de son socle.

Alors le haut du meuble piqua du nez, et tomba dans un fracas épouvantable par dessus mon frère.

C'était en haut du buffet, que se rangeait en ce temps là, toute la vaisselle cassable de la famille, verres, assiettes et tout le reste.

 

Alertés par ce bruit inhabituel, mes parents accoururent au pas de charge.

 

Grâce au ciel à leur arrivée, la cuisine était déserte, c'est-à-dire sans victime. Car par chance le drôle n'avait pas eu la moindre égratignure.

Alors il avait pris ses jambes à son cou et était allé se cacher, dans l'espoir d'échapper à l'orage paternel.

 

Par contre, mes parents trouvèrent le haut du buffet dans une position insolite. Au lieu d'être à la verticale dans le prolongement de son bas, il était à l'horizontal, à un mètre du sol, à cheval entre la table de la cuisine, et sa partie basse.

Aussi incroyable que cela pût paraître, les vitres de ses portes ne s'étaient pas brisées, et la vaisselle, de ce fait, ne s'était pas retrouvée en mille morceaux. Rien n'avait été cassé, pas même ébréché.

Le Gérard qui avait aussi entendu le son causé par la chute du haut du buffet, était accouru en curieux. Ce qui fit que le malheureux se trouva au mauvais endroit au mauvais moment.

Car mon père crut qu'il était le responsable de la descente du meuble. Alors … je vous laisse deviner la suite !....

 

D'après ce qui me fut raconté, Georges aurait échappé à la correction de notre père. Mais le pauvre Gérard en avait alors … une d'avance, et … qui ne fut certainement jamais prise en compte.

Car notre père ne tenait pas ces comptes là.

 

Quant au buffet, il est aujourd'hui chez Georges, avec ses vitres d'origine. Et peut-être est-il rempli de pots de confiture pour … ses petits enfants. (*)

 

Mais revenons-en à mon séjour dans la Creuse.

 

En cette année du buffet donc, j'étais en colonie de vacances. Et parmi les colons, j'avais sympathisé avec un garçon qui lisait soi-disant dans les lignes de la main.

Comme il m'avait donné quelques uns de ses ''trucs'', j'étais alors persuadé, en rentrant dans ma famille, d'être capable de prédire l'avenir à certaines gens en regardant simplement les lignes de leurs mains, et en leur tâtant le poignet.

Mais la théorie étant une chose, et la pratique en étant une autre, avec la rentrée scolaire j'eus bien d'autres choses à faire que d'exercer mes talents de chiromancien.    

Et puis après la rentrée, vinrent les vendanges, les fêtes traditionnelles et … mon renouvellement solennel.

 

J'étais alors dans ma treizième année, et nous devions être le deuxième ou le troisième dimanche de Juin, c'est-à-dire le 8 ou le 15 Juin.

Ce jour là mon père avait invité toute la famille, et préparé avec ma mère un repas en conséquence.

Le banquet était bien avancé, lorsque quelqu'un se mit à parler de naissance et de nouveaux nés. Et moi, qui aurais mieux fait de me taire, je ne pus m'empêcher de dire qu'en tâtant le poignet d'une personne, j'étais capable de dire combien elle aurait d'enfants.

Ma répartie amusa toute la tablée, sauf moi bien évidemment. Alors, l'une de mes tantes, Simone, la sœur de mon père, sans doute pour me taquiner, me dit en me tendant sa main, ''Si tu es si fort, dis-moi combien j'aurai d'enfants ?... ''.

 

Elle était déjà mère de deux filles, et souhaitait un garçon. Mais tous les fœtus mâles qu'elle avait portés n'étaient jamais arrivés à terme. A l'époque, je ne connaissais que vaguement ce dernier détail.

Mis au pied du mur, et ne pouvant me défiler, je lui pris le poignet et lui annonçai très sérieusement après un temps de réflexion, qu'elle aurait encore … un garçon.

Ce qui fit rire tout le monde, car chacun savait qu'elle ne pouvait malheureusement pas enfanter de garçon.

 

Le jeu aurait pu s'arrêter là, mais ma tante Gilberte me tendit à son tour son poignet, et avec insistance. Ne pouvant refuser à l'une ce que j'avais accordé à l'autre, je me remis au ''travail'', s'il m'est permis de parler ainsi.


Ma tante Gilberte était la femme du frère de mon père. Elle avait alors deux enfants, Serge et Chantal. Et comme elle était devenue asthmatique à la naissance de sa fille, il était hors de question pour le couple de mettre au monde un nouvel enfant.

Néanmoins, et cette fois tout en connaissant bien ce détail, je ne pu m'empêcher de lui dire, et aussi sérieusement que précédemment, qu'elle aurait aussi un autre garçon.

Une nouvelle fois encore mes propos déclenchèrent le rire.

 

Ce fut alors qu'intervint ma grand-mère Marguerite !...

Cette grand-mère Marguerite, la mère de ma mère, était un sacré numéro, mais une brave femme que j'aimais bien.

La maladie et la guerre lui avaient pris ses premiers maris. Mais comme rien ne la décourageait, elle s'était remariée une troisième ou quatrième fois, avec celui que nous appelions tous ''pépère Henry''.

Henry fut son dernier mari et trouva, lui aussi, le moyen de la laisser veuve … une fois de plus !...

 

Le grand-père Henry était un homme fort sympathique et père de nombreux enfants. Ce fut à leur sujet que la grand-mère m'interrogea.

Puisque j'étais capable de prédire les naissances, je devais aussi pouvoir donner celles du passé.

Alors s'appuyant sur cet argument, de sa voix de stentor ma grand-mère me demanda : ''Combien d'enfants a eu le père Henry ?...''.

La question était nette, précise, balancée avec force et au sein d'un feu d'artifice de postillons. Car ma grand-mère Marguerite ne pouvait pas dire un mot sans éclabousser tous ses voisins.

La chamelle, que j'aimais bien, allait me faire couvrir de ridicule, car je n'avais aucune échappatoire,  et toutes les chances de me tromper.

Pour être franc, je savais que le grand-père Henry avait eu beaucoup d'enfants avec sa première femme. Mais quant à dire combien précisément, j'en étais incapable !...

Une fois de plus mis au pied du mur, je me devais de faire face. Alors, et avec tous les regards fixés sur moi, je pris le poignet droit du grand-père. Je me concentrai un peu plus que les deux premières fois, et après avoir mis en pratique le ''truc'' de mon jeune professeur j'annonçai, le cœur un peu serré, mais certain d'aller à l'échec … treize !

 

Le chiffre n'était pas encore tombé que la grand-mère ne put s'empêcher de triompher, et de postillonner un peu plus que d'habitude en lançant : ''Non, douze !... ''.

 

En quelques secondes mon peu de crédit avait fondu comme neige au soleil.

Mais tandis que mon infortune commençait à susciter quelques rires et commentaires, le grand-père éleva la voix. Et tentant sans succès de couvrir celle de son épouse, ce qui n'était jamais évident, il articula alors tout une série de ''non'' jusqu'à obtenir le silence :

.- Non non non non non la mère, c'est lui qui a raison. J'en ai eu treize.

Ce qui laissa ma grand-mère bouche bée et perplexe, du jamais vu dans la famille. Car elle connaissait les moindres secrets de chacun et trouvait toujours à rajouter son grain de sel à tous propos.

Plutôt satisfait de son effet, et d'avoir estomaqué son épouse, ce qui ne devait pas lui arriver souvent, le grand-père expliqua alors, qu'un de ses enfants, dont j'ai oublié depuis le prénom, était décédé quelques jours après sa naissance. Ce qui signifiait, qu'il avait bien eu treize enfants !...

 

Je ne sais plus comment j'avais alors réagi, mais mon égo s'était vraisemblablement requinqué, et au point que j'ai du me permettre de refuser une ''consultation'' à ma tante Monique, car je n'ai pas de souvenir à son sujet. Pourtant elle était, elle aussi, présente ce jour là. C'est ma marraine.

Je ne sais plus, non plus, comment se termina le repas !...

 

Tout ce que je sais, c'est qu'un an plus tard, et pratiquement jour pour jour, puisqu'il est né le 16 juin 1959, et avec un mois d'avance puisque ce fut un prématuré, ma tante Gilberte mit au monde mon cousin Christian. Et je crois même, qu'à la suite de cette naissance ses crises d'asthme cessèrent !....

 

Quant à ma tante Simone, quatre ans plus tard,  le 29 décembre 1962, elle accoucha elle aussi d'un garçon, mon cousin François !....

Par la suite, ni l'une ni l'autre n'eurent d'autre enfant !...

 

Ma tante Simone, qui à l'époque vivait dans un tout petit village d'une centaine d'habitants, Seichebrières, en manque de sujet de conversation avait du raconter aux uns et autres l'anecdote des enfants du père Henry.

Je le sais, parce que moins d'un an plus tard, en allant passer quelques jours de vacances chez elle au moment de Pâques, je fis la connaissance d'un parisien de mon âge, lui aussi en vacances.

Et ce garçon, que je n'ai jamais revu depuis, m'avait alors abordé en me demandant à brûle pourpoint, et très curieusement, si c'était bien moi le voyant de la famille. Ce qui m'amusa beaucoup.

Je ne sais plus ce que fut alors ma réponse. Mais lorsque je repense aujourd'hui à ce garçon, je me demande qu'elle fut sa réaction lorsque deux ou trois ans plus tard, ma tante accoucha de François !...

Car elle avait du aussi parler de mes ''prédictions'' et de celle la concernant !...

 

Pour en revenir au repas de mon renouvellement, et à mes délires verbaux, que s'était-il passé ce jour là ?...

Des esprits m'avaient-ils aidé ?...

Avais-je su les entendre ?...

Le renouvellement de ma profession de foi m'avait-il mis en état de grâce ?...

Pour être franc je m'en sais vraiment rien !

Tout ce que je sais, c'est que tout ce que je viens d'écrire est l'exacte vérité. Et qu'à défaut de l'aide des … ''esprits'' j'ai peut-être eu tout simplement trois coups de pot successifs ?!...

 

À la suite de cet après-midi là, je n'ai jamais plus prédit la moindre naissance à qui que ce fut.

Alors à défaut d'annonces de natalité, les … ''esprits'' … se manifestèrent auprès de moi, autrement. Car le plus troublant reste à venir ; mais à venir dans la prochaine chronique.

 

Une chronique qui suit la présente et qui a pour titre :

- ESPRIT ES-TU LA ?...

 

 

(*) J'ai du réécrire trois fois le passage du buffet. Car chacun de mes frères a tenu à y mettre son petit grain de sel.  



03/08/2010
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