MerveilleuseChiang-Mai

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MUSEE MONNAIE (Le)


Musée de la Monnaie, de Chiang-Maï  (Le)

 

พิพิธภัณฑ์เงินตรา - เชียงใหม่

 

                                        ou

 

Le Pavillon Régalien des décorations royales et monnaies thaïlandaises.

 

(ศาลาธนารักษ์เซิ้งใหม่)  (Treasury Pavilion – Chiang-Maï)

 

 

   

 

Adresse : 52, rue Rachdamnoen

52, ถนน ราชดำเนิน

 

Téléphone : 66.53.224.237/8

E-mail : ummuseum@gmail.com

Site : http//www.treasury.go.th

 

 

Musée ouvert du Lundi au vendredi de 9 heures à 15 heures 30

(Fermé les Samedis, dimanches et jours fériés ainsi qu'à l'heure du déjeuner de 12 à 13 heures.

Entrée : gratuite.

 

 

 

Voilà un lieu situé en bordure de la rue principale de la ville intra-muros, où passent et repassent pratiquement tous les touristes venant à Chiang-Maï, mais … dont très peu lui font l'honneur d'une visite ?!...

 

L'une des raisons principales de ce fait est l'incurie des guides qui font l'impasse sur le musée de la monnaie

 

Pourtant la visite de cette petite caverne d'Ali Baba est loin d'être inintéressante, et ne demande tout au plus qu'une petite demi-heure, le temps nécessaire aux nuages de mousson pour déverser leur trop plein d'eau et pour le visiteur de ne pas se faire tremper !...

 

 

En fait c'est à tort que j'appelle ce lieu ''Musée de la monnaie'' car en plus d'une rétrospective des monnaies en usage en Thaïlande depuis la nuit des temps à nos jours, il propose aussi à la curiosité du public, les décorations et les insignes royaux portés par les hommes d'hier et d'aujourd'hui et, de splendides et précieux objets de cérémonies royales. Ce sont tous, à des titres divers dont la rareté, des objets inestimables, qui appartiennent au trésor du royaume ou, au patrimoine national.

 

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la transcription de sa raison sociale en anglais est … Treasury Pavilion – Chiang-Maï … c'est-à-dire le pavillon du Trésor du royaume en la province de Chiang-Mai. (Les mots sous-entendus ont leur importance. Ainsi le trésor est celui du royaume et non du roi.)

 

   

 

 

Quelques vitrines d'exposition du rez-de-chaussée du musée, parmi lesquelles se trouve un vieux coffre en métal ayant servi à la protection et au transport de numéraires et d'objets de valeur dans des temps pas si anciens !...

 

 

 

Il existe trois lieux de ce genre en Thaïlande.

 

Le plus important, le pavillon national, se trouve au sein du palais royal à Bangkok. Le coût de sa visite est comprise avec celle du palais royal et du Bouddha d'émeraude (*) le Wat Phra Kaew (วัด พระ แก้ว).

 

Les deux autres musées se situent en province, l'un à Songkhla dans le sud, et l'autre à Chiang-Mai dans le nord.

 

L'office qui gère ce département a pour charge non seulement de garder, restaurer et préserver les ''pièces'' en tout genre du ''trésor du royaume'', mais aussi de les faire connaitre et découvrir au plus grand nombre, indigènes comme touristes.

 

 

(*) La garde-robe du bouddha d'émeraude se trouve dans les locaux du ''Trésor Régalien'' de Bangkok.

 

 

 

La création de ce département est l'aboutissement d'une longue histoire dont la naissance remonte au règne de Prajadhipok (1893-1925-1935-1941) (ประชาธิปกฯ) ou Rama VII.

 

Après le coup d'état du 24 juin 1932, le premier d'une longue suite, la monarchie absolue devient une monarchie constitutionnelle. Alors une distinction va être faite entre les biens royaux nationaux et les biens propres à la couronne.

 

De ce fait, au fils des ans, différents départements ont été créés, dissous et/ou fusionnés et que sais-je encore, pour gérer au mieux ce patrimoine jusqu'en 1976, l'année où l'initiative de Monsieur Suthon Satheinthai () vit le jour.

 

Cet homme a eu tout simplement l'idée de sortir des tiroirs les pièces de monnaie appartenant au patrimoine national pour les exposer dans un musée, le musée de la monnaie thaïlandaise (เหรียญพิพิธภัณฑ์), qui fut ouvert dans l'enceinte du palais royal, avec l'accord et les encouragements du roi, et inauguré par lui le 14 avril 1976.

 

   

 

 

Suivant les  régions les monnaies d'échanges avaient des formes différentes. Ces formes étaient influencées par celles des monnaies étrangères les plus rencontrées dans les dites régions.

 

Photo 1 : Une monnaie du Lan-Xang (1353-1694) ou Lan-Chang un ancien royaume Lao. Les autochtones la désignent sous le terme de ''gnen lad'' (เงินลาด). Ce sont des petites barres de métal tantôt en argent, en laiton ou encore en alliage de cuivre.

 

Photo 2 : Une monnaie du Lanna, royaume voisin du Lan-Xang. Cette monnaie est particulière à Chiang-Maï, la capitale. Nombre de villes au Lanna, comme nous le verrons plus loin, avaient leur propre monnaie. Cette monnaie locale est répertoriée sous l'appellation de ''gnen Chiang-Maï'' (เงินเชียงใหม่)

 

Les formes plutôt … biscornues de cette monnaie permettaient de la porter en collier ou en bracelet, voire de la coudre sur des habits d'apparats comme font encore aujourd'hui les Hmongs.

 

Photo 3 : Un Hmong lors du défilé de la fête des fleurs de 2010, portant sa fortune sur lui.

 

 

 

Le 1 août 1978 un nouveau département, consacré aux décorations royales, vint enrichir et diversifier l'offre du musée à ses visiteurs.

 

Alors le musée troqua son ancienne enseigne pour celle de ''Musée régalien, des décorations royales et des monnaies thaïlandaises'' (ศาลาเครื่องรชอิสริยยศ เครื่องราชอิสริยาภรณ์) (Pavilion of Regalia, Royal decorations and Thaï coins).

 

   

 

 

Photo 1 : La galerie du premier étage conduisant à la salle des décorations, et sur le mur de laquelle figurent les derniers rois de Chiang-Maï.

 

Photo 2 : Une décoration parmi d'autres … mais parmi les plus prestigieuses puisqu'il s'agit de la décoration de l'ordre de l'éléphant blanc (เครื่องราชอิสริยาภรณ์อันเป็นที่เชิดชูยิ่งช้างเผือก) et vraisemblablement du grand cordon. Il y a six distinctions dans cet ordre très envié des sujets thaïlandais.

 

Photo 3 : Les vitrines où sont exposées les différentes distinctions, mais … qui ne vont pas toujours à ceux qui les méritent vraiment !... en tout cas en France !...

 

 

 

D'année en année le département va poursuivre son extension et prendre de plus en plus d'indépendance. En 2002 il va s'appeler ''le grand trésor national'' et dépendre directement du ministère des finances.

 

 

Quelques années auparavant, en 1995, à l'occasion des 18ème jeux d'Asie du Sud-est, qui se déroulèrent à Chiang-Maï du 9 au 17 décembre, le 4 décembre 1995 avait vu l'inauguration du … musée de la monnaie de Chiang-Maï … comme je l'appelle encore !...

 

   

 

 

Photo 1 : L'entrée du musée de la monnaie.

 

Photo 2 : Les vitrines de vente du rez-de-chaussée avec en fond l'escalier qui conduit aux salles du premier et unique étage.

 

Photo 3 : Une des salles d'exposition du premier étage.

 

 

 

Le musée se développe sur deux niveaux. Au rez-de-chaussée le visiteur peut acquérir certaines pièces et objets souvenirs. Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses.

 

Ne jamais oublier qu'une pièce de monnaie c'est comme une page d'encyclopédie. Elle est porteuse d'une petite histoire, et ce sont les petites histoires qui font la grande.

 

Encourager ou aider un enfant à collectionner des pièces c'est lui donner les clefs d'une porte qui ouvre sur un univers qui ne peut que l'enrichir, répondre à ses envies, voire lui en donner de nouvelles.

 

Car … ''Ce qui n'existe pas dans l'environnement de l'enfant ne sera pas développé chez l'enfant''. ''L'enfant construit le monde à mesure qu'il le perçoit''.

 

Ces phrases ne sont pas de moi, mais d'hommes de talents qui ont consacré leur vie à étudier la psychologie de l'enfant.

 

   

 

 

Photo 1 : Des enfants de Chiang-Maï découvrant le monde de la numismatique avec leur maître.

 

Photo 2 : Le roi Bhumibol Adulyadej (ภูมิพล อดุลยเดช) dit Rama IX entouré de sa famille un certain … 14 avril 1976, jour de l'inauguration du 1er musée de la monnaie à Bangkok.

 

Photo 3 : Le monde de la numismatique est un monde fascinant, mais certains élèves lui préfèrent visiblement celui de la rêverie … à moins que ce soit celui du cosmos ?!...

 

 

 

Le petit plus :

 

Lorsque les européens arrivèrent au Siam, plus particulièrement au XVIIe siècle, les paiements se faisaient alors au moyen de petits coquillages provenant des îles Maldives, le seul endroit de la région de l'Asie du Sud-est où ces coquillages ne servaient pas de monnaie d'échanges.

 

Ils étaient alors livrés par sac de 12.000, et il en aurait fallu entre 8 à 12.000 pour faire 5 francs français dans les années 1900 ?!...

 

 

Les auteurs de l'époque ne précisent pas s'il fallait une brouette pour aller faire son marché avec une telle monnaie.

 

En tout cas les bandits de grands chemins ne pouvaient pas se permettre de détrousser trop de gens d'un coup s'ils ne voulaient pas être freinés dans leur fuite par des sacs de cauris qui devaient peser leur poids !...

 

A quelque chose ''malheur'' est bon !... non ?...

 

 

Ce sont les occidentaux qui ont baptisé cette monnaie ''cauris'' ou ''coris'' voire aussi ''kauris'' alors que les Siamois la nommaient ''bia'' (เบี้ย).

 

L'unité actuelle, le baht, serait-il une déformation du mot ''bia'' ?.... J'ai beaucoup lu de propositions sur l'origine du mot ''baht'' mais aucune ne m'a vraiment convaincu. Alors ?...

 

 

En fait, en plus de ces ''cauris'' inter-régionaux (Inde de la côte est, Ceylan, Birmanie, Siam, entre autres) la plupart des grandes villes frappaient leur propre monnaie dont l'unité correspondait aussi à une unité de poids. Il est fort probable que le grain de riz a du servir de base à un certain nombre de ces mesures.

 

Le baht était aussi une mesure de poids.

 

     

 

 

Photo 1 : Des cauris ou ''bia'' (เบี้ย).

 

Ce fut avec cet argent que le roi de Sukhothaï, Phaya Ramkhamhaeng (1277-1298) (พญา รามคำแหง), répara l'adultère qu'il commit avec la femme de son ami, Phaya Ngam Müang () (พญา งามเมือง), le roi de Phayao.

  

Phaya Mengraï, (1239-1317) (พญาเม็งราย) le roi du Lanna, pris pour juge par les deux parties, estima la réparation à la somme de …  990.000 cauris, soit 80 sacs de 12.000 cauris, environ la valeur de 400 francs français vers 1900.

 

Je ne sais pas si c'était payer ''cher'' la série d'adultères, mais grâce à cette sentence les deux amis se réconcilièrent au lieu de s'entretuer. Comme la vie d'un homme n'a pas de prix, ce fut peu payer … mais quand même … 80 sacs de 12.000 cauris ça ferait aujourd'hui de … grosses valises ''diplomatiques'' pour transporter les fonds alimentant les caisses noires de certains de nos partis politiques !...

 

Photo 2 : Une variété de pièce dite ''argent-fleur'' ''gnen dok-maï'' (เงิน ดอกไม่) propre à Chiang-Maï, ville du Lanna.

 

Cette pièce s'est substituée au ''groin de porc'' ou ''Bouche de porc'' ( ?)  ''gnen pak-mou'' (เงินปากหมู) une pièce en alliage d'argent, fine et cassante et dont personne n'a pu retrouver la technique de fabrication.

 

 

L'argent fleur était un alliage d'argent de meilleure qualité que la pièce précédente.

Sa face serait censée représenter une ''fleur'' … avec un peu d'imagination … peut-être ?!... son dos restait quelque peu cabossé et piqué. La teinte laquée de la pièce était, paraît-il, obtenue au moyen d'un mélange de jaune d'œuf et de fourmis écrasées. Je ne connais rien d'autre de la recette !...  

 

Photo 3 : Une variété de pièce poinçonnée propre à la ville de Phrae, une ville du Lanna.

 

Photo 4 : Une pièce semblable à la précédente mais cette fois aux ''nom'' de la ville de Nan, toujours au Lanna. 

 

 

 

Au XIXe siècle, à Bangkok, avec l'intensification du commerce les numéraires siamois en circulation, les pots duang, (พดด้วง) finirent par devenir insuffisants pour répondre aux besoins des échanges.

 

La fabrication de ces ''balles'' d'argent (pot duang) était longue et revenait plus cher que la valeur qu'elles étaient censées représenter.

 

Alors d'un côté les commerçants chinois, une corporation donc, créèrent leur propre monnaie, les monnaies-mereaux, des monnaies en porcelaines d'une valeur de 1 fuang (*) et d'un demi-fuang.

 

Et de l'autre les Anglais, importèrent leur propre monnaie.

 

Pour être plus complet il faut aussi savoir qu'à l'occasion de ces nombreux systèmes ''D'', des faussaires firent leur apparition et que le dollar mexicain contenait moins d'argent que son soi-disant équivalent siamois, entre autres faits !...

 

Bref chacun faisait au mieux, tant pour commercer dans les meilleures conditions financières possibles que pour tirer parti de cette situation. Car cette inorganisation ne déplaisait pas à tout le monde ?!... Ne dit-on pas que le malheur des uns fait le bonheur des autres ?....

 

 

(*) D'après Dieudonné Alexandre en 1863, un fuang correspondait à 1,9115 gr. d'or et valait 800 kauris ou 0 franc 382 ''millimes'' ... par analogie aux … ''centimes'' !...

Le baht quant à lui, valait et, vaut 15 grammes d'or. Il fallait donc environ 80 fuangs ou 16.000 cauris pour faire 1 baht. Un beau casse-tête non ?... ou un bon problème de calcul de CM1 ?!...

 

 

Le roi Mongkut (1851-1868) (มงกุฎฯ) ou Rama IV pour sortir de cette anarchie monétaire due à la pénurie de balles d'argent, mais aussi pour faciliter les échanges commerciaux et vraisemblablement prendre les cartes du jeu en main, lança alors quelques tentatives d'une monnaie siamoise avec des pièces en plomb, puis en alliage de plomb et d'étain, et aussi en cuivre jaune et rouge.

 

Hélas ces tentatives furent loin d'être un succès !...

 

En Février 1858 donc, il y a pénurie de balles d'argent. Mais fin 1858 des ''emboutisseuses'', commandé par le roi, arrivent de Grande-Bretagne.

 

Alors la production de pièces plates en argent va pouvoir commencer ; sauf que … les trois anglais chargés de la mise en route des machines meurent à peine arrivés à Bangkok. La vaccination restait à venir. Ce qui a pour effet de laisser les machines dans leur emballage et de les abriter en attendant des jours plus propices aux volontés royales.   

 

 

 

 

Photo 1 : Des balles d'argent ou ''pot-s duang'' (พดด้วง) de l'époque de Rama IV. (*)

 

Photo 2 : Cette pièce dite ''Eléphant Muang Thaï'' était destinée à remplacer la balle d'argent. Elle date de 1835 et fut tirée en Angleterre avec une autre série, ''Lotus – Muang Thaï'', à seulement … 500 exemplaires chaque série.

Le commanditaire, Nang Klao Chaoyuhua (1788-1851) (นั่งเกล้าเจ้าอยู่หัว) ou Rama III, le frère de Rama IV, ne renouvela pas l'expérience.

 

Il y a donc eu une tentative de pièces plates et rondes avant Rama IV, mais qui fut sans suite. Autant dire que ces pièces en cuivre dépassent aujourd'hui leur valeur d'origine, plus de 1.300 euros la pièce pour la première et 4.300 euros pour la seconde ?!....

 

Photo 3 : L'un des tout premiers bahts sorti des machines achetées par le roi Mongkut aux Anglais.

 

En fait ce baht ne fut pas le 1er, mais l'un des tout premiers. Car la reine Victoria qui avait eu vent des affaires en cours de son collègue Siamois, l'achat de machines à fabriquer de la monnaie, lui en fit cadeau d'une.

Comme elle avait un meilleur service après … cadeau que l'entreprise de son pays, à moins que les techniciens royaux fussent de meilleure santé, sa machine fonctionna dès son installation à Bangkok. Ce qui permit alors l'émission d'une série de bahts entre 1857 et 1858. Ils sont aujourd'hui sont très recherchés par les collectionneurs.

 

 

 

Ce ne sera qu'en 1860 qu'un ouvrier parviendra à installer les machines et à mettre en route la production de pièces typiquement … siamoises. Des pièces dont certaines seront … ''sur un pied d'égalité avec la monnaie de cet état européen qui s'appelle la France''. (Sic le texte du roi Mongkut paru à cette occasion.)

 

Ce sera encore le roi Mongkut qui introduira le papier monnaie, le ''maï'' (หมาย).

 

 

La suite étant plus classique, il est temps de mettre un point final à cette chronique, qui je l'espère vous aura donné envie d'aller faire un tour du côté de ce musée si … vous passez par Chiang-Maï … bien évidemment ?!...

 

   

 

 

Photo 1 : Le logo du département du Trésor thaïlandais chargé du patrimoine du royaume.

 

Photo 2 : Divers accessoires (หมวดเครี่องอุปโภด) dont l'usage était de servir lors des cérémonies royales, ou à la gent royale d'alors.

 

Photo 3 : Un dernier regard sur le bâtiment du musée.

 

 

 

Nota bene : Hélas, les photos sont interdites dans l'enceinte du musée, cependant cette chronique n'en manque pas. Cela parce que j'ai eu la chance et le bonheur d'être accueilli par deux aimables personnes qui m'ont ouvert les archives photos du musée.

 

Alors mille mercis à Mademoiselle Napaporn Likhitruangsilp (นางสาว นภาพร ลิขิตเรืองศิลป์)  et à Mademoiselle Khammasorn Plienwong (นางสาว เขมสร เปลี่ยนวงค์).  



06/08/2011
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