MerveilleuseChiang-Mai

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C.V. de L'AUTEUR - 3 - ESPRIT ES-TU LA

Avertissement :

Cette chronique appartient à une série de huit chroniques qu'il est préférable de lire dans l'ordre suivant :

Dans la catégorie lexique :

- Phis et génies. (1ère  partie) – Généralités.

- Phis et génies. (2ème partie) – Les génies et le bouddhisme.

- Phis et génies. (3ème partie) – Les génies et leur contexte.

Dans la catégorie au sujet de l'auteur.

- C.V. de L'AUTEUR - 2 - DIVINATION OU COUPS DE POT

- C.V. de L'AUTEUR - 3 - ESPRIT ES-TU LA

Dans la catégorie lexique :

- khouanes – (1ère  partie) - La définition d'un khouane.

- khouanes – (2ème partie) - L'avant cérémonie du soukhouane.

- khouanes – (3ème partie) - La cérémonie du soukhane.)

 
 

                        ESPRIT ES-TU LA ?...

 

Dans la chronique qui précède, la question était de savoir si j'avais été ''aidé'' ou ''guidé'' par de soi-disant esprits, ou si plus simplement j'avais eu trois coups de pot successifs.

 

Dans la présente chronique la question est de savoir si les esprits peuvent s'adresser directement aux vivants ou si, là encore, les faits relèvent tout simplement du hasard.

 

Alors pour la seconde fois, je me contenterai de raconter les événements tels que je les ai vécus, et ce sera au lecteur d'en penser ce qu'il voudra !...

 

L'anecdote remonte à plus de vingt huit ans, j'étais alors dans ma trente et une unième année.

Mais pour la prendre dès son début, il faut encore remonter dans le temps et se rendre en octobre 1963. J'étais alors dans ma dix-huitième année.

A cette époque là, j'avais fait la connaissance du Révérend père Philippe Dagonet. Un dominicain qui était alors le responsable de l'émission de télévision, ''le jour de seigneur''. Une émission qui est aujourd'hui la plus ancienne de la télévision française.

Ce dominicain m'avait alors fait engager, comme stagiaire preneur de son, dans l'un de ses services, celui de la radio.

Pour cette raison je n'avais pas vraiment affaire à lui, mais c'était quand même mon patron. Un patron avec qui j'entretenais des rapports plutôt conviviaux et sympathiques. 

 

Puis un jour ces relations, à son grand regret et au mien aussi, furent entachées par un petit différend ; Idiot comme la plupart des démêlés, mais ce fut ainsi.

 

En conséquence, du jour au lendemain et jusqu'à mon dernier jour de travail, c'est-à-dire cinq ans plus tard, je ne lui adressai la parole que pour des raisons professionnelles et de politesses.

Cette attitude le blessa terriblement, car c'était un brave homme. Et très honnêtement il ne méritait pas que je me conduisis de cette manière. Mais à vingt ans l'art de la nuance est loin d'être un acquis. La jeunesse est entière et rarement conciliable.

J'avouerai que cinquante ans plus tard, je suis toujours resté aussi jeune dans ma façon de dire les choses !...

Bref, ces précisions étant données, venons-en à ce qui a tout déclenché.

 

Dans cette grande et respectueuse maison de la radio et télévision catholique, il y avait alors en tout et pour tout une dizaine de personnes dont, une chef comptable, qui n'était chef que d'elle-même mais qui tenait absolument à son titre.

C'était une petite bonne femme qui avait eu soi-disant tous les malheurs du monde et que le père Dagonet, dans sa grande bonté, pour l'aider à refaire surface, avait engagée dans son équipe. Il recherchait alors un comptable, ce qui tombait plutôt bien pour elle.

Cette mégère, car s'en était une, se ''peinturlurait'' avec outrance. Et du haut de son mètre cinquante, elle était incapable de regarder quiconque sans le toiser ; ce qui la rendait antipathique au possible. Mais le pire, c'était lorsqu'elle déridait les lèvres pour soi-disant … sourire !...

Dans la maison personne ne l'appelait autrement que … le dragon. Et tous les employés des différents services m'avaient averti dès mon embauche, que je devais me méfier d'elle.

 

Lors des premiers mois, qui suivirent mon engagement, la maligne se comporta avec moi le plus aimablement du monde. Elle en faisait même un peu trop. Et puis comme dit le proverbe, ''chassez le naturel et il revient au galop''  !...

Alors un jour cette chef comptable, pour bien me montrer qu'elle avait des galons, me fit appeler dans son bureau.

Là, elle m'expliqua que je n'avais pas rédigé dans les règles mon premier récapitulatif d'heures supplémentaires, et qu'en conséquence je devais le refaire.

Or je m'y étais appliqué et je continue encore aujourd'hui à penser qu'il était tout à fait correct.

 

Bien décidé à ne pas la laisser prendre de l'ascendant sur moi, je la laissai m'expliquer l'art d'établir un récapitulatif horaire. Puis quand elle eut fini, je lui répondis en souriant, que je ferai comme elle me demandait … mais le mois prochain.

Alors la chef comptable me fit comprendre qu'il lui serait difficile de me régler les heures qu'elle avait sous les yeux.

La mâtine, qui croyait me tenir, en fut pour ses frais. Car je lui répondis, et le plus calmement du monde, que je faisais cadeau de ces heures à la maison et qu'en conséquence elle pouvait jeter ma fiche à la poubelle. Ce qui la laissa bouché bée.

Profitant de sa stupéfaction, et prétextant que j'avais du travail, je la saluai fort aimablement, et quittai son bureau en refermant la porte derrière moi, très délicatement.

 

Sa réaction ne se fit pas attendre. Le lendemain, ou deux jours plus tard, le père Dagonet me demanda de ''monter'' dans son bureau.

Et comme je m'y attendais il fut question de cette fiche d'heures supplémentaires, qu'il me demanda … de refaire.

Ne voulant pas revenir sur ma position, je refusai d'abord tout net, et ensuite avec obstination.

 

Voyant qu'il n'obtiendrait rien de moi, le père Dagonet finit par hausser le ton et par me dire ''C'est le patron qui te le demande. ''

Alors je me levai, et prenant congé sans y avoir été invité, je lui répondis que : '' le patron aura dès demain sa fiche. ''

 

Le lendemain, froid et distant, je remis mon récapitulatif à … mon patron. Celui-ci le prit, et sans même le regarder il le déchira, et le jeta dans sa poubelle.

Le dragon avait perdu sa cause. Mais mon courroux fut loin d'être apaisé. Car j'avais trouvé injuste d'avoir eu à refaire quelque chose de bien fait.

 

Tous comptes faits, ces heures me furent payées, le dragon n'essaya plus jamais de rejouer au petit chef avec moi, mais mes relations avec le père Dagonet s'étaient dégradées à tout jamais. Car je lui en voulais.

J'avais très peu affaire avec lui, mais dès lors le peu se fit toujours du mieux possible, et en mettant un maximum de distance entre nous.

Cette situation dura jusqu'à ma démission, que les événements de 1968 retardèrent de quelques mois.

 

A cause de la ''chienlit'' régnante, il m'avait alors été demandé de repousser la date de mon départ. Ce que j'avais accepté sans problème, car j'avais passé dans cette maison de belles et riches années … en dépit de l'épisode du dragon !....

 

Mon départ aurait pu être l'occasion d'une réconciliation. Mais je n'en fis rien. Puis avec les années, j'avais fini par oublier cette histoire.

 

Mais en 1982, c'est-à-dire quatorze ans plus tard, elle resurgissait de mes souvenirs, d'une drôle de manière et d'une façon tout à fait inattendue !...

Cette année là, mon ami Chu s'était envolé vers la Chine pour rendre visite à sa famille, qu'il n'avait pas vue depuis de nombreuses années.

Car c'est cet ami, qui n'a rien à voir avec les faits précédents, qui va intervenir à son issu dans le film des événements à venir.

 

Chu est un garçon d'origine chinoise, de huit ans mon aîné, et qui compte toujours parmi mes amis.

Nous nous connaissions à l'époque depuis trois ou quatre ans.

A la suite d'un cambriolage il avait quitté le 18è arrondissement pour venir loger dans le 9è, qu'il croyait plus sûr, à quelques rues de chez moi.

Encore traumatisé par les vols dont il avait été la victime il m'avait confié, avant aller de rejoindre les siens, sa seule et unique richesse du moment, son téléviseur … tout neuf.

 

C'était la première fois que j'avais un poste de télévision chez moi, et ce fut aussi la dernière. Car je n'en ai toujours pas, et je vis très bien sans cet appareil.

Ma situation étonne tout le monde. Et pendant des années elle a fait tourner en bourrique l'un des fonctionnaires chargé de la redevance, dont le bureau devait se trouver rue d'Amsterdam, si ma mémoire est fidèle.

Cet homme, qui outrepassait les droits de sa fonction, ne cessait pas de me harceler de demandes de rendez-vous glissées sous ma porte.

Il voulait à tout prix me faire remplir un questionnaire concernant le téléviseur que j'étais censé posséder. Or n'en ayant pas, j'estimais ne pas avoir à répondre à ses injonctions.

En effet si la loi oblige tout détenteur d'un téléviseur à le déclarer, elle ne dit pas qu'une personne n'en possédant pas, doit aussi faire la même démarche.

Alors je prenais un malin plaisir à mettre ses convocations à la poubelle.

Puis un jour, ayant sans doute du temps à perdre, je suis allé trouver ce monsieur au débotter. Et dans sa cage à lapin, je lui ai expliqué en long et en large, que sa fonction ne lui donnait pas le droit d'importuner les gens, qui n'avaient pas à déclarer ce qu'ils ne possédaient pas.

Cela n'a pas du servir à grand-chose, si ce ne fut qu'à me faire plaisir et à constater que ce fonctionnaire avait été incapable de contester le moindre de mes propos.



En me confiant son poste, Chu m'avait dit que je pouvais m'en servir. Mais j'avais bien d'autres choses à faire qu'à regarder la télévision.

Alors son téléviseur attendait bien sagement le retour de son propriétaire, enrubanné de ses câbles, sur une des tables de mon studio.

 

Puis un dimanche matin, le 4 ou le 11 juillet, en le voyant tout seul dans son coin, j'eus tout d'un coup l'envie de le brancher.

Pourquoi ?... je n'en sais toujours rien. Mais je me mis à dérouler ses câbles, à chercher une rallonge, puis à le mettre en fonction.

A cette époque, et peut-être encore maintenant, lorsqu'on branchait un téléviseur, le programme qui apparaissait à l'écran était automatiquement celui de la première chaine ; et c'était la première chaine qui retransmettait alors l'émission … ''Le jour du seigneur''.

Je venais tout juste d'enfoncer la touche qu'une voix familière, celle du révérend père Damien avec qui j'avais souvent collaboré, se fit entendre et disait : ''Prions pour le frère Philippe qui vient de nous quitter …. ''

J'en eu le souffle coupé, car le son aurait pu se faire entendre deux mots plus tôt ou trois mots plus tard. Et bien non, tout commença par ''Prions pour le frère Philippe qui vient de nous quitter …. ''

Alors tout aussitôt mon histoire de fiche et de dragon, que j'avais enterrée depuis belle lurette, me revint en mémoire.

 

Par le bais de ce téléviseur, l'esprit du père Dagonet voulait-il que je passe l'éponge sur notre différend ?...

Ou mon imagination délirante s'était elle emballée une fois de plus ?....

Ou encore, étais-je le jouet du hasard ?...

 

Au Lanna, la réponse aurait été évidente.

Seulement voilà, bien qu'habitant maintenant le Lanna, au fond de moi-même je suis resté quelque peu … cartésien.

 

Alors, que faut-il penser de cette anecdote ?...

L'esprit d'un défunt peut-il s'adresser à nous ?...

 

A toute fin utile, je signale que le mot hasard est d'origine arabe. Et qu'en arabe il signifierait …. d'après ce qui m'a été dit … '' mis sur ton chemin par dieu '' !...

Ce qui voudrait dire que le mot ''hasard'' aurait un contenu qui serait contraire au sens que nous lui donnons ?!...

 

Nota : Après renseignements pris, il s'était bien avéré que le révérend père Dagonet était décédé le 1er Juillet 1982 !...

 

Si ce thème vous intéresse toujours, la suite se situe dans la catégorie lexique, et s'intitule :

 

- Kouanes – 1ère partie – La définition d'un khouane.



06/09/2010
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