MerveilleuseChiang-Mai

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MAISON KALÊ (3/3 & 7/12) : L’EMPLACEMENT DES ARBRES AUTOUR D’UNE MAISON KALÊ - SUD-EST

MAISON KALÊ (3/3 & 7/12) :

 

L'EMPLACEMENT DES ARBRES AUTOUR D'UNE MAISON KALÊ.

 

                                                Le Sud-est

 

 

                                              Avertissement :

Cette Chronique et les suivantes concluent une première série de chroniques concernant la maison kalê :

 

          1/ ''Musée des maisons traditionnelles du Lanna 1 & 2 ''

                                          2/ ''La maison kalê ''

3/ ''L'emplacement des arbres autour d'une maison kalê '' 3 & 4''

 

Alors pour mieux ''goûter'' ce qui va suivre, je vous conseille de jeter un œil sur les chroniques précédentes. Mais ce n'est qu'un conseil !....

    

 

Pour associer plus intimement le lecteur au contenu de cette chronique il doit savoir que la culture du Lanna est la résultante de trois composantes, l'animiste, le brahmaïsme et le bouddhisme, les deux dernières étant à leur départ, intimement liées.

 

Comme ces trois composantes cohabitent en bonne intelligence, tous les actes sociaux se réfèrent à chacune d'elle en permanence, au point qu'on ne peut dire si c'est l'animisme qui s'est accommodé du bouddhisme ou le contraire.

 

Compte tenu de ce qui précède, la construction d'une maison doit se conformer à un certain nombre de rites, que nous avons détaillé dans les chroniques précédentes ; et les arbres qui seront plantés autour de cette maison ne peuvent l'être qu'en conformité à cette tradition qui découle de nos trois composantes … l'animisme, l'hindouisme et le bouddhisme.

 

     

 

 

Photo 1 : Maison Kalê ''Thaïe Lue'' du musée des maisons traditionnelles de Chiang-Mai.

Photo 2 : Schéma d'implantation des arbres de bon augure autour d'un habitat.

Photo 3 : L'angle Katam, l'angle Sud-est de Chiang-Mai en 2008 vu depuis l'Est, c'est-à-dire la rue Mun mueang.

 

 

 

LES ARBRES DE BON AUGURE :

 

 

Avertissement :

 

Au Lanna, et en Asie du Sud-est, de nombreux critères entrent en ligne de compte pour planter un arbre de bon augure, entre autres le calendrier duodénaire (Horoscope chinois).

 

Ainsi il serait plus favorable de planter un manguier dans l'année du buffle que dans celle du Lapin.

Ensuite, le bon développement comme les bonnes influences de ce manguier dépendent aussi du jour et de l'heure de sa plantation.

 

Comme il serait trop long et fastidieux de prendre en considération tous ces critères, alors cette chronique ne concernera que l'arbre et sa position autour de l'habitat.

 

Par ailleurs, comme pour valider ce qu'ils écrivent sur les ''croyances ancestrales'', nombre d'auteurs de blogs thaïs se réfèrent au ''Feng Shui'' (ฮวงจุ้ยเสริม) (*), une œuvre d'origine chinoise, en faisant table rase des héritages animistes, brahmaniques et bouddhiques ?!...

 

J'ai fait le contraire car je pense que les royaumes constituant la Thaïlande, dont le Lanna, (**) doivent beaucoup plus à l'Inde, via les Môns, qu'à la Chine ; ce qui n'éliminera pas ce que j'ai trouvé sur l'influence chinoise, bien évidemment.

 

 

(*) Le ''Feng Shui'' est un traité chinois vieux de plus de 4.000 ans dont l'objet est de développer l'art et la manière d'aménager la nature autour de soi pour un meilleur bien être, une bonne santé et aussi … connaître la prospérité.

En lisant les blogs thaïs, il ne fait aucun doute que la plupart des auteurs s'appuient sur le ''Feng Shui'' sans savoir ce dont il s'agit.

(**) Le Nord Vietnam ou Tonkin, fait peut-être, exception ?!...  

 

 

     

 

 

Image n° 1 : Le plan de la maison kalê ''Thaïe Lue'' du musée des maisons traditionnelles de Chiang-Mai.

Image n° 2 : Un ''Saturne'' khmer ou Shani en terre cuite de Terra cotta (Porte Chiang-Mai) sur son vāhana, un vautour ou un corbeau. (C'est au choix !...)

Image n° 3 : Le zodiaque occidental avec Saturne dans le signe qu'il gouverne, c'est-à-dire le signe du Capricorne. (Avant l'entrée d'Uranus dans le zodiaque il gouvernait aussi le signe du Verseau).

 

 

 

Le Sud-est : (ทิศตะวันออกเฉียงใต้)

 

Le Sud-est est une direction transitoire. Elle n'est plus franchement de bon augure, mais conditionnée par la satisfaction qui résulte des tâches au quotidien bien faites.

Le sujet reçoit selon ses efforts et non plus selon des critères aléatoires.   

 

Dans la maison Kalê c'est au Sud-est que se situent l'autel de Bouddha, la véranda où les parents reçoivent, mais aussi où ils s'adonnent à des travaux d'artisanat comme le filage, le tissage et la vannerie, pour ne citer que ceux-là.

 

 

C'est la planète Saturne qui aspecte le Sud-est de Chiang-Mai. Cette planète gouverne le signe du capricorne, un signe cardinal qui ouvre les portes à l'hiver et aux rigueurs qui y sont attachées ;  et un signe de terre, mais d'une terre aride, donc difficile à travailler qui cependant donne de beaux fruits à qui la travaille sans compter.

 

La direction du Sud-est ferme l'accès à l'Est, qui est une direction de bon augure caractérisée par l'abondance de biens ; et s'ouvre sur le Sud qui est une direction neutre. Autrement écrit au Sud-est l'abondance de biens dépend des efforts de chacun.

 

En Inde Saturne correspond à la Navagrāha (*) Shani (Çani) et jouit d'une très mauvaise réputation. De ce fait on viendrait lui faire des offrandes, non pas pour l'honorer, mais pour ne pas avoir à souffrir de ses actes sans pitié. Ce ne sont donc pas des offrandes de remerciement qui sont faites à Shani, mais de … précaution ou prévention !...

 

En fait Shani est sans pitié pour ceux qui se conduisent mal, et très bien intentionné vis-à-vis des … ''justes''. Si trois de ses mains sont armées, ce qui peut justifier et expliquer la crainte qu'il inspire, la quatrième est dans la position de ''varada mudra'' (**) ce qui signifie que Shani accorde des dons ou octroie des privilèges mais … seulement à ceux qui les méritent.     

 

Shani appartient à la caste des Sūdra (Çudra), c'est-à-dire des serviteurs. Il est de ceux qui vont aux champs et qui donne du temps au temps. Shani signifie aussi ''celui qui se déplace lentement'' ; ce qui est l'une des caractéristiques de la planète Saturne.

 

La couleur se rapportant à la caste des Sūdra est le noir ou le bleu foncé. Les Thaïlandais ont adopté le mauve pour le samedi qui est le jour de Phra Sao (ระเสาร์).

 

 

Car en Thaïlande Shani porte le nom de Phra Sao (ระเสาร์), le dieu du samedi. Il n'a que deux bras et monte un tigre et non un vautour ou un corbeau qui sont indifféremment le vāhana de Shani en Inde.

   

Astrologiquement les plantes associées à Phra Sao (Samedi) sont :

La papaye (มะละกอ), le magnolia (จำปี), le cassia fistula (ราชพฤกษ์) et bien d'autres encore.

 Les pierres sont : Le saphir pourpre (แซฟไฟร์สีม่วง), le jaspe (นิล), le jade noir (หยกดำ) et l'onyx (โอนิกซ์).

 

 

(*) ''Navagrāha'' littéralement : ''nava'' = neuf et ''grāha'' = saisisseur, preneur, d'où … les neuf saisisseurs ou les neuf planètes.

La ou le ''grāha'' sert à désigner une fonction vitale comme la vue, le souffle, les mains, entre autres, mais c'est aussi le nom d'une coupe servant à des sacrifices ; Dans le cas présent la ou le ''grāha'' est comme un contenant qui appréhende les sens humains, ou qui s'impose aux organes sensoriels des hommes, donc qui les influence dans leur vie. C'est ce que sont censées faire les planètes aux dires des astrologues occidentaux L'expression sanscrite ''varada mudra'' désigne une position symbolique et codifiée de la main dont la signification est la remise d'une faveur ou d'un don.

(**) Le mot ''mudra'' est le terme générique pour désigner tous les gestes rituels de la main ; et celui de ''varada'' précise le geste dont il s'agit.

Dans le cas présent, le bras droit doit être à demi plié, la main droite ouverte avec les doigts dirigés vers le sol et sa paume tournée vers l'avant.

 

 

 

Les arbres qu'il convient de planter au Sud-est d'une maison sont :

 

1/ La Phak Kra-thine (ต้น ผัก กระถิน).

Un faux-acacia ou un faux mimosa ?... en fait ni l'un ni l'autre !...

 

Cet arbre fut successivement baptisé : ''mimosa leucocephala'' par Jean-Baptiste de Lamark (1744-1829) en 1783, puis ''acacia leucocephala (Lamark)'' par Heinrich Friedrich Link (1767-1851) en 1820 et ''leucaena glabrata'' par Joseph Nelson Rose (1862-1928) en 1897.

 

Autant dire que la classification de la kratin' (กระถิน) n'a pas été des plus faciles ; d'autant que son nom binominal ne lui sera définitivement (?…) donné qu'en 1961 par le botaniste Hendrik Cornelis Dirk de Wit (1909-1999), à savoir … ''Leucaena leucocephala (Lamark)'' … de Wit (1961).

 

 

Les acacias, les mimosas et les leucaenas sont des arbres de la famille des ''fabacées'' (fabaceae), dont les graines, ou les fèves, servent à l'alimentation humaine et/ou animal.

 

Cette famille compte plus de 1.500 espèces, dont certaines peuvent atteindre une vingtaine de mètres de haut. La particularité de ces végétaux est de fertiliser les sols qu'ils couvrent de leurs branches et parcourent de leurs racines. Car ces dernières possèdent des nodules qui fixent l'azote de l'air et rapportent des profondeurs des éléments enrichissant le sol.

 

De leur côté, les feuilles et les branches de ces végétaux améliorent aussi la fertilité des sols en produisant d'importantes biomasses.

 

Du fait de leur enrichissement, les sols sont alors cultivables et peuvent répondre aux besoins alimentaires des hommes.

 

 

Cette famille donc, comptent plus de 1.500 espèces ; dans le cas présent et compte tenu de son nom Thaï la ''Kratine'' ou la ''Leucaena leucocephala (Lamk.) de Wit (1961)'' qui a aussi pour synonymes, la leucaena glauca (L) Bentham, la leucaena glauca (Moench) Benth et … quelques autres, se constituerait de plus d'une centaine de variétés.

 

 

La leucaena leucocephala (Lamk.) de Wit (1961) aurait pour origine le Yucatan dans le sud du Mexique y compris le nord de l'Amérique centrale. Ce seraient les conquistadors qui au XVe siècle auraient découverts les vertus alimentaires de ce végétal en tant que plante fourragère pour nourrir leurs chevaux.

 

Un siècle plus tard, au XVIe, les descendants de ces conquistadors introduisirent la leucaena leucocephala au Philippines afin de pouvoir nourrir, là encore, leurs chevaux.

 

Pour bien comprendre cette introduction il faut savoir que la leucaena leucocephala est capable de grandir de 6 mètres en un an ; alors ce n'est pas par hasard si ses feuilles se régénèrent très rapidement et sans que l'arbre ait à en souffrir.

 

Des Philippines, très rapidement, la leucaena leucocephala se répandra dans le Sud-est Asiatique, dont le Lanna.

 

Elle ne sera introduite en Australie qu'à la fin du XIXe siècle où elle est plantée à très grande échelle, tant pour répondre aux besoins d'alimentation des élevages qu'à celui de l'exportation ; car maintenant la leucaena est aussi vendue comme fourrage frais ou sous forme de boulettes exportables.

 

 

Les différentes variétés de la leucaena leucocephala ont des hauteurs qui varient entre 5 à 20 mètres et certaines d'entre elles peuvent en huit ans développer des troncs de 40 à 50 centimètres.

 

C'est une espèce sans épine.

 

Leurs longues feuilles, alternes et bipennées, sont d'un beau vert. Elles se composent de 5 ou 10 paires de folioles qui elles-mêmes se constituent d'une quinzaine de paires de folliolules de forme oblongue.

 

Leurs fleurs, solitaires, de couleur blanche, apparaissent sous la forme d'une tête globuleuse constituée d'une dizaine d'étamines hypogynes (sous l'ovaire) libres.

 

Le fruit est une gousse oblongue plate de 10 à 15 centimètres de long contenant entre 12 à 25 graines ovales, aplaties et de couleur noire.

 

 

Lors de la décennie 1970/80 ces végétaux furent appelés ''arbre miracle'' en raison de leurs propriétés nutritives tant pour les hommes que pour les animaux ; car leurs feuilles sont appétissantes, digestibles, et nourrissantes parce que riches en protéines et en sels minéraux.

 

Cependant elles contiennent aussi un aminoacide rare, la mimosine (un type d'alcaloïde), qui est toxique et peut provoquer à haute dose de l'alopécie (Chute des poils et des cheveux).

 

Par ailleurs, en Asie du Sud-est l'arbre miracle a montré quelques faiblesses vis-à-vis d'un insecte le psylle de la leucaena qui a fait des ravages en certains endroits ?!...

 

Mais la Kratine (กระถิน) n'en reste pas moins un arbre de bon augure, d'autant qu'elle possède nombre de propriétés médicinales et qu'au Sud-est de Chiang-Mai, et d'ailleurs, les cultivateurs ont à nourrir leur bétail comme nous allons le voir.

 

       

 

 

      La leucaena leucocephala (Lamk.) de Wit (1961) ou Krathine (ต้น ผัก กระถิน).

  1/ l'arbuste 2/ les feuilles 3/ les différents stades de l'évolution de la fleur 4/ le fruit.

 

 

 

2/ Le morindier : Yo (ต้นยอ) ou Ta-sua (ต้นตาเสือ) au Lanna c'est-à-dire … ''l'œil du tigre'' … de Phra Sao ?... (La monture ou vāhana de Phra Sao est un tigre.)

 

Cet arbre appartient à la famille des rubiacées (rubiaceae) ; une famille aux vertus médicinales et tinctoriales. Elle compte 400 genres et plus de 5.000 espèces. 

 

Le morindier est originaire de l'Inde et du Sud-est asiatique. Voilà plus de 2.000 ans environ, Il a conquis toute l'Océanie, à savoir les Philippines, les îles Polynésiennes et le nord de l'Australie, grâce à la particularité de ses graines qui ont le pouvoir flotter et de voyager dans une ''cabine'' que la nature leur a ingénieusement concocté pour les protéger de différents dangers.

 

Ces graines ont aussi débarqué à l'île Maurice, et en Amérique centrale vers 1782 … vraisemblablement, cette fois là, avec un petit coup de pouce … humain.

 

Dans chacune de ces régions le morindier s'est adapté, de ce fait il a développé des spécificités propres qui font qu'il existe aujourd'hui environ quatre-vingt espèces de morindiers dont le morinda citrifolia Lin.

 

Le morinda citrifolia Lin est un arbrisseau qui ne dépasse guère les 6 mètres de haut, cependant certains d'entre eux peuvent atteindre jusqu'à 15 mètres.

 

Au Lanna c'est un arbrisseau à la tige faible et pliante, familier des cours. On en voit souvent le long des murs de clôture. Alors quand on se promène dans les rue de Chiang-Mai il n'est pas rare d'en croiser.

 

Ses feuilles sont opposées, mesurent entre 10 et 25 centimètres de long et entre 5 et 17 centimètres de large. Elles sont d'un vert vif et luisant, de forme ovale ou elliptique, très nervurées et quelque peu … ''vallonnée'' en surface, c'est-à-dire non plate.

 

Ses fleurs de forme tubulaire et de couleur blanche, apparaissent à même le fruit. Elles sont hermaphrodites et forment des glomérules sur le fruit, c'est-à-dire comme un bouquet autour du fruit … une inflorescence particulière.  

 

Son fruit, comme celui de l'ananas, résulte d'une association de plusieurs baies ou syncarpes. Chacune d'elles fleurit indépendamment et au fur et à mesure de son développement la baie s'associe aux syncarpes voisines qui finissent par former, liées les unes au autres, un seul et unique fruit, le nono.

 

Ce nono ressemble à une pomme de terre verte dont les dimensions et le volume, comme une pomme de terre, varient d'un fruit à l'autre. L'aspect du fruit fait penser à la carapace d'une tortue ou à une grenade, car chacune des baies a laissé son ''empreinte''.  

 

 Le nono murit en quelques heures. Il passe du vert au jaune puis à une teinte Blanchâtre, ce qui signifie qu'il est mûr, de ce fait il dégage une odeur désagréable de fromage rance.

 

Cette odeur peu amène ne signifie pas qu'il soit impropre à la consommation, bien au contraire car il est très riche en xéroxine dont les effets antioxydant assurent un rôle important dans le bon fonctionnement des cellules du corps humain.

 

Pour les raison qui précèdent un jus de nono, le noni est entrain de se répandre de par le monde.

 

Les graines qu'il contient ont la forme et la couleur des pignons de pin.

 

 

En résumé, tous les éléments de ce végétal, des racines à son fruit, sont  autant de panacées. Non seulement ils servent en teinturerie (racines) mais aussi comme aliments, riches en antioxydants, et surtout en médecine cars leurs effets bénéfiques sont nombreux.

 

Le nom botanique du morandier est, je le rappelle : Morinda Citrifolia Lin. (1753)

 

       

 

 

                 Le Morinda Citrifolia Lin. (1753) ou Ta-sua (ต้นตาเสือ) au Lanna.

      1/ l'arbuste 2/ les feuilles 3/ les fleurs sur le fruit 4/ les fruits, un vert et un mûr.

 

 

 

3/ Le mammea  siamensis :  Saraphi (ต้นสารภี)

Le ''mammea siamensis'' appartient à la famille des ''clusiacées'' (clusiaceae) ou ''guttifères'' (guttiferae) qui compte une cinquantaine de genres et plus de 1.200 espèces.

 

L'une des particularités de ces espèces est de récompenser les insectes pollinisateurs en leur fournissant un suc végétal qui se transforme en gomme au contact de l'air et qui leur permet, par exemple, de construire leurs nids. (Cas des abeilles, un cas qui n'est pas sans rappeler que Shani accorde des dons ou octroie des privilèges mais … seulement à ceux qui les méritent c'est-à-dire qui fournissent des efforts ?!...

 

Cependant … avec certains extraits de cette plante sont fabriqués des … insecticides ?!... Dans ce cas c'est Shani qui punit.

 

 

Le mammea  siamensis, comme son nom l'indique, est originaire du Siam et des environs, c'est-à-dire de la Birmanie, du Laos, du Cambodge, du Vietnam et … du Lanna.

 

C'est un arbre fruitier qui croît lentement  mais qui peut atteindre douze ou quinze mètres de hauteur et développer un tronc de 15 à 25 centimètres de diamètre.

 

Son bois, de couleur rouge-brun, est à grain dur et serré, et ses qualités sont proches du ''mesua ferrea'' (bois de fer). Il  a une longue durée de vie et est utilisé tant pour la construction que pour l'ébénisterie. Des qualités physiques similaires à quelques traits de caractère de Shani non ?... 

 

Ses feuilles d'environ 25 centimètres de long sur 5 à 7 centimètres de large sont opposées et entières. Elles sont de forme oblongue, munies d'un court pétiole et odorantes. Les empereurs de Hué parfumaient leur thé avec. 

 

Ses fleurs, qui poussent directement sur le tronc, (L'arbre est cauliflore ), sont utilisées en parfumerie en teinturerie (soieries oranges) en alimentation (les jeunes feuilles aussi)  et entre dans la constitution de potions médicales locales, peut-être héritée de la médecine ayurvédique.

 

Outre Saraphi (ต้นสารภี), ou saraphi naen (ต้นสารภีแนน) l'un des autres noms thaïs du mammea est  thoraphi (ทรพี) et Soïphi (สร้อยภี ou สร้อยพี) ce qui signifierait … collier pour sroï (สร้อย) … mais pour Phi (ภี) je n'ai rien trouvé. Google donne ''védique'' ?...  mais c'est la traduction Google alors !....

 

Les fruits, genre de grosses prunes oblongues de couleur orange sont comestibles. Ils naissent en solitaire directement sur les branches et leur goût acre laisse dans la bouche une sensation … ''râpeuse''.  

 

Le nom complet du Mammea est  mammea siamensis (Miq) T. Anders. (1867) on le trouve aussi sous le synonyme d'ochrocarpus siamensis.

 

C'était plus particulièrement dans le Sud-est de Chiang-Mai, comme nous le verrons, qu'œuvraient les cultivateurs. 

 

 

Conclusion :

 

Ces trois végétaux ont en commun d'avoir été intégrés à la tradition t'aie, sans être passé par l'Inde ou la Chine. Ce sont les t'ais qui d'eux-mêmes les ont ''labellisés'' comme étant de bon augure.

 

Ils ont en commun d'avoir des qualités nutritives d'exception au point qu'ils sont (les végétaux) l'objet de recherches particulières pour commercialiser d'une part les protéines et sels minéraux de la kratine, que déjà les australiens vendent en boulette ; et d'autre part les antioxydants des deux autres, sous forme, par exemple, de  jus de nono.

 

                                    

 

 

                 Mammea siamensis (Miq) T. Anders. (1867) ou Saraphi (ต้นสารภี)

1/ l'arbuste 2/ les feuilles 3 & 4/ des fleurs naissantes et une fleur mature 5/ le fruit.

 

 

 

L'astrologie et le Sud-est de Chiang-Mai :

(La maison kalê est une réplique de Chiang-Mai de ce fait le Sud-est de Chiang-Mai est symboliquement similaire au sud-est de la maison kalê.)

 

C'est la planète Saturne ou la navagrāha Shani (Çani), qui en Thaïlande porte le nom de Phra Sao, qui aspecte le Sud-est de Chiang-Mai.

Saturne gouverne le signe du Capricorne un signe cardinal, c'est-à-dire de transition, et un signe de terre.

''Saturne'' viendrait du verbe latin sero (semer) et de sătŏr (semeur, planteur) ?!... un verbe qui a donné en Français les mots de : saison et soir.

 

Dans l'antiquité Saturne était le dieu des semences, la personnification de la fécondité de la terre, et c'est lui a enseigné l'agriculture à nos ancêtres. Il était la divinité agricole des Sicules (ancien peuple de Sicile).

 

Son épouse ''Ops'' ou ''Opis'' (Cybèle ou Rhéa selon les mythes), qui a donné … ''opulent'' en français, était la déesse de la terre. Autrement écrit, l'opulence et la richesse qui en découle, venaient du travail de l'agriculteur ou du semeur.

 

 

Saturne était le fils d'Uranus ou Ouranos, c'est-à-dire du ciel et de la terre. Il détrôna son père et lui-même fut détrôné par son fils, Jupiter. Suite à sa destitution une légende raconte qu'il trouva refuge sur terre et une autre dit qu'avant d'être en exil sur terre il fut précipité aux enfers.

Parce que les hommes l'avaient accueilli, Saturne les a récompensés de leurs bienfaits en les civilisant, en leur donnant des lois et … en leur apprenant à cultiver la terre. C'était alors l'âge d'or de l'humanité que les Romains commémorèrent des années durant avec les … ''Saturnales''.

 

Pour cultiver la terre il fallait des outils, dont une faucille en bronze pour couper le blé, l'orge ou autres céréales. C'est alors que les forges de Vulcain, le dieu du feu furent mises à la disposition de Saturne et/ou Déméter. (Ce sont les ligures – VIIIe siècle av. JC. - qui introduisirent la faucille dans l'Italie du sud ; et ce n'est qu'ensuite qu'elle arriva en Gaule. La faucille révolutionna l'agriculture en son temps).

 

La faucille et la clepsydre (Horloge à eau) sont les deux attributs de Saturne que la tradition représente sous les traits d'un vieil homme plié par le poids des ans et des infirmités dues par le grand âge.

 

Les anciens en ont aussi fait le dieu du temps (La clepsydre).

 

 

 

En Inde, Shani (Çani) ou encore Śanaiścara a pour père le soleil (Surya) et pour mère Chhaya ou Chāyā qui est l'ombre de Samjñā, laquelle indisposée par l'éclat de son mari se retira sur terre en se faisant remplacer par sa sœur Chāyā qui donc … était l'ombre de … Samjñā !...

 

De l'ombre (Chāyā) naquirent Shani et son cadet Yama (**). Le premier eut pour mission de récompenser ou de punir tout un chacun de son vivant, par rapport à ses actes passés, c'est le Karma ; et le second, Yama le dieu de la mort, a les mêmes fonctions mais il juge les hommes qu'après leur mort.

 

Autrement écrit Shani, pour des raisons dues au Karma, est tout à fait capable de faire échouer une affaire en cours, plutôt bien engagée et très bénéfique. De ce fait c'est un dieu qui est craint et qui est prié non pour obtenir des faveurs, mais pour qu'il ne mette pas à exécution les punitions qu'il a charge de donner par rapport aux actes répréhensibles passés, dans une autre vie. (***)

 

Shani est donc considéré comme un dieu gênant parce qu'il est capable de tout réduire à néant, simplement pour appliquer la loi du karma.

Il est souvent représenté dans un char que tirent un buffle ou un vautour.

 

Les indiens appellent cette navagrāha la planète sombre et, comme Saturne il est symbole de longévité, de misères, et de chagrins. C'est aussi Chani qui répand les épidémies et frappe les hommes d'impuissance. Il a été lui-même châtré par son fils, Jupiter.

 

 

 

(*) Dans la mythologie hindoue le soleil ne manque pas d'épouses. Selon le ''Kurma Purāna'' il en aurait eu quatre : Samjñā (Connaissance), Rajñī (Souveraineté), Prabhā (Lumière) et Chāyā (Ombre) ; Chāyā était la sœur de Samjñā, en fait … ce n'était que son ombre.

(**) Là encore les textes ne sont pas d'accord entre eux. Par exemple Yama et sa sœur Yami seraient nés de Samjñā et auraient été confiés à Chāyā ?!....

(***) En Inde, dans le Maharashtra le temple de Shani Shingnapur, et dans le Tamil Nadu le temple de Thirunallar Darbaranyeeswarar, sont les deux grands temples consacrés à Shani.  

 

 

 

En Thaïlande Phra Sao (ระเสาร์) chevauche un tigre et tient un arc et un trident, mais il reste une divinité jeune. Sa couleur est le mauve.

 

     

 

 

                                                 Saturne selon les traditions :

Gravure 1 : L'une des sept gravures sur bois de l'école de Lucas Cranach le jeune (1550-1570) représentant Saturne en tant que maître du verseau et du capricorne. (British muséum)

Gravure 2 : Une des meilleures représentations de Shani. (Trouvée sur le Net)

Gravure 3 : Une sérigraphie de Phra Sao prise sur un tee-shirt vendu sur les marchés de Chiang-Mai.

 

 

 

Le Sud-est est un symbole d'effort et de force.

Après son éveil Bouddha médita durant 7 semaines. A chaque méditation il prenait place dans une direction bien précise, mais en faisant toujours face à l'arbre de la bodhi ou de l'éveil.

 

Le Sud-est correspond à sa sixième semaine de méditation. Cette étape porte le nom, au Chet Yod de Chiang-Mai de ''Chédi du lac Mucalinda'' (มุจลินทเจดีย์).

 

Durant cette semaine, alors que Bouddha est en méditation, un violent orage éclate. L'eau tombe en trombe et ne cesse de monter au point de mettre en danger la vie de bouddha qui, absorbé par sa méditation n'entend et ne voit RIEN.

 

Heureusement, Mucalinda, le roi des nagas, veille. Pour protéger Bouddha il se glisse sous lui, se love sur lui-même en plusieurs anneaux et met Bouddha hors des eaux ; puis, pour l'abriter de la pluie Mucalinda déploie son capuchon pour en faire un parapluie. Certaines images (statues) vont même jusqu'à multiplier les têtes de Mucalinda pour accentuer cette protection de Bouddha contre la pluie battante et … dans son effort de méditation.

 

Le bouddha du Samedi, Phra Nak Pok ou Pagn Nak Prok (ปางนาคปรก) immortalise cet épisode de la vie de Bouddha.

 

En résumé, compte tenu de ses vies antérieures vertueuses, le bouddha reçoit dans cette vie présente l'aide et la protection qui lui sont … dues.  (C'est Saturne qui donne en fonction des mérites).

  

 

 

Sous Tilokaraja (1441-1487) (พระเจ้าติโลกราชะ) il existait au Chédi Luang une force de dissuasion impitoyable. Cette machine de guerre était constituée de 8 éléphants dotés chacun de super pouvoirs … magiques ou … psychologiques.

 

L'éléphant du Sud-est ''Senkhuenkhan'' (แสนเขี่อนก๊าน), moyennant offrandes et formules magiques, était soi-disant capable de mettre en déroute plus de 100.000 hommes à dos d'éléphant.

 

Là encore la symbolique de la force et de l'effort, sans oublier le sacré, est mise en avant.

 

C'est au Sud-est que réside le génie protecteur appelé ''usaha'' ou ''utasaha'' (อุสส่าห์ – อุสสาหะ) ce qui signifie force, effort ou faire un effort.   

 

Le Sud-est est donc bien un symbole d'effort et de force.

 

     

 

 

                                            L'angle Sud-est ou Cheng Katam

Photo 1 & 3 : Ces deux photos datent des années 1960 environ. Elles sont de Monsieur Boonserm Satrabhaya (1928) (บุญเสริม สาตราภัย) photographe et journaliste du journal local d'alors ''Khon Muang Newspaper''

L'un des derniers albums de Monsieur Satrabhaya : ''Chiang-Mai in Memories''.

Photo 2 : L'angle Sud-est vu depuis le Sud-est hors les murs en 2008.

 

 

 

Le Sud-est et le Chiang-Mai des temps anciens :

 

1/.- L'aire géographique sur laquelle a été construite Chiang-Mai est caractérisée par une double pente de terrain, la première va d'Ouest en Est et la seconde du Nord au sud, ce qui signifie que l'altitude la plus basse de la ville se situe … au Sud-est.

 

Comme la rivière, qui aujourd'hui traverse la ville, coule quelques centaines de mètres plus bas en longeant l'Est de la vieille ville, il en résulte que lorsque le fleuve déborde c'est tout le Sud-est dit … hors les murs qui est inondé en premier ... ce qui n'est pas sans rappeler la 5ème semaine de méditation de Bouddha. (*)

 

Aujourd'hui, en principe, compte tenu des lacs et des barrages qui ont été aménagés cette zone ne connaît plus les affres d'antan mais … elle en porte encore le souvenir toponymique.

 

Car du fait que le Sud-est fut souvent sous les eaux, il y eu en cet endroit une espèce d'étang où des poissons trouvèrent asile et attirèrent les pêcheurs dont beaucoup pêchaient au moyen d'un piège qui portait le nom de … ''katam'' (ขะต้ำ ou กะต้ำ) !... (**)

 

Autrement écrit, c'est un piège à poissons qui a donné son nom à l'angle Sud-est … le cheng katam (แจ่งขะต้ำ) (***).

 

 

(*) Mengraï, à l'origine de Chiang-Mai, connaissait ce détail. ''Les trois rois tendirent une corde et s'aperçurent que le sol s'inclinait de l'Ouest à l'Est, marque de grande gloire.''. (3ème volume des chroniques de Chiang-Mai traduite par Camille Notton consul de Chiang-Mai.)

(**) Le mot ''chaeng'' (แจ่ง) signifie angle, coin et ''khatam'' (ขะต้ำ) piège à poissons.

(***) La chronique du Mahāthera Fa Bot, traduite par Camille Notton, donne à penser que Mengraï aurait édifié Chiang-Mai, non seulement sur les ruines d'une ville Lua, mais pratiquement à l'identique de cette cité ?!... ce qui n'est pas sans poser quelques questions ne serait-ce qu'au niveau de l'architecture !…

Dans cette chronique l'angle Sud-est est appelé ''Săt'uăng Món Ma'' ''… car la famille royale y demeure …''.  (Mó   n = selle et Ma = cheval.)

 

 

 

2/.- Chiang-Mai a été créée conformément à la cosmologie bouddhique. De ce fait la ville et son environnement sont à l'image du royaume des dieux ; les rois sont comme des dieux sur terre, les moines comme des arrhants (saints), Chiang-Mai comme le mont Méru et les villages environnant comme les paradis qui s'étagent au-dessus de la terre tout autour du Méru.

 

Au XIIIe siècle les villages autour de Chiang-Mai ont été créés pour répondre à des besoins bien précis, comme celui de cultiver la terre ou de fabriquer des outils. Ils ont été ordonnés par Mengraï et se sont constitués autour d'un édifice religieux… le Wat ; le Wat est le centre de vie de toutes les communautés t'aïes … sans exception.

 

A/ Au Sud-est il existe un Wat qui porte le nom de Phuak Chang.

(Il ne faut pas confondre son nom avec celui de la porte … Chang Phuak.) (*)

Il n'est pas impensable d'imaginer que ce Wat, dont l'original aurait été bâti au XIIIe siècle, était le centre d'un village de cornacs ou ''khwan-tchagn'' (ควาญช้าง) et que de ce fait il devait s'y trouver un nombre considérable d'éléphants.

 

Ce village de cornacs aurait été le village-charnière entre l'aire commerciale de l'Est et l'aire agricole du Sud ; deux secteurs dont les activités ne pouvaient se passer d'éléphants. (Force et efforts)

 

 

(*) Phuak Chang (วัดวกช้าง) signifie pour ''phuak'' (วก) groupe, catégorie et pour ''Chang'' (ช้าง), éléphant. Quant à Chang Phuak (ช้างเผือก) ''Chang'' (ช้าง), signifie éléphant, et ''phuak'' (ผือก) se rapporte à la couleur du taro ou ''colocasia esculenta (L)'', un légume, et non au mot ''blanc'' contrairement à la traduction courante. Un éléphant blanc est un fait un éléphant de couleur … phuak !...

 

 

     

 

 

Photo 1 : Un plan du Sud-est de Chiang-Mai datant du début du XXe siècle montrant très bien l'étendue de l'aire agricole.

Photo 2 : Le viharn du Wat Phuak Chang en 2008.

Photo 3 : En principe le Cheng Katam ne connaît plus les inondations. Ce qui ne les empêche pas. Ainsi le 29 septembre 2011 les voyageurs du Duang Thawan ne quittent pas leur hôtel en bus mais en barque !...

Au Cheng katam  … 1 Km plus loin les habitants avaient eux … les pieds au sec, alors l'honneur était sauf !... Le Cheng Katam ne connaît plus les affres d'antan.

 

 

 

B/ Quelques trois cent mètres plus loin s'élève un Wat qui porte un nom significatif : le Wat Daowadung (*) Hongsa Ram (วัดดาวดึงษ์หงสาราม) C'est-à-dire ''le paradis d'Indra où se trouve le sanctuaire de l'oiseau mythique des Môns''.

 

Le nom de ce Wat signifie que la ville a bien été édifiée par rapport à la cosmologie bouddhique.

 

 

(*) Daowadung ou Daodung, c'est selon le locuteur, est le nom du second paradis du ciel des trente-trois de la cosmologie bouddhique. Dao (ดาว) désigne une étoile ou un feu céleste et ''dung'' (ดึงษ์) signifie attirer. C'est le lieu céleste qui attire et la réunion de ces deux mot a donné le nom d'un paradis, celui du dieu Indra, ''le paradis de l'étage daowadung''  (สวรรค์ชั้นดาวดึงส์ ou สวรรค์ชั้นดาวดึงษา) le 2ème étage des six.

 

Dans ''Les trois mondes'', (La cosmologie bouddhique) Georges Cœdès (1886-1969) et Charles Archaimbault (1921-2001)  nomment ce paradis le/la ''Tāvatimsa''.

 

 

 

C/ Tout à côté du Wat précédent, à cent mètres à peine, il ya le Wat Muang Mang (วัดเมืองมาง) c'est-à-dire le Wat (วัด)  du village (เมือง) qui a été détruit ou démoli (มาง) voire abandonné ou disparu ?....

 

L'origine de ce village remonterait à 1682. Chiang-Mai est alors sous le joug Birman et manque de main d'œuvre. (*) Quelques nobles, dont un certain Mun Phian (หมื่นเพียน), décident alors d'une expédition au Sipsongpanna (**) pour forcé, manu militari, quelques indigènes à les suivre.

 

Les déportés de cette razzia sont réunis dans le Sud-est de Chiang-Mai où ils vont créer de fait un village, ban Mun Phian (บ้านหมื่นเพียน) le village des déportés de Mun Phian et là, construire un temple qui prendra le nom de Wat Mun Phian.

 

 Au fils des ans, sans doute pour oublier le nom de leur ''déporteur'' le Wat change de nom et devient Wat Mai Pha (วัดใหม่เพื่อ) ce qui peut se traduire par : un nom nouveau changé à dessein. Puis avec le temps, ces descendants de prisonniers ou esclaves ?... dont le rôle était de cultiver les terres du Sud-est de Chiang-Mai ont pris le large en abandonnant tout, d'où le 3ème nom du Wat. (***)

 

 

(*) Le Lanna sera sous le joug Birman de 1567 à 1774.

Pour limiter les révoltes et réduire les troupes d'occupation, il était d'usage de déporter les populations ''vaincues'' ; mais des notables (collaborateurs ?...) restaient à certaines ''commandes'' des villes conquises.

En 1662 le roi birman d'Ava est tué. Phra Naraï (1656-1688), le roi d'Ayutthaya met à profit la situation et envoie son général Chao Phraya Kosathibodi (เจ้าพระยาโกษาธิบดี) attaquer Chiang-Mai. Ce dernier, vainqueur, repartira avec 60.000 ''guerriers''.

Ces déportés étaient tout à la fois agriculteurs, artisans et guerriers selon les circonstances !... Bref !... Chiang-Mai vint à manquer de … bras !...

(**) Le Sipsongpanna ou Xishuangbanna est une région du Yunnan au Sud de la Chine.

(***) Chiang-Mai fut déserté entre 1776 et 1796. Des tigres furent alors vus dans les rues. C'est peut-être durant cette période que les descendants des déportés quittèrent les lieux ?.... Les dates coïncideraient alors ?!...

La Wat a retrouvé vie avec Phra Athikan Srithep (พระอธิการศรีเทพ) sans qu'on ne connaisse ses dates d'entrée en fonction. Par contre, son successeur Phra Athikan Sitthi (พระอธิการสิทธิ) exerça de 1895 à1915. Le supérieur actuel (2014), le 10ème, Phra Khru Waranan Mongkhon (พระครูวรญาณมงคล) a pris ses fonctions en 1989.

 

 

 

D/ Comme le montre très bien la carte jointe, (*) toute la région hors-les-murs du Sud-est était consacrée à … l'agriculture que Saturne, le dieu des semences, la personnification de la fécondité de la terre, a enseigné  à nos ancêtres. Cette divinité agricole, Saturne, est ici tout à fait dans son rôle.

 

   

                                                                                             

Aujourd'hui avec l'urbanisation les terres agricoles ont été réduites à une peau de chagrin. Mais il y a encore quelques champs où paissent des bovins et des caprins qui parfois s'égaient au beau milieu de la route.

 

 

(*) Cette carte date de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

 

 

     

 

 

Photo 1 : une représentation du Daodung ou Daowadung ou paradis d'Indra ou ''Tāvatimsa'' extraite d'un ''samut khoï'' (cahier en papier khoï) datant du XVIIIe siècle, pris dans une très belle publication du département des beaux-arts thaïlandais. (2 livres épuisés mais consultables à l'EFEO de Chiang-Mai.)

Photo 2 : Le viharn du Wat Daowadung ou daodung (2013).

Photo 3 : Phra Khru Waranan Mongkhon (พระครูวรญาณมงคล) le supérieur actuel (2014) du Wat Muang Mang.

 

 

 

Le Sud-est et Chiang-Mai au temps présent :

 

1/.- Hier comme aujourd'hui le Sud-est a les mêmes prérogatives, et la symbolique de Saturne est plus présente que jamais.

 

La tradition représente Saturne sous les traits d'un vieil homme stérile plié par le poids des ans et des infirmités dues au grand âge.

La faucille ou la faux, celle de la mort, et la clepsydre (Horloge à eau), qui marque le temps, sont ses deux attributs.

 

C'est très précisément dans l'angle Sud-est, intra-muros qu'à été construit une institution accueillant les personnes âgées de la ville et du Nord de la Thaïlande.

 

Il y a là des gens au physique proche de celui de Saturne que la mort fauchera dès que tombera la dernière goutte d'eau du vase supérieur de ''leur'' clepsydre symbolique.

  

Cette Institution pour Personnes Agées ou ''Ban Thammapakorn'' (บ้านธรรมปกรณ์) porte le nom de centre de développement pour le bien-être des personnes âgées (ศูนย์พัฒนาการจัดสวัสดิการสังคมผู้สูงอายุ บ้านธรรมปกรณ์) et semble avoir remplacée un handicraft center (หัตถกรรมชาวเขา).

 

2/.- Tout à côté de cette institution s'élève le Wat Saï Moon Muang (วัดทรายมูลเมือง) l'un des temples des plus ancien de la ville et aussi l'un des plus petits.

 

Sa première dénomination aurait été ''Aram ban Pa'' (อารามบ้านปะ) c'est-à-dire le monastère du village des rencontres ou –peut-être – des réconciliations ?!...

 

Il fut ensuite appelé ''Nong Saï Moon Muang'' ce qui signifierait le Wat de l'étang de sable et de boue  (หนองทรายมูล) ; un nom qui confirmerait qu'il existait bien en cet endroit une étendue d'eau où, peut-être, venaient boire et se baigner les éléphants du coin et les mulets des caravanes de passage qui comptaient entre 1.000 et 7.000 mulets par convoi ?!.... ce qui devait entretenir la boue.    

 

3/.- Petit rappel : Le génie du Sud-est porte le nom de Utasaha muang (อุตสาหะเมื่อง) c'est-à-dire l'endroit de la ville où l'effort, la peine et la fatigue sont de rigueur, voire une nécessité.

 

Se donner de la peine, se fatiguer n'est pas sans rappeler la fable … ''Le laboureur et ses enfants'' ''Travaillez, prenez de la peine: C'est le fonds qui manque le moins''. Saturne aurait pu faire siennes ces paroles.

 

 

Et pour finir … n'oublions pas le bouddha de la semaine qui correspond au samedi, à savoir Phra Nak Pok (พระนาคปรก) ou Pagn Nak Prok (ปางนาคปรก)  c'est-à-dire Bouddha protégé par le roi des Nâgas ou, le jour où le roi des Nagas protégea Bouddha.

 

       

 

 

Photo 1 & 2 : le Wat Saï Moon Muang (2009). 1/ l'ubosot – 2/ le viharn.

Photo 3 : La sala du Chao Po Lak Muang Chaeng Khatam (ศาลเจ้าพ่อหลักเมือง แจงขะต้ำ). En fait le sanctuaire du génie du Sud-est, Utasaha. (Katam s'écrit aussi กาตำ)

Photo 4 : Un dernier regard sur l'angle Katam vu depuis la face Sud (2010).

 

 

 

Pour lire la suite vous reporter à la rubrique :

03 CULTURE & TRADITIONS - MAISON KALÊ (4/3 & 8/12) le Sud

 



29/04/2014
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