MerveilleuseChiang-Mai

MerveilleuseChiang-Mai

MUSEE DES MAISONS TRADITIONNELLES DU LANNA (พิพิธภัณฑ์เรือนโบราณล้านนา) 1ère partie



          MUSEE DES MAISONS TRADITIONNELLES DU LANNA

                               (พิพิธภัณฑ์เรือนโบราณล้านนา)

                          TRADITIONNAL HOUSE MUSEUM

 

 

                                     - Première partie –

 

 

     

 

Adresse officielle : 239, Huay Kaew road – 50200 Chiang-Mai

Adresse de fait : Canal road (*) (Bien regarder le plan.) 

 

Téléphone : 66.53.943.624 – 625 et 626

E-mail : artculture.cmu@gmail.com

Site : http://art-culture.cmu.ac.th

 

 

(*) Si vous venez de la rue Suthep : prendre sur la droite la rue Nimmanhemin et contourner le parc du Centre d'Art et rouler sur le bas côté de la Canal road jusqu'au portail.

Si vous venez de la rue Nimmanhemin : prendre la dernière rue sur votre droite et …contourner le parc du centre d'Art et ….. Il y a un parking.

Le centre d'Art et le musée communiquent … tout du moins pour le moment.

 

 

Musée ouvert tous les jours sauf les jours fériés.

Du Lundi au vendredi de 8 heures 30 à 16 heures 30 et

Du samedi au dimanche de 9 heures à 16 heures 30

Entrées : Adultes : 20 baths – Etudiant : 10 bahts – Enfant de moins dix ans : Gratuit.

 

C'est tout à fait par hasard que j'ai découvert le musée des maisons traditionnelles du Lanna. Et je loue ma curiosité d'avoir poussé mes pas jusqu'à cet endroit.

 

Tout a commencé par une petite visite au Centre Culturel de l'Université de Chiang-Mai. Cette précision pour vous signaler que ce musée se situe tout à côté, sur la même parcelle de terrain.

 

J'allais pour partir quand, un peu plus loin, mais dans le même parc, des banderoles de couleur attirèrent mon attention. Quelque chose de festif couvait sous cendres. Alors je ne pouvais pas m'en aller sans aller voir ce qui se passait et … bien m'en a prit.

 

A l'intérieur d'un parc, contigu au Centre Culturel de l'Université de Chiang-Mai se dressaient des stands destinés à initier les écoliers de la ville et des environs aux différents artisanats du Lanna.

 

Mais dans ce parc, contigüe à des stands, s'élevaient majestueusement, et dans un espace aménagé quelques antiques demeures traditionnelles du Lanna. Je n'en revenais pas !...

 

Alors pour savoir où je me trouvais, j'ai fait le tour du parc et j'ai fini par découvrir un deuxième accès, tout aussi discret que le premier, mais à la différence qu'en suivant le chemin extérieur au parc, qui aboutissait  à  cette issue, une superbe entrée s'offrit à ma vue.

 

Cette entrée débouche sur une voie rapide à sens unique, la canal road, ce qui signifie qu'on ne peut pas entrer sur cette voie en venant de Suthep road, à moins d'avoir un faible pour les collisions.

 

                      

 

LA VISITE :

 

Il y a au total dans ce parc 9 constructions en bois dont 7 habitations et 2 granges ou greniers. Cependant un bâtiment maçonné, hors du parc mais s'érigeant tout à côté de l'entrée officielle est à prendre en compte. C'est la maison coloniale, qui bientôt sera une des pièces visitable de ce musée. Il ne faut pas la confondre avec une nouvelle construction, de style colonial elle aussi, mais destinée à recevoir les services administratifs du musée dans un avenir proche. (Photo n°2 ou photo marquée 1,  ci-dessus). 

 

 

PREMIERE ETAPE :

 

                             

 

 

Historique de la maison coloniale Lugn Que : (เฮีอนลุงกิว ou เรีอนลุงกิว)

 

Cette maison coloniale dite ''Maison Lugn Que'' (เฮีอนลุงกิว) ou Maison de l'oncle Queripel est l'œuvre d'un architecte birman, Mong Tan (ม่องตัน). Elle fut construite en 1922 à la demande d'un anglais Arthur Lionel Queripel (นาย คิวริเปอล์) dont la compagne Madame Dokchanot (นาง ดอกจันทร์) était originaire de Lampang.

 

Cet anglais gérait une société faisant commerce du bois et avait acheté ce terrain de 100 raïs, environ 16 hectares, qui portait alors le nom de ''Linha'' (หลิ่งห้า) (Les cinq cours d'eau ?...) pour élever quelques animaux, des chèvres et des bovins, et cultiver des fleurs et … des fraises, entre autres fruits. Ce jardin et ces cultures auraient fait à l'époque l'admiration du roi Prajadhipok dit Rama VII (1893-1926/1935-1941).

 

Durant la deuxième guerre mondiale les Japonais réquisitionnèrent cette demeure et les propriétaires ne retourneront y vivre qu'à partir de 1946.

 

En 1963 ils seront expropriés par le gouvernement en place pour créer l'université actuelle.

 

C'est donc la seule demeure qui soit en ciment et d'origine. Toutes les autres constructions sont en bois de teck et viennent de différentes régions du Lanna.

 

 

DEUXIEME ETAPE :

 

     


Le Grenier à riz (ยุ้งขาว) (หลองข้าวสารภี)

 

Historique de ce grenier à riz :

Ce grenier à riz, originaire de ''Ban Sanklang'' (village de Sanklang)  (บ้านสันกลาง) dans le district de Saraphee (สารภี) près de Chiang-Mai, a été construit en 1907 par le chef de la famille Tho (พ่อ โต). Il a ensuite été racheté par le chef de la famille Muangjaï Thongkhamma (พ่อ เมีองใจทองคำมา).

 

Devenus propriétaire de ce grenier, en 2008 le professeur Hans-Jürgen Langholz de l'Institut ''Georg-August Universität'' de Göttingen en Allemagne (*) et son épouse la docteur Agnès Langholz en ont fait don à l'Université de Chiang-Mai pour relocaliser ce grenier dans leur site de promotion des arts et traditions du Lanna.

 

(*) Cet institut est la plus ancienne université de médecine-vétérinaire d'Allemagne. Elle fut fondée en 1771.

 

Description du grenier à riz :

 

Il s'agit d'un grenier rectangulaire ou d'une pièce de rangement ''aérienne'' d'environ 8 mètres de long sur 3 mètres de large qui repose sur huit gros piliers de 2 mètres de haut environ.

 

Pour permettre un accès facile à cette pièce, et de circuler tout autour d'elle un chemin de ronde ou balcon, protégé par une rambarde, a été construit. Le tout est en bois de teck.

 

Ce grenier où sont mis à l'abri les récoltes, dont le riz, permet de les protéger des prédateurs en tous genres y compris des inondations.

 

     

 

Maison traditionnelle du nord – Phaya Pong Lanka (เรือนพญาปงลังกา)

 

Historique de la maison de Phaya Pong Lanka : (เรือนพญาปงลังกา)

 

Cette maison du Lanna a été construite dans Chiang-Mai intra-muros vers 1896, c'est-à-dire lors des festivités du 600ème anniversaire de la ville, à la demande de Phaya Pong Lang Ka (พญาปงลังกา) et de son épouse Nang Kham Moon (นางคำมู).

 

Le titre de ''Phaya'' que portait cet homme, indique que les tout premiers propriétaires appartenaient à la haute société d'alors.

 

En 2004, les arrières petits-enfants de Phaya Pong Lang Ka, ceux de la 5ème génération, c'est-à-dire Monsieur Charas Waneesorn (นาย จรัส วณีสอน) et ses quatre sœurs (พัฒนา, พูนสวัสดิ์, ยุคนธ์ et สายสมร) firent don de cette maison à l'Université de Chiang-Mai.

 

Les frais de relocalisation de cette demeure ont été pris en charge par la fondation ''Chumbhot-Pantip'' (สุขุมพันธ์ บริพัตร) en date du 29 juillet 2003 pour un montant de 200.000 bahts. 

 

     

 

 

                                              L'INTERIEUR DE LA VERANDA

Photo 1 : La véranda vue depuis la terrasse.

Photo 2 & 3 : La véranda vue depuis la porte de la chambre des parents.

Nota bene : Je suis allé photographier à quatre reprises dont un jour de fête ce qui explique les accessoires de la photo du milieu.

 

 

Description de la maison de Phaya Pong Lan ka : (เรือนพญาปงลังกา)

 

La maison de Phaya Pong Lan Ka ressemble, comme une sœur, à la maison traditionnelle dite Kalae (กาแล), un type de construction propre au Lanna, sur lequel nous reviendrons plus loin, et plus en détail.

 

La maison comporte deux corps de bâtiments rectangulaires, parallèles, contigus et de longueurs différentes.

 

Le corps du bâtiment principal, le plus grand 16 m. sur 7 m. environ, se compose de deux volumes qui, comme le montre les deux premières photos, possèdent leur propre pignon et leur propre toiture.

 

Le petit volume est celui de la toiture à un seul pan ; tandis que le grand volume est couvert d'une toiture à deux pans.

Une cloison partage le grand volume en deux pièces. La première de ces pièces ne fait qu'un seul et unique espace avec le petit volume, aucune cloison ne vient s'interposer entre eux, seuls deux poteaux de soutènement délimitent les deux espaces. (Photo 1).

Comme cet espace, sur l'un de ses côtés, est ouvert sur l'extérieur il n'a donc que trois murs, de ce fait il porte le nom de ''véranda'' (เติ๋น),  ou rabiagn (ระเบียง) en langue locale.

 

Au Lanna, par tradition, une véranda communique avec une terrasse et fait face au sud, ce qui dans le cas présent, pour l'orientation, n'est pas le cas.

 

     

 

 

Photo 1 : L'intérieur du petit corps de bâtiment, au fond l'accès sur la terrasse.

Photo 2 : L'intérieur du petit corps de bâtiment, la porte donne accès à la chambre des parents.

Photo 3 : La chambre des parents, tout au fond, la véranda.

 

 

La deuxième pièce du ''grand volume'', la chambre des parents où personne d'autre que la parentèle ne pénètre et où repose l'autel des ancêtres, communique avec l'unique et grande salle du deuxième corps de bâtiment dont tout laisse à penser que cette … ''dépendance'' d'environ 8 m. sur 6 mètres n'est pas d'origine mais, qu'elle a été ''rajoutée'' quelques années plus tard au corps du bâtiment principal.

 

Une terrasse fait l'union entre ces deux bâtiments, car il est possible d'accéder par la terrasse au petit corps de bâtiment. L'ensemble repose sur des pilotis de 2 mètres de haut.

 

 

TROISIEME ETAPE :

 

      

 

 

Ce petit grenier de 3 mètres sur 4, sans mur, est aussi un endroit ombragé pour des travaux d'artisanat. Ici ce sont des femmes de l'ethnie Lissu (Prononcer Lissou) qui se livrent au tissage. Les pilotis mesurent aussi 2 mètres environ.

 

 

La maison Kalae oui Pad (ยุ้งขาว) (เรือนกาแลอุ้ยผัด)

 

Historique de la maison Kalae (Oui Phad)  (เรือนกาแลอุ๊ยผัด) :

 

D'après le nom qui a lui été donné, cette maison aurait appartenu à une certaine dame ''Oui'' (อุ๊ย) ou ''Ouï Phat'' (อุ๊ยผัด) qui vivait dans le district de Chomthong (อ.จอมทอง), au sud de Chiang-Mai, il y a plus d'un siècle.

 

D'après les informations trouvées, cette maison aurait été construite vers 1917. C'est en 1994 qu'elle a été démontée et remontée dans le parc du musée des maisons traditionnelles, de l'Université de Chiang-Mai.

 

Lors de mes visites l'accès de cette demeure était interdit. Alors il ne m'est pas possible de la décrire. De ce fait je vais en profiter pour glisser quelques informations sur la maison dite ''Kalae'' ou ''Galae'' au chapitre suivant.

 

Cependant sachez que cette maison mesure 7 mètres sur 12, et qu'elle est surélevée au moyen de 9 rangées de 5 pilotis mesurant 1,6 m. de haut, soit 45 pilotis pour mettre cette maison à l'abris des eaux … ce qui est … énorme ?!...  

 

     

 

Description de la maison Kalae (เรือน กาแล)

 

La maison Kalae est la maison référence du Lanna, au point que le conseil municipal de Chiang-Mai s'efforce d'imposer ce style à la région, à savoir, faire que les nouvelles constructions aient des toits en pente comme ceux de ce type d'habitat, (celui des photos) et que l'élément décoratif en forme de ''V'' (le Kalae ou Galae - กาแล) ''trône et culmine'' en haut de leur(s) pignon(s).

Un vœu qui, d'après mes constatations reste … pieux … pour le moment en tout cas !... Mais les Kalaes ne manquent pas.

 

Le ''kalae'' ou ''Galae'' selon les auteurs, (La première orthographe est la plus logique.) est un assemblage en forme de ''V'', de deux lames en bois de teck sculptées, que le propriétaire d'une maison fixe en haut de ses pignons; plus les bois sont sculptés, et plus le propriétaire est censé être riche … dit-on ?!....

 

L'origine de cette coutume reste obscure mais les hypothèses ne manquent pas :

 

L'une d'elle raconte que les Lawa-s, une ethnie qui occupait la région bien avant l'arrivée des T'aïs, s'enorgueillissaient d'accrocher au-dessus de leur habitat leurs trophées de chasses comme les cornes de buffles sauvages. Les T'aïs qui ont cohabité avec les Lawa-s auraient alors repris cette coutume à leur compte ?!... le Kalae aurait été alors mis en guise de cornes.

 

Une autre hypothèse prétend que le Kalae serait les ailes d'un oiseau de proie dont la fonction était d'effrayer, donc de faire fuir les corbeaux du voisinage, alors considéré comme des oiseaux de mauvais augure, des oiseaux apportant le malheur sur la maison ?!...

 

Le Kalae ne serait alors rien d'autre qu'un épouvantail à la mode Lanna ?!... Pour mémoire : Les corbeaux sont des dépeceurs de cadavres. Dans les années 50 le ciel de Bangkok en comptait un grand nombre car ils trouvaient de quoi manger. Ils ont, aujourd'hui, pratiquement disparu. Mais … j'en ai encore vu dans le ciel de Rangoun en l'an 2000 ?!....  

 

     

 

 

Les femmes occupées à des travaux d'artisanat sont de l'ethnie Hmong.

 

 

Une troisième théorie explique que ce sont les Birmans, lors de leur occupation, qui obligèrent les ressortissants du Lanna à poser un kalae en haut de leur maison afin de savoir au premier coup d'œil qui était du Lanna et qui était birman. Une humiliation devenue un orgueil.

 

Personnellement j'ai découvert que le mot ''Kalae'' (*) serait d'origine turc et que les indiens de la côte de Coromandel, du côté de la ville de Coimbatore, l'auraient adopté pour compléter le nom de certaines forteresses ?!... un mot ''talisman'' peut-être ?!... porteur de force magique ?!... qu'un moine aurait rapporté au Lanna ?!...

Alors faut-il y voir une autre influence de l'Inde sur le Lanna associé au pouvoir magique accordé aux amulettes en forme de … kalae ?!... qui sait ?!...

 

Bref !... à vous de choisir entre ces différentes propositions.

 

(*) Le Kalae est aussi un oiseau de Polynésie qui serait connu sous le nom de Talève ou poule sultane (Faga). Un nom sur lequel ne s'accordent pas tous les spécialistes ?!... Rien n'est simple !...

 

 

QUATRIEME ETAPE :

 

     

 

La maison Kalae Phaya Wong (เรือนกาแล พญาวงศ์)

 

Historique de la maison Kalae Phaya Wong (เรือนกาแล พญาวงศ์)

 

D'après les dires d'anciens voisins, cette maison aurait appartenu à un certain Phaya Wong, un descendant d'une famille aristocratique de Lamphun vivant dans le village de ''Ban Sop Tha'' (บ้านสบทา) dans le district de Pasang (อำเภอ ป่าซาง) province de Lamphun (ลำพูน).

Ce serait le fils de ce Phaya Wong, Kei (เขย) qui dans les années 1890 l'aurait fait construire.

 

Entre son démontage et sa reconstruction sur les terres du Wat Suwanna Viharn (วัดสุวรรณวิหาร) de ''Ban Mae Ao'' (บ้านแม่อาว) dans le district de Pasang, trois générations s'y seraient succédées.

 

Puis après avoir été achetée par un certain Monsieur Harry Wong, (แฮรี่ วอง) elle sera donnée en 1998 à l'Université de Chiang-Mai par la fondation ''Dr Winit-Kkunying Pannee Winitnayapak'' (ดร.วินิจ-คณหญิงพรรณีวินิจนัยภาค) qui prendra aussi à sa charge sa reconstruction.

 

     

 

 

Photo 1 : La véranda du corps de bâtiment de gauche : Ce lieu ouvert sur l'extérieur sert de salle de repos et d'aire de travail (Filage, vannerie par exemple.).

A droite de la véranda il y a un couloir ou ''Chan-hom'' (ชานฮ่อม) dont le plafond est le dessous de la gouttière ou ''hon-rin'' (ฮ่อนริน), et tout au bout de ce couloir, au fond sur la gauche on distingue la pièce de cuisson. (Cuisine rudimentaire.)

Photo 2 : L'intérieur de la pièce de cuisson ou ''Hong-Khrao'' (ห้องครัว) : Cette pièce de 2 x 3 mètres environ, est un luxe dans le cas présent, car d'ordinaire la cuisson se fait dans le corps de bâtiment de gauche (photo 1).

Photo 3 : La véranda du corps de bâtiment de droite : Cette photo a pour objet de mettre en valeur la porte qui donne accès à la chambre des parents, là où se trouve l'autel des ancêtres. Au-dessus de cette porte il y a un ''Hamyon'' (หำยนต์) c'est-à-dire un panneau sculpté sacré dont les explications le concernant suivent à la fin de ce paragraphe.    

 

 

 

Description de la maison Kalae (เรือน กาแล)

 

En général, mais il y a toujours des exceptions !...

 

Une maison kalae se compose de deux corps de bâtiments jumeaux, parallèles et surélevés au moyen de pilotis.

Ces bâtiments sont à environ un mètre l'un de l'autre, ils se rejoignent par le biais du versant interne de leur toiture. Ces versants forment en leur extrémité une gouttière en bois qui porte le nom de ''hone-rine'' (ฮ่อนริน). Par ce moyen les eaux de pluie sont alors déversées à l'arrière de la maison.

Cette gouttière ou ''honerine'' (ฮ่อนริน) fait aussi office de plafond du ''Chanehome'' (ชานฮ่อม) ; un couloir qui relie la terrasse avant à la terrasse arrière.

 

Les murs de côtés ne sont pas construits à la verticale, mais légèrement en oblique, une oblique qui va en s'évasant vers le haut. De ce fait cela consolide le corps de bâtiment et fait que l'eau des pluies tombe au sol avant d'atteindre le bas de ces murs ; ce qui évite une infiltration dans les planchers, voire – peut-être - un pourrissement de ces bois. 

 

L'arrête faitière de chacune des deux toitures principales est orientée Nord/Sud, de ce fait les vérandas font face au sud.

 

Cette maison Kalae mesure 13 m. en façade sur 15 m. de long. Elle repose sur 30 pilotis d'environ 2,2 m. de haut (5 rangées de 6.). La terrasse avant, à elle seule, mesure 13 m. sur 7 m (La maison fait alors 22 m de long.). 6 rangées de 4 pilotis de 1,6 m. supporte cette terrasse avant. Elle est couverte de tuiles en bois ou maï-paen-klet (ไม้แป้นเกล็ด).

 

                     

   

 

 

Photo 1 : Le Hamyon de la porte de la chambre du corps de bâtiment de gauche.

Photos 2-3 : Le Hamyon de la porte de la chambre du corps de bâtiment de droite.

Photo 4 : Pour l'aération des chambres des trous d'air ou des hauts à claire voie sont monnaie courante. Ici, le haut du corps de bâtiment de droite.

Sans vouloir faire du … mauvais esprit, à noter que les ''mauvais esprits'' pourraient emprunter ces issues. Mais les esprits doivent être … bien élevés car ils semblent ne pénétrer chez les gens que par les portes !.... Ouf !....

 

 

Le ''Hamyon'' (หำยนต์) ou ''Anda Yantra'' est un panneau en bois sculpté, sacré, que les gens du Lanna fixent au-dessus de certaines portes et fenêtres pour empêcher les mauvais génies ou esprits néfastes de pénétrer dans un lieu fermé, précis. Concernant l'habitat ce lieu est la chambre des parents, où seuls les membres de la parentèle peuvent entrer.

 

Le vocable ''Hamyon'' est composé de deux mots : ''Ham'' (Hum selon la prononciation) et ''Yon'' (Prononcer Yone).


Le mot ''Ham'' (หำ) se traduit par testicule et en langage populaire les testicules se disent ''kaï'' (ไข่) c'est-à-dire ''œufs''. Testicule se dit aussi : ''Krapok'' (กระโปก) et ''Antha'' (อัณฑะ) un mot qui vient du sanscrit comme nous allons le voir.

 

Autrement écrit, le hamyon est une matérialisation symbolique des organes sexuels du chef de la famille. Dans ce hamyon, ces testicules, va se concentrer une énergie créatrice puis protectrice, semblable à celle de l'œuf (Anda) de Brahma (Brahm), en sanscrit ''Brahmānda''.

 

Pour faire court … ce qui n'est pas évident :

 

Purusa ou Prajāpati, l'homme d'avant l'humanité, l'homme primordial, prit d'un désir de création se plongea dans les eaux primordiales – préexistantes elles aussi - et, en concentrant son énergie vitale et cosmique couva un œuf (ānda) d'où il prit forme humaine et créa le ciel et la terre. De ce fait, dans certaines traditions, il est le gardien des organes sexuel.

 

Le chef de famille, avant de faire sculpter son ''hamyon'' fait des offrandes aux puissances surnaturelles pour les inviter à y prendre place. Puis l'artiste va sculpter le hamyon dont les dimensions seront déterminées par la mesure du pied du Chef de famille ; un pied qui via le hamyon, déterminera par voie de conséquence la largeur de la porte de la chambre. Le hamyon est donc bien en relation directe avec le chef de famille.

 

Au fur et à mesure des années le hamyon ne cesserait de se charger d'énergie et augmenterait sa puissance magique. De ce fait lorsque la maison est acquise par un nouveau propriétaire ce dernier doit … ''remettre les pendules à l'heure'', c'est-à-dire … ''décharger'' le hamyon. Pour cela il devait frapper de toutes ses forces sur ces … ''testicules magiques'' afin de détruire les forces qui s'y étaient accumulées et qui pouvaient lui être néfastes.


Ce rite ressemble curieusement à celui de la castration des buffles au Lanna. Une castration qui consistait à frapper violemment les testicules d'un animal pour le rendre impuissant.

 

Le mot ''Yon'' vient du sanskrit ''Yantra'' qui signifie instrument de maîtrise. Visuellement le yantra est un diagramme de formes diverses, qui est utilisé comme support de méditation. Dans l'esprit de ceux  qui accordent du crédit aux Yantras, ces formes correspondent aussi à des types énergies. Autrement écrit, l'une des spécificités du yantra est d'être comme une arme magique de défense contre les êtres vivants du monde visible et … invisibles comme … par exemple … les mauvais esprits.

 

Comme deux précautions valent mieux qu'une, la chambre des parents est aussi protégée intérieurement par les esprits des ancêtres et des esprits protecteurs. Ces esprits ont chacun leur autel, mais l'autel des ancêtres est toujours plus élevé que celui des esprits protecteurs.

 

     

 

Ce grand grenier à riz (หลองข้าว) est supporté par des pilotis de 2,8 m. de haut et mesure 14 mètres de long sur 6 de large.

 

Ces constructions sur pilotis développent, à même le sol, des aires abritées et ombragées qui sont mises à profit pour entreposer différents instruments liés à la vie des occupants (Charrettes, métiers à tisser, tambours). Ce sont aussi des espaces qui permettent aux hôtes de réaliser des petits travaux en rapport avec l'artisanat ou les travaux des champs.

 

 

     

 

 

Photo 1 & 3 : Deux œuvres aux traits et au crayon noir dont vous devez avoir devinez les titres (*) de 37 x 55 centimètres de : Chokanan Wanitlertthanasarn (โชคอนันต์ วาณิชย์เลิศธนาสาร) (Exposition du Clubnapralan – Fondation Toshiba)

(*) Tout du moins pour la 1ère, car la seconde est présentée en 2ème partie de cette chronique.

Photo 2 : Madame ou Nang Tut ou Nang Mon Tut (นางหม่อนตุด) à la fenêtre de sa maison, la maison … Thaïe Lue (เรือนไทลึ้อ) de la 2ème partie de cette chronique.

 

 

CINQUIEME ETAPE :

 

L'espace réservé pour cette chronique est limité. Alors pour découvrir la cinquième étape et les suivantes, je vous invite à lire :

 

MUSEE DES MAISONS TRADITIONNELLES DU LANNA

(พิพิธภัณฑ์เรือนโบราณล้านนา)

TRADITIONNAL HOUSE MUSEUM

 

 

                                    - Deuxième partie –

 

 

Il y a aussi une troisième partie concernant les rites qui précèdent la construction d'une maison, et les arbres qu'il convient de planter autour d'une maison pour attirer les bons augures.

 

Elle est classée dans la rubrique :

 

03 – CULTURE & TRADITIONS

 

Sous le titre de :

 

MAISON KALÊ (1/2) : RITES précédant sa construction.

 

.  




19/01/2014
6 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 195 autres membres