MerveilleuseChiang-Mai

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KHOUANE - 1ère partie - DEFINITION D'UN KHOUANE

Avertissement :

Cette chronique appartient à une série de huit chroniques qu'il est préférable de lire dans l'ordre suivant :

Dans la catégorie lexique :

- Phis et génies. (1ère  partie) – Généralités.

- Phis et génies. (2ème partie) – Les génies et le bouddhisme.

- Phis et génies. (3ème partie) – Les génies et leur contexte.

Dans la catégorie au sujet de l'auteur.

- C.V. de L'AUTEUR - 1b - DIVINATION OU COUPS DE POT ?...

- C.V. de L'AUTEUR - 1c - ESPRIT ES-TU LA ?...

Dans la catégorie lexique :

- khouanes – (1ère  partie) - La définition d'un khouane.

- khouanes – (2ème partie) - L'avant cérémonie du soukhouane.

- khouanes – (3ème partie) - La cérémonie du soukhane.)

 

 

 

       KHOUANE … ou KHUAN … ou KHWAN … (ขวัญ)

 

 

                                 PREMIERE PARTIE

 

                          La définition d'un khouane

 

 

Dans la présente chronique, si je devais me référer à la plupart des auteurs, et non des moindres, qui parlent des khouanes, il devrait être question d'âmes. Car pour la plupart d'entre eux les khouanes sont des âmes.

 

Cependant le mot ''âme'' ne me semble pas approprié pour définir ce qu'est un ''khouane'', ou un ''Khuan''. (ขวัญ)

 

En effet lorsqu'on se reporte à la définition du petit Larousse on peut lire, au sujet de l'âme,  les explications et définitions suivantes :

 

 

Tout d'abord, il est écrit que le mot ''âme'' … vient du latin anima, souffle, et vie.

 

Ensuite il est précisé au sujet de l'âme … qu'elle est …:

 

1. Principe de vie et de pensée de l'homme animant son
     corps, d'où l'expression … ''Rendre l'âme : mourir. ''

2. Ce principe, conçu comme un être spirituel séparable du
     corps, est immortel et destiné à être jugé.

 

Compte tenu de ces explications il convient aussi de s'intéresser aux dires de l'église. A savoir que l'âme est une et indivisible, et qu'elle est destinée en principe, pour les croyants, à se réincarner au jugement dernier.

 

 

Donc l'âme d'un individu, même si elle n'est pas palpable, est une ''entité'' bien précise et non pas un assemblage de différentes parcelles de … principe de vie et de pensée comme le laisse entendre les différents auteurs que j'ai pu lire au sujet des khouanes.

 

 

Alors, qu'est qu'un Khouane si ce n'est pas une âme ?... 

 

Le père Marcello Zago (*) qui a longtemps vécu au Laos et qui s'est particulièrement intéressé à la question, écrit au sujet du khouane qu'il est, avec le winyan (**) (วิญญาณ) et le corps, l'une des trois composantes de tout individu.

 

Il définit le khouane comme étant une force vitale qui serait douée d'une vie et d'une volonté propre, et qui aurait parti lié avec un organe, comme par exemple l'estomac, la main, un cil, pour ne citer qu'eux !...

 

 

(*)Marcello Zago est l'auteur de ''Rites et cérémonies en milieu bouddhiste Lao'', un document édité par l'université grégorienne de Rome en 1972.

 

(**) วิญญาณ (Win-yan) Ce mot est souvent traduit par âme et esprit. Mais les Bouddhistes nient l'existence de l'âme. Alors ?... Le winyan, à mon avis, un avis qui n'est pas parole d'évangile, se rapprocherait beaucoup plus du concept de la conscience psychologique.

 


Autrement écrit, si à sa naissance un individu est comme une mosaïque composée d'une multitude de cellules qui se regroupent en organes, et dont l'organisation finale aboutit au corps, chacun de ces organes est animé, ou prend vie, grâce à un souffle de vie dont il dépend.

 

Le khouane serait comme la contre partie intangible de tout organe, l'un n'allant pas sans l'autre.

 

 

Alors ce serait une multitude de souffles de vie, de khouanes, qui animerait le corps de chaque être humain et non un principe de vie et de pensée, un et indivisible.

 

 

Ce souffle de vie propre à chaque organe n'est pas sans rappeler la cittaprakrti (*) des bouddhistes qui serait présent dans toutes les formes de vie.

 

 (*) La cittaprakrti peut se définir comme étant un embryon d'esprit pensant inné.

 

 

Le Khouane est donc pour les Farangs un nouveau concept. Alors à concept nouveau, mot nouveau, ce qui élimine tout risque d'erreur ou de confusion sur le contenu ou le sens du mot.

 

Le mot ''khouane'' qui découle de la phonétique du vocable ''ขวัญ'' dont se servent les gens qui croient en eux me paraît alors tout indiqué pour désigner ces souffles de vie, doués d'indépendance et de volonté et qui seraient la partie intangible de tous ou de certains organes, voire de certaines facultés, de chaque être humain.

 

 

 

Si chaque organe et chaque fonction sont dépendants d'un khouane, il y aurait donc autant de khouanes que d'organes et de facultés. Mais là encore il faudrait définir ce qu'on entend par les mots, organe et faculté.

 

Pour cette raison, le nombre de khouanes peuplant un corps humain varie selon les régions.

 

La croyance aux khouanes couvre le nord-est de la Birmanie, le sud de la Chine, et pratiquement tout le Sud-est asiatique.

 

 

Au Lanna, et dans une grande partie du Laos, le chiffre de trente deux, qui est un chiffre symbolique pour les bouddhistes, a été retenu. (*)

 

 (*) Les Bouddhistes parlent des trente deux parties du corps, et ce sont trente deux signes particuliers qui définissent la perfection du Bouddha.

 

 

Cependant les T'aïs deng (T'aïs rouge) disent avoir quatre vingt dix khouanes. Et les T'aïs Lü, trente deux devant, et trente derrière, ce qui en fait soixante deux !...

 

Au Cambodge, les khouanes seraient au nombre de dix-neuf et ne s'appelleraient plus khouanes, mais proloeungs.

 

 

A Bangkok ils seraient encore moins nombreux. Car d'après certains, chaque individu n'aurait plus qu'un khouane ?!...

 

L'influence occidentale et son unicité de l'âme doivent y être pour quelque chose. Car cette influence intellectuelle, voire spirituelle ( ?...) est à Bangkok beaucoup plus grande qu'à Chiang-Maï.

 

 

Donc concernant la population des khouanes, leur nombre varie d'une région à une autre. Au Lanna elle serait de trente deux par individu.

 

 

Ce n'est que lorsque ces trente deux khouanes sont bien à leur place, que leur ''titulaire'' est au mieux de ses possibilités physiques et intellectuelles.

 

 

Hélas ou tant mieux, ces khouanes jouissent de toute leur liberté. Ils peuvent du jour au lendemain quitter le corps auquel ils appartiennent pour aller errer dans le monde immatériel, ou surnaturel, des phis et des génies.

.

Ce qui signifie que l'individu auquel ils sont attachés va pâtir de leur absence et, que de leur côté, les khouanes peuvent s'exposer à tous les dangers, comme celui d'être retenu prisonnier par un mauvais génie !...

 

 

Un accident, une maladie, ou une grande frayeur peuvent être à l'origine de leur départ délibéré, ou de leur fuite subite et intempestive.

 

 

Alors il est nécessaire pour tout être humain, d'avoir un œil sur eux, et de les prier de temps à autre de regagner leurs ''pénates''.

 

Pour cela, des cérémonies ont été instituées. Leur objet est toujours le même, mais une cérémonie peut-être plus ou moins solennelle.

 

Selon les régions elles portent des noms différents. Les plus courants sont :

''baci'' (บายศรี) ou ''baïci'' ''paci''

''sou-khouane'' (สู่ขวัญ) ou ''sou-kuan'' ''su-khwan'' etc.

''tam-khouane'' (ทำขวัญ) – ''rap-khouane'' (รับขวัญ)

 

Des mots qui peuvent tous se traduire par, ''le rappel des khouanes''.

 

 

Ce rappel permet aux participants de retrouver tous leurs khouanes, et en l'occurrence d'être en pleine possession de tous leurs moyens.

 

Alors pour certains, c'est l'occasion de s'engager dans des actes importants, comme le mariage, un accouchement, le choix d'un nom pour son enfant, une entrée en religion, un long voyage, etc. etc.

 

 

Les khouanes survivent après la mort d'un individu.

 

D'après certains, lors d'un décès, les khouanes se diviseraient en quatre groupes.

 

Ceux qui demeurent au sommet de la tête et dans les mains resteraient dans la maison du défunt. Le khouane des os demeurerait sous terre pour être aux ordres du phi protecteur du village. Quant aux autres, certains s'en iraient dans les nuées célestes, tandis que d'autres continueraient à vagabonder au gré de leur fantaisie.

 

 

Pour clore cette chronique, je terminerai en précisant que les khouanes peuvent être attachés à certains animaux ainsi qu'à des objets inanimés.

 

Le riz est habité par des khouanes.

 

 

Les khouanes sont des ''êtres immatériels'' qui vivaient avant la naissance de l'individu ou de la chose qu'ils vont ''habiter'', et qui lui survivront après sa mort, ou sa désintégration.

 

 

Enfin, si leur existence n'est pas remise en cause par ceux qui croient en eux, ces ''croyants'' sont bien en peine de pouvoir les définir.

 

Mais qu'elle est la religion, même parmi les plus installées, qui n'a pas quelques dogmes dont la raison de ses fidèles est incapable de les expliquer ?!....

 

Par exemple, qu'est-ce que le mystère de la sainte trinité ?... Un seul dieu en trois personnes. Mais encore ?...

 

 

Si voulez en savoir un peu plus sur les khouanes, vous êtes invités à lire la chronique suivante.

 



07/09/2010
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