MerveilleuseChiang-Mai

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ARTEMISIA ANNUA Lin. 1753 ou L'ARMOISE ANNUELLE

 

 

Artemisia Annua Lin 1753

                                 ou l’armoise annuelle

 

En cette période de covid-19 il est souvent question de l’Artemisia annua Lin. Ses effets thérapeutiques sont loués par les uns et remis en cause par les autres. Je me suis dit que le mieux, pour se faire une idée sur le sujet, était de prendre mon bâton de pèlerin et d’aller glaner de par le monde ce que les pharmacologues qui nous ont précédés en ont dit. J’ai donc pris mon bâton de pèlerin.

 

 

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Photo 1 : Illustration d’une Artemisia monoclonos extraite du Dioscoride de Vienne, l’un des plus anciens exemplaires de ‘’De materia medica‘’ de Pedanius Dioscoride (vers 20/40 - vers 90) un médecin grec. Cet exemplaire de 491 folios et 400 dessins aurait été réalisé au cours du VIe siècle.

Photo 2 : Illustration d’une Artemisia monoclonos extraite de l’herbier de Pseudo-Apuleius (*) qui présente 131 plantes dont la 10è est l’Artemisia monoclonos qui pourrait être l’Artemisia vulgaris ou arborescens.

(*) Cet herbarius est attribué à Asclépios dit Apuleius faute d’en connaître le véritable auteur. Comme on ne prête qu’aux riches et qu’à cette époque Asclépios a laissé pas mal d’écrits … il fut un auteur tout trouvé mais … rien n’est moins sûre.

Photo 3 : Illustration d’une Artemisia annua Lin. extraite de la collection ‘’Flora Batava‘’ en 28 volumes parue entre 1800 et 1934, dont l’agronome et botaniste néerlandais Jan Kops (1765-1849) fut le créateur.

Cette gravure d’Artemisia annua n’est pas signée et figure dans le volume 22 tableau 1697 paru en 1906, donc après le décès de Jan Kops.

L’œuvre aurait été dessinée d’après un plan d’Artemisia annua Lin trouvé sur la rive du Rhin près d’Arnhemin en septembre 1897.

 

L’Artemisia annua Lin porte chez nous le nom d’Armoise annuelle ou encore d’Absinthe Chinoise. En chine elle est connue sous le nom de Duang Hua Hao ou Huang Hua Hao (Huáng Huā Hāo) (黄花蒿).

 

 

La famille de l’Artemisia annua Lin :

 

Les Astéraceæ ou astéracées

 

L’Artemisia annua Lin appartient à la famille des Astéraceæ ou astéracées. Les individus de cette famille, la plus nombreuse après les orchidées, et la plus naturelle de toute, mais aussi la plus évoluée, (*) peuplent toute la surface de la terre. Il n’est donc pas étonnant que cette famille compte aujourd’hui plus de 1.620 genres et plus de 23.500 espèces.

 

(*) Les Astéraceæ sont des spermatophytes ou spermaphytes, c’est-à-dire des plantes qui se reproduisent par l’intermédiaire de graines ; les graines marquent une étape très importante dans l’histoire de l’évolution des plantes.

 

Les genres les plus importants de la famille astéraceæ sont les ''séneçons'' (senecio) 1500 espèces, les ''vernonias'' (vernonia) avec 1.000 espèces, les ''cousinias'' (cousinia) avec 600 espèces, les ''eupatoires'' (eupatorium) avec 600 espèces, les ''helichrysum'' avec 600 espèces, et les ''artémisia'' avec 550 espèces dont l'Artemisia annua. 

 

Le nom ‘’d’Astéraceæ ou astéracées‘’ a été donné à cette famille par le botaniste britannique John Lindley (1799-1865) qui, vraisemblablement a trouvé le mot dans le ‘’glossaire techno-botanique en latin et en russe‘’ du botaniste russe Ivan Ivanovič Martinov (1771-1833).

 

Ivan Ivanovič Martinov a créé ce mot en 1820 en s’inspirant de la forme des ‘’fleurs‘’, ou plutôt des mini-fleurs des capitules (*) dont les pétales, vus du dessus, forment une espèce d’étoile, qui en latin se traduit par aster et auquel il a rajouté le suffixe latin ‘’aceæ‘’.

 

(*) Le capitule est un type d’inflorescence formé par un ensemble de fleurs archi-minuscules, sans pédoncule, et regroupées entre elles. Ces capitules sont à la fois solitaires et terminaux et, de loin donnent l’impression d’une ‘’grosse‘’ fleur.

 

 

Cette famille ‘’d’Astéraceæ ou astéracées‘’, bien avant d’être ainsi répertorié porta le nom, et porte encore le nom, de Compositæ ou Composacées, un nom qui faisait référence aux capitules de ces individus, lesquels se composent, comme déjà dit, d’innombrables fleurs archi-minuscules qui de loin donne l’impression d’une fleur unique.

 

Le nom de Compositæ ou composacées, est aujourd’hui reconnu comme nom ‘’alternatif‘’, c’est-à-dire synonyme. Il a été attribué à cette famille par l’allemand Paul Dietrich Giseke (1741-1796) en 1792 à l’occasion de la publication de son ‘’Praelectiones in Ordines Naturales plantarum‘’ qui ne serait qu’une transcription des cours que lui avait donné son ami Carl von Linné.

 

Comme les anthères (poches à pollen) de ces archi-mini-fleurs sont soudées entre elles, le nom de ‘’Synanthérées‘’ (*) a aussi été donné à cette famille par le botaniste français Louis Claude Marie Richard (1754-1821).

 

(*) ''synanthérées'' se compose de deux mots : syn qui vient du grec ‘’σύν‘’ (sún) et qui signifie avec, ensemble ; et du mot anthère qui lui aussi vient du grec (ἀνθηρός) ‘’anthêrós‘’  et qui sert à désigner une anthère (poche à pollen)  . L'association de ces deux mots permet de spécifier que les étamines de la mini-fleur sont soudées par les anthères.

 

Avant Louis Claude Marie Richard, Linné en classifiant ses plantes avait créé, dans son ‘’Hortus Cliffortianus‘’ paru en 1737, une dix-neuvième classe en page 382, qu’il appelait classe des ‘’Syngénesia‘’ (syngénésie - syngenèses). Cette classe regroupait alors toutes les plantes à anthères soudées.

 

Louis Claude Marie Richard a repris cette classe qu’il nomma la classe des ‘’Synanthéries‘’. Il la divisa en deux ordres, l’ordre des ‘’monostigmaties‘’ composé de trois sections, (*) et l’ordre des ‘’distigmaties‘’ comprenant deux sections. (**)

 

(*) Les trois sections de l’ordre des ‘’monostigmaties‘’ étaient : les échinopsidées, les Carduacées et les Liatridées.

(**) Les deux sections de l’ordre des ‘’distigmaties‘’ étaient : les corymbifères, et les chicoracées.

 

Louis Claude Marie Richard précisa les raisons de cette nouvelle classification lors d’un exposé à l’amphithéâtre de l’école de médecine le 2 août 1810. Ce fut à cette occasion que le mot ‘’Synanthérées‘’ fit son apparition dans le monde de la botanique ; lequel fut repris par ses confrères botanistes, et imprimé dans les années 1823, alors que Richard n’appartenait plus au monde des vivants.

 

La famille des Astéraceæ donna, et donne, bien du fil à retordreaux botanistes dont le suédois Carl von Linné (1707-1778) qui dans ses ''Fragmenta Méthodi naturalis '' créa l'ordre des ''Compositi'', un nom proche de ''Compositæ'' ou composacées encore en devenir.

 

Le français Bernard de Jussieu (1699-1777) en 1759, en rédigeant "l'ordre des plantes'' dans les jardins du Grand Trianon à Versailles, résolut la difficulté en créant trois ordres; les ichoraceæ, les Cinarocephalæ et les Corymbiferæ.

 

Le français Michel Adanson (1727-1806) quant à lui va en 1763/1764 réunir  dans sa ''familles des plantes'' les ...''composées'' en une grande famille qu'il va diviser en dix sections.

 

Le français Antoine Laurent de Jussieu (1748-1836), le neveu du précédent de Jussieu, va reprendre les trois ordres créés par son oncle.

 

En 1836, le suisse Augustin Pyrame de Candolle (1778-1841) lors de la publication de son ''Prodomus Systematis Naturalis'' volume V, entièrement consacré aux ''compositæ'' (Compositaæ-Vermoniaceæ de la page 13 à la page 104, Compositæ-Eupatoriacæ page 105 à la page 212, (*) Compositæ-Asteroideæ page 213 etc ...) énumère 836 genre.

 

(*) Une Artemisia capillifolia Lam de Chine est portée dans le chapitre 230 en page 176.

 

Vont suivre en 1862/63, les britanniques George Bentham (1800-1884) et Joseph-Dalton Hooker (1817-1911) qui, à l'occasion de la sortie de leur ''Genera plantarum '' en sept volumes, vont énumérer 800 genres qu'ils ont divisé en 13 tribus.

 

Ces botanistes seront suivis par bien d'autres mais, sans plus de succès, d'autant que nombre de systèmes vont voir le jour en parallèle sans qu'aucun d'eux ne fassent l'unanimité. (*)

 

(*) Entre autres classifications un botaniste créa au sein des Astéracées 3 sous-familles et 13 tribus, un autre 3 sous-familles et 17 tribus, puis 5 sous-famille et 30 tribus, etc … etc ..

 

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Photo 1 : Un portrait du botaniste russe Ivan Ivanovič Martinov (1771-1833) qui en 1820 créa le mot ‘’Astéraceæ‘’ (astéracée) et l’inséra dans son glossaire techno-botanique en latin et en russe.

Photo 2 : Un portrait du botaniste britannique John Lindley (1799-1865) qui se servit du mot ‘’Astéraceæ‘’ pour désigner une famille qui aujourd’hui, compte 1.620 genres et plus de 23.500 espèces.

Photo 3 : Une médaille à l’effigie du botaniste français Michel Adanson (1727-1806) de l’académie royal des sciences – Premier voyageur naturaliste d’Afrique occidentale. Cette médaille est l’œuvre de Georges Guiraud (1901-1989)

 

Dans les années 1980, tandis que proliféraient divers systèmes, la transcription de la phylogénie de la famille conduisit à reconnaître 13 sous-familles et 30 tribus, (*) mais aujourd’hui, rien n’est définitif, la science botanique et les plantes elles-mêmes sont en constante évolution.

 

(*) Les treize sous-familles selon José Luis Panero (1959) & Vicki Ann Funk (1947-2019) étaient en 2002.

 

01/ Barnadesioideae (9 genres 93 espèces – Amérique du sud -les Andes)

02/ Carduoideae (83 genres 2.500 espèces – partout dans le monde)

03/ Cichorioideae (224 genres 3.200 espèces – Le monde entier.)

04/ Corymbioideae (1 genre 9 espèces – Afrique du Sud.)

05/ Famatinanthoideae (1 genre 1 espèce – Amérique du Sud.)

06/ Gochnatioideae (4 ou 5 genres 90 espèces Amérique latine & Sud Etats-Unis)

07/ Gymnarrhenoideae (2 genres ? espèces – Afrique Nord, Moyen-Orient – Himalaya)

08/ Hecastocleidoideae (1 genre 1 espèce - Sud-Ouest des Etats-Unis)

09/ Mutisioideae (58 genres 750 espèces - Amérique du Sud – Abs. D’Europe.)

10/ Pertyoideae (5 ou 6 genres 70 espèces – Asie)

11/ Stifftioideae (10 genres – Amérique du Sud.)

12/ Wunderlichioideae (8 genres 24 espèces surtout Venezuela et Guyane)

13/ Asteroideae (1.130 genres 16.200 espèces – Monde entier)

 

Les botanistes à l’origine de ces 13 sous-familles sont :

 

01/ Otto Bremer (1812-1873) & Pieter Jansen (1882-1955)

02/ Robert Sweet (1783-1835) - William Edgard Evans (Sweet) (1882-1963)

03/ Auguste jean-Baptiste Chevalier (1873-1956)

04/ José Luis Panero (1959) & Vicki Ann Funk (1947-2019)

05/ Susana Edith Freire (1954) – Ariza & José Luis Panero (1959)

06/ José Luis Panero (1959) & Vicki Ann Funk (1947-2019) (2002)

07/ José Luis Panero (1959) & Vicki Ann Funk (1947-2019)

08/ José Luis Panero (1959) & Vicki Ann Funk (1947-2019)

09/ José Luis Panero (1959) & Vicki Ann Funk (1947-2019) (2008)

10/ José Luis Panero (1959) & Vicki Ann Funk (1947-2019)

11/ José Luis Panero (1959) & Vicki Ann Funk (1947-2019) (2008)

12/ José Luis Panero (1959) & Vicki Ann Funk (1947-2019) (2002) (2007)

13/ John Lindley (1799-1865)

 

La treizième sous-famille, celle des Asteroideæ, dont les individus peuplent pratiquement toute l’étendue du globe, compte une vingtaine de tribus, cequi représente environ 1.130 genres et 16.200 espèces dont le genre Artemisia.

 

Les deux genres les plus importants de cette treizième sous-famille sont legenre Helichrysum qui rassemble entre 500 à 600 espèces et le genre Artémisia qui dénombre quelques 550 espèces dont l’Artemisia annua. (Artemisia Lin - estragon, armoise, sagewort.)

 

Ces Asteroideæ seraient apparues sur terre il y a 46 à 36.5 millions d’années.

 

 

Les noms vernaculaires de l’Artemisia :

 

Allemagne : Besenkraut, Einjährige Beifuß, Fliegenkraut, Gänsekraut, Johannesgürtelkraut, Jungfernkraut, Sonnenwendkraut, Weiberkraut, Werzwisch, Wilder Wermut oder Wisch - Angleterre : Mugwort, Western Mugwort, Sagebrush, Sweet annie, Sweet Wormwood, – Chine : ‘’Huáng Huā Hāo‘’ (黄花 蒿) (*) Cao Hao (草 蒿), Cao Quing hao, Cao Haozi, Chou Hao ( ), Chou Quing hao Haozi – Corée : Chui-ho, Hwang-hwa-ho, Gaê-tong-sook ‘’개똥쑥‘’ – Espagne : Ajenjo dulce, Ajenjo Chino – Finlande : Kesämaruna – France : Absinthe Chinoise, Armoise, Armoise annuelle, armoise douce. – Italie : Artemisia annuale – Japon : Kusoninjin – Pologne :  Bylica roczna. - Portugal : losna-verde, artemísia – Suède : Gänsekraut – Thaïlande : Kotchulalampha (โกฐจุฬาลัมพา) - Vietnam : Thanh cao hoa vàng, Nhân trân, Chè nôi.

 

(*) En Chine, l’idéogramme Hao (hāo -) est le radical qui sert à nommer ‘’l’Artemisia‘’ ; et c’est à partir de ce radical que se construisent en Chine les noms des différentes espèces d’Artemisia dont les variétés se montent à plus de 150. Ainsi ‘’Huáng Huā Hāo‘’ (黄花 蒿) signifie : jaune () fleur () Artemisia (), ce qui se traduit par ‘’Artemisia à fleurs jaunes‘’. Il s’agit donc bien de l’artemisia annua qui est une plante annuelle.

Ce qui n’est pas le cas de la ‘’Qīng Hāo‘’ (青蒿) dont la traduction est : vert () (émeraude ? …) et Artemisia () ce qui se traduit par Artemisia verte (émeraude ?...) et qui alors correspond, à Artemisia carvifolia Buch.-Ham. ex Roxb. Hort. Beng. Lequel nom deviendra : Artemisia apiacea ?! …

 

Certes, l’Artemisia apiacea guérit aussi du paludisme mais c’est une plante vivace, c’est-à-dire qui renaît grâce à ses racines et non comme l’Artemisia annua à partir de graines.

 

Mise en garde : En recherchant les noms vernaculaires de l’artemisia annua je me suis aperçu que pas mal d’auteurs de blogs n’étaient pas très regardant quant à la correspondance linguistique et que souvent l’artemisia annua était confondue avec l’artemisia vulgaris ou l’artemisia absinthium, surtout dans les pays sud-américains et que derrière le mot armoise ‘’on‘’ mettait, parfois et souvent, n’importe quoi.

Autrement écrit, si vous devez acheter des plantes médicinales appelez les par leur nom scientifique. L’artemisia annua n’est pas de l’artemisia absinthium ou je ne sais quoi d’autres, c’est de l’artemisia annua un point c’est tout.

 

 

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Les tout premiers articles ou illustrations de l’absinthium :

 

Photo 1 : Reproduction d’un article consacré à la plante alors appelée ‘’absinthium‘’ (Artemisia absinthium L) page 34 recto. Elle est extraite du Tacuinum sanitatis in medicina ad marrandum sex res necessarias et septentrinalibus regionibus‘’ du médecin irakien nestorien Ibn Butlan (ابن بطلان) (vers 1001-1066). Ce manuscrit traite de pharmacopée et d’hygiène. Il fut traduit au XIIIe siècle en latin par le juif Ferraguth (Magister Faragius) depuis Palerme ou Naples. (Source Gallica BNF- département des manuscrits latins

Photo 2 : L’une des 337 enluminures marginales, ayant pour thème l’artemisia absinthium, extraite du livre d’heures (*) commandé par la reine d’Anne de Bretagne (1477-1514) à l’enlumineur Jean Bourdichon.

Anne de Bretagne fut reine de France de 1499 à 1514 en épousant successivement Charles VIII, (1470-1483-1498) et Louis XII (1462-1498-1515).

(*) Un livre d’heures est un recueil de prières qui permet à un catholique laïc de suivre la liturgie des heures. Ce livre de 476 pages a demandé cinq ans d’ouvrage, de 1503 à 1508. (Source Gallica BNF- département des manuscrits - Ms Lat 9474.)

Photo 3 : Reproduction de l’article concernant l’absinthium, extrait de ‘’Viridarium reformatum, seu regnum vegetabile‘’ Volume 1 – page 459 du médecin allemand Michael Bernhard Valentini (1657-1729) paru en 1719. (Source plant-illustration)

 

 

Donc, le nom scientifique de ‘’notre‘’ Artemisia est :

 

                             Artemisia annua Lin. 1753

 

 

Signification du nom binominal de : Artemisia annua Lin

 

 

Le genre : Artemisia

 

Le mot Artemisia est un mot grec ‘’ἀρτεμισία‘’ qui signifie ‘’herbe d’Artémis‘’.

 

Ce nom a été donné, comme terme générique, à quelques herbes par le pharmacologue Pedanius Dioscoride (20/40-vers 90) de ce fait, on trouve à plusieurs reprises le nom d’Artémésia dans son œuvre titrée ‘’De Materia Medica‘’ (Περὶ ὕλης ἰατρικῆς - Peri hulês iatrikês) ; un ouvrage consacré aux plantes médicinales qui fit autorité absolue jusqu’à la Renaissance et qui après cette époque, sera ‘’complété‘’ et ‘’amélioré‘’ en fonction des observations des médecins, botanistes et pharmacologues qui se succéderont jusqu’au XVIIIe siècle, voire un peu au-delà.

 

D’après Pline l’ancien (23-79) ce serait en se référant à la reine Artémise II, une reine de l’ancienne cité grecque d’Halicarnasse en Carie (?-351 av. JC) sœur et épouse de Mausole roi de Carie que Pedanius Dioscoride aurait nommé ‘’Artémisia‘’ quelques-unes de ses herbes.

 

Cette Artémise de Carie, au décès de son mari (*) se serait, d’après l’historien et géographe grec Hérodote (Ἡρόδοτος) (480 av JC-vers 425 av JC) emparée tout à la fois du trône de Carie et de la fonction de tyran. A noter qu’Hérodote façonna une image d’Artémise II, comme étant un stratège et une guerrière accomplie. Cette Artémise II, était d’une ou deux génération(s) avant celle d’Hérodote.

 

(*) C’est cette reine qui fit construire, pour le repos éternel de son mari, le fameux mausolée d’Halicarnasse, l’une des sept merveilles du monde.

 

Outre Artémise II, il existait en Grèce plusieurs Artémise, ainsi par exemple en Tauride la population adorait une Artémise cruelle conduisant un char tiré par deux taureaux ; à Ephèse, il y avait une Artémise qui se livrait à l’amour sans retenue et nourrissait les hommes du lait de ses nombreuses mamelles. Mais la plus célébrée fut la déesse Artémis, déesse de la lune et de la chasse, et dont le nom signifiait : ‘’grande source d’eau‘’.

 

Artémis chez les grecs et Diane chez les romains, était la fille de Zeus, le dieu des dieux et de son amante Léto, Latone chez les romains, la fille duTitan Cœos et de la Titanide Phoibê.

 

Artémis naquit dans l’île de Délos le même jour que son frère jumeau, Apollon. Comme lui elle était belle, mais aussi chaste, vierge, ombrageuse et jalouse des talents qu’elle avait reçus à sa naissance. Alors avec une précision et une rapidité sans pareilles, elle criblait de flèches tous ceux qui ne la respectaient pas, et/ou prétendaient lui être supérieurs, mais, elle pouvait tout aussi bien ramener à la vie des êtres au seuil de la mort.

 

Cette herbe que Dioscoride appela donc ‘’Artémisia‘’, en se référant à ces différentes femmes nommées ‘’Artémis(e)‘’, dans nos contrées prit le nom d’armoise commune (Artémisia vulgaris) ou ‘’herbe de la saint Jean‘’. Le botaniste flamand Matthias de Lobel (1538-1616) la baptisa ‘’la mère des herbes‘’ (mater herbarum).

 

Il existe aussi une version selon laquelle Artémis viendrait d’un adjectif grec Artemix, signifiant ‘’sain et sauf‘’ ou ‘’en bonne santé‘’, mais avec le sens de ‘’l’herbe qui guérit les maladies‘’.

 

D’autres, poursuit Mathieu Aref, (*) rattachent phonétiquement son nom aux mots ‘’Artémès‘’ (puissamment bâtie) et à ‘’artamis‘’ des Spartiates (celle qui découpe).

 

(*) Mathieu Aref, est un historien contemporain né en 1938, et l’auteur du livre ‘’Les Pélasges Précurseurs de la civilisation gréco-romaine‘’.

 

 

L’espèce : annua

 

Le mot ‘’Annua‘’ comme on le devine est une contraction d’annuel et vient du latin ‘’annŭālis‘’. Ce mot fait donc tout simplement référence à la durée de vie de l’Artemisia dont le cycle de vie est d’une année.

 

 

L’abréviation : Lin

 

Linn est la norme abréviative de Carl von Linné (1707-1778). Ce pasteur et médecin Suédois était un passionné de botanique persuadé que la création était une œuvre entièrement aboutie ; autrement écrit que les espèces se reproduisaient sans évoluer.

 

Sa passion l’a conduit à entreprendre une classification des individus dont les plantes.

 

Sa classification basée sur le nombre d’étamines ne lui a pas survécu. Par contre, sa nomenclature binominale est toujours en vigueur.

 

La nomenclature binominale consiste à donner deux noms à tout nouvel individu afin de le différencier de tout autre.

 

Le premier nom est un nom générique, commun à plusieurs espèces, comme par exemple … Artemisia. C’est le nom de famille ou du genre.

Le second nom est un nom spécifique, propre à chaque individu, de façon à le différencier de ses pairs ou cousins. C’est comme un prénom, dans le cas présent il s’agit de ‘’annua‘’.

 

Quant à l’abréviation botanique elle sert à connaître le nom du descripteur ou du botaniste qui a découvert et répertorié en premier l’individu dont il question et ainsi éviter les doublons … voire beaucoup plus en certains cas, ce qui n’est pas le cas de l’artemisia annua Lin. ! ... 

 

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Les reines et les déesses qui donnèrent leurs noms au genre Artemisia :

 

Photo 1 : ‘’Histoire de la reine Artémise Ière‘’ ‘’Le char de la Chaise d’Or‘’ :

Une tapisserie de 6,14 m X 4,83 m de Henri Lerambert (v.1550-1608) d’après un dessin d’Antoine Caron.

Pour plaire à Catherine de médicine (1519-1589) veuve de Henri II (1519-1547) un certain Nicolas Houël (v.1524-1587) apothicaire et ordonnateur de travaux auprès de cette dernière, écrivit un long poème pour la glorifier. Dans cet écrit il comparaît Catherine de Médicis à la première reine Artémise de Carie en Asie mineur (Ve siècle av. JC). Le texte fut illustré par des planches de dessins. Le plus grand nombre de ces planches furent exécutées par le peintre du Roi Antoine Caron (1521-1599).

Photo 2 : Cette œuvre d’imagination, exposée au Louvre, s’intitule ‘’Diane de Poitiers chez Jean Goujon‘’ Elle est du peintre Alexandre-Evariste Fragonard (1780-1850) le fils du célèbre Jean Honoré Fragonard (1732-1806).

Il s’agit de Diane de Poitier (1500-1566) favorite de Henri III (1551-1589) qui vient voir l’avancement de la sculpture de Diane Chasseresse pour laquelle elle aurait posé. La sculpture en marbre, après avoir été au Château d’Anet, un cadeau d’Henri III à Diane, se trouve aujourd’hui exposée au rez-de-chaussée de l’aile Richelieu du Louvre sous le titre la ‘’Fontaine de Diane‘’.

Cette sculpture est attribuée tantôt à Benvenuto Cellini (1500-1571), Jean Goujon (v.1510-1572), et Germain Pillon (1528-1590). Ce qui est certain c’est qu’elle a été terminée entre 1799 et 1800 par Pierre Nicolas Beauvallet (1750-1818). Enfin, cerise sur le gâteau, Pierre Rosenberg (1936), conservateur au Louvre et auteur du ‘’dictionnaire amoureux du Louvre‘’ (2007) écrit que ‘’Diane de Poitiers ne peut-être en aucun cas le modèle de Diane chasseresse.

Photo 3 : La reine Artémise II (†350 av JC) étudie les plans des architectes pour la construction du mausolée d’Halicarnasse, destiné au repos éternel de son frère et époux. Ce mausolée deviendra l’une des sept merveilles du monde.

Cette tapisserie est exposée au palais Colonna de Paliano en Italie.

Le carton préparatoire a été exécuté par Francesco Rossi vers 1672.

La bordure a été dessinée par Giuseppe Belloni (1656- 1685) vers 1670.

Lorenzo Castellani et Lamberto della Mancia en ont été les tisseurs.

 

 

 

Les Synonymes de Artemisia Annua Lin. 1753

 

 

Linné n’a fait que reprendre la dénomination de Pedanius Dioscoride en l’adaptant à son système binominal, d’où ; Artemisia Annua.

 

 

Le Basionyme ou presque.

 

Petite définition : Le basionyme est le référent auquel se rattachent tous les autres noms donnés à un même individu par différents botanistes. Ces noms, si la description de leur individu correspond à celle de l’individu du dit basionyme, deviennent alors synonymes.

 

Artemisia Annua Lin 1753

Species Plantarum – Tome II – page 847 à 848

 

Synonymes :

 

1828 - 1 Artemisia hyrcana Spreng                     

1838 - 2 Artemisia exilis Fisch ex DC                  

1838 - 3 Artemisia plumosa Fisch ex DC            

1838 - 4 Artemisia suaveolens Fisch ex DC       

1846 - 5 Artemisia wadei Edgew                        

1876 - 6 Artemisia stewartia C.B. Clarke            

1887 - 7 Artemisia chamomilla C. Wickler           

1927 - 8 Artemisia annua f. macrocephala Pamp

 

Une variété selon le site Tropicos :

- Artemisia annua var. zelandica Lam.

Ency p 266

 

Précisions concernant les noms des botanistes cités ci-dessus.

et sur les ouvrages dans lesquels ont figuré pour la première fois ces dits synonymes.

 

- 1 Spreng = Kurt Polycarp Joachim Sprengel (1766-1833)                              

      Systema vegetabilium. Edt.16 - Vol.3 -page 494

 

- Artemisia exilis ex DC

- Artemisia plumosa ex DC

- Artemisia suaveolens ex DC

  de Friedrich Ernst Ludwig von Ficher (1782-1854) Ex Bess (1784-1842)                                                           

   Prodomus Systematis naturalis regni vegetabilis Vol.6 p 119

   Nomenclator Botanicua seu Synonymia plantarum – page 136

 

- Artemisia wadei                                                                       

   de Michael Pakenham Edgeworth (1812-1881)

  Transaction of the Linnean Society of London                                                                              

- Artemisia stewartii                                                                   

  de Charles Baron Clarke ( 1832-1906).

  Compositae Indica Descriptae et Secus Genera Benthamii Ordinatae Calcutta,      Bombay

   London - 163

 

- Artemisia chamomilla Winkler

  de Constantin Winkler (1848-1900).

  Trudy Imperatorskago S.Peterburgskago botanicheskago S-Peterburgskago sada

  Acta Horti Petrolitani – Vol.10 – Fasc. 1 - page 87 – Paru en 1887.

 

- Artemisia annua f. macrocephala                                             

  de Pampanini Renato (1875-1949).

  Nuova Giornale botanico Italiano (Nouvelle série) vol. 34 page 639

 

 Les origines françaises de l’Artemisia annua Lin.

L’armoise annuelle ou Artemisia annua a été introduite en Europe courant 1741. Les individus venaient de Sibérie orientale, (*) mais auraient pu tout aussi bien venir de Tartarie ou d’Arménie, voire du fond de la Turquie.

En Sibérie elle abonde dans les environs du lac Baïkal et plus particulièrement à l’Est de ce lac, dans la région de la Dahourie ou Transbaïkalie.

 

(*) L’artemisia annua fut décrite par Johann Georg Gmelin (1709-1755) dans son ‘’Flora Sibirica‘’ Vol.II page 125 article 108 intitulé : Artemisia radice annua.- paru en 1748.

 

En France on la trouve principalement en Provence et le long de la vallée du Rhône, ce qui semble indiquer qu’elle serait arrivée ‘’clandestinement‘’ par accident à Marseille suite à un déchargement d’une cargaison venant d’un port de la mer noire et qu’ensuite elle se soit propagée d’elle-même et parfaitement adaptée au sol de France.

 

Toujours est-il que le directeur adjoint du jardin botanique de Marseille, Honoré Roux, (1812-1892), en 1884 en découvre suffisamment, dans les environs de Marseille, pour demander à un ami pharmacien, Alphonse Autheman (1832-1913) d’en distribuer aux membres de leur société botanique de Provence afin de l’étudier. (*)

 

A noter qu’à cette époque le frère Anthelme, de son vrai nom Pierre Legay (1840-1909) en récolte à Aix en Provence et qu’à Grenoble le frère Robert Asclépiade (1830-1905) en a découvert le 6 novembre 1890 sur la rive droite du Drac, un affluent de l’Isère.

 

(*) Catalogue des plantes de Provence, spontanées ou généralement cultivées de Honoré Roux page 295 paru en 1891.

 

Par ailleurs, l’Artemisia annua s’est naturalisée d’elle-même, toujours dans la vallée du Rhône, à la croix-Morlon près de Monplaisir devenu aujourd’hui un quartier de Lyon. Selon Victor-Joseph Vivian-Morel (1843-1915) rédacteur en chef de la revue ‘’Lyon Horticole‘’, cette Artemisia se serait échappée du jardin d’un pépiniériste d’alors, Alphonse Alégatière (1821-1893) qui s’en servait pour faire des bordures à ses plates-bandes.

 

La suite de la colonisation de l’Artemisia, à défaut de la connaître, se devine. La plante trouve un terrain favorable et se développe faisant confiance aux vents pour le transport et l’ensemencement de ses graines.

 

 

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Les quelques rares gravures de l’artemisia annua Lin précédée d’une gravure d’Armoise Vulgaris.

 

Photo 1 : llustration XXXVII d’une armoise d’Europe appelée plus communément herbe de saint Jean ou Artemisia vulgaris.  Cette planche est suivie de quatre pages de texte et est extraite de ‘’Flore médicale‘’ Volume 1 de Messieurs François Pierre Chaumeton, (1775-1819), Jean-baptiste Joseph Tyrbas de Chamberet (1779-1870), Jean-Louis-Marie Poiret (1755-1834).

Ce volume paru en 1833 fut suivi de cinq autres (1835). Source (BHL – Biodiversity Heritage Library).

Photo 2 : Une rare planche de sciences naturelles présentant l’Artemisia annua – Annual Wormwood. Elle est extraite de ‘’Illustrated Flora of the Northern United States, Canada and the British possessions ‘’. Une œuvre de Nathaniel Lord Britton (1859-1934) et Hon. Addison Brown (1830-1913). Lord Britton a réuni les planches créées entre 1896 et 1898. Cette planche vient de la seconde édition du Volume 3 – page 526 – figure 4580 – paru en 1913. Source ( BHL – Biodiversity Heritage Library).

Photo 3 : Une illustration d’une Bylica roczna (Armoise ou Artemisia annua) de l’artiste peintre miniaturiste polonaise Waleria Tarnowska de Stroynowski (1782-1849).

                          

 

Description de l’Artemisia annua Lin.

 

 

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Photo 1 : Une armoise avec détails de la racine et des fleurs, mais qui ne précise pas l’espèce. (Peut-être une Artemisia vulgaris). Cette aquarelle découverte sur le Net est de Adolf Blaim ; un homme qui se dit prêtre des herbes (Kräuterpfarrer) et qui doit être à la tête d’un centre, le centre Karlstein (Zentrum Karlstein) à Thaya une commune de Basse Autriche. Pour en savoir plus : http://blog.kraeuterpfarrer.at/category/rezepte/

 

Les racines :

 

La racine de l’artemisia est dite pivotante.

 

La tige :

 

L’artemisia est une plante herbacée annuelle et odorante, dont la tige principale est généralement simple. Elle est droite, cylindrique, sillonnée-striée et glabre ; sa hauteur varie entre 0,50 à 1 mètre voire deux et parfois, mais très rarement 3 mètres.

Sur cette tige principale prennent naissance, à partir de la base, et en alternance de nombreux rameaux ce qui fait de l’artemisia annua une herbe très ramifiée.

 

 

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Les feuilles

 

Les feuilles sont recouvertes de fines soies et dites palmatiséquées, c’est-à-dire dont le limbe (texture de la feuille) est palmé et découpé en segments séparés par des échancrures importantes. Grosso modo, elles se constituent d’une penne principale à partir de laquelle croissent en alternance des pennes secondaires dont les feuilles mesurent entre 2 à 10 centimètres.

Les feuilles inférieures sont particulièrement pinnatipartites, c’est-à-dire pennées et divisées en segments séparés par des découpes plus larges que le milieu de chaque moitié du limbe.

Les feuilles supérieures sont plus simplement pinnatipartites, c’est-à-dire à lobes incisés-dentés comme pectinés selon le terme du botaniste suisse De Candolle.

 

 

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La fleur :

 

Les fleurs sont de couleur jaune et minuscules, leur diamètre se situe entre un et deux millimètres. Comme elles sont serrées les unes contre les autres elles forment des inflorescences qu’on appelle des capitules. Ces derniers sont brièvement pédonculés et parachèvent les bractées. Ces ‘’grappes‘’ ou ‘’épis‘’ de fleurs ou encore panicules, d’environ 15 cm de long sur 7 ou 8 de large sont alors bercées au gré des vents à l’extrémité de ces bractées et donnent de loin, l’impression d’une fleur unique, ce qui n’est pas le cas, comme cela vient d’être expliqué.

 

Chaque capitule est protégé par un involucre, qui se caractérise par une série de petites bractées (toute petite feuille) disposées en spirale et qui forment une espèce de collerette autour du capitule. Ces capitules se composent de deux types de fleurs, des fleurs centrales hermaphrodites (bisexuées), et des fleurs périphériques femelles.

 

Tandis que les fleurs centrales possèdent une corolle tubulaire à 5 lobes, et 5 étamines aux anthères courtes et soudées (poches à pollen) supportés chacune par un fin filet de forme triangulaire, les fleurs périphériques ont une corolle glanduleuse (pourvue de glandes) à 2 ou 4 lobes.

 

Dans un capitule le nombre de fleurs centrales bisexuées varie entre 10 et 30, alors que celui des fleurs périphériques femelles entre 10 et 178.

 

Chacune des fleurs femelles est fertile. Leur ovaire, doté d’une seule loge est dit uniloculaire ; situé sous la fleur, il est dit infère. De chacun de ces ovaires naîtra un seul et unique akène (fruit). Par contre, les fleurs hermaphrodites sont toutes stériles.

 

 

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Quelques spécimens d’akènes trouvés sur le Net.

 

 

Le fruit :

 

Les fruits sont des akènes ou akaines (*) indéhiscents, c’est-à-dire dont le péricarpe (gaine recouvrant la graine) ne s’ouvre pas spontanément à la maturité du fruit. Ces akènes de forme obovoïde et lisses sont glabres, finement striés et de très petites tailles, entre 1 et 5 millimètres de hauteur. Ils ne renferment qu’une seule et unique graine. Il y aurait dans un gramme de fruits d’Artemisia annua environ 12.000 akènes soit environ 12.000 graines.

Si ces akènes sont stockés dans de bonnes conditions ils peuvent encore germer après trois ans de conservation.

 

(*) le mot akène s’écrit aussi achène ou achaine. C’est le Genevois d’origine allemande Jacques Necker (1732-1804) ministre des finances de Louis XVI, et botaniste à ses heures, qui fut le premier à employer ce mot pour désigner certains fruits en général. Pour plus de précision le Français Louis Claude Marie Richard (1754-1821) n’a admis sous ce nom que les fruits dont la graine n’adhérait pas au péricarpe comme c’est le cas pour la graine de l’Artemisia annua.

 

 

La pollinisation de l’Artemisia annua Lin.

 

L’Artemisia annua Lin. est naturellement pollinisé par les insectes et le vent.

 

 

L’Artemisia annua Lin et ses qualités tinctoriales :

 

Les fleurs de l’Artemisia annua fournissent une couleur jaune appelée ‘’tschagan‘’. Ce produit sert à colorer l’Astracan et le maroquin, un type de cuir appelé aussi ‘’Sassian‘’. (*)

 

(*) ‘’Les plantes industrielles‘’ de Gustave Heuzé (1816-1907) paru en 1859 page 162.

 

Dans la Russie du Nord-Ouest de la mer Caspienne : ‘’… Un autre article de grande importance dans les tanneries, c’est le ‘’sassian‘’ ou maroquin … On y teint les sassians de trois couleurs, rouge, jaune et noire. … Les tatars de Kazan colorent leurs sassians jaunes ordinaires avec les fleurs de camomilles jaunes des ‘’anthémis tinctoria‘’ qu’ils ramassent sous le nom de ‘’sare tschetschiak‘’ c’est-à-dire fleurs jaunes … herbe de tschagan (*) (Artemisia annua ? ...) ... ‘’.

 

(*) ‘’Voyages du professeur Pallas dans plusieurs provinces de l’empire de Russie‘’  – Tome II – parution an II soit 1794).

 

(Nota) Kazan est une ville Russe située à 800 km de Moscou au confluent de la Volga et de la Kazanka. -  Le Tschagan ou Terkoul est aussi le toponyme d’une rivière qui s’écoule dans cette région.

 

 

 

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Quelques spécimens d’emballages, d’Artemisia annua, trouvés sur le Net.

(Ne voir, dans le choix de ces produits, aucune promotion particulière. Je ne suis consommateur d’aucun d’entre eux. Ils sont seulement représentatifs de ce qui se fait dans le domaine de la vente d’Artemisia annua.)

 

 

L’Artemisia annua Lin et ses qualités médicinales :

 

Attention : Les plantes médicinales ont des effets bénéfiques certains. Mais elles ne sont pas sans danger. Il y a des règles d’utilisation à respecter si l’on ne veut pas en être victime.

 

Les feuilles d'Artemisia annua ont des propriétés antiseptiques, digestives, et fébrifuges. Elles sont utilisées en interne comme en externe.

 

En interne :

Traditionnellement les infusions de feuilles sont utilisées pour traiter les diarrhées, la fièvre, les rhumes et, le paludisme appelé aussi malaria.

 

En externe :

Les feuilles sont également utilisées en application sur des abcès.

Ces différents savoir-faire tiennent de l’empirisme. Ils n’ont rien de rationnel et encore moins de scientifique. Pourtant … il suffit de les mettre en pratiques pour se rendre compte que les résultats sont probants et plus particulièrement en ce qui concerne la guérison du paludisme.

 

Concernant le paludisme des scientifiques ont étudié et analysé l’artemisia annua. Leurs travaux se sont soldés par la découverte de l’existence de plus de 400 composants dont plus de 20 avaient des qualités antipaludiques ! …. 

 

 

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Photo 1 & 3 : Estampes montrant des apothicaires chinois à l’œuvre.

Photo 2 : Le livre de médecine ‘’shennong-bencao jing‘’ (神農本草) de l’empereur Shennong, (神農) tel qu’on le trouve aujourd’hui.

 

L’histoire de l’Artemisia au travers des âges :

 

Tandis que dans le bassin méditerranéen, y compris l’Europe le ‘’De Materia Medica‘’ du pharmacologue Pedanius Dioscoride faisait autorité en matière de plantes médicinales, en Chine c’était le ‘’Shen Nung Pen Ts’ao‘’ (神农本草经) de l’empereur Shennong, (神農) qui tenait ce rôle, à la différence que l’ouvrage de l’empereur Shennong était plus ancien de quelques 2 ou 3.000 ans. (*) 

 

(*) Il est difficile de dater la période lors de laquelle a vécu l’empereur Shennong, si tant est qu’il ait réellement existé, car il appartient à la mythologie Chinoise … alors ? … on peut tout imaginer ! …

 

Cependant, dans le cas d’une existence avérée, comme la première dynastie ‘’chinoise‘’, celle des Xia aurait régné de 2070 à 1600 av. JC. cela signifierait que cet empereur aurait vécu 2 ou 3.000 ans, au moins, av. JC. ?! …

 

L’original de son œuvre n’existe plus, et pour cause. De ce fait la prose de l’empereur Shennong aurait été retranscrite, voire … modifiée, par des médecins exerçant sous la dynastie des Han (période allant de 25 à 220). Le titre de ce livre mythique apparaît pour la première fois dans les travaux d’un médecin taoïste ‘’Tao Hongjing‘’ (陶弘景) qui exerça sous la dynastie des Liang (502-556).

 

L’empereur Shennong, (神農) est aussi connu sous le nom de Yandi. Avec le temps et les légendes il est devenu un véritable dieu et aurait été le rédacteur du plus ancien livre consacré aux plantes médicinales, à savoir le ‘’Shennong bencao jing‘’ (神農本草) ou le ‘’Shen Nung Pen Ts’ao‘’ (神农本草经) ce qui pourrait se traduire par ‘’Le classique de la matière médicale du Laboureur (*) Céleste Shennong‘’.

 

(*) Laboureur parce qu’on attribue à Shennong l’art d’avoir enseigné l’agriculture aux hommes et inventé … la charrue.

 

Dans son livre de plantes médicinales Yandi aurait répertorié 365 ou 375 plantes médicinales, qu’il aurait lui-même expérimentées.

 

Avec le temps, les écrits ‘’originaux‘’ de Shennong ont disparu ; mais au cours du premier siècle de notre ère, qui correspond à la renaissance des Han orientaux, (57- vers 150) l’âge d’or de cette dynastie (206 av JC – 220 apr. JC), circulaient des livres portant encore l’intitulé de ‘’Shennong bencao jing‘’. Etaient-ce des copies de l’original ou des travaux de médecins d’alors, nul ne peut dire.

 

Toujours est-il que dans un livre de cette époque, ou plusieurs (?) il était fait référence à trois plantes ayant pour caractéristiques de cicatriser des plaies, de combattre des fièvres intermittentes et d’assurer une certaine longévité. Ces plantes portaient les noms de Cao Hāo (草蒿), Qīng Hāo (青蒿) et Fāng Kuὶ (方溃). (*)

 

(*) Ces trois plantes sont aujourd’hui répertoriées sous les noms de : d’Artemisia sphaerocephala.Krasch pour la Cao Hāo, d’Artemisia apiacea Hance pour la  Qīng Hāo‘’ (青蒿) et d’Artemisia annua pour la Fāng Kuì (). Fāng Kuì serait un autre nom chinois pour désigner l’Artemisia annua Lin mais je n’ai rien trouvé le prouvant vraiment ?! ….

 

Ces trois noms se retrouvent dans le compendium (Résumé) d’un Materia Medica rédigé sous la dynastie Ming (1368-1644) par le grand médecin herboriste Lĭ Shίzhēn (李時) (1518-1593)

 

Nota : Le plus ancien écrit concernant l’utilisation thérapeutique de la Qīng Hāo (青蒿) (l’Artemisia apiacea), date d’avant 168 av. JC. Il a été trouvé en 1971, à Mawangdui près de Changsha dans le Hunan, dans la tombe de Madame Daï, ou ‘’Xin Zhu‘’ () une très riche femme vivant à la ‘’belle‘’ époque de la dynastie Han (206 av. JC – 220 apr. JC).

 

Il s’agit d’un rouleau de soie énumérant 52 types d’affections, dont les hémorroïdes et plusieurs genres de fièvres, que la Qīng Hāo soignait.

 

 

Quelques années plus tard, en 340 sous la dynastie des Jin (265-420) un certain Gé Hóng (葛洪) (283-343) auteur du livre de médecine ‘’Zhǒu Hòu Bèi Jí Fāng‘’ (肘后备急方) (traité de prescription urgente) écrit dans l’une de ses rubriques qu’en cas de fièvres intermittentes le patient se devait d’ingérer du jus de Qīng Hāo (青蒿), mais sans qu’il soit fait allusion au paludisme. Cependant l’artemisia, dès cette époque, et sans doute avant, est citée en tant que remède. Un remède à prendre, est-il précisé, sous forme de pilules, de décoction ou de boisson, de poudre et de vin.

 

C’est encore vers cette époque, ou peut-être un peu avant, que les chinois découvrirent les vertus insecticides de la Qīng Hāo (青蒿) en ayant recourt à la fumigation. Cette pratique consiste à faire brûler des feuilles de Qīng Hāo autour des habitats pour en éloigner, voire éliminer, toutes sortes de nuisibles.

 

En ces temps-là, et bien avant, Gé Hóng et ses confrères, pratiquaient une médecine traditionnelle quelque peu … ‘’anarchique‘’. Chaque praticien opérait selon son bon sens, son expérience, voire ses intuitions. Il agissait pourrait-on dire en électron libre ce qui favorisait chez certains médecins toutes sortes de dérives, voire d’abus.

 

Avec l’avènement de la dynastie des Sui (581-618), pour la première fois au monde, la médecine va être institutionnalisée. Car les empereurs Sui (*) mettent en place une académie impériale de médecine, la ‘’Taiyi shu‘’ (太醫署) (**).

 

(*) Les empereurs en question sont : Suí Wéndì (隋文) ou yáng jiān (Yang Jang) () (541-581-604) le fondateur de la dynastie, et son successeur, son fils, Suί-Yángdi (隋煬) ou Yáng Guǎng (楊廣) (569-604-618).

(**) L’Académie impériale professait quatre grandes disciplines : 1/ ‘’yishi‘’(醫師) (médecine et pharmacothérapie) 2/ ‘’zhen shi‘’(針師), (acupuncture) 3/ ‘’anmoshi‘’ (按摩師) (massothérapie) et 4/ ‘’jinzhoushi‘’ (禁咒師) (exorcismes).

 

 

Au sein de cette académie les lettrés vont sélectionner les textes à enseigner, former des médecins, et les certifier. Par ailleurs, les médecins d’états ‘’taiyi ling‘’ (太醫令), indépendants de l’académie, vont former d’autres médecins à cinq spécificités médicales. (*)

 

(*) Les médecins d’états formaient 1/ aux soins corporels dits tiliao (體療) - 2/ aux soins chirurgicaux (abcès et tuméfactions) dits chuangzhong (瘡腫) – 3/ aux soins pédiatriques dits shaoxiao (少小) – 4/ aux soins otorhinolaryngologique, ophtalmologiques et dentaires dits er mukou chi (耳目口齒) et – 5/ aux soins de saignées au moyen d’une corne dits Jiaofa (角法).

 

Ce sont aussi ces empereurs qui vont faire compiler tous les savoirs médicaux connus depuis la nuit des temps en Chine. Cette opération sera supervisée par le médecin impérial Cháo Yuánfāng (巢元方). Cette compilation d’exception et encore inédite va compter au final, pas moins de 2.600 volumes et s’intituler : ‘’Sihai Leiju Fang‘’ (四海类聚方) (Collection de toutes les recettes du pays entier). (*)

 

(*) Au VIIe siècle de nombreux Japonais viendront étudier la médecine en Chine ; et en 608 l’étudiant japonais Ono no Imoko (小野 妹子) retournera dans son pays en emportant le ‘’Si Hai LeiJu Fang‘’.

 

 

 

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Photo 1 : Une des nombreuses représentations de Gé Hóng (葛洪) (283-343) (*). Ce grand maître taoïste est aussi connu sous le nom de Zhichuan (葛稚川移), et le surnom de Bao Puzi (抱朴子). Il est originaire du comté de Jurong, dans la province du Jiangsu.

Gé Hóng fut tout à la fois un théoricien religieux mettant en parallèle le confucianisme et le taoïsme et un scientifique engagé étudiant l’alchimie et la médecine. Il fut aussi celui qui osa remettre en cause les écrits des anciens.

(*) Ne pas être très regardant sur les dates. Elles varient selon les auteurs mais ce n’est Gé Hóng qui risque de le leur reprocher.

Photo 2 : Une statue en bronze de Gé Hóng (葛洪) de la dynastie Jin (265-420) (*)

(*) La dynastie Jin est une suite deux dynasties, celle de l’Ouest (265-317) à la quelle succède celle de l’Est (317-420)

Photos 3 : ‘’Un portrait de Gé Hóng (葛洪)‘’ Une œuvre d’imagination de l’artiste Zhou Chuan-fa (周传发) du collège des arts de Chine, des trois Gorges – Université de la ville de Yichang (Itchang) dans l’Ouest de la province de Hubei. Il s’agit d’une peinture à l’huile de 70 X 70 cm.

 

 

Le médecin impérial Cháo Yuánfāng (巢元方) (550-630) (*) a aussi dirigé et participé à l’édition d’un traité d’exception, le ‘’traité sur les causes et les symptômes des maladies‘’ (‘’Zhūbìng yuánhòu zǒnglùn‘’) (諸病源候總論). Un traité en 50 volumes qui aborde 1.700 syndromes et les classe en 67 catégories. Ce traité est parvenu jusqu’à nos jours.

 

(*) On connaît si peu de la vie de Cháo Yuánfāng que, à mon avis, les dates de 550 et 630 sont très peu fiables ! …

 

 

Le ‘’Zhūbìng yuánhòu zǒnglùn‘’ est une œuvre originale sans précédent parce qu’au lieu d’être une revue de maux et de remèdes, il décrit l’origine des maux et leurs symptômes, ce qui n’avait jamais été fait auparavant. L’ouvrage sera présenté à l’empereur Suί-Yángdi courant 610.

 

Notons au passage que les armées de l’empereur Suí Wéndì, le fondateur de la dynastie Sui et le père de Suί-Yángdi, lors de la campagne ‘’Linyi-Champa‘’ (*) vit son armée décimée par le paludisme en pays Champa. Aucun texte, concernant cette hécatombe soldatesque ne parle d’un éventuel recourt à la Qīng Hāo (青蒿)

 

(*) Le Champā ou Tchampa était un pays voisin du royaume Khmer, et constamment en guerre avec lui. Le Tchampa occupait alors le centre et le sud du Viêt-Nam actuel.

 

Sous la dynastie des Sui et au début de celle des Tang (618-907), un grand maître de pharmacologie, c’est d’ailleurs ainsi qu’on l’appelait, marqua son temps : Sūn Sīmiǎo (孫思邈) (581 - 682). Cet homme est l’auteur, entre autres, de deux œuvres importantes, le ‘’Bèijí qiānjīn yàofāng‘’ (備急千金要方) (Prescriptions essentielles d'urgence valant mille pièces d’or) et de sa suite, le ‘’Qiānjīn yìfāng‘’ (千金翼方) (Supplément aux prescriptions valant milles pièces d’or). (*)

 

(*) Le titre quelque peu … interrogateur, voire provocateur ? … de ses œuvres se rapporte au fait que Sūn Sīmiǎo attachait le plus grand prix à la vie, et disait qu’une vie humaine valait bien plus que mille liangs d’or (Qian Jin), ou mille pièces d’or selon la traduction.

Les deux livres comptent 30 volumes, détaillent 232 sujets et livrent 5.300 prescriptions.

 

 

En 659, à la demande de l’empereur Tang Gaozong (唐高宗) (628-649-683) le premier codex pharmaceutique (*) le Táng běncǎo (唐本草) (matière médicale des Tang) va voir le jour.

 

(*) Dans le cas présent, le codex est un recueil officiel listant toutes les formules pharmaceutiques, ainsi que les médicaments prescrits.

 

 

Durant quelques siècles la Qīng Hāo va, vraisemblablement, se retrouver transcrite d’un livre à l’autre. Car de grands pharmacologues vont poursuivre la tâche de leurs aînés et éditer de nouveaux ouvrages.

 

L’un de ces ouvrages, d’une importance et d’une qualité encore jamais égalés, ‘’les Prescriptions paisibles et sacrées‘’, ‘’Tai Ping Sheng Hui Fang‘’ (太平和劑局方) (*) paraît en mai 992 après 14 ans de mise en œuvre, de 978 à 992.

 

(*) L’œuvre a été supervisée par Wang Huaiyin (王懷) (environ 925-997) en collaboration avec Wang You (王祐) Zheng Qi () et Chen Zhaoyu (昭遇) tous de fervents taoïstes. Cette grande œuvre collective compta 100 volumes, 1670 catégories et 16.834 prescriptions.

 

Les deux premiers empereurs de la dynastie des Song du Sud (960-1126) en ont été les commanditaires et le deuxième d’entre eux, Song Taizong (趙光義) (939-976-997) en a fait la prescription des prescriptions à portée universelle (*) ; car les lettrés furent chargés de sa diffusion auprès du plus grand nombre, de l’application de ses préceptes et de leur vulgarisation.

 

(*) Le développement et surtout la ‘’modernisation‘’ de l’imprimerie est aussi à prendre en compte ! … Universelle se rapporte à l’empire y compris les pays voisins … bien évidemment.

C’est ainsi que, dans le cadre de cette … universalité, l’empereur Song Zhenzong Zhao Heng (968-997-1022) fit don à deux reprises du ‘’Tai Ping Sheng Hui Fang‘’ au royaume de Goryeo (Aujourd’hui la Corée du Sud et du Nord) ; et que le Tai Ping Sheng Hui Fang se propagea avec succès au japon.

 

 

Ce chef d’œuvre a été à l’origine d’une importante remise en ordre, ainsi par exemple des noms ont été donnés à d’anciennes prescriptions qui n’en avait pas, des conseils sont prescrits concernant l’hygiène à pratiquer à la suite des accouchements etc … etc …

 

 

Un autre ouvrage tout aussi important de cette époque, et qu’il ne faudrait surtout pas passer sous silence, est celui d’un ‘’touche à tout‘’ génial, l’extraordinaire et incomparable Sū Sὸng Feng Zhao (蘇頌奉詔) (1020-1101).

 

Cet homme, (*) tout à la fois architecte, astronome, cartographe, géologue, horloger, inventeur, pharmacologue, poète, politicien, scientifique, a été le premier à dire et à écrire dans ses ‘’figures de la matière médicale‘’  ‘’Bencao Tú jīng‘’ (本草圖經) paru en 1062 que la Qīng Hāo est le médicament le plus adéquate contre la fièvre en général, et les fièvres intermittentes en particulier.

 

(*) Sὸng a connu les plus grands honneurs, comme premier ministre, et les plus grandes déchéances comme la prison. Il a résolu des transports d’eau, fabriqué un observatoire et des ‘’machines‘’ astronomiques, et surtout inventé une horloge dont la sophistication dépasse l’entendement.

 

Sous la dynastie des Song du Sud (1127-1279) cette fois, paraît en 1117, après 6 ans de labeur, un ouvrage collectif titré : ‘’Encyclopédie impériale de la médecine‘’ ou encore, ‘’Collection générale du soulagement sacré‘’ (*) (Sheng Ji Zong Lu) (聖濟總), où il est question d’une décoction de Qīng Hāo.

 

(*) ‘’L’encyclopédie impériale de la médecine‘’ ou le ‘’Recueil d’ordonnances pour le soulagement divin des souffrances‘’, fut un véritable monument puisqu’il comptait 200 volumes et traitait de nombreuses spécialités médicales comme, par exemple : l’acupuncture, la chirurgie, les élixirs de vie, la gynécologie, la médecine interne, la pédiatrie, les régimes, etc … etc … 20.000 ordonnances y figuraient aussi. En raison des pillages et des mises à sac que connu la Chine il ne reste plus aujourd’hui que 26 volumes sur les 200.

 

 

Alors que la dynastie des Song s’est éteinte depuis quelques années, en 1347 paraît des ‘’méthodes essentielles du Maître de Danxi‘’, ‘’Danxi xin fa‘’ (丹溪心法) (*) ; un joyau de cinq volumes parmi de nombreuses autres publications moins volumineuses de ce Maître médecin où, dans l’une d’entre elles, il est fait mention de pilules de ‘’Jie Nue 潔裸 Qīng Hāo‘’.

 

(*) Le Maître de Danxi ou Zhu Danxi ou Zhu Senheng (朱震亨) (1281-1358) s’écrit aussi Chu Chen-Heng. Il s’agit d’un très grand médecin originaire de Jinhua () aujourd’hui Yiwu (义乌), une ville de la province côtière du Zhejiang, située au sud de Shanghai. Il doit son pseudo de Danxi parce qu’une rivière de ce nom passait près de chez lui.

L’œuvre en question n’a pas été écrite par le Maître lui-même mais par ses élèves qui éditèrent ses cours en 1347. Plus d’un siècle plus tard, en 1481 les méthodes essentielles du Maître de Danxi ou de Zhu Senheng furent rééditées sous la plume d’un certain Cheng Chong (程充) (1433-1489) après avoir été corrigées et complétées de nouveaux apports.

 

 

 

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Photo 1 : Une gravure sur bois du roi de la médecine de son temps Sūn Sīmiǎo (孫思邈) (581 - 682) de la dynastie Sui (581-618) gravée par le médecin Gan Bozong (甘伯宗) de la dynastie Tang (618-907). Une dynastie qui compta plus de 120 médecins célèbres. Sūn Sīmiǎo est souvent représenté auprès d’un tigre parce qu’il avait la réputation de soigner les dragons et les tigres. Ainsi, c’est pour avoir guérit un tigre que ce fauve lui fit allégeance et l’accompagna fidèlement, portant son panier d’herbes et sa petite houe pour creuser le sol.

Photo 2 : Deux pages du ‘’livre des croquis‘’ (本草图经), la toute première édition officielle d’une encyclopédie gravée en 20 volumes, de la pharmacologie de toute l’histoire de la Chine. Cette œuvre titanesque a été menée à son terme en 1061 par le célèbre Su Song Fengshao (蘇頌奉詔) (1020-1101) un touche-à-tout génial.

Photo 3 : Un portrait, parmi tant d’autres, du Maître de Danxi ou Zhu Danxi ou Zhu Senheng (朱震亨) (1281-1358)

 

 

Sous la dynastie Ming (1368-1644), parait : Prescription pour le soulagement universel ‘’Pu Ji Fang‘’ (普济方). Il s’agit d’une œuvre en 168 volumes, dont l’édition se fera sous les bons auspices du cinquième fils de l’empereur Ming Hongwu (洪武) (Zhu Yuanzhang) (1368-1398) le fondateur de la dynastie des Ming.

 

Cette œuvre colossale (*) parue en 1406 est la plus complète collection d’herbes jamais réalisées. Teng Shuo (滕硕) Liu Chun (刘醇等编) et Zhu Lu (朱橚) (?-~1425) le cinquième fils de l’empereur, en furent les principaux auteurs. Ces derniers mentionnèrent dans leurs formules de la poudre de Qīng Hāo, et des pilules de “Qu Nue Shen Ying”

 

(*) Prescription pour le soulagement universel est le plus grand livre de ce genre de l’histoire de la Chine. Il contenait 61.739 formules 2.175 catégories, 778 méthodes et 239 illustrations. Mais il ne reste plus aujourd’hui que quelques volumes.

Le prince Zhu Lu avait créé dans sa résidence de kaifeng un jardin pour observer un certain nombre de plantes sauvages.

 

 

Toujours sous la même dynastie, celle des Ming, un traité d’herbologie, rédigé entre 1552 et 1578 le ‘’Běncǎo gāngmù‘’ (本草纲目) ou ‘’Compendium de Materia Medica‘’ donne une description de la Qīng Hāo et ressort de l’oubli les modes préparatoires préconisés naguère par Gé Hóng (葛洪) (283-343).

De ce fait diverses préparations, quelque peu éloignées de la formule initiale furent alors concoctées comme des décoctions, des liqueurs, des pilules, de la poudre, et même un vin de Qīng Hāo. 

 

(*) Le ’Běncǎo gāngmù‘’ est aussi écrit ’Pen-ts’ao Kang-mou.

 

 

Ce ‘’grand traité d’herbologie‘’ (*) qu’est le ’Běncǎo gāngmù a été réécrit à plusieurs reprises. Li Shi Zhen, (李時珍) (1518-1593) son auteur était fils et petit-fils de médecins, et s’appuyait tout à la fois sur sa propre expérience et sur celles de ses illustres prédécesseurs pour rédiger ses textes.

 

Ses ouvrages, car son traité d’herbologie en est un parmi de nombreux autres, ont été édités après sa mort à la demande de l’empereur Ming Shenzong ou Zhu Yijun (朱翊鈞) (1563-1572-1620) et par ses fils, Tchong, Yuan (magistrats) Fang (médecin) et son petit-fils Li Chou-tsong de 1593 à 1596.

 

(*) Cet ouvrage monumental sur lequel Li Shi Zhen consacra 30 années de sa vie décrit 1892 drogues, contient plus de 1000 illustrations et plus de 10 000 formules.

 

Comme écrit ci-dessus, Li Shi Zhen a aussi à son actif de nombreux autres ouvrages dont le Sphygmologie de Binhu ‘’Bīnhú màixué‘’ (瀕湖脈學) paru en 1564 et l’Étude des huit méridiens particuliers ‘’Qíjīng bāmài kǎo ‘’ (奇經八脈考) éditée en 1572.  

 

 

Comme rien n’est éternel, à la dynastie Ming succéda celle des Qing dont le terme fut l’avènement de la révolution de 1911.

Les Qing doivent leur chute pour avoir été incapable de réformer leur système afin de s’adapter au monde moderne. Leurs successeurs, des républicains, contrairement à eux, vont s’employer à faire table rase du passé et peut-être un peu brutalement ce qui va provoquer des réactions.

C’est ainsi qu’à Nankin, le 25 février 1929, le docteur Yu Yunxiu (*) fait adopter une motion pour l’abolition de la médecine traditionnelle chinoise, que dès le 26 février le ‘’Shangaï new‘’ rend public.

 

(*) Yu Yunxiu (餘雲岫) (1879-1954) est né à Yuyan un village de la province de Zhejang au sud de Shanghaï. Durant sa jeunesse il étudie la médecine traditionnelle et à l’âge de 30 ans en 1909, va suivre des études à l’université médicale d’Osaka au Japon.

Lorsque la révolution éclate, avec ses amis, il interrompt ses études, rentre en chine et s’engage comme ambulancier.

Par la suite, Yu Yunxiu entre au sein du gouvernement. Là il veut mettre en place une médecine moderne calquée sur celle de l’occident. Alors Yu Yunxiu, n’aura de cesse qu’à discréditer la médecine traditionnelle chinoise qu’il connait, et qu’il a exercée mais dont il estime qu’elle freine la mise en place d’une institution médicale moderne.

Cependant, contrairement aux apparences, Yu Yunxiu pendant une bonne quinzaine d’années va chercher des concordances entre la médecine chinoise et la médecine occidentale sur une même pathologie. Il éditera les fruits de ses recherches et de nombreux autres écrits médicaux.

Après 1949 Yu Yunxiu poursuivra ses travaux au sein du régime communiste et s’éteindra en 1954 à l’âge de 74 ans à l’hôpital de l’université de Tongji de Shangaï en laissant son corps à la médecine. Ce qui sera sa dernière contribution à la cause de la médecine moderne.

 

C’était sans compter sur la réaction du peuple, très attaché à ses traditions en général, et à sa tradition médicale en particulier ; ainsi que sur l’influence qu’exerçait sur lui les médecins pratiquants cette médecine traditionnelle. (*)

 

(*) La motion s’intitulait : ‘’Motion pour l’abolition de la vieille médecine afin d’éliminer les obstacles aux soins médicaux et à la santé publique‘’ – (feizhi jiuyi yi saochu yishi weisheng zhi zhangai an) (廢止舊醫以掃除醫事衛生之障礙案)

 

Il s’agissait : 1/ d’interdire aux médecins traditionnels et indépendants d’exercer. 2/ de mettre en place une formation auprès des médecins traditionnels déclarés, 3/ d’interdire aux médecins traditionnels de diagnostiquer et de traiter les maladies infectieuses et de délivrer des certificats de décès, 4/ d’interdire aux magazines de promouvoir une médecine non scientifique.

 

Toujours est-il que le 17 mars 1929 un grand rassemblement se tint à Shanghai, pour manifester contre cette interdiction concernant la médecine traditionnelle. Alors Sun Zhongshan (*) et son gouvernement firent marche arrière et depuis, le 17 mars est devenu la fête de la médecine traditionnelle.

 

(*) Sun Zhongshan est le nom chinois de Sun Yat-sen () (1866-1925). Il était lui-même médecin et obtint son diplôme de médecine à l’institut de la médecine occidentale de Hong Kong en 1892. Il avait alors 26 ans. Sun Yat-sen était aussi écrivain.

Tout en faisant ‘’marche arrière‘’ dans les mois qui suivirent les républicains poursuivirent leur politique de santé et mirent en place une professionnalisation, une institutionnalisation et une scientifisation de la médecine dont leurs ‘’successeurs‘’ se diront les initiateurs alors qu’ils n’en auront été que les héritiers ?! ...  

 

 

En 1949 les communistes vont prendre la suite du Guomindang, et hériter de leur système médical auquel ils vont réintégrer, en la revisitant pour éliminer entre autres, démons et superstitions, la médecine traditionnelle interdite par leurs prédécesseurs. Alors des thérapies comme l’acupuncture, la moxibustion et la phytothérapie, (*) vont retrouver droit de cité et bénéficier des apports dus aux techniques modernes.

 

(*) L’acupuncture ou acuponcture consiste à planter des aiguilles en des points précis du corps pour soigner certaines déficiences. La moxibustion, à la différence de l’acupuncture remplace les aiguilles par un moxa chauffant pour envoyer de la chaleur dans le corps et soigner ainsi certains maux. La phytothérapie, comme son nom l’indique, consiste à soigner en ayant recourt aux plantes sous différentes formes, cataplasmes, décoctions, infusions etc … etc …

 

 

Mais, en remettant en scelle la ‘’médecine traditionnelle‘’ Mao Zedong (毛澤東) (1893-1976) n’avait d’autre objet que de créer une médecine chinoise spécifique dont les remèdes guériraient aussi bien, voire mieux que leurs correspondants occidentaux, et, à moindre prix. Il s’agissait alors de faire de la médecine chinoise une structure médicale hautement compétente dans le domaine des sciences médicales mondiales.

Cette spécificité médicale chinoise va faire ses preuves grâce, ou à cause, c’est selon, du paludisme.

 

 

 

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Photo 1 : Un portrait de Zhu Sù (Lu) (1361-1425) prince de Wu puis prince de Zhu, le cinquième fils de l’empereur Ming, Taizu Zhu Yuanzhang. Zhu Sù dirigea l’édition de ‘’Pu Ji Fang‘’ (普济方), ‘’Prescription pour le soulagement universel‘’ une œuvre en 168 volumes.

Photo 2 : Un portrait de Li Shi Zhen, (李時珍) (1518-1593) l’un des quatre plus grands et plus célèbres scientifiques médicaux, pharmaciens et naturalistes avec Bian Que (扁鹊), Hua Tuo (华佗) et Zhang Zhongjing (张仲景) ayant exercés sous la dynastie des Ming (1368-1644).

Le Chef-d’œuvre de Li Shi Zhen fut, comme écrit plus haut, son "Compendium of Materia Medica" ou ‘’Běncǎo gāngmù‘’ (本草纲目) qui lui demanda 27 ans d’un travail sans répit et dans lequel il donne une description de la Qīng Hāo et ressort de l’oubli les modes préparatoires préconisés naguère par Gé Hóng (葛洪) (283-343).

Photo 3 : Le docteur Yu Yunxiu (餘雲岫) (1879-1954) qui après avoir étudié la médecine traditionnelle chinoise, puis la médecine occidentale et rejoint les républicains, fit adopter à Nankin, le 25 février 1929, une motion pour l’abolition de la médecine traditionnelle chinoise. Ce qui eut pour effet de soulever un tollé général à Shanghai.

 

 

Le paludisme :

 

Le paludisme, appelé aussi Malaria ou Fièvre des marais est une maladie due aux parasites du genre ‘’Plasmodium‘’. (*) Ces parasites sont unicellulaires et ‘’seulement‘’ cinq de leurs espèces provoquent le paludisme.

 

(*) Ces cinq espèces, parmi plus de 150 espèces répertoriées à l’heure actuelle sont : le Plasmodium falciparum qui est le plus virulent et le plus répandu avec le Plasmodium vivax ; suivent le Plasmodium ovale, le Plasmodium malariae, et le Plasmodium Knowlesi.

 

Lorsque ces Plasmodiums pénètrent dans le corps humain ils atteignent le foie et y demeurent le temps nécessaire pour arriver à maturité. Car c’est à leur maturité qu’ils attaquent les cellules sanguines et cause la maladie.

 

La fièvre, une grande fatigue, des maux de tête, des troubles digestifs, des vomissements et des douleurs musculaires sont les symptômes caractéristiques du paludisme.

 

Le Paludisme peut se transmettre d’individu à individu suite à une transfusion, implantation d’organe, ou partage d’une seringue contaminée.

 

Le paludisme est mortel lorsque les parasites atteignent le cerveau, provoquent un œdème pulmonaire, une grave anémie ou une hypoglycémie.

 

 

En 1878 le médecin britannique Sir Patrick Manson (1844-1922) est le tout premier à émettre l’hypothèse que le paludisme pourrait être transmis par un moustique du genre Culex.

 

En 1879, le médecin allemand Theodor Albrecht Edwin Klebs (1834-1913) (*) et le médecin et parasitologiste italien Ettore Marchiafava (1847-1935) font savoir qu’ils ont trouvé l’agent responsable du paludisme.

 

(*) Edwin Klebs découvrit en 1883 le bacille de la diphtérie.

 

 

En 1880 le médecin militaire français, Charles Louis Alphonse Laveran (1845-1922) identifie, alors qu’il était à Constantine en Algérie, le parasite protozoaire responsable du paludisme, ce qui lui vaudra le prix Nobel de médecine en 1907.

 

Quelques années plus tard, un anglais de l’armée des Indes britannique, Ronald Ross (1857-1932), alors en Inde, découvre en juillet 1897 que le parasite responsable du paludisme est présent dans les intestins de moustiques disséqués. Un an plus tard il fait une autre découverte, à savoir que le parasite du paludisme est stocké dans la glande salivaire du moustique, et libéré par la piqûre. Ces constatations permirent d’expliquer comment le paludisme se transmettait à l’homme. Ronald Ross se verra décerner le prix Nobel de physiologie et de médecine en 1902. Il sera le premier lauréat du Nobel né hors d’Europe.

 

Ce sont donc les moustiques porteurs d’un parasite du genre Plasmodium qui propagent le paludisme en piquant leurs victimes pour s’abreuver en sang.

 

 

Les moustiques :

 

Les moustiques (*) ou maringouins appartiennent à la famille des Culicidae ou Culicidés ; laquelle compte à l’heure actuelle 111 genres et 3.546 espèces. Leur nom de famille a été formé à partir du genre type créé par Linné en 1758, à savoir le genre ‘’Culex‘’ qui vient du latin aculeus signifiant ‘’aiguillon‘’.

 

(*) Le nom vernaculaire de moustique vient de l’espagnol mosquito, qui signifie petite mouche, et qui dérive du latin mŭsca qui désigne une … mouche.

 

 

Le moustique qui transmet le paludisme appartient au genre anophèle, (*) l’un des 111genres de la famille des culicidés. Ce genre appelé anophèle est le seul et unique genre dont certaines espèces sont vectrices du paludisme ; sur les 454 espèces qu’il réunit, 68 ‘’seulement‘’ transmettent le Plasmodium à l’être humain.

 

(*) Le genre anophèle a été créé en 1818 par l’entomologiste allemand Johann Wilhelm Meigen (1764-1845) ; c’est un mot qui vient du grec ancien ‘’anôphelês‘’ qui veut dire ‘’nuisible‘’.

 

Les moustiques qui prolifèrent en extrême orient et plus particulièrement en Thaïlande (région de Kanchanaburi & Tak) et en Birmanie (état Môn) portent le nom scientifique de ‘’anophèles Kyondawensis Abraham 1947.

 

Il s’agit d’une espèce unique du ‘’sous-genre Baimaia (*) Abraham‘’ identifié en 1947 par l’entomologiste Hollando-argentin Abraham Willink (1920-1998) et dont le sous-genre relève du genre anophèle.

 

(*) L’étude phylogénétique du sous-genre Baimaia a été reprise par Harbach et Kitching en 2005 et 2016. Les résultats de la deuxième étude, plus poussée, ne confirment pas ceux de la première ?! …

 

Sans entrer dans les détails, les espèces qui vont suivre transmettent la forme la plus virulente du paludisme (Le plasmodium falciparum) et prolifèrent dans le Sud-est Asiatique y compris le nord-est de l’Inde, et le Bangladesh : Anophèle dirus (Peyton & Harrison 1979) – A. nemophilous (Peyton & Ramalingam 1988) – A. takasagoensis (Morishita 1946) – A. crascens – A. scanloni – A. baimaii – A. elegans.

 

Des moustiques comme :

L’aedes aegypti transmet la fièvre jaune (typhus amaril) et la dengue

l’Aedes albopictus (moustique tigre) transmet le chikungunya et la dengue.

 

 

Il y a encore peu de temps les entomologistes précisaient que seule les femelles moustiques transmettaient le paludisme à condition d’avoir été fécondées. En effet, ces dernières ne piquent qu’après s’être accouplées parce qu’elles ont besoin de sang dont les protéines sont indispensables au développement de leurs œufs et, non pour se nourrir, même si l’on dit que les femelles moustiques sont hématophages.

 

Les moustiques mâles et femelles se nourrissent de nectar.

 

Une femelle moustique vit environ deux mois et pond jusqu’à 5 portées d’environ 150 œufs chacune, voire parfois 200.

 

Après la ponte, des larves font finir dans l’estomac de prédateurs (insectes, batraciens et oiseaux) tandis que celles qui atteindront l’âge adulte en se nourrissant des micro-organismes et des déchets organiques autour d’elles, vont participer à la bio-épuration des eaux marécageuses. Une larve peut filtrer jusqu’à deux litres d’eau par jour.

 

Enfin, au sujet des moustiques, d’après de récentes études il semblerait que les mâles joueraient aussi un rôle dans le processus qui conduit à la transmission du paludisme. Mais nous n’en savons pas plus pour le moment.

 

 

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Photo 1 : Sir Patrick Manson, (3 octobre 1844 - 9 avril 1922), était un médecin écossais qui fit d'importantes découvertes en parasitologie. Il fut, entre autres propositions, le tout premier à émettre l’hypothèse que le paludisme pourrait être transmis par un moustique du genre Culex.

Photo 2 : Le médecin militaire français, Charles Louis Alphonse Laveran (1845-1922) qui identifia en 1880 depuis l’Algérie, le parasite protozoaire responsable du paludisme. Cette découverte lui vaudra le prix Nobel de médecine en 1907.

Photo 3 : Sir Ronald Ross, (13 mai 1857 – 16 septembre 1932) était un médecin bactériologiste et entomologiste de l’Armée des Indes britanniques. Suite à une série d’expériences commencées en 1895, il découvrit en 1897 que le parasite responsable du paludisme était présent dans les intestins de moustiques disséqués et que la transmission du paludisme des oiseaux se faisait par un moustique. Ces constatations permirent d’expliquer comment le paludisme se transmettait à l’homme.

Ronald Ross se verra décerner le prix Nobel de physiologie et de médecine en 1902. Il sera le premier lauréat du Nobel né hors d’Europe.

 

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Ce sont donc les moustiques porteurs d’un parasite du genre Plasmodium qui propagent le paludisme en piquant leurs victimes pour s’abreuver en sang.

 

 

Les années 1968 :

 

Les années 68, un peu avant et un peu après, n’ont pas été ‘’roses‘’ pour bien des gens. Des pays comme la France et la Chine en savent quelque chose, surtout la Chine ! ...

 

En Chine, pour faire oublier l’échec du grand bond en avant, (1958-1961) (*) et reprendre en main les rênes du pouvoir, Mao Zedong, (**) lors de l’été 1966, lance la grande révolution culturelle prolétarienne (wúchǎn jiējí wénhuà dàgémìng) (无产阶级文化大革命).

 

(*) Selon certains écrivains Etats-uniens le Grand Bond en Avant aurait fait entre 30 et 40 millions de morts ; des officiels chinois disent entre 40 et 50 millions ?! … (Beaucoup sont morts de faim).    

(**) Deux camps s’affrontaient, Mao Zedong (1893-1976) et Lin Biao (1907-1971) d’une part et Liu Shaoqi (1898-1969) et Deng Xiaoping (1904-1997) d’autre part. 

 

 

Cette révolution culturelle va durer jusqu’en 1976, et désorganiser encore beaucoup plus un pays à bout de souffle. Alors, tandis que des troubles se succèdent allègrement et sont de plus en plus violents, de nombreux projets d’intérêt public sont abandonnés.

 

La lutte contre le paludisme fut l’un d’eux.

 

De ce fait, le paludisme allait faire de plus en plus de victimes d’année en année. C’est ainsi qu’en 1960, au sud de Pékin, à la fin du grand bond en avant, une épidémie de Plasmodium vivax met à mal dix millions de chinois, en plus des victimes relevant des épidémies provinciales dont on ne connaît pas les chiffres (*) ; dix ans plus tôt, en 1950, un certain Zhu Ji Chu du bureau des statistiques de la république de Chine faisait état que, 3,5 millions de chinois ‘’seulement‘’ étaient victimes du paludisme chaque année ?! …

 

(*) L’île de Hainan, et les provinces du Yunnan, du Guangxi et du Guangdong étaient alors les régions les plus touchées par le paludisme.

 

 

En 1970, donc en pleine révolution culturelle, le paludisme se transmettra à … vingt-quatre millions de chinois. Ce qui signifie que la maladie depuis les années 60 (*) ne faisait que progresser en toute quiétude puisqu’elle avait le champ libre.

 

(*) De 1950 à 1970, soit en 20 ans le paludisme avait progressé de 585,71 %.

 

 

Cependant, en 1967, alors que la chine poursuit sa descente aux enfers, et que le paludisme connaît une espèce d’âge d’or en répandant la mort comme jamais, surtout dans les provinces du sud, le 23 mai 1967, dans le plus grand secret, car c’était un secret militaire, les autorités chinoises lancent un programme national à deux volets, dont le second consiste à explorer la phytothérapie traditionnelle chinoise pour trouver un remède au paludisme. (*) C’est l’opération 523, celle du 23è jour du 5è mois de 1967 ; une opération qui devait aussi prouver que la médecine chinoise était tout aussi performante dans le domaine des sciences médicales mondiales que la médecine occidentale et surtout américaine, et voire de la dominer. (Il y avait alors la guerre du Viêt-Nam).

 

(*) A cette époque Mao Zedong et Zhou En-Lai ne maintinrent que trois projets : celui des bombes nucléaires, des satellites artificiels et … du paludisme. C’est dire combien il devenait urgent de combattre ce fléau.

Malgré le maintien de ces trois types de recherches, les scientifiques étaient alors méprisés au point d’avoir été l’une des neuf catégories noires à rééduquer selon les doctrinaires de la révolution culturelle.

Toujours est-il que ce projet qui va durer 14 ans, va concerner 500 scientifiques venant de 60 instituts et laboratoires tant civils que militaires.

 

 

La responsabilité de la recherche phytothérapique fut confiée d’office par Bai Bingqiu (白冰秋), Zhang Jianfang (张剑芳) et Tian Xin (及田辛), alors directeur, et directeurs adjoints du bureau national du "Projet 523" à une chercheuse en pharmacie, travaillant à l’académie de médecine traditionnelle chinoise de Pékin, et formée tout à la fois aux médecines occidentale et chinoise, Madame Tu Youyou (屠呦呦) (1930-) alors âgée de 36/37 ans. (*)

 

(*) Madame Tu Youyou n’a pas été désignée au hasard. Entre 1959 et 1962 elle avait suivi un programme de formation en médecine traditionnelle chinoise ; et avant 1959 elle s’était distinguée dans des recherches pour guérir la ‘’schistosomiase‘’ au moyen d’une des 50 plantes inscrites au canon de la médecine traditionnelle chinoise. Cette herbacée vivace porte le nom scientifique de : ‘’lobelia chinensis Lour.‘’ () mais elle est aussi connue sous ceux de : lobélie asiatique, lobélie chinoise et d’Herba Lobellae chinensis.

La ‘’schistosomiase‘’ est une maladie causée par des ‘’trématodes‘’ (vers parasites) qui infectent les voies urinaires et/ou les intestins. Cette infection était à l’époque très courante dans les provinces du sud de la Chine victimes par ailleurs du paludisme.

 

 

Alors que son mari, Li Tingzhao (李廷钊) ingénieur métallurgiste est à la campagne … en camp de rééducation (l’école du 7 mai), Tu Youyou et quelques autres membres de ses équipes extérieures, (*) commencent par se rendre dans les provinces où sévit le paludisme, l’île de Hainan et le Yunnan. Dans ces régions du Sud de la Chine, ils vont alors mener des enquêtes, et surtout interroger les médecins qui traitent des impaludés. Puis fort de leurs renseignements chacun va regagner son institut respectif.

 

(*) L’opération top secret 523 mobilisa 500 chercheurs attachés à 60 instituts dont les principales têtes de ponts furent : Canton (Guangdong), Changjiang (Hainan),  Chengdu (Sichuan), Gaoyou (Jiangsu), Guilin (Guangxi), Kunming (Yunnan), et Pékin soit  7 provinces ; et les chercheurs : Li Guoqiao (李国) & Wang Guiqing, (canton), Cai Xianzheng (Hainan), Wu Huizhang & Cang Qizhong (Chengdu), Lu Ziyi (Gaoyou), Den Zheheng (Guilin), Wang Tongyin & Zhan Eryi (Kunming), Tu Youyou, Li Zelin, Zeng Meiyi & Tian Ying (Pékin). 

 

 

A Pékin, en l’absence de Tu Youyou, ses collaborateurs se sont immergés dans les écrits laissés par leurs illustres prédécesseurs. Ils ont ainsi consulté plus de 2.000 prescriptions dont certaines remontaient à la dynastie Jin (265-420). Lors de cette dynastie, un certain Gé Hóng, (*) dans l’une de ses rubriques écrivait qu’en cas de fièvres intermittentes le patient devait boire du jus de Qīng Hāo (青蒿).

 

(*) Rappel : Gé Hóng (葛洪) (283-343) est l’auteur du livre de médecine ‘’Zhǒu Hòu Bèi Jí Fāng‘’ (肘后) (traité de prescription urgente) dont nous avons déjà parlé.

 

 

En 1972 cette équipe Pékinoise, après avoir testé 380 ‘’jus‘’ extraits de deux cents plantes, dont la ‘’Qīng Hāo‘’, qui leur semblait la plante la plus adéquate pour soigner le paludisme, découvre un procédé d’extraction à basse température pour isoler la substance antipaludique la plus efficace contenue, précisément, dans la ‘’Qīng Hāo‘’.

 

Les chinois vont appeler ce ‘’jus‘’, La ‘’Qīng Hāo su‘’ (青蒿素) (*), que les occidentaux vont baptiser : artémisinine après l’avoir nommé arteannuine. Mais entre l’artémisinine de 1972 et le futur ‘’elixir‘’ beaucoup de chemin restait encore à parcourir.

 

(*) ‘’Qīng Hāo su‘’ (青蒿素) signifie émeraude () artémisia () extrait () d’où la traduction : ‘’extrait de l’artémisia émeraude ou bleue-verte‘’.

A noter que les médecins chinois ne considèrent pas la ‘’Qīng Hāo su‘’ comme relevant de la médecine traditionnelle mais comme un produit biomédical.

 

 

En juillet 1972, trois chercheurs de l’hôpital de Dongzhimen de Pékin, Tu Youyou, Li Guoqiao et Zeng Meiyi, ingurgitent volontairement cette ‘’Qīng Hāo su‘’ afin d’en étudier les effets sur eux. Comme tout se passe bien, entre août et octobre Tu Youyou se rend dans la région de Changjiang sur l’île de Hainan et donne à boire cette ‘’potion‘’ qu’ils ont nommée, la ‘’Quinghaosu II‘’ à 21 impaludés résistant à la chloroquine qui, par la suite, ne se porteront que mieux.

 

En novembre de la même année la pureté de l’artémisinine permet dès les débuts de 1973 d’achever une série de tests pour contrôler la non dangerosité du médicament.

 

En mai 1974 il n’est plus question de ‘’Quinghaosu‘’, mais de ‘’Huanghaosu‘’, (*) et entre Octobre 1974 et janvier 1975 la structure chimique de l’artémisinine est parfaitement établie ; il s’agit alors de la ‘’Huanghaosu‘’ codée : ‘’Kuhao crystal III‘’.

 

(*) L’artémisinine n’est plus extraite de la Qīng Hāo, c’est-à-dire de l’artemisia apiacea mais de la Huáng H Hāo, c’est-à-dire de l’artemisia annua.

  

 

Deux ans plus tard, paraît anonymement, dans la revue ‘’Chinese Science Bulletin‘’ le premier article consacré à l’artémisinine, et le 17 juin 1978 ce sera le ‘’Guangming Daily‘’ qui publiera le premier rapport officiel sur le développement réussi de l’artémisinine.

 

Puis, en laissant du temps au temps, Tu Youyou va crouler sous les honneurs et sous les prix dont le Nobel en 2015 … quelques … 38 ans plus tard … quand même ! ...

 

Une artémisinine efficace et qui en plus est bon marché permet d’espérer de voir un jour l’éradication du paludisme ; sauf qu’un produit efficace et bon marché n’est pas du goût de tout le monde ?! … Mais nous reviendrons sur ce point.

 

Toujours est-il qu’entre 1980 et 1990 (*) le nombre d’impaludés chinois va passer de 3,3 millions à 117.000 et que depuis 2017 aucun cas de paludisme n’a été signalé, autrement écrit le paludisme a été éradiqué en Chine grâce à l’artémisinine.

 

(*) L’OMS confirme 204.100 cas en 1982, 86.000 en 1990 et 26.816 en 1997 et, en 1999 il n’y a plus de cas de paludisme dans les provinces du Nord.

 

 

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Photo 1 : Quatre des camarades, chefs de bureau, ayant participé à une réunion du projet 523. Cette réunion se serait tenue à l’hôtel Yanan de Shanghai. (*) De gauche à droite : Zhou Keding (周克鼎), Chen Haifeng (陈海峰), Liu Jichen (刘计晨). (Source : photo personnelle de Monsieur Chen Haifeng)

(*) La légende donne l’année de 1968, alors que le projet date de l’année 1967, à moins qu’il s’agisse d’une réunion ultérieure dans le cadre du projet 523 tenue en 1968 ?! …

Photo 2 : Des scientifiques assistent au bon déroulement d’essais pratiqués sur des … ‘’volontaires‘’.

Photo 3 : Sur cette photo datant de 1981 figurent nombre de ‘’camarades‘’ ayant participé, ou participants au projet 523. Elle réunit des responsables du bureau 523 ainsi que des chercheurs scientifiques.

 

Outre l’Artemisia, au 30 mars 1975, les scientifiques chinois avaient séparé et purifié pour des tests pharmacologiques et toxicologiques quatre plantes médicinales ayant de bons effets curatifs contre le paludisme. Il s’agissait : du lóng yá cǎo (龙牙草) ou Agrimonia pilosa Ldb, de l’ān shù (桉树) ou l’Eucalyptus robusta Smith, du Tie Bao Jin (鐵包金) ou Berchemia Lineata (Plante grimpante d’Asie), et du Yun Wu Cao (云雾草) ou Androsace Henryi.

 

 

Le frère Vietnamien :

 

On ne peut pas parler de la découverte de l’artémisinine sans évoquer le fameux projet ‘’523‘’ et du rôle qu’aurait soi-disant joué le Vietnam dans cette affaire ; d’autant que de nombreux auteurs, de blogs, de thèses, d’articles et de livres écrivent que c’est à la demande d’Hô Chi Minh (1890-1969) que Mao Zedong, pressé par son premier ministre Chu Enlai (Zhōu Ēnlái) (周恩來) aurait décidé de l’opération 523.

 

Qu’en est-il historiquement ? …

 

Depuis le 1er novembre 1955 le Viêt-Nam du nord et le Viêt-Nam du Sud s’affrontent. A partir de 1965 les Etats-Unis, officiellement, viennent prêter main forte aux vietnamiens du Sud. La puissance de feu américaine oblige alors les soldats du Viêt-Cong, à se protéger en se retranchant sous terre, c’est-à-dire dans des tunnels boueux aux eaux stagnantes où abondent des moustiques porteurs du paludisme.

 

Les conséquences de cette nouvelle situation ne se font pas attendre, dans les rangs Viêt-Cong les moustiques (*) font plus de morts que les projectiles ennemis. Alors, dit-on, Hô Chi Minh aurait demandé de l’aide aux Chinois pour lutter contre le paludisme d’autant que ses troupes en étaient venues à manquer d’antipaludéens classiques ?! …

 

(*) Le professeur en médecine Zhou Yiqing (1929), qui participa au projet 523 déclara à propos de ce qu’il vit au Viêt-Nam : ‘’J’ai été témoin du paludisme endémique qui réduit la force combattante de moitié et jusqu’à 90 % lorsque les soldats sont malades‘’.

 

En 1985 ce Zhou Yiqing et son équipe créèrent un comprimé en associant de la luméfantrine avec de l’artéméther, un dérivé de l’artémisinine sur lequel ils avaient concentré leurs recherches pendant des années. Le médicament fut mis sur le marché en 1991 sous la marque ‘’Coartem‘’ ce qui leur a valu le prix de l’inventeur européen 2009.

 

 

En janvier 1966, tandis que la Corée du Sud, les Etats-Unis et l’Australie envoient des soldats soutenir le Viêt-Nam du Sud, les américains reprennent les bombardements sur le nord Viêt-Nam, qui fin janvier accuse les américains d’intensifier l’utilisation des gaz toxiques.

 

Dans les pays frères, tout ne va pas pour le mieux. La lune de miel entre soviétiques et Chinois a tourné court depuis quelques temps. (*) Mais … à sa manière, chacun des deux blocs soutien le Nord Viêt-Nam ; ainsi, tandis que les chinois font des déclarations fracassantes mais sans vraiment s’engager, les soviétiques tout en jouant la modération fournissent une aide militaire au Nord Viêt-Nam beaucoup plus importante que la Chine.

 

(*) Le 22 mars 1966 un journal de Hambourg publie une lettre, soi-disant ‘’secrète‘’, du PC Soviétique aux ‘’partis frères‘’ dans laquelle la chine est accusée de vouloir provoquer une guerre entre les Etats-Unis et l’URSS.

Un jour plus tard, le 23 mars 1966, le PC Chinois fait savoir qu’il décline l’invitation du PC Soviétique en lui faisant part qu’il ne se rendra pas à leur 23è Congrès qui se tiendra du 29 mars au 8 avril 1966.

 

 

Courant Mars 1966 une délégation Nord Vietnamienne, (*) à la veille du 23è congrès du PC soviétique, se rend à Pékin pour un échange de vues sur le frère soviétique et son 23e congrès.

 

(*) Je n’ai pas réussi à savoir si Hô chi Min faisait partie de cette délégation.

 

 

Lors de son séjour à Pékin, cette délégation Vietnamienne a vent, par un journaliste, que l’armée Chinoise poursuivrait des recherches depuis 1964, concernant des antipaludéens, et que ces pharmaciens militaires auraient mis au point des comprimés capables de prolonger le délai de prévention de 7 à 10 jours, voire 14 jours ?! ….

 

L’information ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd, et les Vietnamiens demandent au grand frère Chinois, à bénéficier de ces médicaments, voire des prochaines découvertes en ce domaine, si nouvelles découvertes ils y avaient.

 

Autrement écrit, le projet 523, contrairement à tout ce que j’ai pu lire, s’est inscrit comme une suite logique d’un processus de recherches commencé dès 1964. Mais, rien ne dit, il est vrai, que sans la demande Vietnamienne le projet 523 aurait vu le jour ?! ... Quoique ! …

 

Toujours est-il qu’après la sollicitation Vietnamienne, les chinois finirent par trouver que les fièvres intermittentes pouvaient se combattre au moyen d’une tisane à base de ‘’Quinghao‘’, c’est-à-dire d’Artemisia apiacea.

 

L’efficacité de cette ‘’potion‘’ fut telle que des tonnes et des tonnes d’Artemisia apiacea transitèrent alors de la Chine au Vietnam du Nord ; ce qui permit aux soldats du Viêt-Cong de poursuivre la lutte en pleine capacité de leurs moyens physiques et aux chinois de n’avoir pas trop divulgués leurs ‘’secrets militaires‘’ car … point trop n’en faut, même avec des frères ?! ...  

 

En effet, Vietnamiens et Chinois ont toujours eu des relations semblables à celles qui existent entre chiens et chats. La chine impériale a occupé près de mille ans le Viêt-Nam, et après en avoir été chassés, ses tentatives d’invasion du Viêt-Nam ne se comptent plus tant il y en a eu.

 

La Chine n’a de cesse à vouloir dominer la région, et ses voisins, premiers visés, entendent bien ne pas la laisser faire, surtout le Viêt-Nam. Alors ce qui devait arriver, arriva. Dès 1979, puis en 1984 les deux pays … ‘’frères dans le communisme‘’ vont se combattre militairement à propos du Cambodge ?! … C’est pourquoi … ‘’point trop n’en faut … pour garder un avantage … y compris sur son ‘’frère‘’.

 

En fait, concernant le projet ‘’523‘’ Mao Zedong à l’époque avait bien d’autres chats à fouetter (*) plutôt qu’à vouloir faire de l’éradication du paludisme une priorité. Sauf que la politique a des raisons qui font que la lutte contre le paludisme devient … sinon une priorité du moins une obligation ! …

 

(*) En 1966 la Chine était en quasi guerre civile. Par exemple, à partir du 3 janvier 1967 les gardes rouges s’emparaient d’une grande partie des institutions. Alors, pour mettre un terme à ces exactions, Mao lancera en décembre 1968, le mouvement des jeunes instruits (zhiqing)(上山下) qui consista à envoyer dans des zones rurales … dix-sept millions de jeunes citadins pour en faire … des paysans ?! ….

 

 

Pour garder le pouvoir, qui risquait de lui échapper, Mao va s’appuyer sur l’armée populaire ; et pour obtenir son soutien il va sans doute accéder à certaines de ses demandes dont, peut-être, mais ce n’est que mon avis, la mise en œuvre du projet 523 dont les membres du bureau au départ, étaient tous … des militaires, et non des civils ?! ...

 

Par ailleurs, ce projet laissait augurer que la Chine avait là, une occasion de se hisser sur le devant de la scène internationale et de prouver au monde entier que la médecine chinoise était tout aussi performante dans le domaine des sciences médicales mondiales que la médecine occidentale et surtout américaine. Mais, je le redis, ce n’est que mon avis ! …

 

 

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Des ‘’vélos cargo‘’ poussés au moyen de la force humaine. Ces ‘’vélos cargo‘’ du Nord-Vietnam, pouvaient transporter, par véhicule, jusqu’à 180 Kg de riz … des armes … et de l’Artemisia.

 

L’importance du nom scientifique :

 

Les auteurs de la plupart des textes que j’ai lus ne font pas la différence entre les mots chinois Qīng Hāo et Huáng Huā Hāo et pourtant elle est importante car chacun des mots désigne un type d’Artemisia bien précis.

 

La Qīng Hāo () désigne l’artemisia apiacea et,

la Huáng Huā Hāo (黄花) l’artemisia annua.

 

Ces deux noms ont en commun l’idéogramme Hāo () qui signifie Artemisia, mais tandis que le nom de Qīng Hāo désigne une plante vivace, dont les racines demeurent d’une année sur l’autre, la Huáng Huā Hāo est une plante annuelle, dont le cycle de vie est d’un an.

 

Les explications qui précèdent, signifient qu’on ne peut pas écrire : ‘’Qīng Hāo (Artemisia annua)’’

Mais qu’on doit écrire : ‘’Qīng Hāo (Artemisia apiacea)‘’.

 

Certes l’Artemisia apiacea et l’Artemisia annua sont des antipaludiques, mais l’Artemisia annua serait plus riche en artémisinine que l’Artemisia apiacea, ce qui la rendrait plus efficace.

 

J’en veux pour preuve la petite polémique sino-chinoise qui suivit la campagne médiatique qui honora Tu Youyou et laissa dans l’ombre ses collaborateurs. Quelque peu affectés ces derniers finirent par lui contester la paternité de l’artémisinine pour en faire l’acquis d’une équipe et non pas d’une personne.

 

D’autant qu’historiquement il est bien difficile de quantifier la part de travail de Tu Youyou dans le projet 523.  Car de nombreux groupes en dehors de Pékin, y ont participé. Il se dit même que ce ne serait peut-être pas l’institut de Pékin, celui de Tu Youyou, qui aurait isolé pour la première fois l’artémisinine cristalline ?! …

 

Toujours est-il qu’un membre de ces différentes équipes sous la responsabilité de Tu Youyou, Li Guoqiao, aujourd’hui professeur en chef à l'Université de médecine chinoise de Guangzhou (Canton) rappela qu’en 1974 il avait amélioré l’efficacité de l’artémisinine en l’extrayant, non pas de la Qīng Hāo, c’est-à-dire de l’artemisia apiacea, mais d’une espèce d’armoise voisine, l’artemisia annua. Ce que Tu Youyou n’a JAMAIS contesté, d’autant, comme dit plus haut, c’est en 1974 que la ‘’QīngHāosu‘’ prit le nom de ‘’HuángHuā Hāosu‘’ ! …

 

Cette révélation signifie que depuis le début des recherches, en 1967, il est question de Qīng Hāo et uniquement de Qīng Hāo, c’est-à-dire d’Artemisia apiacea, et non pas d’Artemisia annua, et que ce n’est qu’à partir de 1974 qu’il fut question d’Artemisia annua. Ce qu’il me fallait démontrer. (CQFD)

 

Il existe en chine une cinquantaine d’espèces d’Artemisia. A ce jour l’artémisinine peut être extraite de trois espèces d’Artemisia, en quantité importante dans l’artemisia annua Lin et en quantité moindre dans l’artemisia apiacea Hance et dans l’artemisia lancea Vaniot 1903. (*)  

 

(*) L'artemisia lancea Vaniot possède une dizaine de synonymes. Elle est endémique du Sud-Est asiatique, du Sud de la Chine, de la Corée et du japon. Elle a été décrite pour la première fois par un religieux français Eugène Vaniot (1846-1913). Ce botaniste a à son actif plus de 2.000 descriptions de plantes. Celle de ‘’l’artemisia lancea‘’ est parue dans le ‘’bulletin de l’académie internationale de géographique botanique‘’ de 1903 – Vol.12 page 500.

En chinois l’artemisia lancea se prononce Ai Hāo et s’écrit

 

Rappel en forme de petite conclusion : 

 

La Huáng Huā Hāo (黄花) a été nommée scientifiquement dès sa description par Linné : Artemisia annua en 1753

En Chine elle est aussi connue sous le nom de Qīng Hāo Gen ().

 

Tandis que :

La Qīng Hāo () s’est d’abord appelée scientifiquement :

Artemisia carnifolia Buch. (*) (Francis Buchanan-Hamilton 1762-1829) 1807.

(A journey from Madras through the countries of Mysore, Canara and Malabar Vol. 2).

Puis : Artemisia carvifolia Buch - Ham ex Roxburgh - 1832

(Flora Indica or Descriptions of Indian Plants, Vol. 3 – page 422)

Puis : Artemisia carvifolia Buch-Ham. Ex Roxb. Hort. Beng.

Puis : Artemisia (Dracunculus) apiacea Hance 1852

(Annales Botanices Systematicae Vol. 2 - page 895 – chapitre 2694)

Et au final : Artemisia apiacea …

 

(*) J’ai recopié carnifolia tel qu’il était écrit ?! … mais peut-être que le ‘’n‘’ est une faute de frappe et qu’un ‘’v‘’ serait peut-être plus adéquate ? …

 

 

 

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Les différents noms botaniques de la Qīng Hāo (青蒿)

 

Photo 1 : Un dessin d’Artemisia carvifolia Buch. – Ham. Ex Roxb. (青蒿) (原变种) extrait de ‘’Da Bie Shan Zhi Wu Zhi‘’ (Da Bie Shan Sylva) un ouvrage de  Zi Xingzhong (紫兴中) et Zhang Dingcheng (子行中章鼎成) compilateurs en chef et Shao Jianzhang et Zhu Xu compilateurs adjoints. Ce livre est paru en 1982 - Dessin 1604 en page 1129. Source (BHL – Biodiversity Heritage Library).

Photo 2 : Un dessin d’Artemisia apiacea Hance ex Walpars () extrait de ‘’ Da Lia Di Qu Zhi Wu Zhu un ouvrage de Zi Xingzhong et Zhang Dingcheng compilateurs en chef et Shao Jianzhang et Zhu Xu compilateurs adjoints. Ce livre est paru en 1982 - Dessin 1004 en page 761. Source (BHL – Biodiversity Heritage Library).

Photo 3 : Une planche de trois dessins d’Artemisia : 1/ Artemisia annua, (texte page 214) 2/ Artemisia apiacea Hance (Texte page 215) 3/ Artemisia argyi Leveille et Vaniot (texte page 216). Cette planche est extraite de ‘’Ji Lin Sheng Ye Sheng Jing Ji Zhi Wu Zi Bian‘’. Ce livre est paru en 1961 - Dessin 1004 en page 165. Source (BHL – Biodiversity Heritage Library).

 

 

 

Pourquoi, mais pourquoi ? …

 

La conclusion de ce qui précède se passe de tout commentaire. Les recherches entreprises par la Chine ont permis, après 2.000 ans, de redécouvrir l’efficacité de certaines herbes du genre Artemisia contre le paludisme.

 

D’après les promoteurs de ces remèdes naturels, il suffirait de prendre ces espèces d’Artemisia en tisane pour que le paludisme ne fasse plus parler de lui. Or le paludisme, près d’un demi-siècle plus tard, continue à tuer plus de 500.000 individus tous les ans, dont une majorité d’enfants. Pourquoi ? …

 

Une intéressante émission (*) de France télévision et France 24, la télévision Française internationale, donne un certain éclairage à ce sujet. Son réalisateur Bernard Crutzen et ses collaborateurs, à partir de quelques témoignages, pointent du doigt des acharnements institutionnels mettant en cause l’artemisia qui pourrait avoir, selon ces institutions, des effets secondaires dangereux ; des effets plombés par l’anonymat et qu’apparemment ils n’ont même pas cherché à mettre en évidence. Pourquoi ?! ...

 

(*) Il s’agit de l’émission : ‘’Malaria business‘’ : les laboratoires contre la médecine naturelle ? ‘’ diffusée pour la première fois en Janvier 2019 et visionnable sur YouTube.

 

 

Au XVIIe siècle, les jésuites de Lima au Pérou découvrent, grâce aux indigènes, que l’écorce de quinquina, (Cinchona officinalis Lin.), a des qualités fébrifuges ; en raison de cette particularité les jésuites baptisent cet arbre ‘’l’arbol de las calenturas‘’ (L’arbre des fièvres), et la poudre qu’ils vont tirer de son écorce, prendra le nom de ‘’poudre des Jésuites‘’.

 

En 1642, l’un d’eux, le père Alonzo Messia Venegas (1557-1649) rentre en Europe et se fait un devoir d’en offrir au pape Innocent X (1644-1655) dont quelques-uns de ses prédécesseurs seraient décédés du … mauvais airs ou du mal’aria en italien, ce qui donnera … le mot Malaria.

 

Mais revenons à notre documentaire. Son réalisateur commence par nous présenter un écrivain-voyageurs et réalisateur de documentaires, dont le nom est Alexandre Poussin. Cet homme raconte, après l’avoir écrit dans l’un de ses livres (*) en deux volumes dont il est l’auteur avec son épouse, qu’il a guérit du paludisme en prenant une tisane d’Artemisia annua.

 

(*) Il s’agit de ‘’Afrika trek‘’ un livre en deux volumes, ‘’Dans les pas de l’homme‘’ pour le premier et ‘’Du Kilimandjaro au lac de Tibériade‘’ pour le second aux éditions Pocket. 

 

Tout commence en 2001 au Kenya. Alors qu’il traverse à pied une nature hostile en compagnie de son épouse Sonia, Alexandre est victime d’une crise de paludisme. Comme ils ont sur eux un médicament chinois (*) à base d’artémisinine il le prend. En 24 heures il est sur pieds et 48 heures plus tard il s’estime soigné mais, précise-t-il, pas guéri.

 

(*) Il s’agit d’un médicament vendu sous forme de comprimés de 50 mg sous le nom de : Artesunate.

 

Quelques temps plus tard, en Ethiopie, le paludisme s’abat sur le couple. Dans un triste état Sonia et Alexandre parviennent à gagner un dispensaire de brousse qui hélas, n’a plus qu’une seule dose de quinine. Les sœurs la donnent en priorité à Sonia et Alexandre se contentera d’une tisane à base d’Artemisia.

 

A la surprise de tous, Alexandre se remettra plus vite que Sonia, car le soir même tout allait bien et quinze ans après … il n’a toujours pas connu la moindre rechute.

 

A Paris, les deux intrépides randonneurs raconteront ces faits à une amie, le docteur Lucile Cornet-Vernet, une orthodontiste de son état qui, par la suite, va s’engager dans la médecine alternative liée à l’Artemisia.

 

 

Au Luxembourg, c’est Pierre Lutgen (*) qui, chimiste à la retraite découvre ce qu’est l’Artemisia, dont il n’avait jamais entendu parler auparavant, en adhérant à une ONG particulièrement active dans la lutte contre le paludisme.

Ce chimiste, très vite, va découvrir tous les atouts que cette herbe est en mesure d’offrir à ses utilisateurs. Seulement voilà ! …

 

(*) Pierre Lutgen est docteur en science, auditeur ISO certifié, ancien de Dupont de Nemours et Arcelor. Il est aujourd’hui le secrétaire général de l’ONG luxembourgeoise IFBV, (Iwerliewen fir bedreete Volleker) (Secourir les peuples en danger).

 

 

L’ONG allait connaître une sacrée déconvenue que Pierre Lutgen a raconté dans l’émission ‘’Malaria business‘’ et dont suivent quelques extraits :

 

‘’On a fait des programmes de plantation, lancé des bourses avec des Sénégalais et des Péruviens … tout ça financé par le ministère de la coopération et le fond national de la recherche du Luxembourg … jusqu’au jour où ! … du jour au lendemain on nous a coupé tous les fonds … ‘’

 

‘’Maintenant on sait qu’une délégation de l’OMS, Big-Pharma et l’Institut des maladies tropicales d’Anvers a rendu visite à notre ministère de la coopération pour lui dire qu’il finançait des activités qui n’étaient pas de son ressort.   … Les maladies sont du ressort des sociétés pharmaceutiques. Notre ministère s’est incliné ! … ‘’.

 

Certain qu’il s’agissait d’un malentendu, en 2012, Pierre Lutgen demande un rendez-vous auprès de l’OMS à Genève. Il l’obtient, et s’y rend. Il est bien accueilli et tout se passe bien ! …

 

Mais un mois plus tard environ, comme pour mettre les ‘’points‘’ sur les ‘’i‘’ et les barres aux ‘’t‘’, l’OMS (*) publiait sur son site la mise en garde suivante : ‘’L’OMS ne recommande pas l’utilisation des extraits d’Artemisia Annua sous n’importe quelle forme y compris la tisane pour le traitement et la prévention de la Malaria. ‘’

 

(*) En 2001, l’OMS déclarait que l’artémisinine représentait « le plus grand espoir mondial contre le paludisme ». Puis finalement, en juin 2012, l’OMS déconseille son utilisation.

 

 

Loin de se décourager, l’ONG IFBV à laquelle appartient Pierre Lutgen a poursuivi ses programmes de plantations et ses interventions en Argentine, en Bolivie, au Brésil, au Cameroun, au Chili, en Colombie, en Inde, au Katanga, au Maroc, en Palestine, au Pérou et au Sénégal. Au grand dam, sans aucun doute de l’OMS, de Big-Pharma et de l’Institut des maladies tropicales d’Anvers.

 

Mais pour Pierre Lutgen ‘’… On n’a pas le droit d’interdire de guérir des gens avec une herbe médicinale … ‘’.  Peut-on lui donner tort ?! …

 

 

 

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Photo 1 : Quelques spécimens d’écorce de quinquina. Apportée en Europe vers 1642 par le Jésuite Alonzo Messia Venegas (1557-1649) elle connut un succès foudroyant sous le nom de ‘’Poudre des Jésuites‘’.

Photo 2 : Deux aventuriers modernes, les Français Sonia et Alexandre Poussin. Alexandre est la preuve vivante des bienfaits de l’Artemisia. 

Photo 3 : Le Luxembourgeois Pierre Lutgen, chimiste à la retraite et engagé dans l’ONG IFBV (Iwerliewen fir bedreete Volleker). 

 

 

 

Les pérégrinations de Jérôme Munyangi Wa Nkola :

 

Lorsque la saga Munyangi commence, nous sommes en 2012. Le jeune homme sort de l’Université de Kinshasa avec son diplôme de médecin en poche ; c’est alors que le paludisme vient le visiter. En bon élève Jérôme va se conformer aux prescriptions qui viennent de lui être enseignées à l’université mais, malgré l’application du bon élève, aucun des médicaments ‘’légaux‘’ ne va chasser le mal.

 

Comme le paludisme perdure, ne sachant que faire, Munyangi parle de sa détresse à un ami médecin, qui alors lui conseille de prendre des gélules à base d’Artemisia lui venant du Luxembourg.

 

Le jeune diplômé s’en offusque et refuse. Prendre un médicament d’un autre âge serait trahir la médecine moderne. Puis, après avoir tout essayé, en désespoir de cause, Jérôme Munyangi accepte de prendre ces gélules d’Artemisia.

 

Les résultats ne se font pas attendre, Munyangi retrouve la santé en un rien de temps. Comme il a accès au laboratoire de Kinshasa il y analyse son sang et constate qu’il est exempt de toute trace de Plasmodium Falciparum.

 

Stupéfait et enthousiaste, le jeune homme décide alors de consacrer sa vie à étudier l’Artemisia en qui il voit un remède miracle pour lutter contre le paludisme et venir en aide à ses frères d’Afrique. (*)

 

(*) En 2017, selon l’OMS, le paludisme aurait fait 216 millions de victimes et tué 435.000 personnes dont 93% en Afrique, laquelle importe environ 95% de ses médicaments.

 

Comme dans les pays d’Afrique la différence entre le prix des médicaments de qualité et pouvoir d’achat des populations est énorme, la contrefaçon a trouvé au sein de ces pays d’Afrique un terrain favorable à son développement.

 

En 2017 un médicament sur dix en circulation était faux, et 42% d’entre eux circulaient en Afrique. D’après l’ENACT (a) la valeur du marché mondial des faux médicaments aurait atteint en 2018, 200 milliards de dollars.

 

Ces médicaments contrefaits viendraient, pour 60% de la Chine ; puis l’Inde, le Paraguay, le Pakistan et … l’Angleterre se partageraient les 40% restant. D’après l’Institut de recherche anti-contrefaçon de médicaments (IRCAM) un investissement de 1.000 $ rapporteraient plus de 500 fois la mise, soit dix fois plus que le trafic d’héroïne.

 

(a) ENACT = Enhancing Africa’s response to transnational organized crime - Renforcer la réponse de l’Afrique envers les criminalités organisées transnationales) (Organisme financé par l’Union Européenne).

 

 

Quelques mois plus tard, en 2014, avec quelques feuilles d’Artemisia dans ses bagages, Jérôme Munyangi débarque à Paris grâce à l’aide du programme de la ‘’Fondation Bettencourt‘’. Il va s’inscrire à l’Université Paris-Diderot (*) et là, commence un master en biologie synthétique (2014/2016).

 

(*) Entre 2016/2017 Jérôme Munyangi alors au Canada passera un Master d’Anthropologie Médicale en l’Université d'Ottawa. Il axera ses recherches sur les plantes médicinales en général et l’Artemisia en particulier.

 

 

A Paris, ses premières expérimentations se font au laboratoire de biologie moléculaire du campus d’Orsay (Université Paris-XI). Puis à l’occasion d’un stage en laboratoire extérieur, tout naturellement, le jeune homme propose comme sujet d’étude l’Artemisia. La proposition est acceptée, puis son professeur, après trois semaines d’analyses, très étonnée par les résultats observés, refait les examens qui ont la malencontreuse idée de confirmer les précédents … aïe aïe aïe !....

 

Mais, laissons Jérôme Munyangi poursuivre, et raconter ce qu’il a dit devant la caméra de Bernard Crutzen concernant la fin de son stage.

 

‘’ … je me rappelle encore l’un de mes professeurs qui me dit … voilà … ça c’est une bombe et on ne veut pas que cette bombe puisse sauter dans notre laboratoire … parce que nos financements proviennent de firmes pharmaceutiques … et on a arrêté les recherches … on m’a même arraché mon cahier de laboratoire où il y avait les manipulations … et tous les échantillons d’Artemisia que j’avais amenés au laboratoire étaient confisqués … on a amené ça au bureau du directeur du laboratoire ... ‘’

 

Malgré cette fin de stage un peu brutale et peu amen, Jérôme Munyangi refuse d’abandonner ses recherches. C’est alors qu’il prend contact avec le docteur Lucile Cornet-Vernet, une chirurgienne orthodontiste et non un professeur de laboratoire, qui va l’aider à poursuivre ses recherches.

 

 

Madame Lucile Cornet-Vernet s’est intéressée aux vertus de l’Artemisia et à tout le bien qu’il était possible d’en tirer, lorsqu’elle a constaté de visu l’excellent état de santé de son ami Alexandre Poussin, dont nous avons déjà parlé, remis d’un paludisme, attrapé en plein Ethiopie, après avoir absorbé une tisane d’Artemisia.

 

‘’ … Là, raconte-t-elle, suite à la visite d’Alexandre poussin et son épouse, je me suis rendue compte que c’était une histoire vraiment vraie … ‘’

 

Puis de discussion en discussion naît l’idée d’aider les africains à cultiver cette plante pour se soigner à moindre frais. (*) Alors en 2013 Lucile Cornet-Vernet après s’être entourée d’amis et de spécialistes, crée une association, ‘’La maison de l’Artemisia‘’ dans le but de promouvoir la culture de cette plante pour en finir avec le paludisme.

 

(*) Un africain doit consacrer un mois de ses revenus pour soigner, au moyen de médicaments, un membre de sa famille atteint de paludisme.

 

La rencontre entre Lucile Cornet-Vernet (maison de l’Artemisia) et Jérôme Munyangi a été à l’origine de deux opérations.

 

La première a consisté à faire des recherches avec la paramécie, un organisme unicellulaire qu’on trouve dans les eaux usées et qui possède les mêmes spécificités moléculaires que le plasmodium, l’agent propagateur du paludisme. Les bons résultats obtenus concernant cette recherche ont permis l’exécution d’essais biologiques et cliniques, qui ont été, eux aussi, tout aussi concluants.

 

Après cette première collaboration, dont les résultats garantissaient la non dangerosité (*) de l’opération suivante, la maison de l’Artemisia et Jérôme Munyangi, se lancèrent dans un vaste programme nécessitant la collaboration de mille patients victimes du paludisme. En traitant ces malades, il s’agissait alors de procéder conformément aux normes de l’OMS pour prouver ‘’scientifiquement‘’ l’efficacité de l’Artemisia. (**)

 

(*) La prise de médicaments antipaludiques est parfois dangereuse, tel est le cas avec le Lariam 250mg, dont ‘’Le courrier International‘’ du 8 juillet 2009, n’hésitait pas à titrer à son sujet : Le médicament qui rend fou.

Le Lariam (générique méfloquine), fut créé par l’institut de recherche militaire Walter Reed (WRAIR) à la demande et pour l’armée des Etats-Unis, qui le fit prendre à ses soldats dès 1989. Il fut ensuite commercialisé par le Laboratoire Suisse Roche et … abandonné par cette même armée des Etats-Unis vingt ans plus tard, en 2009 en raison de ses effets secondaires désastreux.

 

Des vétérans d’Iraq et de Somalie connurent des troubles psychologiques graves à cause de ce médicament. Certains de ces vétérans allèrent jusqu’à commettre des crimes gratuits. Le Vidal, la bible des médecins, liste une série d’effets indésirables commençant par : anxiété, paranoïa, dépression, hallucinations, psychose, etc … etc …  Bien évidemment le Lariam est toujours sur le marché ?! … La vie d’un civil, surtout s’il est africain, compterait-elle moins que celle d’un militaire ?! …

 

(**) Dans ce programme de recherches, deux espèces d’Artemisia sont à prendre en compte :

L’Artemisia annua Lin. 1753 et l’Artemisia Afra Jacq. ex Willd. 1804. (a)

L’Artemisia Afra, originaire d’Afrique n’a que très très (répétition voulue) peu d’Artémisinine. En fait la maison de l’artemisia va en arriver à la conclusion que ces deux espèces sont des plantes polythérapeutiques parce qu’elles possèdent, non pas une molécule antipaludique, mais 17. Ce qui signifie que ces plantes sont à prendre en totum c’est-à-dire dans leur entier.

 

(a) Avant d’étudier l’artemisia annua, les chinois focalisèrent leurs recherches sur l’Artemisia apiacea, sans doute parce qu’on la trouvait plus facilement dans les environs de Pékin, alors que le Yunnan était une des régions où poussait naturellement l’Artemisia annua.

Je pense, mais ce n’est que mon avis, que les chinois livrèrent de l’Artemisia aux Vietnamiens sans bien savoir de quelle espèce il s’agissait ?! … apiacea ou annua, voire – peut-être, une autre espèce ?! … Les chinois n’ont fait la différence entre les deux espèces qu’aux environs de 1974.

 

La tisane d’Artemisia : Mettre 5gr d’Artemisia dans un litre d’eau bouillante, et la boire en trois fois durant la journée.

 

 

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Photo 1 : Le chercheur congolais Monsieur Jérôme Munyangi Wa Nkola. 

Photo 2 : La fondatrice de la maison de l’Artemisia Madame Lucile-Cornet-Vernet, et quelque peu marraine de Jérôme Munyangi. Madame Lucile-Cornet-Vernet est aussi vice-présidente de l’ONG ‘’maison de l’Artemisia‘’ et le co-auteur avec Laurence Couquiaud et Cyril Dion du livre Artemisia, une plante pour éradiquer le paludisme (Ed. Actes Sud).

Photo 3 : Madame Lucile-Cornet-Vernet et le chercheur Monsieur Jérôme Munyangi tout sourire derrière un plan d’Artemisia.

 

 

Donc, dans les mois qui suivirent leur première collaboration, en novembre 2015, pendant la saison des pluies, période où les moustiques prolifèrent, commença la seconde étape de leur projet, à savoir, mener des essais cliniques randomisés (*) et en double aveugle, à grande échelle auprès d’un échantillon de 957 personnes atteintes du paludisme, dont la moitié sera traitée avec les antipaludéens habituels ou ACT, (**) et l’autre moitié devra boire une tisane d’Artemisia trois fois par jour durant sept jours.

 

(*) Le verbe randomiser signifie valider un résultat sur un échantillon choisi au hasard.

(**) Les ACT sont des médicaments qui proposent une thérapie combinée à base d’artémisinine. Certains comme le Lariam 250 mg. ont des effets secondaires dévastateurs ce qui n’empêche pas l’OMS de les recommander.  

 

Cette étude clinique reçut l’aval du ministère de la santé de Kinshasa (*). Elle se déroula dans cinq bourgades des environs de Kindu, capitale de la province de Maniema, dans la RDC du Congo et … village natal de Jérôme Munyangi. Pour en suivre le bon déroulement et en vérifier les résultats, le docteur Michel Idumbo, en tant que membre extérieur non concerné par l’étude fut désigné comme investigateur ou Inquisiteur, c’est selon ! …

 

(*) Malgré l’accord du ministère, le médecin chef de Zone a tenté de faire obstruction à l’étude. Par la suite il interdira la publication des résultats de cette étude de peur que les firmes pharmaceutiques ne lui suppriment leurs subventions (Dixit Jérôme Munyangi) ; et le docteur Michel Idumbo sera démis de ses fonctions, preuve qu’il était bien indépendant par rapport à l’étude.

 

 

Après quatre mois d’études les résultats montrèrent que les deux traitements obtenaient de bons résultats, mais les analyses de laboratoire (*) plaidèrent en faveur de la tisane d’Artemisia. Car les malades traités à l’artemisia voyaient la charge parasitaire disparaitre dans 99 % des cas pour seulement 80 % avec les ACT ; et tandis que la guérison des malades soignés avec des ACT s’accompagnait parfois, pour ne pas écrire souvent, d’effets secondaires désastreux, avec la tisane d’Artemisia il n’y en avait pas.

 

(*) La charge parasitaire de chacun des mille participants a été analysée et vérifiée au moyen de prélèvements sanguins effectués, sur chacun d’eux, avant et après le traitement. Le coût de l’opération, plus de deux milles prises de sang et analyses a été financé par la maison de l’artemisia. Merci au docteur Lucile Cornet-Vernet qui a réuni les fonds en s’adressant à des amis, des fondations, des entreprises et tous autres organismes sensibles à cette cause.

 

 

En 2016, une nouvelle expérience fut lancée auprès des écoliers du village natal de Jérôme Munyangi. Les enfants n’avaient rien d’autre à faire que boire deux fois par semaine une tisane d’Artemisia. Très vite, les cas de paludisme diminuèrent ainsi que l’absentéisme scolaire. Quelques médecins, cependant, craignèrent que ce traitement ne retarde l’immunité chez les enfants ?! ... 

 

En conclusion, suite aux résultats de cette étude, qui va paraître en France, (*) la population concernée a compris tout l’intérêt qu’elle avait à boire cette tisane et surtout, à cultiver la plante.

 

Ce revirement d’état d’esprit eut pour conséquences, d’abord de faire chuter les ventes des médicaments antipaludéens, les faux comme les vrais, et ensuite de causer bien des ennuis au docteur Jérôme Munyangi tenu pour responsable des pertes financières des vendeurs de médicaments ?! ...

 

(*) L’OMS, dans une de ses parutions : ‘’Utilisation des formes non pharmaceutiques d’Artemisia‘’ rapporte l’étude de Jérôme Munyangi. (WHU-CDS-GMP-2019.14- fre.pdf.) mais sans plus ! …

 

 

Donc, les revendeurs de médicaments, (*) puis les gérants des dépôts des firmes pharmaceutiques commencèrent par le menacer pour qu’il cesse de ‘’marcher sur leurs plates-bandes‘’. Après leurs menaces restées lettres mortes, pour discréditer Jérôme Munyangi, ses détracteurs, le firent emprisonner en déposant des plaintes sans fondement et tentèrent même de l’empoisonner.

 

(*) L’Afrique est actuellement laissée à la merci de firmes pharmaceutiques Indiennes et Chinoises qui s’installent anarchiquement un peu partout et dont certaines sont reconnues pour être impliquées dans le trafic de faux médicaments et de médicaments falsifiés.

 

 

Un combat, tel celui de David contre Goliath, est en cours. Le bon sens va-t-il l’emporter ? … difficile à dire mais, comme le dit Lucile Cornet-Vernet (*) ‘’ Pourquoi se priver d’une plante efficace que chacun peut faire pousser dans son jardin ? … ‘’.

 

(*) Lucile Cornet-Vernet, est la fondatrice de La Maison de l’Artemisia, sa vice-présidente et le co-auteur avec Laurence Couquiaud et Cyril Dion du livre Artemisia, une plante pour éradiquer le paludisme (Ed. Actes Sud).

 

 

Oui, pourquoi ? …

Pourquoi l’Artemisia est-elle en vente libre dans toute l’Europe et interdite à la vente en France ? …

Pourquoi l’OMS, d’abord favorable à l’Artemisia, s’acharne-t-elle contre elle aujourd’hui ? …

 

Et si nous allions faire un tour du côté de l’OMS pour tenter de comprendre ce qui se passe ?! …

 

L’O.M.S. qui dépend directement de l’O.N.U., a été créé en 1948. (*) Son siège est à Genève en Suisse. Elle a pour mission de veiller à la santé des populations mondiales et de les mener au niveau de santé le plus élevé.

 

(*) La chartre de l’organisation fut signée le 26/06/1945 par 53 délégations, qui sont devenues de fait, les membres fondateurs. 22 autres nations suivront ce qui constituera une association de 75 pays dont 8 au moins n’étaient pas membres de l’ONU.

Le budget de l’OMS ne dépendait alors que de la contribution de ces 75 pays. Une contribution calculée en fonction des moyens de chaque état, étant entendu que les USA prenaient à leur compte 33,3% du budget global.

Pour permettre à l’OMS de se mettre en place, l’ONU lui a consenti 2.150.000 $ d’avances qu’elle devra rembourser. Par ailleurs, l’assemblée générale de l’OMS vota la création d’un fond de roulement de 1.650.000 $, là encore alimenté par ses seuls membres.

A la création de l’OMS, seuls les états avaient droits au chapitre sans la moindre ingérence extérieure.

 

 

Le psychiatre canadien Brock Chisholm, (1896-1971) (*) fut le premier directeur général de l’OMS de 1948 à 1953 ; son action fut de mettre en évidence et de les combattre les causes économiques et sociales à l’origine des maladies.

 

(*) En 1950 le budget de l’OMS est de 5.000.000 $. Au départ il était de 6.000.000 $. A la demande de l’Afrique du Sud il fut ramené à 5.

Le prévisionnel pour la lutte contre le Paludisme était de : 111.658 $.

 

 

Le 12 février 1949, mettant en cause son fonctionnement, neuf pays du bloc socialiste et la Chine (Taïwan) quittent l’OMS, qu’ils rejoindront sept ans plus tard en 1955/56. (*)

 

(*) Juridiquement ces pays resteront adhérents de l’OMS comme membres inactifs, car une telle situation n’avait pas été prévue dans les statuts.

 

 

En 1953 (*) le Brésilien Marcolino Gomes Candau (1911-1983) prend la tête de l’OMS et y restera durant 20 ans (1953-1973). Deux ans après sa nomination, en 1955, il fait adopter l’éradication du paludisme.

 

(*) En 1952 le budget de l’OMS est de : 7.800.000 $, et sera de 9.838.000 en 1954.  

 

Les résultats obtenus durant la deuxième guerre mondiale avec le DTT (*) permettaient d’envisager une telle possibilité. Par ailleurs, dans le contexte politique de l’époque, les Etats-Unis, le plus gros contributeur de l’OMS, étaient convaincus que cette éradication allait leur créer de nouveaux marchés outre-mer, et par voie de conséquence renforcer leur influence dans ces régions au détriment de celle des pays communistes.

 

(*) Le DDT ou (Dichloro-diphényle-trichloro-éthane) est un pesticide aujourd’hui interdit mais à l’époque, il était recommandé de vaporiser du DDT, à même le corps, sur tous ceux, en particulier les militaires, qui allaient œuvrer dans des zones infectées de moustiques.

 

La campagne d’éradication du paludisme, en éliminant la présence des moustiques de certaines régions, a rencontré quelques succès, mais, en d’autres régions les moustiques ont développé des résistances au DDT, principalement en Afrique sub-saharienne y compris en haute Volta et au Togo.

 

De guerre lasse, en 1969 l’OMS (*) déclare l’éradication mondiale du paludisme impossible, et préconise alors un développement des systèmes de santé ruraux.

 

En 1956 le budget prévisionnel de l’OMS est de 10.200.000 $.

En 1957 le budget réel a été de : 12.478.550 $ et en 1958 : 13.566.130 $

En 1959 le budget prévisionnel se monte à 15.365.660 $.

 

 

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Photo 1 : Le docteur Michel Idumbo. C’est ce docteur qui, lors des essais randomisés de Jérôme Munyangi, accepta, en tant que personne extérieur à l’expérimentation, d’en vérifier le bon déroulement. Sa participation à cette expérimentation lui coûta son poste de médecin ?! …

Photo 2 : L’ex-député béninois (ex Dahommey) Toafick Hinnouho alias Mohamed Atao Hinnouho chez qui fut trouvé, en décembre 2017, 152 tonnes de faux médicaments entrées … frauduleusement au Bénin.

Il n’est pas question d’Artemisia dans cette affaire, certes, mais la distribution de faux-médicaments à ses ‘’gros-bonnets‘’ (Trafiquants) et des centaines de ‘’petits-revendeurs‘’ (dealeurs) où chacun y trouve son compte, sauf les malades … dont beaucoup ne sont plus là pour se plaindre. Il n’empêche que ces escrocs de haut vol et ces petits revendeurs souvent abusés, sont autant de partis qui sont prêts à mettre à mal toute entreprise, comme celle de Jérôme Munyangi, pouvant porter préjudice à leurs commerces illégaux.  

Ce criminel et truand de haut rang, qu’est Mohamed Atao Hinnouho, écopa de six ans de prison et de trois milliards de francs CFA de dommages et intérêts. (Source : Jeune Afrique.)   

Photo 3 : Après le truand de haut vol, l’une de ses nombreuses revendeuses, (dealeuses) que la population appelle avec empathie la ‘’bonne dame‘’ sur le marché de Gbossimé à Lomé au Togo, un pays voisin du bénin. Le Bénin et son grand voisin le Niger, (*) ont la réputation d’être une des plaques tournantes du commerce illicite des médicaments pour l’Afrique de l’Ouest. (Source : Reportage d’Isabelle Souquet de Radio-France.)

(*) Le Bénin est pris en tenailles entre le Togo et le Niger.

  

 

En 1955/56, lors de la campagne antipaludique, les pays communistes font leur retour au sein de l’O.M.S. et appellent à l’éradication de la variole présente dans plus de 30 pays.

 

Leur appel est entendu. En 1959, à leur demande et avec le soutien des Etats-Unis un programme mondial d’éradication de la variole est lancé et gagné puisqu’en 1980 l’OMS déclarera officiellement l’éradication de la variole au niveau mondial. (*)

 

(*) ‘’l’éradication du paludisme‘’ était le cheval de bataille des Etats-Unis, alors que celui de l’Union soviétique était ‘’l’éradication de la variole‘’. Autrement dit, la victoire contre la variole est aussi celle de l’URSS. (Aphorisme attribué au nouveau directeur de l’OMS le Danois Halfdan Teodor Mahler.

 

Dans les années 1960 (*) et 1970, l’OMS accueille de nouveaux états, les uns issus de la décolonisation et les autres de guerres d’indépendance.

 

(*) En 1960 l’assemblée de l’OMS décide de la création d’un fonds bénévole pour la promotion de la santé. Toute personne, civile ou marale, peut y verser un don.

En 1964 le budget prévisionnel de l’OMS est de 36.288.230 $.

En 1969 le budget prévisionnel de l’OMS est de 71.362.770 $.

En 1974 le budget prévisionnel de l’OMS est de 119.836.890 $.

De 1949 (5.000.000 $) à 1974 (119.836.890 $.) le budget de l’OMS a été multiplié par 24 en 25 ans.

Exemple de contribution de trois Etats membres pour 1974 :

USA : 31.729.090 $ soit 25,69 % du Budget global.

France : 5.823.290 $ soit 5,73 % du budget global

Thaïlande : 110.850 $ soit 0,11 % du budget global.

 

 

En 1973, quelques années avant l’éradication de la variole, le Danois Halfdan Teodor Mahler (1923-2016) succède au Brésilien Marcolino Gomes Candau et exercera trois mandats consécutifs (1973 à 1988). Ce nouveau directeur général va donner priorité à la médecine sociale, c’est-à-dire à la prise en charge de la santé plutôt que des maladies.

 

Dès 1975 (*) il lance une campagne de lutte contre les maladies tropicales négligées (NTDs) en ciblant particulièrement sept d’entre elles : le paludisme, la bilharziose ou schistosomiase, la filariose, l’onchocercose (cécité des rivières), la trypanosomiase (maladie du sommeil), la lèpre et la leishmaniose.

 

(*) Un an plus tard, en 1976, après avoir créé un fonds bénévole la même assemblée de l’OMS décide de la création d’un comité des ressources extra-budgétaires.

 

 

En 1980, un nouvel acteur, soi-disant de la santé, se place sous les feux des projecteurs en faisant de l’ombre à l’OMS, et en marchant carrément sur ses plates-bandes. Il s’agit de la Banque Mondiale.

 

La Banque Mondiale n’est autre que la BIRD (Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement.) (*). Elle fut créée avec le FMI (Fonds Monétaire International) tout de suite après la seconde guerre mondiale. Son objet était alors d’aider à la reconstruction de l’Europe quand le plan Marshall (1948-1951) (**) vint lui couper l’herbe sous le pied, tant les dollars que déversa ce plan sur l’Europe, tourna au ridicule les offres et les possibilités de la Banque Mondiale.

 

(*) Dès sa création la Banque Mondiale va soutenir, en les finançant, les leaders de régimes despotiques, (le shah d’Iran, Duvalier, Mobutu, Suharto, Idi Amin Dada etc …  etc … ) et placer ses pas dans ceux des orientations que prendront les Etats-Unis.

(**) Le plan Marshall consacra plus de treize milliards de dollars de l’époque dont onze milliards sous forme de don, pour aider au redressement de 17 pays européens.  

 

 

A défaut de pourvoir prendre part à la reconstruction de l’Europe, la Banque Mondiale va prêter aux états coloniaux pour l’installation d’infrastructure au sein de leurs colonies (*) ; lorsque ces colonies obtiendront leur indépendance la Banque Mondiale imposera aux nouveaux états de rembourser les dettes contracter par leurs anciens colonisateurs.

 

(*) Ces infrastructures permettaient une meilleure circulation des matières premières destinées à l’exportation, dont les pays industrialisés avaient besoin.  

 

A partir des années 1960, la Banque Mondiale va proposer aux entreprises de ces nouveaux pays des prêts (*) pour aider à leur développement. Mais, pour garantir ses prêts, la Banque Mondiale va exiger que certains de ses emprunteurs se privatisent. Ils seront alors rachetés par des groupes privés dans lesquels il y aura une filiale de … la Banque Mondiale … comme la SFI (Société Financière Internationale … du groupe de la Banque Mondiale).

 

(*) Une autre condition pour obtenir ces prêts consistait à les dépenser sous forme de commandes auprès des pays industrialisés. Ainsi, durant les 17 premières années de ce système, plus de 93 % de l’argent prêté revenait chaque année dans les pays les plus industrialisés sous forme d’achats. 

 

 

Une décennie plus tard, à partir des années 1970, la Banque Mondiale va investir le champ de la santé et démarcher des collectivités pour leur proposer des prêts en vue d’améliorer leurs services de santé.

 

C’est alors que dans les années 1980, l’OMS (*) voit carrément son influence diminuer au profit de la Banque Mondiale ; et des signes de mauvais augure ne laissent présager rien de bon pour l’avenir.

 

En 1985, les Etats-Unis, le plus gros contributeur de l’OMS, pour signifier leur désaccord avec la politique menée par l’OMS décident de quitter l’Organisation. (*)

 

(*) Dans les organisations internationales la politique interétatique intervient toujours.

En 1977 le Danois Halfdan Teodor Mahler, alors directeur, avait fait dresser une liste de 200 médicaments génériques, dont l’efficacité n’était pas à remettre en doute, à utiliser au grand dam des laboratoires privés américains.

Un an plus tard, ce même Mahler fait adopter par l’OMS et l’UNICEF le principe du droit d’égal accès pour tous aux soins de santé primaire.

 

Avec la nomination du nouveau directeur de l’OMS en 1988, celle du japonais Hiroshi Nakajima, (*) la situation de l’OMS va aller – d’après les dires – de mal en pis. Car Hiroshi Nakajima non seulement sera incapable d’imposer son autorité, mais sous son mandat des affaires de corruptions éclateront.

Bref, si son action prêta le flanc à de nombreuses et acerbes critiques, il lui fut surtout reproché d’avoir été incapable de donner de nouvelles perspectives à l’OMS, ce qui aurait, peut-être, permis à l’OMS de rebondir dans l’espace de la santé mondiale.

 

(*) En 1988, le japonais Hiroshi Nakajima (1928-2013) devient directeur général de l’OMS. Il restera à ce poste durant deux mandats (1988-1998)

 

 

Par ailleurs, non seulement le budget de l’OMS n’augmentera pas en valeur réelle depuis 1980 (*) mais, les états-membres se feront tirer l’oreille pour régler leurs contributions. C’est ainsi qu’en 1996, les contributions impayées des états-membres, se monteront à 243 millions de dollars ?! ...

 

(*) A partir de 1980 le budget de l’OMS stagne tandis que des fondations privées bénéficient d’importants financements.

En 1978-79 le budget prévisionnel de l’OMS est de 354.330.000 $.

En 1980-81le budget prévisionnel de l’OMS est de 427.290.000 $.

En 1982-83 le budget prévisionnel de l’OMS est de 469.000.000 $.

En 1984-85 le budget prévisionnel de l’OMS est de 520.000.000 $.

En 1986-87 le budget prévisionnel de l’OMS est de 543.330.000 $.

(En tenant compte de l’inflation, les budgets sont encore moindres)

 

 

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C’est le 8 mai 1980, que fut proclamée l’éradication de la rougeole et de la variole.

 

Photo 1 : Une séance de vaccinations en Europe : le dimanche 20 Août 1905 à Paris.

Tout commença par des cas de variole signalés dans la capitale. Alors pour échapper à l’épidémie la direction du petit journal ouvrit son grand hall de l’Hôtel Lafayette à tous ceux qui désiraient se faire vacciner. Il y avait là de grands noms de la médecine et … du monde vétérinaire. C’est ainsi qu’une belle génisse limousine, venue en voiture spéciale tirée par un cheval, compta parmi les candidats. Le succès fut tel que de nouvelles séances furent programmées.

En ce Dimanche 20 Août 1905 la première page du Petit journal mettait à l’honneur la réception de l’Amiral Caillard et des officiers français par sa majesté le roi Edouard VII. Une des manifestations de ‘’L’entente Cordiale‘’. Edouard VII, était le fils de la reine Victoria et un amoureux de Paris et de ses … lieux de détente comme le Chabanais. 

Photo 2 : Une rougeole qui n’avait rien de cancéreux mais que la gent médicale traita avec un certain succès … au grand dam du … malade.

Photo 3 : Une séance de vaccinations en Afrique : Vraisemblablement avant l’éradication c’est-à-dire dans les années 70/80. (Source : public health library.)

Comme en France, mais à défaut de génisse limousine, ovins et caprins sont aussi vaccinés contre cinq maladies : La dermatose nodulaire contagieuse, la variole ovine, la variole caprine, la fièvre de la vallée du Rift et la peste des petits ruminants.

 

 

Par contre, les contributions volontaires (*) c’est-à-dire celles des États, des fondations privées ou des firmes multinationales destinées à des projets particuliers, seront en augmentation. Ce qui signifie que la marge de manœuvre de l’OMS se réduisait d’autant plus, car l’action prioritaire se portait sur les projets particuliers et non plus sur une politique d’ensemble.

 

(*) L’évolution des contributions volontaires au sein du fonds bénévole.

1956 : montant des dons :          68.096 $.

1960 : montant des dons :   14.583.092 $.

1970 : montant des dons :   37.897.763 $.

1980 : montant des dons : 294.859.815 $.

1985 : montant des dons : 485.776.055 $. (*)

(*) A noter que la somme du fonds bénévole est pratiquement équivalente au budget prévisionnel de 1984/1985. 

 

 

Autrement dit depuis les années 1990/2000 l’OMS doit s’adapter à une situation dont elle n’est plus maîtresse. Ce sont les ‘’généreux donateurs‘’ (*) qui vont, d’abord lui suggérer sa politique pour ensuite, dans les années à venir, la lui dicter ; et plus les dons sont importants, plus le donateur à voix au chapitre.

 

(*) Les dons des ‘’généreux donateurs‘’ représentent près de 80% du budget de l’OMS.

 

 

‘’Les généreux donateurs‘’ qui ne sont autres que les grandes firmes pharmaceutiques vont, par le biais ‘’d’experts‘’ de l’OMS liés aux laboratoires privés, (*) décidés des causes à promouvoir et des médicaments nécessaires tant pour les combattre que pour enrichir les laboratoires qui les produisent.

 

(*) Dans un article du Monde du 24.01.2011 ce n’est plus d’experts de l’OMS dont il s’agit mais carrément d’un directeur de Novartis qui a été nommé dans un groupe consultatif de l’OMS. Le brave homme n’était sans doute venu que pour déposer un chèque ?! …

 

 

Bien évidemment, l’intérêt porté aux causes rémunératrices (*) a pour conséquence de délaisser des causes plus urgentes mais non productrices de profits.

 

(*) En 2004 la grippe aviaire (H5N1) à largement bénéficié aux firmes Roche et GlaxoSmithKline auxquels les gouvernements, sur les conseils de l’OMS ont commandé des millions de vaccins.

En 2009/2010 la grippe H1N1, l’alerte lancée par l’OMS aurait permis aux grandes firmes de percevoir des milliards de bénéfices. 

 

 

En 2019/2020 L’OMS compte 194 pays membres, (*) et table sur un budget de 4.422 millions de dollars ou 4 milliards 4.

 

(*) Les dix premiers donateurs sont :

(Contribution état membre + contribution volontaire)

 1/ Les Etats-Unis : (237 + 656) = 15,9% de l’ensemble des contributions.

 2/ La fondation Bill et Melinda Gates (0 + 531) = 9,4%

 3/ La Grande Bretagne et l’Irlande du Nord (43 + 335 + 57) = (7,7%).

 4/ Gavi Alliance (371) = 6,6%

 5/ L’Allemagne (61 + 231) = 5,2%

 6/ Japon (93 + 122) = 3,8%

 7/ BCAH (0 + 192) = 3,4%

 8/ Rotary International (0 + 143) = 2,5%

 9/ Banque Mondiale (0 + 133) = 2,4%

10/ Commission Européenne (0 + 1331) = 2,3%

Nota : La France arrive en 19è position.

Gavi Alliance : (Alliance Globale pour les Vaccins et l’Immunisation)

BCAH : (Bureau de la Coordination des affaires Humanitaires de l’ONU) 

 

 

La liste qui précède indique que le premier contributeur de l’OMS sont les Etats-Unis avec une participation de 893 millions de dollars donc, un pays membre ; ce qui, à première vue, n’a rien d’étonnant ou d’anormal.

Par contre, que la deuxième place soit occupée par un membre bénévole avec une participation de 531 millions de dollars, interroge, et d’autant plus qu’un autre membre bénévole occupe la quatrième place avec 371 millions de dollars, et que ce quatrième membre, la ‘’Gavi Alliance‘’ (*) a parmi ses contributeurs … la ‘’Fondation Bill & Melinda Gates‘’ ?! …

 

(*) la ‘’Fondation Bill & Melinda Gates‘’ fonde en 1994 ‘’Gavi Alliance‘’ dont le sigle signifie Alliance Globale pour les Vaccins et l’Immunisation, et la finance.

 

 

Autrement écrit, à eux deux, ces deux donateurs bénévoles pèsent 902 millions de dollars dans le budget de l’OMS. En fait le poids de Bill Gates (*) est beaucoup plus important au sein de l’OMS. Il suffit, pour s’en rendre compte, de prendre en considération certains autres membres bénévoles qui, d’une façon ou d’une autre, sont liés à la ‘’Fondation Bill & Melinda Gates‘’ ?! …

(*) L’argent que reçoit ‘’La fondation Bill & Melinda Gates‘’ provient de dividendes que lui verse un fond d’investissement créé à cet effet. Ce qui est tout à fait légal. Mais, reste à savoir sur quoi investissent les investisseurs ?! … D’après Lionel Astruc, auteur de l’art de la fausse générosité, ces derniers financeraient les causes mêmes de la pauvreté et du pillage des ressources dans le monde ?! …

 

 

A l’évidence Bill Gates et sa ‘’Fondation Bill & Melinda Gates‘’ tiennent une place prépondérante au sein de l’OMS (*) en général et dans les enjeux de santé mondiale en particulier, dont plus précisément, comme nous le verrons, dans le domaine … de la vaccination.

 

(*) Le directeur général actuel de l’OMS Monsieur Tedros Adhanom Ghebreyesus (1965) est un voyou qui se moque de la santé des gens comme de sa première chemise. Cet ancien ministre Ethiopien de la santé de 2005 à 2012 a caché au monde trois épidémies de choléra qui ont sévi en son pays en 2006, 2009 et 2011 pour pouvoir continuer d’exporter les produits Ethiopiens de par le monde … et tant pis si l’épidémie devait se propager dans les pays importateurs ! ... (Le monde du 24 mai 2017).  

 

Aussi, n’est-ce pas par hasard si le média américain ‘’Politico‘’ en 2007, dès l’année de sa fondation, appelait Bill Gates le ‘’Docteur de l’OMS‘’ en précisant : ‘’… Il avait tant d’influence que lorsqu’il voulait qu’une réglementation soit accélérée, les bureaucrates de l’OMS cédaient souvent à ses désirs … ‘’   et, à mon avis, pas seulement pour accélérer une réglementation ! …

 

 

 

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Photo 1 : Un graphique dont l’intitulé ne donne pas la réalité de la situation. A première vue, le lecteur a l’impression que les plus gros contributeurs de l’OMS sont des états membres. Ce qui est faux. La contribution des états membres ne représente que 28% du budget global de l’OMS.

Pour répondre à la réalité il aurait fallu titrer quelque chose comme : Les huit plus gros contributeurs parmi les 194 états-membres.

Photo 2 : Un graphique qui manque de précision et qui ne veut rien dire.

Photo 3 : Un graphique donnant les 20 premiers contributeurs participants au budget de l’OMS. En bleu ce sont les contributions que les états membres doivent versés et qui sont calculées selon des critères acceptés par tous les états membres ; en jaune ce sont les contributions volontaires (dons) que toute personne, individuelle ou morale, peut verser à l’OMS. Ce qui est intéressant avec ce graphique c’est de constater que la couleur jaune prend le pas sur la couleur bleue ?! …

 

 

Pour grand nombre de gens Bill Gates est le philanthrope des philanthropes. En fait il y aurait beaucoup à dire sur sa soi-disant générosité. Ainsi par exemple, entre 2011 et 2019, d’après le magazine ‘’Forbes‘’, sa fortune serait passée de 56 à 98 milliards d’Euros. On ne peut pas vraiment dire, ajoute le journaliste qui donne cette information, que Bill Gates se dépouille au profit des pauvres ! ….

 

Pour moi, le rédacteur de cette chronique, Bill Gates est un ‘’malade‘’ de la vaccination. Il mise tout sur la vaccination parce qu’elle rapporte gros, et que …. Mais ne soyons pas complotiste, cependant il s’en faut de peu pour le devenir ! ...

 

En 2019, Bill Gates a investi 40 milliards de dollars pour trouver un médicament efficace à 95 % afin de pouvoir vacciner à titre préventif 7 milliards d’individus en bonne santé, autrement dit la population mondiale, tout en précisant que le vaccin est pour lui la solution à tout … (magazine Nexus de juin 2020).

 

Ce projet semble être la préfiguration d’un autre, le projet MIT de Boston. Car l’objet de ce MIT de Boston est de créer un carnet de vaccination sous cutané au moyen de nanoparticules fluorescentes à injecter en même temps qu’un vaccin lambda.

 

Ainsi chaque individu serait porteur de son carnet médical que tout médecin, au moyen d’un smartphone pourrait consulter à tout moment ?! ...

 

Comme Bill Gates n’est jamais à court d’idées, sa fondation et l’Alliance GAVI (tient … tient … tient ! …) travailleraient actuellement sur un projet intitulé ID 2020 qui consisterait à donner une identité numérique à chacun des 7 milliards d’individus peuplant la terre. Pour obtenir ce résultat il suffirait de joindre au carnet médical sous-cutané toutes les informations administratives de la personne concernée : passeport, adresse postale, taille, sexe, couleur des yeux et selon le pays, religion.

 

Bien évidemment les auteurs de ce ID 2020 affirment le plus sérieusement du monde qu’il s’agit de donner une identité aux plus pauvres … et d’assurer le bien-être de l’humanité ou … peut-être …, mais là ce n’est que mon avis d’améliorer les intérêts (Bénéfices ?) de Bill Gates ? ….

 

Quand on connaît les résultats des dernières campagnes de vaccinations (*) de la fondation Bill & Melinda Gates, il y a lieu de s’inquiéter et de se méfier, comme par exemple avec le Mosquirix, un antipaludéen pour très jeunes enfants.

 

(*) Entre 2000 et 2017 la fondation Bill & Melinda Gates a mené en Inde une campagne de vaccination contre la polio.

Vidya Krishnan du Courrier international titrait à ce sujet le 13/01/2014 :

‘’L’éradication de la polio une victoire en demi-teinte‘’

Tandis que l’OMS accordait un certificat d’éradication de la polio au gouvernement indien, à New Delhi le quotidien ‘’Mint‘’ se demandait et écrivait si ce certificat ne cachait pas la propagation d’une autre maladie liée aux campagnes de vaccinations. Car dans les treize derniers mois le pays recensait 53.000 cas de paralysies flasques aigues (NPAFP) ce qui faisait alors de l’Inde la nation ayant le taux d’incidence de NPAFP le plus élevé au monde ! ... 

 

Dans une autre information concernant cette campagne titrée :

 

‘’Le gars qui prend les humains pour des cobayes ‘’.

L’article, d’origine Tchèque et daté du 20 mai 2020, soit six ans après celui du courrier international, racontait que d’après certains médecins Indiens 496.000 enfants seraient restés paralysés (polio) des suites de leur vaccination.

La fondation Bill & Melinda Gates démentait énergiquement cette hécatombe et reconnaissait tout au plus une vingtaine de cas dans lesquels la polio aurait été contractée à cause de virus dérivés de souches vaccinales. Car l’antipoliomyélitique oral, le VPO, ne pouvait pas ‘’directement‘’ donner la polio aux enfants vaccinés. Cependant il pouvait muter à de rares occasions corroborait l’OMS. A la condition – là c’est l’auteur du Blog qui poursuit, que les tests préventifs aient été faits dans les normes ?! …

 

Toujours est-il que le gouvernement Indien aurait interrompu la campagne et fait expulser les représentants de la fondation. Ce que dément la fondation Bill & Melinda Gates.

 

Cependant, depuis l’arrêt des vaccinations les médecins Indiens ont indiqué que le taux de paralysie due à la polio avait chuté de façon précipitée ?! …

 

Comment tirer le vrai du faux ? …cabale, intox, au lecteur à en juger. Rien n’est entièrement blanc ou entièrement noir. Mais restons prudent vis-à-vis des vaccinations elles sont loin d’être la panacée (*) du vivre en bonne santé.

 

(*) Panacée, dans la mythologie grecque était la déesse qui guérissait les hommes au moyen de … plantes et non à coups de … vaccinations …. Voilà qui devrait nous amener à réfléchir ! ...

.

 

Le Mosquirix :

 

En 1987, le géant pharmaceutique britannique GSK, (*) concevait un vaccin antipaludéen destiné aux enfants de moins de deux ans, le ‘’Mosquirix‘’ ou, de son nom de code le RTS, S/AS01.

 

(*) Le GSK ou ‘’GlaxoSmithKline‘’ est un groupe pharmaceutique en cheville avec … la ‘’Fondation Bill & Melinda Gates‘’ ?! …

 

 

Pour prouver l’efficacité, voire peut-être la non dangerosité de ce vaccin, il a fait l’objet de trois études, qu’il vaudrait mieux appelées ‘’tests ou essais grandeur nature‘’ :

 

La première étude eut lieu de mars 2009 à janvier 2011 : (Phase 1)

8.922 bébés âgés de 6 semaines à 12 semaines et 6.537 jeunes enfants de de 5 mois à 17 mois, issus d’Afrique sub-saharienne ont été vaccinés à raison de trois doses à quatre semaines d’intervalle. The Lancet publie le rapport de cette campagne que ‘’l’AIMSIB‘’ assassine (*) ‘’ … on peut se demander par quel miracle le comité de lecture (du Lancet) a pu lui accorder une autorisation de parution tant les anomalies majeures y sont nombreuses … ‘’

 

(*) l’AIMSIB n’est autre que l’Association Internationale pour une Médecine Scientifique Indépendante et Bienveillante.

 

 

La deuxième étude eut lieu de juillet 2010 à mai 2013 : (Phase 2)

Cette fois il s’est agi d’une population de 200 enfants vivant dans l’Ouest du Kenya.

 

A la suite de ces deux premières campagnes il ressort que le Mosquirix serait d’une efficacité minime et qu’elle diminuerait rapidement au cours du temps, même avec une dose de rappel. (Revue prescrire 2016)

 

La troisième étude eut lieu de 2009 à 2014 : (Phase 3)

Cet essai à grande échelle fut mené dans sept pays africains (Burkina Faso, Gabon, Ghana, Kenya, Malawi, Mozambique et Tanzanie)

 

Le rapport de cette campagne randomisée et en double aveugle fut en avril 2015, aussi publiée par … ‘’The Lancet‘’. ‘’l’AIMSIB‘’ ne fut guère plus tendre que lors de la première publication : ‘’… la méthode n’a encore pas fait sourciller le comité de lecture du Lancet manifestement très enclin à la ‘’mansuétude désintéressée‘’ à l’endroit du groupe GSK … ‘’. (*)

 

(*) Suite à la ‘’controverse‘’ de la revue mondiale de référence  ‘’The Lancet‘’,  concernant le professeur Raoult (COVID-19), son directeur le docteur Horton a  déclaré : ‘’Une grande partie de la littérature scientifique, sans doute la moitié, pourrait être tout simplement fausse en raison de conflits d’intérêts flagrants … les grandes compagnies pharmaceutiques falsifient ou truquent  les tests sur la santé, la sécurité et l’efficacité de leurs divers médicaments … les signataires des articles doivent leur plaire (plaire aux laboratoires) pour obtenir d’autres subventions. ‘’. Aux dernières nouvelles Horton, qui ne mérite plus son titre de docteur, n’a toujours pas démissionné.

 

Un journal comme ‘’le monde‘’, qui aujourd’hui a perdu toute crédibilité car il n’est plus ce qu’il était, compte aussi parmi les bonnes œuvres de la fondation Bill & Mélinda Gates qui lui aurait versé entre 2014 et 2019 plus de quatre millions de dollars se répartissant comme suit : 2014 : 299.109 $ - 2015 : 438.083 $ - 2016 : 516.601 $ - 2017 : 680.675 – 2019 – 2.126.790 $ ?! … Pourquoi ces versements ? …

 

Sophie Harman, une universitaire de la Queen Mary University de Londres écrivait : . ‘’Tout le monde a peur de mettre en cause le rôle des Gates et de la fondation parce qu’ils ne veulent pas perdre leurs financements…’’ Dont acte.

   

 

Malgré les réserves qui précèdent, le 24 Juillet 2015, le ‘’Mosquirix‘’ a reçu un avis positif de l’EMA (Agence Européenne du Médicament). L’Agence européenne a estimé que le profil de sécurité du vaccin était ‘’acceptable‘’… l’OMS écrit même à ce sujet … ‘’… l’AEM …concluant que les bénéfices l'emportent sur les risques. ‘’ ; des risques encore mal cernés, et une efficacité mineure qui décroit après une année.

 

Et dire qu’une petite tisane d’Artemisia suffirait – peut-être – à éviter ces vaccinations à tours de bras, d’autant que ce ne sont pas les vaccins qui manquent à l’Afrique mais, des écoles, des hôpitaux, des réseaux d’eau potable et d’assainissement ; seulement voilà, ni Bill Gates et ni l’OMS ne veulent le comprendre, mais nous, nous comprenons pourquoi.

 

 

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Photo 1 : ‘’Un couple au chevet de la planète‘’. Delphine Kargayan dans son article du 1/5/2020 (Le Parisien) ne précise pas s’il s’agit ou non d’un trait d’humour ?! …

Photo 2 : ‘’le système Bill et Melinda Gates‘’. Le carré central représente la ‘’fondation Bill & Melinda Gate‘’. De ce carré partent dans tous les sens de nombreuses ramifications. Si vous y comprenez quelque chose, moi pas, hormis que la fondation Bill & Melinda Gates me fait penser à une araignée au milieu de sa toile, prête à intervenir à la moindre vibration de l’une de ses fibres.

Photo 3 : ‘’Un couple qui regarde la planète d’en haut‘’. (Remise de la légion d’honneur depuis l’Elysée le 21 avril 2017).

 

 

En conclusion : Bill Gates et sa fondation ont mis au point un système de financement qui n’est rien d’autre que de la corruption. Son dada ce sont les vaccins, qui via les laboratoires rapportent un maximum d’argent au détriment de la vie des gens.

 

En France les laboratoires, tout comme Bill Gates et sa fondation ont mis au point, à leur échelle, un système de financement qui n’est rien d’autre que de la corruption.

 

Comme les propos du docteur Christian Perrone (*) tenus à l’occasion d’un interview confirment on ne peut mieux ce qui précède, je les ai retranscrits ci-dessous le plus fidèlement possible.

 

(*) Le docteur Christian Perrone est le chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de Garches. Il a été interviewé le 16 juin 2020 sur Sud-radio par André Bercoff au sujet de la sortie de son livre concernant le COVID-19 : ‘’Y a-t-il une erreur qu’ILS n’ont pas commise ? ‘’ (Aux éditions Albin Michel).

 

 

Parlant de nos institutions médicales : ‘’Je n’arrive pas à comprendre comment toutes ces institutions ont été manipulées … par l’industrie pharmaceutique … pour nous conduire dans une impasse terrible‘’.

 

Parlant du Covid-19 : ‘’la France est championne du monde du désastre. En France la léthalité est proche de 20 % alors que dans tous les pays du monde elle est beaucoup plus faible … 6%. En Chine l’étude de Chen (*) a démontré que la chloroquine marchait et je ne comprends pas cette intelligentsia d’immunologistes, de gens de l’INSERM, qui disent tout ça c’est des bêtises. C’est une honte, une honte totale et immorale de continuer à dire que l’étude de Raoult ne montre rien, quand on a des tests significatifs …  C’est que tous les experts qui disent ça sont achetés par l’industrie pharmaceutique. Je n’ai pas peur de le dire. ‘’

 

(*) Le Docteur Jun CHEN est médecin et Directeur adjoint du Département des maladies infectieuses et immunitaires à l’Université Fudan de Shanghai, en Chine. – Il s’agit de l’étude parue le 26 février 2020.

 

 

Parlant de NOS sociétés savantes qui conseillèrent nos dirigeants lors du confinement : ‘’… les sociétés savantes elles sont complètement corrompues. La plupart des société savantes ont des centaines de milliers, voire des millions d’euros sur leurs comptes en banque qui viennent de l’industrie pharmaceutique. C’est la corruption qui a plongé des dizaines de milliers de français dans la mort, il ne faut pas avoir peur des mots … On aurait pu éviter 25.000 morts en France … Ça existe depuis plus de vingt ans (La corruption) … C’est une honte que l’état interdise à des médecins de prescrire. … Ils ont des conflits majeurs qui fait que la Chloroquine qui ne coûtait pas chère …  il fallait le démolir (Didier Raoult).  Les boursiers attendaient des milliards de retour sur cette pandémie et ça c’est dégueulasse de faire ça sur le dos de la santé des gens dans le monde.

 

Rappel du titre du livre du professeur Christian Perrone : Y a-t-il une erreur qu’ILS n’ont pas commise ? : Covid-19 : L'union sacrée de l'incompétence et de l'arrogance, Albin Michel, juin 2020.

 

 

Pour acter ce qui a été dit par le professeur Peronne je suis allé faire un tour du côté de la presse Française et en particulier du journal La croix du 10 janvier 2020, lequel reprend une enquête d’un collectif de journalistes régionaux (*) sur les liens controversés entre médecins et laboratoires. Nous sommes en plein dans le sujet.

 

(*) Les journalistes en question écrivent pour : Bien Public, La Montagne, La Voix du Nord, La Nouvelle république du centre-Ouest, Le Parisien, Les dernières nouvelles d’Alsace, Ouest-France, Paris-Normandie, Populaire du centre, Progrès, Télégramme, un panel plutôt représentatif de notre belle et douce France.

 

 

Cependant avant d’aller plus avant, il faut savoir que les CHU doivent répondre à trois missions : le soin, l’enseignement et la recherche. Comme les fonds versés par l’état sont insuffisants pour remplir ces trois missions, les CHU sont obligés de faire appel à des fonds privés. C’est alors, pour le meilleur comme pour le pire (*) qu’interviennent les laboratoires.

 

(*) D’après Jeanne Ferney du ‘’British medical journal‘’ (6.11.2019) ‘’Les généralistes français percevant des avantages de la part de l’industrie pharmaceutique feraient des prescriptions plus coûteuses et moins efficaces. ‘’.

 

Suite à ce préambule qu’il ne faut pas perdre de vue, et d’après cette quinzaine de journalistes, en 2018 Novartis aurait été le premier donateur auprès des institutions médicales françaises et de ceux qui en dépendent, suivi par AbbVie et Sanofi. (*)

 

(*) Sanofi est une entreprise transnationale Française. Elle est la 8è au classement mondial des chiffres d’affaires et pèserait 47,4 milliards de dollars dont 3,1 milliards de bénéfice pour 2019. Ce groupe serait l’un des quatre ‘’mousquetaires‘’ avec GSK, Pfizer, et Merck tenant du marché des vaccins dont le chiffre d’affaires varierait entre 35 milliards de dollars et 60 selon les sources. Opacité, opacité, quand tu nous tiens on est sûre de rien … cela fait quand même 30 milliards de différence … une paille ?! ….

 

Novartis, (*) est une entreprise pharmaceutique Suisse née en 1996 de la fusion de Ciba-Geigy et de Sandoz.

 

(*) Il s’agit de cette société dont l’un des directeurs appartient à un groupe consultatif de l’OMS dont nous avons parlé plus haut.

 

 

En 2012 Novartis était le premier groupe pharmaceutique en Chiffre d’affaires, qui en 2017 atteignait 49,1 milliards de dollars, et en 2018, (*) 51,9 milliards de dollars, soit une augmentation de 5,70 % en un an.

 

(*) Cette année-là, le chiffre d’affaires de Novartis généré en France s’élevait à 2,6 milliards d’€. Le chiffre d’affaires mondial du marché pharmaceutique s’élevait alors en 2001 à 390,2 milliards $ et en 2017 à 1.143,3 milliards $.

 

 

En 2018, plus de 1,36 milliard d’€, ont été versés, sous forme de dons, de rémunérations ou d’avantages à l’ensemble des professionnels de santé français dans le public et le privé.

Les 30.000 praticiens des 32 CHU (*) ont reçu 92 millions d’€ auxquels il convient d’ajouter 78 millions d’€ versés au titre de conventions passées entre les CHU et les laboratoires.

 

(*) CHU signifie Centres Hospitaliers Universitaires.

 

D’après le Parisien, l’AP-HP d’île de France, qui regroupe 39 hôpitaux a reçu 36,5 millions d’€ dont 26,5 millions d’€ pour les médecins.

D’après le Populaire du centre, il existe des liens entre les laboratoires et les médecins du CHU de Limoges pour un montant total d’apriori de 1,4 million d’€.

 

D’après Sud-Ouest, le CHU de Bordeaux a reçu près de 4,5 millions € sous forme d’avantages et de rémunération pour ses personnels soignants. Ce qui le fait figurer parmi les trois hôpitaux français les plus liés à l’industrie de la santé d’autant qu’en incluant à ces sommes les dons et les subventions on atteint le chiffre de 9,1 millions d’€ pour ce seul CHU ! …

 

 

Heureusement, il y a des informations qui montrent que les laboratoires et leurs argents ne gangrènent pas tout. Hélas elles sont beaucoup plus rares et on se demande bien pourquoi ?! …

 

Selon le Progrès, le Professeur Luc Thomas, spécialiste mondialement reconnu des cancers de la peau du HCL de Lyon, a décidé de mettre à distance les laboratoires après avoir été trésorier de la Société française de dermatologie, entre 1998 et 2003, et vu des ‘’choses pas jolies ‘’.

 

 

La liste des ‘’petits‘’ cadeaux est longue, et les quelques exemples qui précèdent suffisent à monter que le secteur pharmaceutique est loin d’être neutre dans de nombreuses décisions, car il ne manque pas d’argent.

 

Cependant il faut savoir qu’il n’en a jamais assez. C’est pourquoi il n’est pas le dernier à demander des aides au secteur public, comme des aides à la recherche, et à bénéficier de remboursements venant de la sécurité sociale.

 

Certes, les liens d’intérêts sont légaux et ne sont pas tous condamnables. Mais un lien d’intérêts peut influencer bien des décisions pour satisfaire ou aller au-devant des désirs d’un généreux donateur ?! …

 

 

En conclusion : les conflits d’intérêts commencent par le visiteur médical qui se rend chez un médecin pour lui proposer un nouveau médicament et qui suite à sa visite laissera un … ‘’petit cadeau‘’ dans l’espoir d’avoir été entendu.

 

Puis plus on monte dans la hiérarchie plus la proposition, voire la demande, si ce n’est l’ordre, non plus du visiteur médical, mais du représentant d’un laboratoire sera conséquent et plus le petit cadeau deviendra gros, tellement gros qu’il sera difficile de le refuser, nature humaine oblige.

 

Par exemple le, (ou les), laboratoire demandera l’interdiction de l’artemisia ou de la chloroquine moyennant un retour en espèces sonnantes et trébuchantes. Mais ce n’est pas en France qu’on verrait cela.

 

Cependant, il serait intéressant que le fisc, ou une commission neutre, regarde de près les comptes de certains, voire de tous nos dirigeants et experts, qui se sont évertués (Tous ?) à discréditer la chloroquine, via Didier Raoult, et à interdire l’artemisia.

 

Le plus grave dans ces affaires c’est ‘’qu’ILS‘’ jouent, pour de l’argent, avec la santé et la vie des gens. Ceux qui sont censés protéger toute une population ne cherchent en fait, qu’à protéger leurs intérêts aux dépends de la vie de tous et ça, comme dit le professeur Peronne, c’est dégueulasse !...

 

Il faut vraiment que l’Artemisia dérange les lobbyistes du vaccin pour que cette plante ait subi toute une série d’interdictions. Mais cette lutte entre phytothérapeutes et médicothérapeutes ne date pas d’aujourd’hui

 

 

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Photo 1 : Un graphique édité par l’OMS présentant le ‘’poids‘’ (Influence ?) des principaux contributeurs au budget de l’OMS pour la période 2018/2019.

Il ressort de ce graphique que :

1/ Seulement quatre états contributeurs sur 194 figurent parmi les 10 premiers contributeurs. Les six autres sont des contributeurs ‘’volontaires‘’ que rien n’oblige à contribuer sauf, peut-être, quelques intérêts avouables ou inavouables ?! ….

Rien n’est gratuit en ce bas monde. Le cadeau ‘’Bonux‘’ a un prix qui est compris dans le prix de vente du paquet de lessive.  Il y a toujours quelque part un retour sur investissement c’est une loi … naturelle … si je peux l’écrire ainsi.

2/ La contribution de ces dix membres représente 64,13% de la contribution générale. C’est-à-dire que la contribution des contributeurs volontaires se monte à 33,26% contre 30,87% pour les contributeurs étatiques ?! ...

3/ Question : Un groupe minoritaire, les contributeurs étatiques, a-t-il encore voix au chapitre pour déterminer une politique de la santé et proposer d’autres moyens que les médicaments et la vaccination ?! … qui rapportent aux contributeurs volontaires ! ...

Ce propos ne signifie pas que les médicaments et la vaccination soient à rejeter mais … à utiliser modérément en permettant, à d’autres techniques de faire leurs preuves, comme par exemple les médecines douces.

Photo 2 : Un homme courageux, qui ose dénoncer les conflits d’intérêts, et qui sait de quoi il parle : Le docteur Christian Perrone, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de Garches.

Photo 3 : Un graphique clair et net, que j’ai eu beaucoup de mal à trouver, et qui clame haut et fort ce que cache le premier graphique de la première photo, à savoir le même graphique pour 2018/2019.

En 2006-2007, soit 12 ans avant 2018/2019, les contributeurs volontaires subventionnaient 72% du budget de l’OMS. Il y a fort à parier qu’en 12 ans les 72% ont -peut-être- dépassé les 80% ?! ...

Mais, comme par hasard, l’OMS semble ne plus publier ce genre de graphique. Je me demande bien pourquoi, parce qu’il est beaucoup plus parlant que celui de la première photo !

 

 

Petit récapitulatif de la lutte entre :

         …  la phytothérapie (*) et la médicothérapie. (**)

 

(*) Traitement par les plantes ou par des substances d'origine végétale.

(**) Traitement par médicaments donnés par un pharmacien, un médecin ou un infirmier.

 

3100 av JC :

1/ Les sumériens laissent des textes gravés en caractères cunéiformes sur plaques d’argile où il est question de plantes médicinales.

2/ Le Grec Asclépios crée les asclépiades, un centre de santé où les plantes sont utilisées pour soigner.

400 av JC : Hippocrate, adepte des asclépiades, soigne en faisant usage d’au moins 300 plantes.

1er siècle ap.JC : Dioscoride lègue à l’humanité son célèbre ‘’De materia medica‘’. L’ouvrage fera autorité pendant des siècles.

812 : Charlemagne encourage la culture des plantes médicinales alors appelées … les simples 

A partir du XIe siècle apparaissent les premières écoles de médecine. (*)

 

(*) Salerne au sud de l’Italie (Schola Medica Salernitana) est la toute première école de médecine aujourd’hui fermée, et Montpellier en 1289, est la plus ancienne encore en activité.

 

1271 : Philippe III dit le Hardi (1245-1285) interdit de donner à un patient une composition de plantes sans l’approbation d’un maître en médecine sorti d’une faculté. Les Herboristes, alors appelés herbiers, et les apothicaires sont contrôlés par les médecins et doivent prêter le ‘’serment des herbiers‘’.

1498 : Paraît ‘’le Nuevo receptario‘’, la première pharmacopée dont les auteurs sont des médecins et des apothicaires Florentins.  

1697 : Le chimiste et pharmacien français Nicolas Lemery (1645-1715) publie ‘’La pharmacopée universelle‘’ et ‘’Le traité universel des drogues simples‘’.

1753 : Carl von Linné fait autorité dans le monde de la Botanique et met en place une classification binominal pour tout individu.

1777 : Suite aux conflits relationnels entre herboristes, apothicaires et médecins, Louis XV (1710-1774) tranche en faveur des apothicaires qui, trois ans après son décès deviendront des pharmaciens.

1803 : (La loi du 21 avril ou An XI – germinal) Interdiction est faite aux colporteurs de vendre des herbes et des drogues ; et les herboristes diplômés sont mis sous la tutelle des pharmaciens et des médecins.

1851 : La première conférence sanitaire internationale s’ouvre à Paris. Plusieurs auront lieu dans d’autres villes et la dernière se tiendra en 1938 à Paris.

1854 : (22 Aout) Un décret impérial de Napoléon III (1808-1873) oblige à faire la distinction entre les herboristes de première classe, titulaires d’un diplôme national et les herboristes de seconde classe, possesseurs d’un diplôme obtenu dans une école préparatoire de pharmacie.

1870 : Au cours de la 3è république (1870-1940) l’association des pharmaciens essaie, et à plusieurs reprises, mais en vain, d’obtenir la suppression de la profession d’herboriste.

1900 (aux environs) Les savoirs empiriques sont, au fur et à mesure des ans, remplacés par des savoirs scientifiques. Car suite aux progrès de la chimie les plantes médicinales perdent leur intégrité pour n’être plus qu’une matière première d’où sont extraits des principes actifs. C’est ainsi que vont apparaître l’aspirine, la morphine et la quinine entre autres médicaments.

1907 : Treize pays, dont la France, se réunissent pour créer l’OIHP (Office International d’Hygiène Publique.).

1916 : une loi supprime la qualité d’herboriste de seconde classe. Seuls les herboristes de première classe peuvent continuer d’exercer.

1934 : Début de l’utilisation de la Chloroquine (*)

 

(*) C’est ce médicament qui vient d’être retiré du commerce par notre ministre de la santé Olivier Veran comme étant … dangereux. Il aura fallu attendre 86 ans pour s’en rendre compte ?! … Il était temps, mais, de qui se moque-t-on ?

 

1935 : Adoption de la Convention sanitaire internationale pour la navigation aérienne. (*)

 

(*) Il s’agit de pouvoir faire face à toute contamination dont pourrait être porteur un éventuel voyageur.

 

1941 : (11 septembre) le gouvernement de Vichy supprime le certificat d’herboriste sous la pression de l’ordre des pharmaciens (*) qui alors hérite de leur monopole.

 

(*) Comme il est plus rentable de vendre des médicaments plutôt que des herbes, les ingrédients de la phytothérapie sont relégués, en général, dans les arrières boutiques quand ils ne sont pas carrément supprimés des rayons de vente.

 

1946 : 61 états se réunissent à New-York pour poser les bases d’une organisation internationale de la santé.

1948 : 7 avril - création de l’O.M.S.

La nouvelle pénicilline à effet prolongé ne nécessitant qu’une seule injection fait son apparition.  

1950 : L’utilisation de la Chloroquine se généralise.

1957 : Apparition de la résistance à la chloroquine.

1960 : L’OMS décide de la création d’un fonds bénévole pour la promotion de la santé.

1965 : L’OMS enregistre une première grande victoire contre le ‘’Pian‘’. (*)

 

(*) Le pian ou le Framboesia est une maladie tropicale causée par le ‘Treponema pallidum pertenue‘’. Il se présente sous la forme d’une infection qui s’attaque aux os, aux articulations ce qui entraine des mutilations et diverses déformations.  Elle touchait entre 50 et 100 millions de personnes par an. Le monde n’était alors peuplé que de trois milliards d’habitants !...

 

1974 : L’OMS lance un programme élargi de vaccinations contre la poliomyélite.

1980 : La Banque Mondiale fait de l’ombre à l’OMS

1984 : L’OMS lance un nouveau programme de développement de vaccins.

1988 : l'OMS & l'UNICEF entreprennent un partenariat pour l'éradication de la poliomyélite. Ce sera la 3è maladie après le Pian, la variole à être éradiquée.

1990 : L’OMS passe progressivement sous le contrôle des ‘’généreux donateurs‘’ (les grandes firmes pharmaceutiques), dont les dons vont représenter 80% du budget de l’OMS.

1997 : (29 aout -Art.5bis) l'Arrêté royal Belge classe l’Artemisia parmi les plantes dangereuses. Mais l’artemisia n’est pas interdite.

2001 : l’OMS déclare que l’artémisinine représente ‘’le plus grand espoir mondial contre le paludisme‘’. 

2002 : L’OMS donne son feu vert pour l’utilisation de molécules synthétiques combinées ou ACT (Artemisinin-based Combination Therapy).

2006 : L'OMS demande l'arrêt immédiat de la commercialisation des antipaludéens ne comportant que de l'artémisinine

2006 : (20 décembre) Le Parlement européen et du Conseil interdit de publier les indications ainsi que les propriétés des plantes, en vertu du règlement (CE) N°1924/2006

2007 : l'OMS ne recommande plus les monothérapies d’ACT, mais demande la prise de thérapie combinée incluant au moins un ACT.

Elle appelle aussi ‘’… à un retrait progressif des marchés, des monothérapies à base d'artémisinine par voie orale. “..

2008/2009 : L’OMS s’appuie sur un budget difficilement viable pour garder son indépendance. (*)

 

(*) Les contributions obligatoires des 194 membres représentent 26% du budget global tandis que les contributions volontaires sont de l’ordre de 74% de ce budget global.

 

2012 : L’OMS ne recommande pas l’utilisation des extraits d’Artemisia Annua sous n’importe quelle forme y compris la tisane pour le traitement et la prévention de la Malaria.

2015 : L’ANSM (*) met en garde de la mise sur le marché de produits à base d’Artemisia, ‘’susceptibles de présenter un danger pour la santé humaine‘’.

 

(*) L’ANSM est l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.

 

2017 : L’ANSM met en garde de la mise sur le marché de produits à base d’Artemisia, ‘’susceptibles de présenter un danger pour la santé humaine ‘’.

2019 : Le professeur Martin Danis, de l'Académie de médecine demande ‘’que cesse une campagne de promotion organisée (en faveur de l’Artemisia) par des personnalités peut-être bien intentionnées mais incompétentes en paludologie ‘’.

 

 

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Photo 1 : Un portrait supposé du médecin, pharmacologue et botaniste grec, le très grand Pedanius Dioscoride (20/40-vers 90).. Cette image illustre la couverture d’un des plus anciens ‘’De Materia Medica‘’ dont il est l’auteur. Pedanius Dioscoride est représenté recevant une mandragore. Cet incunable date du début du VIe siècle et est conservé à Vienne en Autriche. Il en existe un autre exemplaire en Italie. Le contenu de cet ouvrage a servi de référence à tous les médecins d’Europe et du bassin méditerranéen jusqu’au début du XIXe siècle. En ces temps anciens la guérison s’obtenait au moyen de la phytothérapie.

Photo 2 : Un joli portrait de la chinoise To Youyou qui travailla des années durant sur l’Artemisia pour trouver un remède contre le paludisme ; ses recherches, associées à celles de ses collaborateurs, lui valut l’un des prix Nobel de 2015. En mai 1974, sous son autorité, l’artémisinine ne sera plus extraite de la Qīng Hāo, c’est-à-dire de l’artemisia apiacea mais de la Huáng Huā Hāo, c’est-à-dire de l’artemisia annua.

Photo 3 : Pamela Weathers, une femme de mérite qui se bat depuis des années pour que le monde scientifique accorde quelques crédits à l’artemisia. Mais le monde scientifique est beaucoup plus préoccupé par ses besoins de crédits que par ceux que Pamela Weathers voudrait que ce monde accorde à l’Artemisia.

Mais il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre, et rien de plus attractif que l’odeur de l’argent ! …

 

 

Pamela Weathers (*)

  …….. a une demande beaucoup plus constructive :

 

(*) Pamela Weathers est une biologiste Etats-Unienne s’intéressant particulièrement à l’Artemisia. Elle est, depuis plus de 25 ans, professeur de biologie et de biotechnologie au Worcester Polytechnic Institue dans le Massachusetts.

Elle est l’auteur de très nombreuses études sur l’Artemisia … dont aucune n’a suscité le moindre écho.

 

L'OMS devrait financer et encourager des études sur l'Artemisia annua plutôt que de perdre son temps à écrire des interdictions d’utilisation ...

 

L’OMS a perdu bien trop de temps à écrire des interdictions d’utilisation plutôt que d’encourager les études nécessaires. Mais quand il s’agit de les mener, il n’y a plus personne pour les financer. C’est donc ce que l’on appelle une impasse :

 

Des études bien menées et solides sont souvent ignorées pour la seule et unique raison que leurs conclusions ne plaisent pas. C’est très décevant.

 

Car l’Artemesia annua est sans danger et ne présente aucun effet secondaire. Elle est efficace contre de nombreuses maladies ; son utilisation exige des conseils et un solide encadrement plutôt qu’une interdiction, car les gensl’utiliseront quand même.

 

Il n’y a plus rien à rajouter. Je n’en reviens pas moi-même ! …

 

                                                                                         Merci Pamela.

 

 

 

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                                              Un pied d’Artemisia.

 

 

 

                                                                Jean de La Mainate – Juillet 2020

 

 

Merci à :

Gallia – BNF Bibliothèque Nationale de France

Persée. Un portail créé par le ministère de l'Éducation nationale.

BHL – Biodiversity Heritage Library

Plant illustration pour ses gravures d’antan.

à

Monsieur Alexandre SANNER auteur de la Thèse :

L'ARTEMISININE ET SES DERIVES. (Université de Lorraine)

Monsieur Eric Toussaint auteur du livre :

Banque mondiale – le coup d’état permanent aux Edits Syllepse

 

 

 

 



09/07/2020
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